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  • Un si grand soleil : rencontre avec Smadi Wolfman et Frédéric Van Den Driessche

    Dans la série quotidienne de France 3, Un si grand soleil, les rapports entre Catherine Laumière et le docteur Alphand n'ont pas toujours été cordiaux. Elle a quand même tenté de l'empoisonner le jour de son mariage ! Dans la vie, leurs interprètes, Smadi Wolfman et Frédéric Van Den Driessche s'entendent très bien. Nous en avons eu la preuve lors du dernier Festival de Télévision de Monte-Carlo. Ils nous ont parlé de la série, de leurs personnages et ils nous ont même dévoilé quelques informations sur ce qui va leur arriver. Frédéric Van Den Driessche et Smadi Wolfman Culture Net Info : Catherine Laumière a pris de l'importance depuis son arrivée dans la série. On aime la détester. Cela doit être savoureux pour une comédienne d'interpréter un tel personnage ? Smadi Wolfman : Savoureux, c'est un mot génial pour décrire ça ! C'est assez jouissif de jouer les méchantes. C'est très agréable. Ce que j'aime bien chez Catherine, et ça se dessine déjà dans l'écriture, c'est que ce n'est pas de la méchanceté vraiment gratuite. En fait, il y a toujours une petite fêlure et c'est ça aussi qui est bien sûr intéressant à jouer. Et puis, j'ai la chance extrême d'avoir en face de moi de très bons comédiens. Je trouve que les auteurs de la série écrivent tellement bien pour les femmes qui ont dépassé un certain âge. La comédienne de 50 ans et plus existe complètement dans cette série, ce qui est de plus en plus rare aujourd'hui à la télé et dans les films. Je touve qu'on est vraiment gâtées dans Un si grand soleil. On a beaucoup de chance. Dans la série, ces femmes ont de fortes personnalités... Smadi Wolfman : Ce sont des femmes puissantes, fortes, hautes en couleurs. Et je trouve qu'on a la part très belle, que ce soit dans l'écriture, dans les personnages, ou au niveau réalisation car la parité a ouvert la porte à plein de femmes réalisatrices. C'est un bonheur ! Catherine n'est jamais à court d'idées pour obtenir ce qu'elle veut. Elle tient à sa famille et ne veut pas que Boris adopte le fils d'Elliott... Smadi wolfman : Catherine a beaucoup de mal avec sa belle-fille ; elle lui a piqué son fils. C'est vraiment la mère méditerranéenne dans toute sa plendeur qui adore sa famille, qui veut avoir la main sur tout. Je ne veux pas tout dévoiler bien sûr mais c'est vrai qu'il va arriver des bricoles à la petite Murielle... Quand on parle de femme forte, et au caractère bien trempé, on pense évidemment à Elisabeth Bastide. Elle est mariée avec le docteur Alphand depuis plusieurs années et, en ce moment, il y a des tensions dans le couple car Elisabeth est jalouse. Alain n'en fait-il pas trop avec Clémence, son ex-compagne ? Frédéric Van den Driessche : Il essaie de faire en sorte que Clémence se sorte de cette addiction mais Elisabeth ne sait pas qu'il la soigne. Il va y avoir un quiproquo qui va prendre de grandes proportions. Alain va se lasser de la jalousie d'Elisabeth et ça va vraiment craquer. Moi je trouve que c'est bien, c'est ce que j'avais un petit peu demandé à l'écriture. Mais là, il y a un enjeu très important, je ne dis pas non plus comment ça se finit...Je sais que les gens n'ont pas du tout envie que ce couple éclate, mais pour autant il faut donner du danger, je trouve, aux personnages et là aussi on l'a joué avec beaucoup de sincérité. Qu'est-ce que vous souhaiteriez pour le docteur Alphand ? Frérédic Van den Driessche : J'avais proposé de me sortir du couple un petit peu, parce qu'il faut renouveler, et ils m'ont inscrit dans cette arche. Les choses vont mal se passer ; je vais être davantage avec ma fille, et je vais même me retrouver au commissariat. Il va y avoir des choses assez graves qui vont se passer pour le docteur Alphand. Je pense que s'il y a un retour avec Elisabeth, on jouera mieux avec Chrystelle, on se retrouvera. La façon de jouer dépend de ce qui s'est passé un petit peu en arrière aussi, il faut que ça s'accumule comme un vrai couple, et c'est bien de pouvoir visiter autre chose pour revenir ou ne pas revenir. On verra bien ! Comment Chrystelle Labaude appréhende-t-elle ce bouleversement dans le couple ? Frédéric Van Den Driessche : Chrystelle prend les choses extrêmement personnellement, c'est-à-dire que quand le docteur Alphand part voir une autre femme, il y a une sorte de jalousie, de possessivité qui est touchante. De temps en temps je lui rappelle que c'est de la fiction. C'est aussi pour ça que je l'adore ! Smadi Wolfman : Je me rappelle que le jour de leur mariage, quand j'ai tenté d'empoisonner Alain, elle était dans un état de nervosité. Elle était comme si elle se mariait. C'est tellement génial d'avoir une actrice si complète et entière ! Le Festival de Télévision de Monte-Carlo a organisé une rencontre avec le public. Que vous disent les gens sur la série, sur vos personnages ? Frédéric Van den Driessche : Le public vient nous dire sa fidélité, son attachement à cette série. Moi, je trouve ça toujours bouleversant. Je me souviens, quand j'étais au Conservatoire à Paris, mon professeur nous disait qu'il fallait toujours jouer pour la personne qui n'est jamais venue au théâtre. C'était très bizarre. Eh bien j'ai la sensation de faire exactement la même chose dans ce personnage, c'est-à-dire qu'on joue pour des gens qu'on ne connaît pas. Je pense qu'il y a quelque chose d'extrêmement sincère qui vient probablement, j'espère, des acteurs, de l'écriture et effectivement de cette production qui fait qu'on est tous heureux de nos personnages. Je pense que les gens s'accrochent à ça et c'est très plaisant. Cela fait huit ans que dure cette aventure. C'est quand même assez rare ! La série vous laisse-t-elle du temps pour d'autres projets, notamment au théâtre ? Frédéric Van den Driessche : C'est compliqué parce que le théâtre se passe à Paris. Il faudrait demander un congé et venir tourner en dehors des temps de répétition. Le théâtre me manque beaucoup. C'est le même métier. Le contact avec le public est vraiment essentiel pour un comédien. Grâce à des manifestations comme le Festival de Monaco, celui de La Rochelle, on voit le public qui se déplace. C'est ce qu'on aime aussi au théâtre. Smadi Wolfman : En avril, j'ai pu tourner une pub en Bulgarie pendant dix jours. L'année dernière, j'ai eu beaucoup de chance : j'ai joué à Avignon et j'ai demandé qu'il y ait un jour de relâche. Comme c'était le lundi, j'allais tourner à Montpellier. Donc tout le mois de juillet, on m'a mise sur les lundis. La production d'Un si grand soleil est arrangeante. Je dis toujours que la série est ma priorité numéro un mais si on s'y prend suffisamment en avance, on peut nous libérer pour le théâtre. Moi aussi, j'adore le théâtre et c'est super important pour moi d'y retourner. C'est vrai qu'avec Un si grand soleil, j'ai un peu retrouvé ce qu'on adore au théâtre, ce travail d'équipe. Une quotidienne, d'un côté ça va très vite dans les scènes, mais d'un autre les relations s'approfondissent. C'est ce qu'on arrive à avoir au théâtre.

