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- C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure de Fabrice Melquiot
C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure, c'est le titre à la fois beau et énigmatique d'un texte écrit en 2003 par le dramaturge Fabrice Melquiot . Lorsque Pierre Blain lui a fait part de sa volonté de le mettre en scène, il a décidé de le réécrire. Un défi pour le comédien Julien Bodet qui livre du début à la fin une extraordinaire prestation . Nous avons vu la pièce au théâtre Anthéa d'Antibes où elle a été créée. C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure au théâtre Anthéa d'Antibes C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure est un texte âpre, fort et déroutant, qui ne laisse pas indifférent, voire qui peut irriter . Quelques spectateurs ont quitté la salle avant la fin de la représentation à laquelle nous avons assisté. Pierre Blain s'y attendait un peu. Aller au théâtre, c'est prendre le risque d'être bousculé mais aussi d'être bouleversé. Ce fut notre cas. Quand on pénètre dans la salle, on n'aperçoit pas tout de suite cet homme assis sur un banc, tournant le dos au public. C'est quand la pièce commencera et qu'il se mettra à parler, qu'on réalisera qu'on ne s'était pas trompé et qu'on avait bien vu qu'il y avait quelqu'un assis sur ce banc. Cet homme, dont on ne connaîtra jamais ni le nom ni le prénom, fait partie de ces personnes qu'on ne remarque pas immédiatement dans la vie, alors qu'elles sont tout près et qu'on les croise régulièrement. Tantôt assis, tantôt allongé sur le banc de cet aéroport, à côté de sa valise rouge, il s'agite, semblant chercher une position confortable, car, comme il le dit à plusieurs reprises, il a trop bu et il n'a dormi qu'une heure. Il voudrait se reposer mais lorsqu'une jeune et jolie voyageuse vient s'asseoir sur le même banc que lui, il sait qu'il ne dormira plus. Il la regarde. Il voudrait tellement attirer son attention en lui parlant. Peut-être va-t-elle prendre le même avion que lui. C'est ce qu'il lui laisse entendre chaque fois que la voix annonçant la porte d'embarquement retentit. Il la regarde, commente les faits et gestes de cet homme non loin d'eux qui achète des bouteilles d'eau au distributeur. Comme lui, il est sous le charme de cette femme. Il en éprouve même une certaine jalousie. Face au silence de la jeune femme, il ne cesse de parler, il cite volontiers Cervantès, se répète. Mais tous ses efforts sont vains, comme ceux de Don Quichotte face aux moulins à vent. Tandis qu'il parle et la regarde, la femme se déplace sur le banc ,et, parfois, d'un geste lent et précis, dégage les cheveux de ses yeux. Chaque fois qu'elle fait ce geste, un avion décolle ou atterrit. Il le constate et le lui dit. Parfois, des voyageurs circulent autour de ce banc, munis de valises ; tous, autant que cette femme, sont indifférents à cet homme, seulement préoccupés par le vol qu'ils attendent. Tous se déplacent tandis que lui restera sur ce banc. Autour de Julien Bodet, les autres comédiens, et Mélissa Charlet en tête, semblent effectuer une chorégraphie dont il est exclu. Eux sont dans le mouvement et l'action. L'homme qu'il interprète ne l'est plus. Au fur et à mesure, il se livre et évoque la ville où il habitait avant et la femme qu'il aimait mais qui l'a quitté. Désormais il est sur le banc de cet aéroport, cherchant à capter le regard des voyageurs pour entrer en communication avec eux. C'est cette terrible solitude et cette incommunicabilité que raconte ce monologue de Fabrice Melquiot . Loin d'être facile, C'est ainsi mon amour que j'appris ma blessure est un texte qui exige de la part du spectateur une écoute attentive et une certaine disponibilité. Au début, on est un peu comme cette femme qui vient s'asseoir sur le banc : on n'a pas envie de prêter attention aux élucubrations de cet homme. Puis, peu à peu, on l'entend de mieux en mieux et on l'écoute vraiment. Quand la pièce se termine, on est sonné et on ne pourra s'empêcher, même plusieurs jours après la représentation, d'y repenser.
- Deuxième édition du festival CreaTVty de Sète
Du 12 au 15 novembre, la ville de Sète va accueillir la deuxième édition de CreaTVty, le festival des Séries et Créations audiovisuelles. Depuis plusieurs années maintenant, Sète est devenue une terre de tournages aussi bien pour le cinéma que pour la télévision. Cet événement, qui a pour partenaires l’association sétoise In the mood for films, la ville de Sète et Canal+/OCS va mettre en avant la richesse des créations et des séries. De nombreuses projections Pendant le festival, de nombreuses productions audiovisuelles et des films de cinéma seront présentés en avant-première en présence des équipes. Voici le programme : Mercredi 12 novembre au Conservatoire de Sète • « MUSSOLINI » une série italienne qui retrace la naissance du fascisme en Italie et la dictature de Mussolini, de la fondation des Fasci Italiani en 1919. Cette série sera proposée dans la cadre d’une projection scolaire : « Découverte des Lycéens » • « L’OR BLEU» une série inédite, saga de l’été 2026 de France 2 en présence de l’équipe du film dont Samir BOITARD Jeudi 13 novembre au Conservatoire de Sète • « LES FAROUCHES» un film de 90min de France 2 en présence de l’équipe du film dont François Vincentelli et la réalisatrice • « DEEP» la nouvelle série de CINE+OCS en présence de l’équipe du film, qui se déroule également durant la 2nde guerre mondiale : En 1941, la France sur le point de perdre la guerre, découvre que le 3e REICH a mis au point un nouveau type de sous-marin, totalement indétectable, qui est en fait une machine à remonter le temps. • « COMPETITION DES COURTS METRAGES D’ANIMATION D’ECOLES» 15 films de 4 écoles seront en compétition dès 21h00 (ESMA, ART-FX, CINECREATIS et OBJECTIF 3D) Vendredi 14 novembre au Théâtre Molière • 17h00 / « L’AFFAIRE LAURA STERN» une série de France 2 en présence de l’équipe du film dont Valérie Bonneton : elle viendra évoquer la complexité de se battre encore aujourd’hui contre le féminicide « Dans une bourgade tranquille, Laura, pharmacienne, fondatrice d’un collectif de soutien aux femmes battues, est témoin, sans pouvoir intervenir, d’un féminicide. Choquée par l'incapacité des forces de l’ordre et du système judiciaire à empêcher ce types de crimes, elle choisit d'intervenir elle-même » • 19h00 / « APRES LA FIN» un film de 90min réalisé par Frédéric Lopez tourné en Occitanie dont Montpellier et Le Grau-du -Roi il y a 5 mois : en avril 2025 Cette fiction est adaptée du livre témoignage 15 000 volts - Une méthode pour s'accomplir de Louis Derungs qui raconte son réveil amputé de ses bras. Louis Derungs sera là pour en parler au public • 21h00 / « EXTRA LUCIDE» une série CINE+OCS : « Denise est télépathe. Elle connaît vos secrets les plus inavouables. Un super-pouvoir devenu peu à peu un super fardeau car elle vit recluse, réfugiée chez Joy, sa meilleure amie, gloire déchue du porno. Deux super-héroïnes sans trop d’illusions. » • 20h00 / « LA BONNE ETOILE» le film du Président du Jury Pascal Elbé qui sera projeté au cinéma « LE COMOEDIA » en sa présence Le Samedi 15 novembre, au Théâtre Molière • 16h00 / « IMPACTS» un film de 90min réalisé par Alain TASMA : le lauréat du PRIX DE LA MISE EN SCENE en 2024 pour « UNE AMITIE DANGEREUSE » : inspiré de l'ouvrage Ce qu'il nous faut, c'est un mort de Hervé Commère : « Une route de campagne, la nuit. Une jeune fille qui marche le long de la ligne blanche. Une voiture qui surgit de l’obscurité et la percute. Passé le choc et l’effarement, la voiture redémarre. En travers du bitume, les jambes brisées, la jeune femme respire faiblement. » • 21h00 / « UN PROPHETE» la série événement CANAL+ : Abdel Raouf Dafri sera là pour la présenter : elle est inspiré du film déjà écrit par lui de Jacques Audiard en 2009 ; AVANT-PREMIERE NATIONALE. Un jury prestigieux Cette deuxième édition sera présidée par l'acteur et réalisateur Pascal Elbé , dont le dernier film, La bonne étoile sortira au cinéma mercredi. Il sera entouré du scénariste Abdel Raouf Dafri, de la productrice Iris Bucher, de la comédienne Ophélia Kolb et du compositeur de musique François Lietout . Il y aura également un jury de la presse. Lors de la cérémonie de clôture, huit prix seront remis : la meilleure musique originale, le meilleur film unitaire de télévision, la meilleure série, le meilleur scénario, le d’interprétation, le prix de la meilleure réalisation, le prix du Jury de la Presse, le prix du meilleur court-métrage d’animation.
- Les rêveurs : rencontre avec Isabelle Carré et Bernard Campan
En 2018, lorsque Les rêveurs , le premier roman d'Isabelle Carré a été publié, on ne s'attendait pas à ce qu'elle raconte la souffrance qu'elle avait vécue pendant son adolescence, et qui l'avait contrainte à être internée dans un hôpital psychiatrique pendant plusieurs semaines. Cette histoire est maintenant un film (au cinéma le 12 novembre) et les images vont en quelque sorte prendre le relais des mots. C'est Isabelle Carré elle-même qui a réalisé le film adapté de son roman. Elle le voit comme « un outil pour faire bouger les choses et redonner de l'espoir aux adolescents ». C'est ce qu'elle nous a dit lors du festival Cinéroman de Nice où le film était présenté en avant-première. Elle était accompagnée de Bernard Campan, à qui elle a confié le rôle d'un médecin dans son film. Une évidence pour elle comme pour le public, habitué à les voir former des duos au cinéma comme au théâtre. Ils sont d'ailleurs en ce moment à l'affiche de la pièce Un pas de côté , qui connaît un beau succès à Paris, après ses débuts au théâtre Anthéa d'Antibes. Entre deux représentations, nous les avons rencontrés à l'hôtel Négresco. Les rêveurs est d'abord un livre que vous avez écrit il y a sept ans. Qu'est-ce qui a déclenché l'envie d'en faire un film ? Isabelle Carré : A la sortie du livre en 2018, le producteur Philippe Godeau, avec lequel j'avais fait Se souvenir des belles choses est venu me voir et m'a dit qu'il pensait que je pouvais en faire un scénario et puis réaliser le film. Ce n'était pas du tout ce que j'avais en tête. Pour moi, mon endroit d'expression idéal, c'était le roman. Il est revenu plusieurs fois vers moi , entre-temps j'ai sorti deux autres livres puis le confinement est arrivé en 2020. Et là, j'ai vu que les chiffres concernant la désespérance des jeunes flambaient et j'ai continué à suivre ça avec d'autant plus d'attention que ça faisait écho en moi à cette fragilité que j'avais connue. Quand j'ai vu que les chiffres ne baissaient pas, qu'il n'y avait pas de décrue d'hospitalisation, même deux ans après le confinement, je me suis dit qu'il pouvait être intéressant de mettre en perspective mon expérience dans cet hôpital psychiatrique dans les années 80 avec ce que peuvent vivre les jeunes aujourd'hui et que,au-delà de ça, le film pourrait être un outil pour parler de l'état de la pédopsychiatrie dans les années 80, et de ce qu'elle est aujourd'hui. Un outil pour essayer de faire bouger les choses. Je suis mère de trois adolescents et je voyais bien quand j'évoquais ce projet autour de moi, que tout le monde me disait que quelqu'un dans son entourage proche était concerné par le problème. Quand vous avez en face de vous des gens qui vous communiquent leurs histoires particulières, vous avez le sentiment qu'il y a beaucoup trop d'appels au secours et qu'il faut peut-être que la société se réveille et surtout prenne la mesure de ce qui est en train de se passer pour trouver les bonnes réponses. Le livre raconte ce que vous avez vécu adolescente. N'était-ce pas trop difficile pour vous de dévoiler au grand public ce moment de votre vie ? Isabelle Carré : Au moment de la sortie du livre, ça a été vertigineux pour moi parce que, effectivement, c'était une mise à nu, même si j'ai tenu à ce que soit écrit le mot roman. J'ai voulu m'appuyer complètement sur ma subjectivité. Ce n'est pas du tout la même démarche que Mon vrai nom est Elisabeth , le livre de qui connaît un grand succès en librairie en ce moment. Je trouve ce livre absolument passionnant et éclairant. Moi, ma démarche était très différente. C'était parler vraiment avec ma subjectivité, ne surtout pas enquêter, ne surtout pas aller voir dans les registres familiaux, ni questionner les uns et les autres. Je voulais cet espace de liberté et de créativité. En revanche, ce qui s'est passé dans cet hôpital psychiatrique, je l'ai vraiment vécu. C'était très différent pour ce qui concernait mes parents. Là, je me laissais une marge de réinterprétation, aussi pour les protéger, en quelque sorte. Mais pour moi, pour ce qui me concernait, je n'avais pas spécialement besoin ni envie de me protéger. Au contraire, j'avais envie de partager cette expérience au plus proche de ce qu'elle a été, même si les souvenirs déforment, au plus proche de mon ressenti en tout cas, pour bien mettre en parallèle ce qu'était l'état de psychiatrie dans les années 80, et ce qu'elle est aujourd'hui. Je suis allée faire de vrais ateliers d'écriture à la Maison de Solène ; j'ai aussi passer des matinées entières à la Pitié-Salpêtrière, j'ai rencontré tous les grands professeurs des hôpitaux de la région parisienne. Bande annonce du film 'Les rêveurs" Pensez-vous que par le film va contribuer à informer davantage les jeunes ? On constate qu'ils lisent de moins en moins. Le fait de passer par le cinéma peut avoir un plus gros impact sur eux... Isabelle Carré : Oui, absolument. On l'a vu pour Le consentement de Vanessa Springora. Les jeunes se sont emparés du film et ça a surpris tout le monde parce que ça n'avait pas été le cas pour le livre. Peut-être que le film leur parlait davantage, qu'ils s'adressait peut-être plus à eux que le livre. En tout cas, ça a été ma démarche pour l'écriture du scénario. Je n'ai pas voulu que l'image soit trop sombre, ni qu'on voie des enfants se faire piquer avec des seringues, ou qu'on voie vraiment les luttes. C'est filmé en contre-plongée, donc on ne voit pas les coups. C'était absolument essentiel pour moi de les protéger de ces visions trop brutales aussi parce que je ne voulais pas que ceux qui sont dans ces hôpitaux en ce moment, ou qui en sortent ou qui en sortiront, se sentent stigmatisés. Je souhaitais que ça soit le plus doux possible, même avec le plus d'accent de vérité possible. Je ne voulais pas d'un film choc à la façon de Vol au-dessus d'un lit de coucou. Il fallait que le film soit vraiment adressé aux jeunes et qu'ils puissent sortir de la projection en se disant qu'il y a des solutions : la thérapie, mais aussi l'amitié, le fait de parler avec leurs parents. Et puis, le film, c'est aussi un outil pour parler de la pédopsychiatrie. En France, il y a seulement cinq cents pédopsychiatres, dont la moitié va partir à la retraite dans les prochaines années. C'est un sujet brûlant : il faut que la société prenne la mesure des enjeux qui existent aujourd'hui parce que ces enfants grandissent, et beaucoup ne sont pas aidés. Comme je le dis à la fin du film, un enfant sur deux n'est pas aidé, alors qu'il devrait l'être. Bernard, vous interprétez justement un pédopsychiatre dans le film... Bernard Campan : Je suis très heureux d'avoir participé à ce film. Ce n'est pas juste un film qu'Isabelle a fait pour se faire plaisir ou pour se prouver quelque chose à elle-même. Au-delà de sa beauté et de son aspect artistique, c'est un film fait pour être utile, pour tendre la main à une jeunesse, qui aujourd'hui, comme à son époque, peut se trouver en perdition. C'est ça qui est très beau et très touchant. Comment est Isabelle Carré sur un plateau de tournage comme réalisatrice ? Bernard Campan : Je ne me suis même pas posé la question, tellement ça a été évident. Elle m'a dirigé, d'une façon tellement douce, que je n'ai rien senti. Ça s'est fait de façon très fluide, toute simple. J'ai le souvenir de la scène de la boum. J'ai vu Isabelle, déjà exténuée à ce moment-là du film, se démener comme un diable, pour entraîner les enfants dans la danse qu'ils font, et danser avec eux, de la répétition jusqu'à la dernière prise. Elle a dansé 15 fois et toute la journée ! Isabelle Carré : Ce qui était compliqué, c'était que ce jour-là, comme tous les autres jours, il y avait très peu d'horaires possibles. En France, il y a une réglementation : on peut travailler avec les enfants les plus jeunes 4 heures par jour maximum et 6 heures en période de vacances. Comme il n'y avait que des enfants, en grande majorité, c'était intense ! Au delà de la scène de la boum, la musique est très présente dans le film. C'est votre frère qui l'a composée. Comment s'est passée cette collaboration ? Isabelle Carré : Pendant plusieurs mois, avant le tournage et même pendant, je l'inondais de musiques qui m'inspiraient. Après, lui, il a renvoyé les premières musiques dont on avait besoin sur le tournage au piano. Aussi, on a beaucoup parlé de la musique au moment du grand travelling extérieur avec les enfants qui sont dans leur lit. Il a été complètement incroyable parce qu'à chaque fois qu'il m'envoyait des musiques, c'était ça. Au montage, on s'est calé sur sa musique ou alors c'est la musique qui s'est calée sur nous d'une façon assez magique. Tout était évident. Depuis que je suis petite, je pense que c'est un compositeur de musiques de films né et je ne m'étais pas trompée ! Je suis certaine qu'il va continuer avec plein d'autres metteurs en scène. Et je ne dis pas ça parce que c'est mon frère ! En ce moment, on est en train de travailler sur la bande originale du film. Elle sera sur les plateformes. Il y aura les compositions de mon frère mais aussi les musiques qu'on a eu la chance d'avoir pour le film : Dalida, Madness, Spandau Ballet, les titres qu'on aime des années 80 et puis la merveilleuse Symphonie des éclairs que Zaho de Sagazan nous a fait la confiance de nous offrir. C'est Tessa Dumont Janod qui interprète l'adolescente que vous étiez dans le film. La ressemblance entre vous deux est frappante.... Isabelle Carré : Quand j'ai vu sa photo, j'ai dit : « mais c'est incroyable, c'est moi, on se ressemble beaucoup ! ». Puis j'ai regardé sa vidéo où elle parlait de sa tristesse d'avoir dû abandonner la danse parce qu'elle était trop petite et qu'elle ne correspondait pas aux critères de l'Opéra de Paris alors qu'elle rêvait de ça. Je me suis revue, moi, abandonnant la danse au même âge. C'était incroyable et puis plus ça allait dans la façon qu'elle avait de s'exprimer, plus j'avais l'impression de me voir. Mais comme elle n'a pas mon hyper-émotivité, on a dû faire un vrai travail ensemble. Elle avait beaucoup de pudeur, et donc il a fallu, pendant le tournage, lui permettre d'exprimer ses émotions et de les trouver ensemble. Ça a été un vrai challenge qu'on a eu elle et moi. Et on a trouvé le chemin ! Les rêveurs d'Isabelle Carré au cinéma le 12 novembre.