  • Interview de l'acteur Guillaume Marbeck au Festival de Cannes

    A chaque édition, le Festival de Cannes offre de belles surprises et révèle des comédiennes et des comédiens. L'année dernière, après la projection en compétition de Nouvelle Vague de Richard Linklater, tout le monde se demandait qui était ce comédien qui interprétait avec autant de talent Jean-Luc Godard. Pour son premier rôle, Guillaume Marbeck a fait une entrée remarquée dans le cinéma, et, qui plus est, par la grande porte. Une année s'est écoulée depuis l'effervescence cannoise. Guillaume Marbeck a été nommé aux César dans la catégorie révélation masculine. Il n'a pas été récompensé mais il s'est quand même offert le plaisir de monter sur scène pour lire le discours de Richard Linklater. Sa passion pour le cinéma ne s'est pas émoussée, bien au contraire. Il a des projets en tant qu'acteur et il ne perd pas de vue son envie de réaliser un film. C'est ce qu'il nous a confié lorsque nous l'avons rencontré sur la terrasse Unifrance, en toute décontraction, lors du dernier Festival de Cannes. Culture Net Info : L'année dernière, vous avez vécu votre première expérience cannoise avec la présentation en compétition du film de Richard Linklater Nouvelle Vague. Quels souvenirs en gardez-vous ? Guillaume Marbeck : C'était un peu particulier parce que c'est un film qui a été vraiment mondial dans la distribution. Je n'avais pas du tout conscience du parcours que font les acteurs pour la promotion des films. Ça m'a fait encore découvrir quelque chose de nouveau du cinéma que je ne connaissais pas. C'est super joyeux, après autant d'années à travailler dans l'ombre, puis un peu dans la lumière, de découvrir encore des nouveaux aspects dans ce métier. C'est super chouette ! J'avais fait de la distribution avant d'être acteur et photographe. J'étais déjà venu à Cannes plusieurs fois et je me disais qu'un jour, si je montais les marches, j'en profiterais vraiment, que je ferais la fête sur le tapis rouge. Et c'est ce qui s'est passé grâce à Nouvelle Vague ! A la descente des marches, après la projection, on dansait. C'était génial! Ca arrive une fois dans une vie et je n'avais pas envie de me dire : « j'aurais dû faire ci, j'aurais dû faire ça ». Peut-être que si je devais à nouveau monter les marches pour un film, j'agirais différemment mais là, Je suis vraiment content de l'avoir fait et de m'être amusé ! C'était d'autant plus agréable que vous vous êtes retrouvé dans cette aventure un peu grâce à un concours de circonstances. Richard Linklater vous a repéré sur YouTube... Guillaume Marbeck : C'est un peu la magie du cinéma, le fait d'être au bon endroit, au bon moment et prêt, je pense, à recevoir cette proposition. Parce que parfois, on a des propositions, mais on n'est pas prêt et on se dit qu'on était à ça de l'avoir. Mais peut-être qu'on était à des kilomètres ! Je pense qu'une grande partie de ma vie, ça a été ça : j'avais l'impression d'être prêt, alors que je ne l'étais pas vraiment, autant par rapport à la connaissance du métier qu'humainement parlant. Il y a des moments dans l'existence, où on est prêt pour certaines choses et pas pour d'autres. Et là, je pense que j'étais prêt. A un moment, comme je voyais que rien ne venait, j'étais même prêt à arrêter le cinéma et je me disais que ça n'était pas grave, que je ferais autre chose. Et ce lâcher prise, je pense, a permis d'enlever la pression, de faire les choses pour les bonnes raisons et d'être concentré uniquement sur ce qu'il y a de bien. Ce rôle vous a conduit aux César. Vous avez été nommé dans la catégorie meilleur espoir masculin. C'était aussi une belle expérience... Guillaume Marbeck : Les César, c'est une cérémonie que je regarde depuis que je suis petit. Ça m'a vraiment fait quelque chose d'y assister. J'avais l'impression d'être dans mon canapé, mais dans la salle ! Je rêvais toujours de me dire : « qu'est-ce que ça doit faire d'être dans la salle ? ». J'ai pu le vivre et c'est une chance inouïe. En plus, j'avais trois possibilités de monter sur scène, dont une qui a été validée. J'ai dû lire le discours de Richard Linklater qui n'avait pas pu venir. Je dois dire que c'est assez intimidant. Quand on voit tout le monde dans la salle, on se dit qu'on va être complètement ridicule. Là, c'est une pression énorme. Le discours de Richard faisait honneur à toute l'équipe. C'était important parce que le cinéma, c'est vraiment un travail d'équipe. Aux César, on récompense beaucoup ce qu'on voit. La régie ou le directeur de casting, par exemple, ne sont jamais récompensés. Ca me tenait vraiment à cœur de bien respecter ce discours et de montrer à toute l'équipe que leur travail a compté pour nous. On a fait ce film tous ensemble. Nouvelle Vague est votre premier film en tant qu'acteur mais vous n'êtes pas arrivé par hasard dans le cinéma. Vous avez fait vos études à l'ESRA, qui forment aux différents métiers du cinéma et de l'audiovisuel... Guillaume Marbeck : L'ESRA, c'est vraiment une école qui s'étend et qui offre un mini environnement cinéma, avant le cinéma. Il faut se battre pour faire ses projets, se défendre en commission. Il faut arriver à fédérer, ce qui permet d'être confronté un peu au réel et de voir tous les milieux. C'est grâce à l'ESRA que j'ai pu découvrir tous les aspects du cinéma que je voulais faire. Mon ambition, c'était d'être réalisateur. C'est à l'ESRA que vous avez découvert le cinéma de la Nouvelle Vague ? Guillaume Marbeck : Dans ma famille, on a toujours regardé pas mal de films. Mais je ne peux pas dire que c'était la cinéphilie de films d'auteurs hyper pointus ! On regardait des films de tous bords, des films qui ont bien marché, d'autres plus intimistes. J'avais ma cinéphilie et l'ESRA m'a ouvert à d'autres pans que je connaissais moins, dont La Nouvelle Vague, que j'ai découverte en amphithéâtre. On nous a passé des extraits et ça nous donnait l'impression que nous aussi, on pouvait faire du cinéma, prendre notre caméra, partir dans la rue avec des amis, sans lumière, sans avoir prévu ce qu'on allait faire dans la journée pour faire des images. Quels sont les films de Godard que vous aviez vus ? Guillaume Marbeck : J'avais vu Pierrot Le Fou, A bout de souffle, Le Mépris, les grands classiques de Godard. J'en garde sous le pied. Il y a plein de classiques de l'histoire du cinéma que je ne regarde pas par volonté de garder ces films pour plus tard. Si je vois tout, après, je n'aurai plus rien à voir ! Je ne suis pas sûr qu'on arrive à tout voir mais, au moins, il y a des valeurs sûres qui sont passées à l'épreuve du temps. Un jour où tu es vraiment déprimé et que ça ne va pas, tu peux te voir un film magistral et te dire que la vie mérite d'être vécue ! Après le film de Richard Linklater, vous avez dû avoir plein de propositions... Guillaume Marbeck : J'ai eu beaucoup de propositions, j'ai fait beaucoup de castings. Je suis hyper reconnaissant d'avoir autant d'opportunités. Avant, personne ne m'appelait... Là, il y a quelques projets où j'ai dit oui, qui sont dans la période des financements. Ce sont des projets magnifiques. J'ai hâte que ça se fasse, qu'on travaille bien fort dessus pour qu'on ait le meilleur résultat possible. Vous êtes à Cannes invité par Unifrance. Vous n'avez pas la même pression que l'année dernière... Guillaume Marbeck : C'est vrai, cette fois on n'a pas du tout l'attente de savoir si les journalistes vont nous assassiner ou nous encenser. C'est plus un plaisir de se dire « Ah, c'est chouette ! ». La vie de cinéma continue et elle est florissante, sur plein d'aspects. Ça permet de rester connecté à cette énergie. Aurez-vous le temps de voir des films ? Guillaume Marbeck : Je vais voir le film d'Antonin Baudry, La bataille de Gaulle. Ca ne me dérange pas de ne voir qu'un film. J'aime bien attendre. On est dans un monde où on doit tout voir tout de suite, et en plus chez soi. Et le fait de se dire que l'endroit encore qui résiste à cette attente, c'est le cinéma, avec le film qui doit sortir dans la salle pour qu'on puisse le voir, je trouve que c'est assez beau. Je trouve que plus j'attends, plus je suis content. J'ai l'impression que, dans la vie, quand on a quelque chose tout de suite, on l'apprécie moins. Je pense que le temps, c'est ce qui a le plus de valeur dans notre existence. Et on est en train de le dilapider. J'ai des aspirations de création, d'écriture ; il faut donc que je prenne du temps pour créer des projets. Mais je ne suis pas pressé. J'ai été beaucoup pressé toute ma vie à vouloir faire les choses vite, sans attendre les budgets. En fait, je pense que le temps a une valeur encore plus grande quand il permet de sélectionner ce qu'on estime être de l'ordre du besoin. Parce que s'il y a vraiment un besoin d'être fait du côté de l'artiste, je pense qu'il y a un besoin d'être réceptionné du côté du spectateur. Il y a déjà beaucoup de gens qui font pour faire et cela va s'accentuer avec l'intelligence artificielle. Je pense que là où on peut se démarquer, c'est vraiment dans la construction d'un projet où on ira penser profondément et pendant longtemps à tous les aspects d'une manière totalement humaine. C'est-à-dire avec la contrainte du temps qui passe et qui ne revient pas.