- Yann dans la nuit de Julie Brafman
Pour son premier récit, Julie Brafman, chroniqueuse judiciaire et journaliste au service Enquêtes de Libération , s'est intéressée à Yann Andréa, l'homme qui a partagé les dernières années de la vie de Marguerite Duras. C'est en voyant le film de Claire Simon Vous ne désirez que moi que l'idée de connaître davantage Yann Andréa est née dans l'esprit de la journaliste. Comme beaucoup de lecteurs connaissant un tant soit peu l'oeuvre de Marguerite Duras, elle savait qu'il était bien plus jeune qu'elle (trente-huit ans les séparaient) et qu'il avait vécu plusieurs années aux côtés de l'écrivaine (seize ans exactement). Couverture du livre "Yann dans la nuit" Dans son livre qu'elle a intitulé Yann dans la nuit (éditions Flammarion ), qui rappelle combien cet homme, vivant dans l'ombre de Marguerite Duras, avait traversé l'existence entouré de mystères, elle s'intéresse surtout à sa vie avant la rencontre avec l'écrivaine et aux années qui ont suivi sa mort. Elle est donc partie sur les traces de ce personnage qui aura été mystérieux jusqu'à la fin. Il côtoyait beaucoup de monde mais il est mort seul, à Paris, dans le studio que lui avait laissé Duras. Il a été découvert par la police, sûrement quelques jours après son décès. Le livre de Julie Brafman raconte tout cela, la vie de Yann Andréa avant, pendant et après Marguerite Duras mais va bien au-delà d'une enquête journalistique qui se contenterait d'énumérer des informations, sans âme . Il entremêle plusieurs genres , c'est d'ailleurs sa plus grande qualité. Julie Brafman a fait le choix de la première personne du singulier, embarquant ainsi avec elle le lecteur dans ses recherches, ses tâtonnements, mais aussi ses émotions et ses souvenirs . Elle évoque çà et là sa vie personnelle, sa rupture avec T., un critique de cinéma qu'elle a souvent accompagnée dans des festivals, et passe ainsi d'un paragraphe à un autre, de sa vie à celle de Yann Andréa. Ne dit-on pas que l'intime atteint l'universel ? Dans Yann dans la nuit , les lieux ont leur importance, Caen, les Roches Rouges, Trouville, la rue Saint Benoît à Paris, la maison de Neauphle-le-Château, la Rive Gauche et ses restaurant mythiques, le bar du Ritz. Ils ont jalonné la vie de Yann Andréa, tout au long de sa vie avec Marguerite Duras et après elle. Il est aussi souvent question de nourriture dans le livre, notamment de plats qu'affectionnait l'écrivaine. Tous ces détails, qui n'en sont finalement pas, façonnent une vie. Yann André a vécu seize ans avec Marguerite Duras. Etudiant, il l'a rencontrée lors de la projection du film India Song au cinéma de Caen. Il lui a écrit pendant des années, jusqu'à ce qu'elle lui propose de venir à Trouville pendre un verre avec elle. Il ne la quittera plus, enfin, ce n'est pas exactement cela car elle lui demandera plusieurs fois de partir, d'aller dormir à l'hôtel, lassée et exaspérée par l'homosexualité de ce jeune homme qui lui est pourtant toujours revenu. Elle décidait et il agissait. Elle l'a rapidement nommé Yann Andréa pour qu'on retienne son nom. Yann Lemée sonnait moins bien à son goût. De nos jours, on parlerait spontanément de relation toxique. S'agissait-il vraiment de cela ? La littérature, indispensable,vitale, était au cœur de leur relation . C'est elle qui les a réunis et elle a été, en quelque sorte, le fil conducteur de leur couple jusqu'à leur mort. Yann Andréa a inspiré plusieurs textes à Marguerite Duras ; quand, elle en était empêchée notamment pendant sa cure de désintoxication, c'est lui qui écrivait, sous sa dictée. Après sa disparition, il s'est mis à écrire ses propres livres où il était évidemment question de leur relation. Cet amour-là a eu un certain succès et a été adapté au cinéma par Josée Dayan. Il n'est jamais parvenu à être quelqu'un d'autre que cet homme qui a vécu avec Marguerite Duras. Y tenait-il vraiment ? Julie Brafman soulève des questions, s'efforce d'aller au plus près de cet homme énigmatique et insaisissable. Et c'est passionnant ! Le livre prend une dimension particulière lorsque son enquête la conduit sur des archives précieuses, contenant des lettres et des carnets écrits par Yann Andréa, notamment après la mort de Duras. Elle en reproduit quelques extraits et, progressivement, au fil des pages et d'une enquête qui, on le devine, la touche de plus en plus, Julie Brafman rend son humanité et sa place à cet homme qu'on a trop vite et trop facilement oublié.
- 6 jours ce printemps-là : interview du réalisateur Joachim Lafosse
C'est toujours avec une certaine impatience que nous attendons la sortie des films de Joachim Lafosse. Réalisateur talentueux, il nous a souvent remués, bouleversés. Après Un silence avec Daniel Auteuil sorti il y a deux ans, il renoue en quelque sorte avec le thème de la famille et du couple qui est au cœur d'une grande partie de ses films précédents. 6 jours ce printemps-là , en salles le 12 novembre, suit précisément pendant près d'une semaine une mère (interprétée avec beaucoup d'humanité par Eye Haïdara), ses deux enfants et son nouvel amoureux, pendant leurs vacances dans le sud de la France, plus exactement à Gassin, à deux pas de Saint-Tropez . Divorcée depuis peu d'un homme que l'on devine plutôt à l'aise financièrement, Sana a du mal à joindre les deux bouts et se trouve obligée de cumuler deux emplois. Le logement où elle devait aller avec ses enfants pour les vacances de Pâques n'étant plus disponible au dernier moment, elle prend la décision, encouragée par ses fils, d'aller passer quelques jours dans la maison de ses ex beaux-parents, dans le Var, pendant qu'ils ne sont pas là. Comme elle est bien consciente qu'elle est désormais une intruse dans cette famille, elle va tout mettre en œuvre qu'ils ne soient pas vus des voisins. Ils n'allument pas la lumière, font le moins de bruit possible pour ne pas éveiller les soupçons. Même si la tension grandit au fur et à mesure et que, comme Sana et ses enfants, le spectateur se demande s'ils seront découverts, le film n'en est pas moins doux et lumineux. Cette mère ne veut pas renoncer à offrir à ses enfants des vacances au bord de la mer. Derrière cette histoire somme toute assez simple, se font jour des questions plus profondes sur le déclassement social dont sont victimes les femmes après un divorce. 6 jours ce printemps-là a été présenté en avant-première au festival Cinéroman de Nice le mois dernier. A cette occasion, nous avons rencontré Joachim Lafosse qui nous a parlé de la genèse de ce film très personnel. On devine que l'histoire du film vous est personnelle. Cela faisait longtemps que vous vouliez la raconter ? Joachim Lafosse : En fait, ça fait presque 30 ans. Dès l'entrée à l'école de cinéma, je me suis dit qu'un jour je raconterais cette semaine de vacances qu'on a vécue avec mon frère jumeau et ma mère. Et j'ai toujours eu ça dans un coin de la tête. Puis, il m'a fallu dix films pour que le onzième devienne 6 jours ce printemps-là . Ca a été un plaisir immense de préparer le film pendant tout un hiver et de travailler avec des équipes de la région. Ca m'a donné très envie de venir vivre dans le coin ! Quand le tournage a-t-il eu lieu ? Joachim Lafosse : L'année dernière, pendant le printemps. C'était un long tournage parce qu'on devait travailler seulement 4 heures par jour avec les enfants. On avait donc de petites journées, mais nombreuses. Aujourd'hui, on est sur des tournages plutôt à 30, 35 jours. Mais là, on était, je crois, à 47 ou 48. Les enfants sont formidables dans le film. Avaient-ils déjà tourné avant ce film ? Joachim Lafosse : C'était leur premier tournage. Je les ai choisis d'abord eux et puis j'ai cherché une actrice qui pouvait bien s'entendre avec eux. Je n'avais jamais fait de films avec Eye Haïdara. Je peux dire que je lui dois le film parce que je trouve qu'elle apporte vraiment quelque chose. Dans le sérieux du travail, elle m'a fait penser à Emilie Dequenne. Sur les tournage, Eye a été une complice incroyable. Je découvre avec le temps que ce n'est pas simple pour moi quand je tourne ; il faut gérer le stress, l'anxiété, les angoisses du plateau, toutes les questions qui viennent à moi. Depuis quelques films, je laisse les acteurs s'occuper des enfants, pour ne pas leur faire vivre cet état qui évolue. Avec Jules Waringo, Eye a pris en charge Téodor et Léonis. Du coup, c'est aussi ce qui fait, j'espère, une vérité de lien et qui fait qu'on y croit dans ce qu'ils sont les uns pour les autres dans ce récit. Même si le film est empreint d'une certaine gravité, il est quand même plus doux, plus lumineux que vos précédents films.... Joachim Lafosse : Oui, bien sûr, moi, j'ai plus de facilité à revoir ce film que L'économie du couple, Les Intranquilles ou A perdre la raison , même s'il y a eu Un silence entre temps, mais ce film-là, je l'avais écrit il y a dix ans. En fait, Six jours ce printemps-là vient après Les Intranquilles et je trouve que même si Les Intranquilles était âpre, il y avait quand même déjà plus de lumière et de solutions ou de possibilités de guérison. Et dans celui-ci, il y en encore un peu plus. Etant père d'adolescents, je me dis que c'est quand même chouette de montrer des chemins possibles face à des difficultés. La situation que cette famille vit est un peu âpre, mais la leçon que cette maman donne à ses enfants durant ces jours de vacances est une façon de leur dire que quoi qu'il se passe, on ne les empêchera jamais de profiter du soleil et de la mer et qu'ils doivent surtout refuser toujours qu'on les en empêche, c'est-à-dire qu'il ne faut jamais céder sur cette liberté que nous offre la vie. On voulait que ce film soit lumineux parce que, malgré les difficultés et la manière dont ils doivent se cacher dans cette maison, ils ont quand même des moments de liberté et de respiration. On sent que ce film vous touche particulièrement parce que vous y racontez votre vécu, vos souvenirs d'enfance... Joachim Lafosse : Oui, Il y a beaucoup de vrai dans ce film. Avant, je me cachais derrière la fiction, mais maintenant je n'ai plus envie de le faire. Ce film est vraiment très inspiré de ma propre vie et je dirais même que la réalité est souvent encore plus complexe que la fiction. J'ai dû faire des aménagements pour tenir sur une heure et demie. Pour préparer le film, Eye n'a pas cessé de me demander de raconter ma mère. On'était donc pas en train de parler de direction d'acteur, on parlait de ce qu'on a vécu avec mon frère à dix ans, pendant cette semaine de vacances, cachés. On avait ressenti une forme d'excitation, de jubilation, à cause du fait qu'on ne pouvait pas dire à ma famille paternelle qu'on était là. Une fois adulte, et surtout en écrivant le film, je me suis rendu compte à quel point, en fait, ça nous avait angoissés. Par ailleurs, il y a aussi toute une interrogation sur les raisons pour lesquelles ma mère n'avait pas osé appeler mes grands-parents paternels en leur demandant s'ils pouvaient nous dépanner en nous prêtant leur maison. Le film montre aussi une réalité. Votre mère, cette femme dans le film, changent de statut social et elles sont alors confrontées à des difficultés financières.... Joachim Lafosse : Exactement, dans la vie, on peut tomber dans une précarité, bien plus vite qu'on l'imagine. Un divorce peut faire tout basculer pour une femme. Jusqu'à 10 ans, ma mère ne travaillait pas, mon père et sa famille supportaient tout, et tout d'un coup, il ne s'agissait plus de ça. Je suis très heureux, d'avoir découvert un autre pan de la vie de ma mère. Cette envie de ne pas regarder les choses toujours que dans un axe et cette liberté ont sans doute joué un rôle dans tous les films que j'ai pu faire. Dans le film, cette mère veut offrir des vacances à ses enfants mais elle n'oublie pas qu'elle est aussi une femme... Joachim Lafosse : Ce n'est pas simple, pour un fils, de comprendre que sa mère est aussi une femme. Dans le film, le personnage d'Eye ne cède pas sur son désir. Il se trouve que c'est pendant les vacances que son fils découvre qu'elle a une aventure avec un jeune homme. C'est saisissant pour des enfants de 10 ans de découvrir ça, mais en même temps, elle leur donne là la clé de quelque chose qui fera les hommes qu'ils deviendront. C'est quelque chose que j'avais déjà travaillé en adaptant le roman de Laurent Mauvignier, Continuer . Le personnage était plus âgé, mais au fond, c'était la même logique, c'est-à-dire que c'est un fils qui découvre que sa mère a un désir aussi. C'est très important pour les hommes d'arriver à vivre avec cet énigme, avec ce mystère féminin. Dans le film, le fait que cette femme ait une aventure avec cet homme, le moment où l'un de ses fils le découvre, tout cela est montré de manière subtile.... Joachim Lafosse : Au festival de San Sebastian, on a reçu le prix du scénario. J'étais très heureux de ça parce que, de tous les scénarios que j'ai écrits , c'est celui qui me semble le plus simple. Il est très épuré. La trame est toute simple. C'est une maman qui veut offrir des vacances à ses enfants, le plan pas cher et peu coûteux qu'elle a a foiré et ses enfants lui proposent d'aller loger dans la maison de leurs grands-parents paternels. Elle sait qu'elle ne peut pas y aller parce qu'elle vient de se séparer du père des enfants. Comme ils insistent, elle finit par accepter, mais demande aux enfants de garder le secret. En faisant naître le scénario, je me suis rendu compte que, derrière ça, il y avait une question. Qu'est-ce qui fait qu'on pense avoir le droit d'être là ou pas, qu'on se donne une légitimité ? Ma mère a dû souffrir elle-même, enfant, de choses qui ne lui donnaient pas cette légitimité. Dasns le film, les enfants disent, d'ailleurs, à leur mère : « Mais peut-être que papy l'accepterait si on la payait... ». Ils ont raison d'insister, sauf qu' elle ne se donne pas le droit de le faire. Et je pense aussi que si elle agi ainsi, c'est clairement parce qu'on lui a bien fait comprendre qu'il ne fallait pas qu'elle essaye. Il y a énormément de gens qui ne pensent pas avoir la légitimité et qui longent les murs ou qui cachent leur existence. Quand je vois ça, j'ai envie de leur dire qu'il y a de la place pour tout le monde. C'est une chose toute simple. Quand des parents se séparent, leurs enfants ont la peau de leurs deux parents. Bande annonce du film "Six jours Ce printemps-là" Et ils feront toute leur vie avec ça. Il faut que ces parents s'organisent et se parlent pour ne pas que leurs enfants aient à choisir entre l'un ou l'autre. Par exemple, peut-être que ça aurait été malin lors du divorce de dire au personnage d'Eye, « Écoute, si t'as un problème, vraiment, n'hésite pas à appeler ou va à la maison. Enfin, tu es encore la bienvenue. » En fait, le film est plus doux parce que, contrairement à tous ceux que j'ai faits avant, ce n'est pas un film sur une situation de crise. C'est un film sur juste après la crise. Mais,même après, la crise a encore des conséquences. Et ce que j'ai essayé de filmer là, ce sont les conséquences de la crise. C'est un film qui est très doux, où il y a de l'insouciance pendant ces quelques jours. En tant que spectateurs, on ressent, un peu comme les enfants, cette inquiétude dans cette maison. On se demande s'ils vont finir par être découverts.... Joachim Lafosse : Je pense que la mise en scène, ce n'est pas tout montrer. C'est choisir ce qu'on ne montre pas. Je pense que les émotions viennent beaucoup plus de ce qu'on entend que de ce qu'on voit. Être terrifié par un son, c'est encore pire que d'être terrifié par une image. On a beaucoup travaillé sur le hors-champ. Le fait de dire tout le temps aux enfants de faire attention pour ne pas être découverts par les voisins, ça emmène vers une forme de paranoïa. Il y a quelque chose de l'ordre du conte dans cette histoire. C'est un peu la maison où les petits cochons doivent aller se cacher pour ne pas être mangés par le loup. Et tout d'un coup, il y a des loups autour. En écrivant le film, je me rends compte que les affects qu'on vivait enfants étaient des affects de terreur vraiment similaires à l'inquiétude qu'on peut avoir quand on nous raconte la chèvre de M. Seguin. Vous parliez tout à l'heure de Laurent Mauvignier que vous avez adapté. Y-a-t'il d'autres auteurs que vous aimeriez adapter ? Joachim Lafosse : Je viens de terminer un scénario d'un film sur un père et un fils. C'est la suite d'un film que j'ai fait en 2008 qui s'appelait Élève libre . J'ai découvert que j'écrivais la vie de Jonas, l'adolescent d' Élève libre qui est devenu père lui-même d'un adolescent et qui découvre le trauma qu'il a vécu. Rien à voir avec une adaptation. Cela dit, il y a plein de romans que j'aimerais adapter. Aujourd'hui, adapter Les Justes , ça me semble très pertinent. Je pense aussi à L'Inconnu de la Poste de Florence Aubenas qui est un grand roman d'une humanité inouïe. Dès lors qu'on aime la littérature, il y a de quoi faire ! 6 jours ce printemps-là de Joachim Lafosse avec Eye Haïdara,J ules Waringo, Leonis et Teodor Pinero Muller, Emmanuelle Devos au cinéma le 12 novembre.