  • Les Nuits Guitares sont de retour à Beaulieu-sur-Mer

    Et si on démarrait le mois de juillet avec de la musique live, sous les étoiles et les oliviers ? C'est ce que propose le festival Les Nuits Guitares de Beaulieu-sur-Mer qui fera son grand retour du 3 au 5 juillet dans le jardin de l'olivaie. Une nouvelle édition qui ravira les amateurs de rock, de musique et les curieux, avides de découvertes ! Le programme Vendredi 3 juillet : Last Train : le groupe français qui a déjà conquis les plus grandes scènes européennes viendra enflammer le jardin de l'Olivaie avec son dernier album III, à l'énergie communicative. The Molotovs : le duo britannique qui a déjà joué avec The Libertines, les Sex Pistols ou encore Blondie fera sans doute partie des moments forts de cette édition. Marlon Magnée : le cofondateur du groupe de rock La Femme, présentera son premier album solo Dark Star dans lequel on retrouve tout ce qui fait sa signature : des croisements inattendus entre rockabilly, punk, cold wave et psychobilly psychédélique, portés par des guitares sixties, une orgie de synthés eighties, des boîtes à rythmes puissantes et une énergie brute. Magmay : le duo féminin azuréen au style arty et aux sons house, nü disco, funk et afro complèteront cette première soirée. Samedi 4 juillet : Sam Sauvage : Lauréat aux Victoires de la Musique 2026 en tant que Révélation masculine, il présentera sur scène son premier album, Mesdames, Messieurs !. Billie : Etoile montante du rock, la chanteuse interprètera sur scène les titres de son premier album J'avance sorti en 2025, et de son EP À ce que les autres pensent de moi sorti le mois dernier. Kid Sophie : Après plusieurs années comme bassiste et co-compositrice au sein de Hyphen Hyphen avec Santa, Kid Sophie incarnera aux Nuits Guitares son propre projet de pop alternative et électronique à l'esthétique new wave contemporaine, à la fois aérienne et introspective. Elle prépare actuellement la sortie de son premier EP. Ken Pop : le DJ au style musical disco, funk, italo, mélangé avec de la musique plus électronique et contemporaine fera danser les festivaliers. Dimanche 5 juillet : Skip The Use : on ne présente plus ce groupe venu de Lille. Tous ceux qui les ont déjà vus en concert se souviennent de leur énergie sur scène ! On compte sur eux pour mettre l'ambiance cette année encore, d'autant plus qu'ils présenteront leur nouvel album, Love & Anxiety. Memphis Mao : on compte sur le guitariste du légendaire gang niçois Dum Dum Boys pour mettre l'ambiance. Max Baby nous fera entrer dans son univers brut et organique, mêlant indie post-moderne, rock alternatif, pop expérimentale et textures électroniques. Austern Power : Le groupe de rock issu de la scène locale s'apprête à sortir son premier EP qu'il fera découvrir au public des Nuits Guitares. Les Nuits Guitares, du vendredi 3 au dimanche 5 juillet 2026 au Jardin de L'Oliveraie, 1 Rue Jean Bracco, 06310 Beaulieu-sur-Mer, FranceTarifs (frais de loc. inclus) : Pass 1 jour : early : 27€, regular : 32€, late : 37€/ Pass 3 jours : early : 63,50€, regular : 78,50€, late : 93€ Billetterie : nuitsguitares.fr

  • Interview de Salif Cissé au Festival de Cannes

    L'année dernière, Salif Cissé prenait la voix de Denis Podalydès dans Le répondeur, le très réjouissant film de Fabienne Godet et partageait l'affiche de Météors d'Hubert Charuel et Claude Le Pape avec Paul Kircher et Idir Azougli : deux rôles très différents, à l'image de sa filmographie, où figurent aussi bien des comédies (intelligentes) que des films d'auteur. Depuis A l'abordage de Guillaume Brac en 2020, le comédien trace son chemin dans le cinéma français et n'oublie pas le théâtre, sa première passion. Nous l'avons rencontré lors du 79e Festival de Cannes. Contrairement aux deux années précédentes où il était venu pour présenter des films en sélection officielle ( Spectateurs en 2024 et Love me tender et Meteors en 2025), il était là, invité par Unifrance, dans le cadre de l'opération « 10 to watch », qui a pour but de contribuer à l'émergence de nouveaux artistes du cinéma français à l'international. Il nous a parlé de ses souvenirs cannois mais aussi de sa passion pour le théâtre et le cinéma. Culture Net Info : Cette année, vous êtes à Cannes avec Unifrance dans le cadre de l'opération « 10 to watch », sans film en sélection, ce qui n'était pas le cas des années précédentes. Quels souvenirs en gardez-vous de ces ? Salif Cissé : J'ai l'impression d'aller tout le temps à Cannes mais en fait, c'est la troisième année consécutive. Je me sens assez content et chanceux. L'année dernière, j'étais venu pour la les films Météors et Love me tender qui avaient été présentés dans la catégorie Un Certain Regard. L'année d'avant c'était pour Spectateurs d'Arnaud Desplechin en séance spéciale. C'est toujours assez renversant de se retrouver à Cannes. Il y a beaucoup beaucoup d'activités, beaucoup d'informations, beaucoup de bruit mais, en même temps, je me sens bien parce que j'ai l'impression de trouver mes marques. Cette année j'en ai profité pour vraiment m'ancrer dans le sol, regarder des films, et prendre le temps de vivre l'expérience à un autre endroit que ce que j'avais fait jusqu'à présent. Et ça, ça m'a beaucoup plu ! Je regrette de ne pas l'avoir fait avant. Souvent on dit : pourquoi revenir à Cannes si on n'a pas de film ? Eh bien, là, cette année, j'ai été très content de ne pas avoir de film et de pouvoir profiter de l'expérience. Donc je pense que je vais continuer à faire ça ! Etre là cette année avec Unifrance vous permet aussi de vous faire des contacts... Salif Cissé : Oui, c'est toujours bien parce que le cinéma a un côté assez solitaire finalement, contrairement au théâtre où on est en troupe pendant longtemps. Au cinéma, chacun prépare son rôle un peu de son côté. Comme je suis cinéphile, ça me fait plaisir de rencontrer des acteurs, des réalisateurs, de discuter avec eux, de savoir comment ils ont démarré, pourquoi ils ont fait ce film-là. C'est vraiment intéressant. En tant que cinéphile, quels sont vos réalisateurs préférés ? Salif Cissé : Je ne peux pas répondre qu'en cinéphile ; je dois aussi répondre en tant qu'acteur. Aujourd'hui, les deux sont un peu mélangés. J'aime beaucoup de réalisateurs. J'aime bien Christopher Nolan, David Fincher. Je pense que Seven a été pour moi une ouverture vers la cinéphilie. J'étais jeune quand j'ai vu Seven et j'ai eu un choc. J'aime les films assez sombres mais très profonds émotionnellement et sur le plan philosophique. J'aime bien aussi Brian De Palma mais aussi plein d'autres. S'arrêter à quelques-uns, ce n'est pas bon : j'aurais envie de travailler avec tous ! Les films d'Hollywood, c'est un rêve qu'on a tous ! Ils ont bercé notre jeunesse. Le désir du cinéma a commencé là ou par les films que les parents nous montraient. En ce qui me concerne, je regardais des films d'action et des western avec mon papa. Vous évoquiez le théâtre. Avant de faire du cinéma, c'est sur les planches que vous avez commencé. Comment est née cette passion pour le théâtre ? Salif Cissé : Elle est née au lycée. Quand je suis rentré dans ce cours de théâtre, j'ai eu une révélation. J'ai eu envie de faire ça toute ma vie ! J'ai de la chance d'habiter à Paris où y a des propositions tous les jours. Je vais voir beaucoup de pièces, pour observer, me rendre compte de ce que c'est, me faire un avis, comprendre ce que j'aime et ce que je n'aime pas. C'est ce qui me passionne dans le cinéma et le théâtre : il y en a pour tout le monde. Même quand on se sent très éloigné de ces industries, il y a toujours quelque chose qui peut nous accrocher. Ce sont des expériences humaines. Si on a envie d'être curieux, on peut toujours trouver quelque chose pour soi ! Quels sont vos projets au théâtre ? Salif Cissé : Je viens de jouer dans une pièce qui s'appelle Barber shop chronicles. On va la reprendre l'année prochaine. C'est une pièce magnifique qui parle des masculinités noires, dans le contexte du barber shop. c'est-à-dire dans un endroit où on confie un peu sa vie. On parle de tout ce qui nous arrive. Il y a de la musique à l'intérieur. Ça parle aussi de diaspora, d'africanité, de plein de choses. Je suis assez heureux de cette expérience. J'ai entendu dire qu'il y a des coiffeurs qui ont des formations de psychologie pour accueillir la parole des gens. Je trouve ça magnifique. Et au cinéma ? Salif Cissé : J'ai tourné dans 16 mesures le premier film d'Yvan Georges-dit-Soudril et, cet été, je vais faire le film de Marion Desseigne-Ravel avec Manon Clavel, qui va s'appeler Une heure et demie en été.