- Le Nice Jazz Orchestra rend hommage à Wayne Shorter
Les 7, 8 et 9 novembre, le Nice Jazz Orchestra, sous la direction de Pierre Bertrand, rendra hommage à Wayne Shorter en full big band avec la participation de deux artistes fétiches de la formation : les trompettistes Sylvain Gontard et Ron Di Lauro, figure centrale du jazz montréalais. Après le succès d'un premier hommage rendu en septet à Wayne Shorter, artiste mythique du Jazz, le Nice Jazz Orchestra continue cette relecture jubilatoire en s'attaquant au répertoire plus tardif du compositeur et en grande formation. Wayne Shorter, génie du jazz, a disparu en août 2023, a marqué son époque et son héritage et il reste incontestablement présent chez les compositeurs et les improvisateurs d'aujourd'hui. Pour retracer son parcours musical, le NJO déroulera la période récente de sa vie musicale. Il s'agira du premier hommage en grande formation, en France, depuis la disparition du célèbre jazzman américain . Le répertoire proposé pour ces trois dates sera constitué d'arrangements des compositions de Wayne Shorter prêtés amicalement par l'Orchestre National de Jazz de Montréal et d'arrangements originaux écrits pour l'occasion. Tarifs : de 5€ à 18,80€ Pour réserver : concerts des 7 et 8 novembre : https://nicejazzorchestra.fr concert du 9 novembre : https://theatre-francis-gag
- Kika de Alexe Poukine : interview de l'actrice Manon Clavel
Au festival de Cannes, c'est souvent dans les sélections parallèles que se trouvent les pépites. Cette édition 2025 n'a pas failli à la tradition. Présenté à la Semaine de la critique, Kika , le premier long métrage de fiction de Alexe Poukine a été l'un des coups de cœur de cette édition. Puissant, dérangeant parfois, mais profondément humain, le film a faite forte impression . Kika, c'est le prénom de la jeune femme dont la réalisatrice suit la trajectoire pendant tout le film . En couple depuis plusieurs années et mère d'une petite fille, elle est une assistante sociale dévouée. Sa vie aurait pu continuer ainsi mais elle tombe amoureuse d'un autre homme. C'est le coup de foudre : elle quitte son conjoint, s'installe rapidement avec son amoureux et tombe enceinte. Mais son bonheur ne dure pas car l'homme meurt soudainement. Kika ne sombre pas : elle doit avancer, pour elle, pour sa fille et pour l'enfant qui naîtra bientôt. Comme sa situation financière devient de plus en plus compliquée, elle est contrainte de quitter son logement, retourne vivre un temps chez ses parents puis, pour gagner de l'argent plus rapidement, se lance dans le travail du sexe. Avec Kika , Alexe Poukine a offert à la comédienne Manon Clavel son premier grand rôle au cinéma. Presque de tous les plans, elle livre une magnifique prestation et parvient, par son talent, son énergie, son naturel, à faire de Kika, une femme complexe, touchante, et surtout très humaine. Rencontrée au Festival de Cannes, la comédienne nous a longuement parlé de Kika. En peu de temps, il arrive beaucoup de choses à Kika : elle tombe amoureuse, elle tombe enceinte et puis il lui arrive un drame mais elle ne se laisse pas abattre... Manon Clavel : Exactement, elle continue. Parfois on n'a pas le choix : on n'a pas le temps, on n'a pas les moyens de s'arrêter, de pleurer, de faire un deuil, d'être dans le choc et de le vivre. Parfois, pour des raisons de précarité, on doit trouver des solutions, ce qui est le cas de Kika. Son objectif de partir de chez sa mère, de trouver un appartement, d'être autonome à nouveau, fait qu'elle part sur une espèce de quête. Elle met de côté son deuil ; elle est dans une espèce de déni. Elle fait comme s'il n'existait pas, elle ne pleure pas. J'imagine que regarder quelqu'un qui ne vit pas ce qu'il est supposé vivre est un peu angoissant. Si Kika doit trouver des solutions pour s'en sortir, c'est aussi parce qu'elle a une petite fille. Comment avez -vous construit cette relation avec la jeune actrice qui interprète Louison, la fille de Kika ? Manon Clavel : J'ai souvent joué des rôles où j'étais soit enceinte, soit maman. Je pense que ce n'est pas pour rien. J'adore les enfants. Avec Suzanne, l'actrice qui joue Louison, on s'est entendues immédiatement. Il y a eu une alchimie entre nous. On était collées ensemble pendant le tournage. Si on n'était pas en train de tourner, on était en train de rigoler ensemble. J'adore tourner avec les enfants. C'est un territoire de jeu permanent. Je ne suis pas mère, mais je me sens très habitée par l'idée de l'être un jour. Pour trouver de l'argent rapidement, Kika va se retrouver dans un monde qu'elle ne connaissait pas... Manon Clavel : Oui, ce monde dans lequel elle se retrouve, elle ne l'aurait jamais découvert dans d'autres circonstances. Je pense que c'est justement dans des situations de grande révolution, de grande panique, de grand chagrin qu'on peut vivre des situations aussi inédites. On a le cœur tellement à vif, à mon avis, qu'on a une espèce de force qui sort de ça. Et donc elle est mise en danger dans un monde qui n'est pas le sien, qu'elle ne connaît pas ou elle n'a aucun code. Mais au moins, elle y va et elle avance. Et il va s'avérer qu'en fait, elle se retrouve là, on peut dire par hasard, mais quelque part, c'est exactement ce qu'elle a besoin de vivre pour aller mieux. Parfois on se retrouve quelque part mais on pense que c'est un hasard. Mais en fait, c'est notre inconscient qui nous amène là. Et elle, à mon avis, c'est exactement ce qui s'est passé. C'est votre ressenti ou c'est la réalisatrice Alexe Poukine qui vous a apporté cet éclairage sur Kika ? Manon Clavel : Un jour, alors qu'on parlait beaucoup du film et du rôle avec Alexe, j'ai réalisé ça. A mon avis, Alexe le savait depuis longtemps, mais elle n'est pas quelqu'un qui impose. Au contraire, elle dirige de manière douce, belle et libre. Donc, on comprend les choses en temps et en heure, chacun à son rythme. Alexe a vraiment cette confiance et cette ouverture-là, en tant que réalisatrice. Et moi, à un moment donné, j'ai compris que Kika avait été mise sur cette route et que c'était exactement la route qu'il lui fallait. Bande annonce du film "Kika" Quand elle arrive dans ce milieu, on voit qu'elle tâtonne au début. En tant qu'actrice, avez-vous cherché à vous renseigner pour aborder ces scènes ? Manon Clavel : Alexe savait que je voulais me renseigner mais elle m'a dit qu'elle n'y tenait pas parce qu'elle voulait que je sois aussi perdue que Kika. Je suis vraiment arrivée dans ce monde comme Kika, c'est-à-dire sans codes, en inconfort total. C'était du sable mouvant. Je n'étais pas à l'aise. C'est ce qu'Alexe voulait. Petit à petit, à force de faire des scènes, j'ai rencontré des gens qui sont dans ce milieu-là et en parlant avec eux, j'ai énormément appris sur l'extrême soin et l'extrême douceur qu'il y a dans ce milieu. Alexe donne la parole à chacun des hommes que Kika rencontre. Quand j'ai découvert le film, j'ai vu combien elle avait mis en scène cette solidarité, cette bienveillance. Pendant tout le film, on suit le cheminement de Kika, jusqu'à une scène particulièrement forte, où, enfin, elle lâche prise et se laisse aller à ses émotion. Comment vous êtes-vous préparée pour cette scène ? Manon Clavel : On a tourné cette scène à la fin, après deux mois de tournage. On a répété pendant une semaine. Alexe m'avait donné des indications par rapport à cette scène : c'était comme un chagrin qui vient de très loin, des profondeurs de l'enfance. Et une scène comme ça, on ne peut pas la préparer en deux jours. J'ai d'abord pris peur. Puis, quasiment tous les jours, je la répétais toute seule dans mon appartement pour trouver le chemin. Kika ne pleure pas pendant le film tandis que moi, Manon, je suis quelqu'un qui pleure beaucoup dans la vie. Là, j'ai fait l'exercice de ne pas du tout pleurer pendant deux mois. J'ai un peu accompagné Kika dans ce qu'elle vit, dans cette solitude et dans cette espèce de désert de larmes. Je me suis dit qu'il fallait que j'essaye tous mes outils d'actrice pour cette scène qui est en quelque sorte l'acmé du film. J'ai puisé dans mes propres cauchemars pour la préparer. Le jour du tournage, j'ai dit à l'équipe que j'avais trois prises à leur donner. On n'avait jamais vraiment répété cette scène en conditions. On a fait une version où la caméra était très proche. Ça s'est arrêté puis il y a eu un débat puis on a fait une deuxième version et cette fois la caméra était loin. Là, j'étais très fatiguée, un peu dans un autre état. Ensuite, il y a eu une troisième version avec une variation de jeu. C'est celle-là qui était la bonne. Alexe trouvait que si c'était trop proche, c'était difficile, presque violent pour les spectateurs, de voir de si près. Justement, en tant que spectateur, cela ne nous vient pas à l'esprit de juger Kika... Manon Clavel : C'est un film qui nous ouvre le regard sur elle, ses décisions, sans la juger. De même, tous les hommes qu'elle rencontre, elle ne les juge pas. Il y a beaucoup de tendresse dans son regard par rapport à ces hommes. C'est un film sur le non-jugement. On ne peut pas juger les choix des gens. Dans votre carrière, Kika aura incontestablement une place à part. Vous faites également du théâtre. Quels sont vos projets ? Manon Clavel : Pour l'instant, il y a un projet de théâtre et un projet de cinéma. Au théâtre, je vais jouer dans la dernière pièce de Marius Von Mayenburg, Ellen Babic , mise en scène par Patrick Pineau avec notamment Constance Dollé. L'autre projet, c'est du cinéma. Hamé, du groupe La Rumeur et Marion Boyer qui fait ses débuts en tant que réalisatrice, ont écrit une grande histoire d'amour entre Sofian Khammes et moi. Ça va se tourner d'ici un an, je pense. Kika de Alexe Poukine avec Manon Clavel, Makita Samba.... au cinéma le 12 novembre