  • Interview de Gil Alma

    Clap de fin pour César Wagner. Après sept ans, Gil Alma a décidé d'arrêter le rôle de ce policier hypocondriaque adoré du public pour se consacrer à d'autres projets. Même si sa décision a été mûrement réfléchie, il n'a pas pu s'empêcher d'être ému aux larmes à la fin du tournage du dernier épisode, qu'il a d'ailleurs lui-même réalisé. C'est ce qu'il nous a confié lorsque nous l'avons rencontré au Festival de Télévision. Il nous a aussi parlé de son nouveau spectacle solo en rodage et de ses envies de réalisation pour la télévision et le cinéma. Culture Net Info : César Wagner, c'est désormais terminé. Vous avez dû avoir un pincement au cœur à la fin du tournage du dernier épisode.... Gil Alma : J'ai pleuré ! Je le dis avec beaucoup de sincérité. Même si c'est ma décision, je laisse une équipe, Strasbourg, un personnage qui m'a tenu pendant sept ans. C'était hyper émouvant. Comme je suis un petit sensible, j'ai pleuré, en pensant à tous les bons moments que j'ai vécus. C'est quand même une grosse page qui se tourne. C'est vous qui avez réalisé le dernier épisode. L'aviez-vous décidé ou vous l'a-t-on proposé ? Gil Alma : Il y a un peu plus d'un an, j'ai dit au producteur que j'avais envie d'arrêter, et il a su me retenir comme ça une année de plus ! C'était un souhait que j'avais depuis un moment. J'en avais parlé au producteur mais sans lui imposer quoi que ce soit. Je sais que les chaînes ne sont pas friandes qu'un comédien joue et réalise en même temps. Samuel Le Bihan l'a fait avec Alex Hugo mais il est plus âgé que moi et ça fait plus longtemps qu'il est en télé. On m'a quand même laissé faire et la chaîne et les producteurs ont adoré mon épisode ! De quoi parle cet épisode que vous avez réalisé ? Gil Alma : César Wagner est inculpé de meurtre. Plein d'indices laissent penser que c'est lui qui est à la source du problème, ce qui est hyper intéressant. Cette première réalisation vous a-t-elle donné envie de poursuivre dans cette direction ? Gil Alma : J'ai vraiment adoré. Je suis en train de basculer ! Je ne dis pas que je vais arrêter d'être comédien, parce qu'on verra ce que me présente la vie, mais je suis certain que je vais recommencer à réaliser. Je suis en train de prendre les droits sur le roman de Didier Audebert qui s'appelle Le dernier chômeur pour essayer d'en faire un film au cinéma. Il imagine un monde où il n'y a qu'un seul homme qui ne veut pas travailler. La question que je me pose, c'est : est-ce que quand tout va bien, on est vraiment heureux ? J'ai aussi écrit un 4x52 pour France Télévision, un thriller. On verra ce que ça donne. Et puis, vous serez bientôt sur scène avec un nouveau spectacle.... Gil Alma : Oui, il arrive en septembre. J'ai 52 dates ; c'est moi qui produis. J'ai plein de choses à dire, qui, je crois, sont intéressantes. On verra si les gens accrochent, mais je suis en train de faire des vidéos sur le net qui marchent assez fort. J'y mets du fond et de l'humour. J'ai l'impression que les gens se posent des questions qui sont un peu celles que je me pose aussi. J'ai beaucoup de réactions, donc je me dis que ça peut marcher ! Je fais une petite critique drôle de ce qu'on vit actuellement. Il y a 10 ans, j'ai lu Comment tout peut s'effondrer de Pablo Servigne et Raphaël Stevens et je pense qu'on est complètement dedans. On en train de s'effilocher tout doucement. Mon spectacle est une manière de critiquer, de se demander si nous, humains, on va dans le bon sens. Mais ça va rester drôle, c'est hyper important ! Je veux que les gens ressortent en s'étant vraiment marrés avec moi et en réfléchissant un petit peu !

  • Une saison culturelle riche en événements dans le département des Alpes-Maritimes

    C'est au Musée départemental des arts asiatiques de Nice que Charles Ange Ginésy a dévoilé la programmation des événements culturels de l'été. Du 26 juin au 31 août, le Département des Alpes-Maritimes proposera pas moins de 500 événements gratuits sur l'ensemble du territoire. Danse, musique, théâtre, humour, cirque, magie : il y en aura pour tous les goûts et tous les publics. crédit photo : Département06 Les Folies des lacs le 19 juillet Evénement incontournable de la saison estivale, les Folies des lacs auront lieu le 19 juillet à la Colmiane de 12h à 17h30 : le Brésil fera vibrer le Mercantour au rythme de la samba. Les soirées Jazz art Lympia Comme les années précédentes, les soirées Jazz art Lympia auront lieu chaque jeudi soir sur le toit terrasse de l'espace culturel Lympia situé sur le port de Nice. La 8e édition se tiendra du 16 juillet au 20 août avec une programmation riche et éclectique qui mettra le jazz à l'honneur. Les soirées estivales Très prisées depuis trente ans par le public maralpin, les soirées estivales proposeront des spectacles variés avec des artistes issus de la scène locale. Les amateurs de chanson française se régaleront avec les hommages à France Gall et à Serge Gainsbourg, la musique pop et internationale sera également à l'honneur avec les hommages à U2, au rock stars féminines, ou encore à Amy Winehouse. Ce sera également l'occasion de découvrir des groupes issus du département : Supersonic, Last Rainbow, Mademoiselle Jones et tant d'autres. Le cabaret, la magie et le cirque seront également bien présents cette année. Il faudra aussi compter sur l'humoriste Laurent Barat ou encore la compagnie BAL, fidèles aux rendez-vous du Département. Le Festival des Mots Grand événement de l'été, le Festival des mots invitera le public à voyager. Du 17 juillet au 8 août, huit communes du Département accueilleront des artistes venus du monde du théâtre, de la télévision et du cinéma qui partageront avec le public des œuvres qui leur tiennent à cœur. La comédienne Alice Pol lira des extraits de son roman Tout doit disparaître, tout comme Raphaël Quenard qui, accompagné à la guitare par Butch McKoy lira son roman Clamser à Tataouine. Denis Podalydès, fidèle de ce rendez-vous estival sera de nouveau présent cette année. Le public aura la chance d'entendre des extraits du prochain ouvrage de Francis Huster, Un cancre au paradis, dont la parution est prévue en septembre. Lionnel Astier, Alice Taglioni, Nicole Garcia et Valérie Bonneton seront également présents pour cette nouvelle édition du Festival des Mots. Des expositions Cet été sera également riche en expositions. L'exposition de Lilette et Gilbert Valentin se poursuit jusqu'en octobre à l'espace culturel Lympia. Le Musée départemental des arts asiatiques accueillera le festival Sakura Matsuri les 27 et 28 juin ainsi que l'exposition Mortimer et le japon de papier du 1er août au 31 janvier. Pour plus de renseignements sur la programmation des événements culturels de l'été : www.departement06.fr