- La bonne étoile : interview de Pascal Elbé et Zabou Breitman
Non seulement Pascal Elbé est un très bon acteur mais il est aussi un réalisateur plein de talent. Et ce n'est pas La bonne étoile, qui va nous contredire. Pour son dernier film, un conte à la fois touchant et drôle, il a endossé plusieurs casquettes puisqu'il est à la fois scénariste, réalisateur et acteur . Il avait depuis longtemps en tête l'histoire de cet homme, pendant la Seconde Guerre Mondiale, lâche et déserteur, qui décide de se faire passer pour un juif, persuadé que sa vie serait meilleure en zone libre. Il part avec sa femme et son enfant, munis de faux papiers attestant qu'ils sont juifs. C'est alors le début d'un périple, parsemé de péripéties et de rencontres. Sur son chemin, il croisera notamment La Baronne, qui les accueillera dans son château. C'est Zabou Breitman qui interprète cette cheffe de la Résistance au grand cœur. Elle était aux côtés de Pascal Elbé pour présenter le film en avant-première lors du festival Cinéroman qui s'est tenu le mois dernier à Nice. Quel a été le point de départ de ce film ? Pascal Elbé : J'ai toujours aimé cette époque. Je la trouve formidable pour un scénariste, parce qu'elle permet de pousser les curseurs. C'est un laboratoire de l'humain génial. J'adore les films tels que La traversée de Paris, La vie est belle, To be or not to be . J'ai écrit le film il y a quatre ans mais évidemment vu le projet et l'histoire, on m'a parfois dit : « est-ce que tu es sûr de vouloir raconter ça ? » J'ai bien vu que je m'étais embarqué dans une immense machine.... Pensez-vous que vous avez été influencé par ces films ou par des personnages du cinéma ou de la littérature qui vous ont marqués ? Pascal Elbé : On est toujours influencés. On est toujours en train de reproduire ce qui nous a émus. D'ailleurs, je me suis rendu compte que ce que je sais faire sur un plateau, quand je tourne un film, vient de mes premiers pas au théâtre, de ma gestion du plateau, de ce que j'ai vu en répétition, de comment on m'a demandé d'être dans cette mécanique-là. Et en fait, je me suis rendu compte que ce théâtre que je pensais être derrière moi revient tellement à moi aujourd'hui. Mon rêve, ce serait de retrouver le théâtre. Le film aborde un sujet grave mais la comédie n'est jamais loin. Comment êtes-vous parvenu à trouver le bon équilibre entre les deux ? Pascal Elbé : C'est comme une partition musicale. Le rire est souvent libérateur. Au festival d'Angoulême, le film a été projeté dans plusieurs salles. Dans certaines, à la fin de la projection, les spectateurs étaient plutôt dans les larmes. Et dans d'autres salles, ils riaient, comme soulagés. Quand on traverse un peu la France pour présenter son travail et qu'on entend des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts, leur raconter une histoire qui les fasse un peu respirer, c'est une bonne chose. Et puis ,il faut essayer de penser aussi à la transmission. Pour moi, la plus belle des transmissions quand j'étais petit, c'était quand j'allais voir Guignol et que je comprenais que le méchant n'était pas forcément celui sur qui on tapait. Quand on me dit de me taire parce ce qu'on est en train de raconter est sérieux, je n'ai déjà plus envie d'écouter. Moi, je suis comme les enfants. Parfois, quand je suis entré dans des histoires et que j'ai été ému, c'est parce qu'on a su me rattraper. Quand vous avez écrit ce film, avez-vous pensé tout de suite aux comédiens auxquels vous alliez faire appel ? Pascal Elbé : Non, je ne pense jamais aux comédiens. Comme un lecteur, je me fais un univers dans ma tête. Je ne pense jamais à un acteur en particulier. En revanche, par exemple, pour le personnage de Zabou, c'est vrai qu'au départ, j'avais en tête un couple qui se serait appelé Le Baron et Madeleine. Et puis après, plus j'avançais, plus je me disais qu'il fallait que la cheffe de la Résistance française soit une femme, qui agirait en sous-marin. J'ai beaucoup lu et j'ai pensé à des femmes comme Lucie Aubrac, Germaine Tillion. J'ai scindé le rôle en deux et il a eu alors une vraie identité avec une vraie force. Bande annonce du film "La bonne étoile" Zabou, c'est vous qui interprétez La Baronne... Zabou Breitman :Le scénario est incroyable. L'idée est folle. C'est même étonnant que personne ne l'ait eue avant ! J'ai lu très vite le scénario et j'ai appelé tout de suite Pascal. Je le connais très bien. J'ai vu ses films, j'ai travaillé déjà une fois avec lui comme réalisateur. C'est un grand directeur d'acteurs. En France, on a souvent tendance à oublier qu'un réalisateur, c'est aussi un directeur d'acteurs. Ce qui est beau chez Pascal, c'est l'humanité qu'il met dans ses personnages. Le subterfuge qu'il y a dans le film n'est qu'un alibi pour raconter l'humanité. Le personnage de Jean Chevalin, interprété par Benoît Poelvoorde est assez étonnant en effet... Pascal Elbé : Il est lâche et égoïste au début et même assez détestable. A travers ce personnage, je m'interroge sur ce que j'aurais été pendant la guerre. Sans le juger, je me dis, est-ce qu'il est ignorant ? Il reproduit des choses qu'il a déjà entendues. Puis,peu à peu, il va s'affranchir de ces stéréotypes et de cette ignorance. La bonne étoile de Pascal Elbé avec Benoît Poelvoorde, Zabou Breitman, Audrey Lamy...au cinéma le 12 novembre.
- Rencontre avec les actrices et acteurs de la série Un si grand soleil au festival Les Héros de la Télé à Beausoleil
Le festival Les Héros de la Télé qui se déroule dans la ville de Beausoleil, à deux pas de Monaco, fait chaque année le bonheur du public, venu de plus en plus nombreux . En toute décontraction, les actrices et acteurs des séries à succès se prêtent volontiers au jeu des autographes et des selfies. Cette année, la série quotidienne de France 3 Un si grand soleil était particulièrement bien représentée. Nous avons pu rencontrer Adriel Sorrente (Pablo), Mathieu Rodriguez (Achille), Yvon Martin (Sohan),Tristan Robin (Léo) ainsi que deux comédiennes qui feront très bientôt leur arrivée dans la série, Marie Caizz et Elina Machet. Dans Un si grand soleil, Yvon Martin est Sohan Guérin, le professeur de physique-chimie du lycée Gustave Flaubert . Depuis son arrivée dans la série, ce personnage a connu des hauts et des bas dans sa vie personnelle et professionnelle. Tout semble désormais apaisé. " Quand on a découvert Sohan, son couple était au bord de la rupture puis, grâce à une épreuve autour de leur fille Charlotte, il s'est réconcilié avec Marie-Sophie, sa femme. Quant à la suite, on est en train de la tourner ". Il laisse faire les scénaristes qui font un travail formidable et qui regorge d'idées pour tous les personnages. Yvon Martin a toutefois le temps pour d'autres projets. " Je fais du théâtre, des voix, de la radio et je m'occupe aussi de ma famille ! ", nous a-t-il confié. Tristan Robin fait partie des derniers comédiens arrivés dans la série. Il incarne Léo, un nouvel employé de L Cosmétiques. Avec sa femme Pauline, ils ont créé une exploitation de fleurs, non loin de la ferme tenue par Elodie et Ludovic. Très vite, Pauline est tombée sous le charme de la compagne d'Elise, et, peu après qu'elle a annoncé à Léo son intention de le quitter, elle est sauvagement agressée et tombe dans le coma. Pendant longtemps accusé d'être responsable de cette agression, Léo est désormais mis hors de cause. Alors que Pauline s'est réveillée, va-t-il rester dans la série ? Tristan Robin n'a pas pu nous répondre :" tout dépend comment l'histoire va se développer mais ce serait chouette que Léo reste ". En tout cas, le comédien nous a confié qu'il se sentait très bien dans la série, ce qui ne l'empêche pas d'avoir des projets de théâtre et de tournage et de poursuivre la tournée de Smile , une pièce entièrement en noir et blanc sur Charlie Chaplin. S'il y a un personnage qui a évolué dans la série, c'est bien Pablo. Délinquant, habitué aux mauvaises rencontres, il a fait une entrée fracassante dans Un si grand soleil et dans la vie de son père Hugo. Alors qu'il s'était bien intégré dans sa nouvelle famille et dans son lycée, il a été injustement accusé de vols. Adriel Sorrente nous a parlé de ce personnage qui a peu à peu gagné le coeur des téléspectateurs : " Sabine et Hugo ont beaucoup aidé Pablo à retrouver une vie normale. Au lycée, il a aussi pu compter sur Noura pour se remettre sur le droit chemin. Il a rencontré de belles personnes. C'est un personnage attachant. " La suite pour Pablo ? Il va être au coeur d'une nouvelle arche avec le retour d'un personnage. C'est tout ce qu'Adriel a pu nous dire. En tout cas, que les fans de Pablo se rassurent : il est amené à rester dans la série. Si Pablo s'est retrouvé dans une mauvaise posture ces derniers temps, c'est