  • Festival de Cannes J5 : Sheep in the box, Gentle monster et El ser querido

    La compétition se poursuit au Festival de Cannes. Qui remportera la 79e Palme d'Or ? Sans trop nous tromper, nous pouvons d'ores et déjà affirmer que ce ne sera ni le cinéaste japonais Kore Eda et encore moins la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer dont les films ont déçu. En revanche, Rodrigo Sorogoyen a toutes ses chances avec son film El ser querido. Avec Sheep in the box, Kore Eda déçoit S'il y a un cinéaste qui est un habitué du Festival, c'est bien le japonais Hirokazu Kore Eda. Il y a présenté plusieurs films en compétition, a été lauréat de la Palme d'Or en 2018 avec Une affaire de famille, avant de faire partie du jury en 2024. Il place, la plupart du temps, la famille au cœur de ses films, en faisant preuve d'une très grande délicatesse et humanité. C'est d'ailleurs ce qui a toujours séduit le public et les différents jurys qui l'ont souvent récompensé. Alors, pourquoi cette fois avec Sheep in the box déçoit-il ? A cause de son sujet et de la maladresse avec laquelle il l'a traité ? En effet, à sa préoccupation principale et récurrente dans son œuvre - la famille donc -, il a ajouté une thématique très actuelle : l'intelligence artificielle. Son film montre un couple qui, après le décès de leur petit garçon, fait appel à une entreprise en vogue qui leur propose d'élaborer un enfant lui ressemblant en tous points. Il parle, a son caractère et même des sentiments. Si bien que peu à peu, en côtoyant d'autres enfants-robots ayant la même fonction que lui, lui vient l'envie de s'émanciper. Le film pose plusieurs questions indispensables sur la famille, sur le deuil, sur l'amour parental. Le père et la mère sont en effet chacun son tour sceptique quant à cet « enfant ». Peuvent-ils l'aimer comme celui qui leur a été emporté ? Kore-Eda reste peut-être à la surface de toutes ces questions. Nous aurions aimé un peu plus d'audace. Sheep in the box n'en est pas moins un film plaisant. Marie Kreutzer fait son entrée en compétition avec Gentle monster En 2022, Marie Kreutzer avait fait sensation à Un Certain Regard avecson film Corsage porté par l'actrice Vicky Krieps. Elle fait cette année son entrée en compétition officielle avec un sujet grave et malheureusement trop souvent d'actualité : la pédopornographie. Cet homme, marié à Lucy et père d'un jeune garçon, on le verra peu. Le film démarre avec son arrestation, quand la police vient perquisitionner leur domicile et saisir son matériel informatique. Marie Kreutzer a choisi de se concentrer sur Lucy, interprétée avec brio par Léa Seydoux. Elle aime son mari et tombe évidemment de haut quand elle apprend la vérité. Elle se réfugie chez sa mère (Catherine Deneuve) et est traversée par plein d'émotions (la colère, la tristesse, l'inquiétude). Le film suit le déroulé de l'enquête en se focalisant donc sur l'épouse mais aussi, parfois, sur la policière, soumise aux caprices de son père. Deux femmes pas si éloignées que ça finalement. Par la manière dont elle s'est emparé de son sujet, Marie Kreutzer surprend et déstabilise : pas de pathos ni de démonstrations inutiles, mais un récit plutôt factuel, et une réflexion en creux sur la domination masculine. Gentle Monster ne figurera pas au palmarès même si Léa Seydoux est saisissante de vérité, mais il a le mérite de nous faire nous poser des questions. Le prix d'interprétation pour Javier Bardem ? Quand, en 2022, Rodrigo Sorogoyen a présenté As bestas dans la catégorie Cannes première, tout le monde s'est demandé pourquoi il n'était pas en compétition. Il aurait, très certainement, figuré en bonne place au palmarès. Thierry Frémaux a réparé cette erreur cette année. Son nouveau film, El Ser Querido, est en lice pour la Palme d'Or. En français, le titre se traduit par « L'être aimé », un groupe nominal à valeur générique. En effet, qui est l'être aimé ? Quelqu'un que l'on continue à aimer même si on s'est éloigné de lui ? Le point de départ du film ressemble à celui de valeur sentimentale de Joachim Trier récompensé l'an dernier. Les deux personnages principaux sont des réalisateurs très connus qui ont des relations conflictuelles avec leur fille actrice. Chez Sorogoyen, le père interprété magistralement par javier Bardem est un cinéaste torturé, colérique, réputé pour être très difficile avec ses équipes sur les tournages. Alors qu'il l'a perdue de vue depuis treize ans, il décide d'embaucher sa fille (excellente Victoria Luengo) sur son nouveau film. Une manière de se racheter ? La première scène donne le ton : il lui a donné rendez-vous dans un restaurant pour discuter de ce projet. Il parle beaucoup puis progressivement elle parvient à prendre la main et à glisser çà et là quelques reproches. L'un comme l'autre ont envie de se rapprocher, de rattraper peut-être les années perdues mais ils s'y prennent mal. C'est lui qui dicte son tempo, qui lui impose son rythme comme il l'impose à son équipe de tournage. Cinéaste despotique, père aimant et protecteur avec ses jeunes enfants, il instaure peu à peu le malaise, accentué par les mises en abymes des scènes de tournage. De maladresses en colères plus ou moins retenues, la tension entre le père et la fille atteint son apogée lors d'une scène de repas qui entrera sans nul doute dans les annales. Nous n'en dirons pas davantage pour préserver la surprise. Si Rodrigo Sorogoyen ne figure pas au palmarès, il offre toutes ses chances à Javier Bardem. A ce stade de la compétition, on voit mal comment le prix d'interprétation pourrait lui échapper.

  • Un si grand soleil : rencontre avec Aurore Delplace

    La dernière fois qu'Aurore Delpace est venue au Festival de Télévision de Monte-Carlo, elle était aux côtés de Constantin Balsan. Dans Un si grand soleil, la série quotidienne de France 3, Johanna et Yann nageaient dans le bonheur. Depuis, l'avocate préférée des fans de la série a vécu bien des péripéties. Yann l'a trahie et leur projet d'adoption s'est envolé. Aurore Delpace était de retour à Monaco, lors de la 65e édition du Festival de Télévision. Accompagnée de Smadi Wolfman, Frédéric Van Den Driessche et Fabrice Deville, elle est allée à la rencontre du public, toujours ravi de la rencontrer. Elle fait partie de ces comédiennes solaires, toujours de bonne humeur, qui voient la vie du bon côté, et avec lesquelles on parle spontanément. Nous lui avons posé quelques questions sur la série et sur Johanna, son personnage auquel elle est très attachée. Culture Net Info : Lorsque vous étiez venue au Festival de Télévision en 2024, vous étiez accompagnée de Constantin Balsan et Johanna et Yann vivaient une belle histoire d'amour. Ils sont maintenant séparés. Selon vous, qu'est-ce qui a le plus blessé Johanna dans cette histoire ? Aurore Delplace : Ce n'est pas le fait que Yann ait eu une petite aventure. C'est la trahison, c'est le mensonge pendant des mois et des mois. Pour l'instant, elle le hait. Je pense qu'elle s'oblige à le détester. Ça a été trop dur pour elle, donc elle préfère aller dans l'extrême inverse. Pensez-vous qu'elle soit prête à aimer de nouveau ? Aurore Delplace : Non, je ne crois pas. Elle préfère juste se laisser porter et voir ce qui lui arrive. Avec Sérignan, elle n'attendait rien, forcément. Mais elle tombe encore sur quelqu'un qui n'a pas les mêmes valeurs qu'elle. En tant que comédienne, aimez-vous jouer des sentiments plutôt sombres comme la tristesse, la colère... ? Aurore Delplace : En tant que comédienne, tout ce qui est dramatique, un peu noir, un peu dur, je trouve ça hyper cool, d'autant plus que moi, je suis très positive et solaire dans la vie. Quand on me propose des situations dramatiques, j'adore justement aller à l'opposé de ce que je suis. En ce qui concerne la rupture avec Yann, j'étais d'une tristesse folle parce que j'adorais jouer avec Constantin. Que souhaiteriez-vous pour Johanna maintenant ? Aurore Delplace : C'est compliqué ! D'un côté, j'aimerais justement aller dans quelque chose d'un peu fou, peut-être même qu'elle tombe dans un truc dramatique, la drogue, l'alcool, quelque chose de dark. Et d'un autre côté, j'aimerais utiliser mes talents d'humour et aller un peu dans la comédie pure. Johanna est dans la série depuis sept ans maintenant. Selon vous, a-t-elle changé depuis son arrivée ? Aurore Delplace : Je l'aime bien Joanna. Parfois, on fusionne un peu, évidemment. Au début, c'était vraiment la femme carriériste, professionnelle, même un peu garce, qui était prête à marcher sur les autres. Soit je le jouais très mal et les scénaristes ont fait évoluer mon personnage pour qu'il devienne plus doux, soit j'ai amené cette douceur, ce côté solaire, plus sympa malgré moi. J'ai l'impression qu'à un moment, à force de cohabiter avec un personnage, on met de soi dedans. C'est inévitable, j'ai l'impression. En tout cas, je mets de moi dans la manière dont Johanna réagit. Le rythme de tournage est assez soutenu. Comment parvient-on à le gérer ? Aurore Delplace : En fait, ça dépend des intrigues. Parfois, on a des mois intenses et, le mois d'après, comme il y a eu la grosse intrigue, on va avoir 2-3 jours seulement dans le mois. On a le temps de faire d'autres choses, de respirer, de s'aérer. En tout cas, j'arrive à garder cette fraîcheur et cette envie, ce plaisir d'y aller à chaque fois. Et puis, dans ce genre de série quotidienne, on sait qu'on a cette chance de ne jamais jouer la même chose. On essayer d'aller chercher de nouvelles choses à chaque fois. Vous êtes enceinte de votre deuxième enfant. Savez-vous comment votre grossesse va être intégrée à la série ? Aurore Delplace : Comme on l'a fait pour mon premier garçon, on va essayer de cacher ma grossesse jusqu'au bout. Je me rappelle que j'avais joué jusqu'à début septembre et que j'avais accouché début octobre. Je mettrai des dossiers devant mon ventre ou je serai plus souvent assise à mon bureau. Et puis, ils vont peut-être faire partir Johanna pendant quelque temps ! Quand j'ai annoncé ma grossesse aux scénaristes, je leur ai dit qu'ils pouvaient s'en servir et que ça ne me dérangeait pas. Mais, je reconnais que c'est compliqué de faire venir un enfant. Pour un bébé, avec un poupon, ça peut marcher. Après, quand il y a un enfant, c'est toujours très compliqué dans les séries quotidiennes. Avec votre mari Kévin Lévy, vous avez des milliers de followers qui vous suivent régulièrement sur les réseaux sociaux. Vous êtes un peu les nouveaux « Un gars, une fille ». Votre bonne humeur à tous les deux est communicative.... Aurore Delplace : On se marre bien. On essaye de se dire qu'on fait une vidéo au moins une fois par semaine. Il il y a des tonnes de choses à dire sur un couple qui va avoir un enfant. Donc, on va trouver des sketchess à n'en plus finir. Et ça, ça nous amuse beaucoup. On reçoit énormément de messages, de remerciements de cette bonne humeur qu'on transmet. En tout cas, elle est sincère et ça nous fait du bien de faire du bien. Il y a un côté égoïste là-dedans aussi.Ça nous fait du bien de faire du bien et de recevoir les remerciements des gens. C'est vraiment beau. Donc, on a encore envie de continuer, continuer, continuer... Vous n'êtes pas seulement comédienne. Vous êtes aussi chanteuse. Avez-vous des projets dans la musique ? Aurore Delplace : Le 28 juin, je sors une chanson qui s'appelle « Botox ». Je l'ai écrite, composée, arrangée : j'ai tout fait et je me suis bien marrée ! J'ai même fait le clip où je suis complètement défigurée. J'écris des tonnes et des tonnes de chansons : des chansons d'amour, des chansons tristes. Comme je ne suis pas triste dans la vie, bizarrement, j'ai du mal à y aller. Tandis que là, comme c'est du second degré, ça ne me dérange pas et je me lance. J'y vais à fond, je l'assume totalement. C'est sans jugement parce que moi aussi j'ai déjà fait des injections de Botox. On peut dire que c'est de la gentille moquerie ! La chanson sera sur les réseaux, dans deux semaines. Il y a deux ans, j'avais écrit une chanson sur le harcèlement qui s'appelait « Les rois du silence ». Je l'avais mise sur les réseaux et elle a été vue par plusieurs centaines de milliers de gens. C'était fou ! Vous êtes bien occupée avec Un si grand soleil mais aimeriez-vous qu'on fasse appel à vous pour le cinéma par exemple ? Aurore Delplace : J'adorerais faire des films d'époque, d'aller complètement ailleurs. Quand des comédiens sont sur des séries quotidiennes, je pense qu'on a un peu plus de mal à penser à eux. Peut-être qu'on se dit qu'on n'est pas dispo alors que finalement, on a pas mal de temps. J'ai l'impression qu'on fait un beau travail. Avec le temps qu'on a, on peut donner de belles choses quand même. Jouer dans une quotidienne, c'est une école incroyable !