à cause d'Achille , le fils adoptif de Christophe, "le fleuriste", et de Cécile, la juge. Quitté par sa petite copine Charlotte et jaloux de sa complicité avec Pablo, il a fait en sorte que ce dernier soit accusé des vols commis dans le lycée. Une réaction à laquelle les fans de la série ne s'attendaient pas. Mathieu Rodriguez, l'interprète d'Achille, nous a a parlé de cette arche et de ce qui l'attend dans la série . " Ces derniers temps, Achille n'a pas été le plus gentil mais plutôt le plus jaloux. Il s'est défendu de la plus mauvaise des manières. Heureusement, ça va s'arranger. Achille va s'excuser et Pablo va se montrer compréhensif. Il a eu lui aussi un passif compliqué et il va réussir à le pardonner et à faire en sorte que sa bande d'amis en fasse de même. Le groupe va redevenir soudé. Achille a quand même payé : il a perdu sa copine, s'est pris une semaine d'exclusion. Il s'est pris une grosse claque mais ça va aller mieux pour lu i." Va-t-il avoir une nouvelle copine ? Mathieu Rodriguez nous a confié qu'" il allait se passer des choses avec Salomé, une nouvelle élève du lycée, que l'on découvrira bientôt dans la série ". Quand il ne tourne pas dans Un si grand soleil, le comédien multiplie les projets. Il a fait récemment un court-métrage et passe régulièrement des castings. Il nous a aussi avoué qu'il serait bien tenté par des caméras cachées. " Ca m'a toujours intéressé. J'ai acheté des lunettes Meta qui filment, pour faire des blagues à des gens, dans des magasins notamment. J'aimerais bien faire ça cette année ". Dans les prochaines semaines, deux nouveaux personnages féminins vont faire leur apparition dans la série . Mathieu Rodriguez nous a parlé de Salomé , laissant entendre qu'une idylle allait naître entre les deux lycéens. Son interprète, Elina Machet était justement à Beausoleil pour nous présenter ce nouveau personnage . " Salomé vient de Marseille. Elle a suivi ses parents qui ont été mutés à Montpellier. Elle est très discrète et elle est passionnée d'escalade, c'est d'ailleurs ce qui lui permet un peu d'oublier ses problèmes car elle n'est pas du tout contente de devoir vivre à Montpellier. Au lycée, elle va devenir copine avec tout le groupe, Pablo, Charlotte, Noura et Achille.... " Les téléspectateurs la découvriront dans quelques jours, mi-novembre. Il s'agit du premier rôle d'Elina Machet. Si elle habite à Paris, la comédienne est originaire de Val d'Isère. Elle a posé désormais ses valises dans le Sud pour le tournage de la série. Marie Caizz va également très bientôt intégrer le casting d'Un si grand soleil. Bien connue des fans de Demain nous appartient , elle va interpréter le rôle d'une faussaire qui interviendra dans le cadre d'une intrigue sur une personnage connu de la série . Serait-ce Alix ? Nous n'en saurons pas davantage. Le tournage débutera fin octobre pour une diffusion probable en décembre-janvier. En dehors des tournages, Marie Caizz est bien occupée. " J'ai fait l'animation télé pour le circuit Paul Ricard, pour l'association Jules Bianchi ; j'ai aussi monté une société de production ." Marie Caizz à gauche
- Les Mangeurs de Lapin aux Arts d'Azur du Broc
Après une tournée internationale et une saison au Cirque d’Hiver de Paris, Les Mangeurs de Lapin feront étape aux Arts d'Azur du Broc dimanche 19 octobre pour le plus grand plaisir des petits et des grands. Ils embarqueront le public dans un carnet de voyage loufoque et déjanté. Irrésistibles pince-sans-rire, ces clowns des temps modernes défendent un style volontairement désuet, familial et divertissant et cultivent une passion dévorante pour l’univers du clown et du music-hall. C’est d’ailleurs leur parti pris d’auteurs d’avoir planté leurs personnages dans les années 20 à 50, âge d’or du music-hall et du cirque en France. Dans ce nouveau spectacle, Sigrid La Chapelle, directeur, producteur, fondateur de la compagnie et comédien, avec ses deux acolytes et un musicien jouent délibérément avec les clichés et les codes culturels et dévoilent leurs talents toujours plus astucieux entre magie, travestissement et cirque. La parole disparaît, laissant la place au corps et à la gestuelle, pour faire naître l'imagination, l'émotion mais aussi le rire. Les Mangeurs de Lapin aux Arts d'Azur du Broc dimanche 19 octobre à 16h. Pour plus de renseignements sur le spectacle et pour réserver : www.lesartsdazur.net
- Le festival C'est pas Classique fête ses vingt ans
La prochaine édition du festival C'est pas Classique qui se déroulera dans le Département des Alpes-Maritimes du 8 au 23 novembre aura cette année une saveur très particulière. En effet, cet événement gratuit où la musique classique se réinvente et côtoie les autres styles musicaux, fêtera cette année son 20e anniversaire. Elle promet d'être généreuse, pleine d'émotions et de surprises, mais aussi festive. Cet événement entièrement gratuit et ouvert à tous va s'inviter cette année dans douze communes du territoire. Plusieurs temps forts et plusieurs artistes de renommée nationale et internationale vont marquer cette édition 2025, parmi lesquels Renaud Capuçon avec l'orchestre national de Cannes, la compagnie Hervé Koubi, le pianiste Jean-François Zygel, la chanteuse Ariana Vadafari. Le programme Samedi 8 novembre 2025 au Palais Nikaïa à Nice Grand concert d’ouverture Renaud Capuçon, Les Choses de la Vie – Cinéma II , dans une version augmentée, accompagné par l’Orchestre national de Cannes. Une avant-première mondiale. Sous la direction inspirée du chef charismatique Duncan Ward, Renaud Capuçon revisite les plus grandes musiques du septième art et rend hommage aux illustres compositeurs français tels que Georges Delerue, Francis Lai, Michel Legrand, Maurice Jarre… Chaque morceau sera sublimé par la projection d’images animées : scènes emblématiques, photographies rares de tournage, et clichés parfois inédits issus de films ayant marqué leur époque. Jeudi 13 novembre 2025 à l’Opéra de Nice : Finale du Concours International de piano French Riviera Masters , avec l’Orchestre Philharmonique de Nice sous la direction de Laurent Petitgirard. Ce prestigieux concours réunira des lauréats et vainqueurs de compétitons internationales de piano. Le grand vainqueur sera notamment invité à se produire lors de concerts à travers le monde. Samedi 15 novembre 2025 à l’Opéra de Nice : Compagnie Hervé Koubi, Les nuits barbares ou les premiers matins du monde. Avec 14 danseurs autodidactes venus du bassin méditerranéen, Hervé Koubi célèbre le métissage et interroge nos préjugés sur l’étranger. Entre hip-hop, ballet, danse contemporaine et acrobaties, il signe un spectacle vibrant, porté par les musiques de Mozart, Fauré et des sonorités traditionnelles. Une œuvre à la puissance poétique qui invite à dépasser la peur de l’autre et à ouvrir les frontières. Jeudi 20 novembre 2025 à l’Opéra de Nice : Ariana Vafadari, Anahita. Formée au Conservatoire de Paris, Ariana Vafadari est une voix singulière de la scène franco-iranienne. Mezzo-soprano et compositrice, elle fait dialoguer musique classique, jazz et traditions orientales, laissant transparaître la profondeur de son héritage et la sagesse zoroastrienne. Avec Anahita, elle raconte la quête d’une femme dont le village est ravagé par la sécheresse, en errance à la recherche de la divinité persane des eaux et de la fertilité. Entre poésie de Rumi, textes de Leïli Anvar et prières de l’Avesta, ce spectacle mystique résonne avec une urgence contemporaine : la lutte silencieuse pour l’eau et la préservation de notre monde. Samedi 22 novembre 2025 à l’Eglise Notre-Dame Auxiliatrice (Don Bosco) : Jean-François Zygel, Le pouvoir de la musique Le pianiste et compositeur Jean-François Zygel invite le public à un voyage sonore au cœur des émotions, explorant en direct quelle musique fait rêver, réfléchir, consoler ou s’élever. Entre composition, improvisation et répertoire, ses concerts mêlent virtuosité et spontanéité, offrant à chaque fois une expérience unique et personnelle. Pour plus de renseignements sur la programmation : www.cpc.departement06.fr
- Rencontre avec Jérémie Renier pour son documentaire D'un monde à l'autre
L'année dernière, Jérémie Renier faisait partie des membres du jury de la 6e édition du festival Cinéroman. Cette année, c'est en tant que réalisateur qu'il était à Nice. Après le festival d'Angoulême, il est venu présenter au Pathé Gare du Sud de Nice D'un monde à l'autre , un film documentaire bouleversant, dans lequel il relate son expédition en Arctique aux côtés de l'explorateur Loury Lag. Les rencontres ne sont jamais vraiment le fruit du hasard. Anéanti après la mort de son meilleur ami, l'acteur Gaspard Ulliel en janvier 2022, dans un accident de ski, Jérémie Renier croise le chemin de cet aventurier habitué aux sensations extrêmes qui lui propose de l'accompagner sur certaines étapes de son expédition en Arctique. Ponctué par les commentaires en voix off où Jérémie Renier se livre avec pudeur sur ses émotions, ses peurs et ses doutes, D'un monde à l'autre montre les étapes de ce voyage dans le grand blanc, physique mais aussi spirituel. Coup de cœur de la dernière édition de Cinéroman, le film a bouleversé le public. Il n'a malheureusement pas encore de date de sortie. Nous avons rencontré Jérémie Renier à l'hôtel Négresco. Se lancer dans une telle aventure et dans de telles conditions a été un véritable exploit. Avez-vous toujours eu un côté sportif et aventurier ou était-ce une grande première pour vous ? Jérémie Renier : J'ai toujours été aventurier ou je me suis fantasmé un peu aventurier mais sans avoir fait des exploits comme celui-ci. Plus jeune, j'ai fait le Kilimandjaro et puis j'ai aussi fait beaucoup de varappe. Pour cette expédition, j'ai minimisé ce dans quoi je m'aventurais mais j'avais un besoin fondamental de reprendre vie après ce que j'avais traversé. Pour moi, c'était presque comme une prophétie qui arrivait à un moment donné de ma vie où tout d'un coup il fallait que je parte. Très vite, quand j'ai rencontré Loury, il m'a fait cette proposition folle de partir avec lui. J'ai fantasmé très vite sur l'aventurier que j'avais en face de moi et sur la possibilité de vivre d'une certaine manière ça à travers lui. Cette aventure a forcément nécessité un temps de préparation... Jérémie Renier : La préparation a été très courte, parce qu'on a dû se caler sur des dates de départ que Loury avait déjà préparées. On ne peut traverser cet endroit qu'à un moment précis de l'année où l'océan est gelé. C'est pourquoi on a dû accélérer énormément pour mettre en place le projet. Et plus le temps passait, plus je me rendais compte de la folie dans laquelle j'allais ! Comment ont réagi vos proches quand vous leur avez annoncé votre décision de partir ? Jérémie Renier : Avant qu'on parte, Loury m'a dit qu'il avait besoin de voir ma famille, mes enfants, ma femme. Comme il allait, d'une certaine manière, être responsable de ma vie, il avait besoin qu'ils soient en accord avec le fait que je parte. Il a donc rencontré mes enfants et il leur a dit : « Est-ce que vous êtes conscients que là où part votre père il y a 50% de chances qu'il ne revienne pas ? Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? » Moi j'étais dans le feu de l'action avec des doutes, mais pour mes proches qui sont restés à la maison, c'était une autre aventure ! On s'est très peu parlé au téléphone parce que la distance faisait que c'était très compliqué de s'appeler. C'était très courageux pour ma femme et mes enfants d'accepter que je parte, et de m'accompagner au fur et à mesure dans tout ce qui s'est passé sur place ensuite. Pourquoi avez-vous eu envie de vous confronter à une expérience aussi dangereuse ? Jérémie Renier: On le comprend en faisant cette expérience justement. Il y a un appel du grand blanc, quelque chose de très mystique là-bas. Loury m'avait dit : « je pense que ce que tu recherches, c'est une forme d'introspection profonde que tu peux la trouver là-bas, parce que là-bas tu ne peux pas t'échapper avec ta condition physique, avec ce qui se passe dans ta tête, avec ton cœur, avec un tas de choses qui fait que tu te confrontes très violemment à toi-même ». Et ça, étonnamment, c'est quelque chose auquel je repense par la suite comme une forme de nostalgie. Je pense que c'est l'appel du Grand Nord ! Bande annonce du documentaire D'un monde à l'autre A la fin du film, vous dites :« j'ai arrêté la machine à penser, je me sens mieux ». Avez-vous atteint ce à quoi vous vous attendiez ? Jérémie Renier : Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je suis parti vraiment avec une impulsion un peu inconsciente de survie, personnelle et intime, et donc j'avais espoir de trouver quelque chose. Après, c'était vraiment déjà une démarche, comme une façon de dire une dernière fois adieu à un ami à qui je n'ai pas pu dire au revoir. Et en étant sur place, tout d'un coup, au fur et à mesure de la douleur, du temps qui passe, de l'introspection, il s'est passé quelque chose de l'ordre du mystique où plus rien n'a vraiment d'importance. Je me souviens d'un moment où j'avais énormément mal au genou, où je n'en pouvais plus. Et tout d'un coup, c'est comme si je m'étais vu devenir un animal, un loup, et que Loury était aussi un loup qui se positionnait. Je n'étais plus qu'une forme, comme si les pas que je posais dans la neige devenaient des pattes de loup. C'était quelque chose de mystique : je n'avais plus de douleur, plus rien. Ca a duré 5-10 minutes, et après la douleur est revenue mais il y a eu comme une une forme de pleine conscience de l'instant. C'est très difficile à expliquer, mais c'était une forme d'hypnose très profonde. Les conditions étaient difficiles. Vous avez souffert physiquement. Avez-vous été tenté de renoncer? Jérémie Renier : Plus j'avais des informations, plus on préparait le tournage, plus je me rendais compte que c'était dangereux. Ca a été très difficile par exemple de trouver un caméraman qui pouvait nous suivre sur notre traversée. Et au fur et à mesure, en étant sur place, en voyant ce que Loury traversait, je me disais : « Mais en fait, c'est complètement dingue. C'est un suicide ». Et puis, vers le milieu du film on découvre que Loury ne vous avait pas tout révélé au départ. Vous ressentez une forme de trahison.... Jérémie Renier : Oui, cette étape a remis beaucoup de choses en question. Puis au fur et à mesure, on est passé au-dessus jusqu'au moment où je me suis dit : « on arrête tout ». L'équipe est alors partie et je me suis mis à filmer seul. La production ne savait pas non plus si on allait continuer. Puis, à un moment donné, je me suis dit : « Non, il faut aller au bout de ce que j'ai entrepris. » Avec Loury, iI fallait qu'on réfléchisse, qu'on se pose. Toute cette histoire a permis de nous rencontrer encore plus profondément parce que quand on traverse des endroits comme ça, on rencontres encore plus intimement l'autre. Loury est-il devenu un ami après cette aventure ? Jérémie Renier : Quand on perd une personne qui nous est chère, on pense qu'on ne peut pas continuer et qu'on ne pourra plus avoir cette intimité-là avec quelqu'un mais elle se transforme, ça devient autre chose, une autre personne, un autre moment. Loury m'a permis avec cette expérience de me dépasser à plein de niveaux, physiquement bien sûr, mais aussi intérieurement et vis-à-vis de l'autre, d' être dans une forme d'acceptation de l'autre. Malgré ses erreurs, malgré la différence, on essaie de passer au-dessus pour rencontrer vraiment l'autre. La scène où vous dites vos quatre vérités à Loury parce que vous vous êtes senti trahi, avez-vous hésité à la garder au montage ? Jérémie Renier : Moi je n'ai pas du tout hésité. Quand j'ai vécu cette trahison, ça a été très très violent pour tout le monde. Je n'avais plus eu de contact pendant presque un mois et demie avec Loury. Là, j'ai commencé à avoir des doutes et j'ai pensé qu'il fallait que je le confronte en lui disant que je n'avais plus confiance en lui. La seule manière pour retrouver confiance, c'était de jouer le jeu, parce qu'on avait mis ce procédé en place, d'être transparent devant une caméra. Les deux caméramans ont posé les trois caméras dans la pièce où on était et je leur ai demandé de partir pour qu'il y ait une intimité, pour que Loury se sente à l'aise. Après, il a éprouvé une grande peur par rapport à ces images, il redoutait la façon dont on allait le juger. Mais j'ai l'impression qu'au contraire, on découvre aussi l'humanité derrière les erreurs. Le film a été tourné, puis monté. Cela a pris du temps. Comment vous sentez-vous après tout ça ? Jérémie Renier : Je suis heureux d'être en vie, avec le sentiment d'avoir traversé quelque chose d'inexplicable, mais de très puissant et de très intime, avec le fantasme de me dire ce que je vais pouvoir partager tout ça. Par rapport à votre métier d'acteur, pensez-vous que cette expérience vous a changé ? Jérémie Renier : Quand j'ai voulu faire ce film, j'étais dans une période de ma vie où je remettais un peu en question le sens de ce métier, pourquoi je le faisais, quelle était vraiment l'envie profonde, au-delà du fait que ça me permettait de vivre financièrement. J'ai trouvé des réponses qui me convenaient, en me disant qu'un métier ne peut pas remplir toutes les cases qu'on attend d'une vie. Par conséquent, il faut arriver à se diversifier, à toucher d'autres choses qui peuvent stimuler à d'autres endroits. Au départ, je n'avais pas du tout envie d'apparaître dans le documentaire. Je voulais juste filmer Loury. C'est mon producteur qui m'a dit qu'il fallait qu'on me voie. Il y a eu beaucoup d'étapes avant d'arriver à ce film-là. J'ai une vraie pudeur avec mon intimité. Je l'offre volontiers à mes proches, mais pas à tout le monde. Il y a eu une vraie démarche profonde, des étapes pour que j'accepte un peu plus d'être transparent. Et là, le fait de n 'être pas un rôle, mais juste moi, face à une caméra et oublier tout, ça m'a redonné comme un élan de liberté, étonnamment. Ca m'a redonné un élan en me disant qu'il y avait des endroits de ce métier aussi que je ne connaissais pas, cette liberté d'être soi. Certains metteurs en scène vous utilisent, mais vous correspondez quand même à un personnage et vous traversez une histoire qu'il a écrite. Et là, c'était la vie qui m'écrivait une histoire au jour le jour donc c'était assez dément. Mais aujourd'hui, j'ai beaucoup de plaisir à jouer. Je prends le temps pour faire des projets qui me paraissent importants et nécessaires.