  • Festival de Cannes J4 : "Fatherland", "Soudain" et "Histoires parallèles"

    Alors que le Festival ne fait que commencer, trois films très attendus sont présentés le même jour en compétition : Fatherland de Pawel Pawlikowski, Soudain de Ryusuke Hamaguchi et Histoires parallèles de Asghar Farhadi. Deux belles surprises et une franche déception. Fatherland de Pawel Pawlikowski, un voyage entre père et fille dans un sublime noir et blanc A Cannes, il est fréquent que les films projetés en compétition soient longs, Pawel pawlikowski, lui, aime la concision. En 1h18, le réalisateur polonais suit, le temps de quelques jours, l'auteur de la Montagne magique, Thomas Mann (Hanns Zischler), accompagné de sa fille (Sandra Hüller), dans son voyage en Allemagne. Il revient de son exil américain et il va être célébré dans son pays mais nous sommes en 1949 et l'Allemagne est coupée en deux. En voiture, père et fille vont se rendre en RDA et en RFA à la rencontre de l'élite allemande qui l'accueille en héros. La guerre a laissé des traces de part et d'autre mais aussi au sein même de la famille de Thomas Mann. Le film, d'un sublime noir et blanc, est empreint d'une mélancolie qui se diffuse progressivement. La dernière scène montrant le père et la fille unis dans la peine répond à la première où l'on découvre le fils (August Diehl), ce frère tant aimé, en proie à ses démons et à sa douleur. Fatherland est un film riche, dense, sublimé par une brillante mise en scène qui ne devrait pas laisser insensible le jury. Soudain de Ryusuke Hamaguchi, un film lumineux porté par deux magnifiques actrices Si Pawel Pawlikowski a présenté le film le plus court de la sélection, le cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi, peut s'enorgueilir d'offrir aux festivaliers le plus long (3h20) mais aussi sans doute le plus beau. Après Drive my car, Soudain était très attendu et avait de quoi susciter la curiosité puisqu'il était annoncé qu'il avait été tourné en grande partie en France et que Virginie Efira y tenait le rôle principal. Elle interprète Marie-lou, une directrice d'EHPAD très investie dans son travail et très proche de ses patients. Un jour, elle rencontre Mari, une metteuse en scène japonaise atteinte d'un cancer incurable. Les deux femmes vont se lier d'amitié. De leurs échanges, tantôt en japonais, tantôt en français, comme une sorte de maïeutique, vont naître des réflexions sur l'écoute, la bienveillance, sur l'importance de prendre soin de l'autre. Réalisé par d'autres, ce film, qui aborde des sujets graves, aurait sans doute été démoralisant et noyé dans le pathos. Il n'en est rien. Ryusuke Hamaguchi en a fait une œuvre lumineuse et profondément humaine, porteuse d'espoir, si bien qu'en sortant de la projection, on a l'impression d'avoir une expérience de vie et on ressent une espèce de sérénité et d'apaisement qui font un bien fou. Histoires parallèles d'Asghar Farhadi, la déception du jour La déception du jour est venue du dernier film du réalisateur iranien Asghar Farhadi, Histoires parralèles. Tourné à Paris, porté par un casting prestigieux (Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa), le film avait tout pour intriguer et pour séduire, d'autant plus qu'il était présenté comment étant librement inspiré du Décalogue de Kieslowski. Il faut bien avouer que la déception est à la hauteur de l'attente. Isabelle Huppert est une romancière qui espionne ses voisins pour écrire son roman. Elle est fascinée par Nita (Virginie Efira) qui travaille (elle est bruiteuse pour le cinéma) et semble vivre une grande partie du temps dans l'appartement d'en face où évoluent aussi ses collègues (Pierre Niney et Vincent Cassel). A ces personnages, s'ajoute celui d'Adam Bessa, entré un peu par hasard dans la vie d'Isabelle Huppert, lui aussi intrigué par la vie de ces voisins. On est ballotés d'un personnage à un autre, d'une histoire à une autre, sans réellement comprendre les enjeux du film. Ce qui semblait être au départ une réflexion sur la création, prend peu à peu l'allure d'un récit confus et brouillon qui finit par nous ennuyer sérieusement. Asghar Farhadi avait emballé le Festival de Cannes avec ses films précédents. Cette fois, il a divisé et a laissé un très grand nombre de spectateurs sur le bord du chemin.

  • 3e édition du Festival de Tragédies aux Arènes de Cimiez

    La troisième édition du Festival de Tragédies du TNN débute dans quelques jours. Du 16 juin au 4 juillet, dans les arènes de Cimiez, vont résonner les vers d'Eschyle, de Racine ou encore les mots de Véronique Olmi. Le programme Bord de mer de Véronique Olmi en ouverture de cette 3e édition,les 16, 17 et 18 juin à 21h Pour ouvrir cette nouvelle édition, Muriel Mayette-Holtz met à l'honneur l'autrice niçoise Véronique Olmi, dans une création production du TNN. Elle adapte à la scène l'un de ses romans les plus connus, Bord de mer qui raconte la tragédie d'un amour maternel. Sur scène, Elise Clary sera seule pour faire entendre ce texte fort, sombre, déstabilisant. Comme le dit Muriel Mayette-Holtz, « Véronique Olmi est une immense artiste qui fouille au plus profond du cœur humain, et, malgré les failles de ses personnages, parvient toujours à nous les faire aimer. » Les suppliantes d'Eschyle les 23 et 24 juin à 21h Dans sa nouvelle création, Charles Tordjman fait entendre la parole du poète grec Eschyle, avec Les Suppliantes, qui raconte la fuite des cinquante filles de Danaos, destinées à être mariées de force à leurs cousins. Bérénice de Racine les 26 et 27 juin à 21h Robin Renucci revient cette année au Festival de Tragédies avec une mise en scène de la célèbre pièce de Racine, Bérénice. En faisant le choix d'un plateau nu, les Arènes de Cimiez comme seul décor, il revient à l'essentiel : le texte, les acteurs et la force du jeu. Les vers de Titus et Bérénice n'en seront que plus poignants. Un jour sans vent (une Orestie) d'Eschyle, les 1er et 2 juillet à 21h Eschyle sera de nouveau à l'honneur cette année avec cette nouvelle création de L'Orestie, par Mylène Tournier. Le jour sans vent, c'est celui du sacrifice d'Iphigénie par son père Agamemnon. Une tragédie qui va bien au-delà du mythe antique. Elle met en lumière un paradoxe : celui des femmes sacrifiées, réduites au silence, éliminées pour que s'érige la paix des hommes. Mythique ! de Thierry Vincent, le 27 juin à 10h et 18h dans les jardins du musée archéologique de Cimiez. Dès 7 ans ! Cette nouvelle édition n'oublie pas les enfants. Ils pourront découvrir l'univers de la mythologie grecque et notamment l'histoire du labyrinthe et du Minotaure avec la Compagnie B.A.L dans les jardins du musée archéologique de Cimiez. Les autours du festival Comme lors des éditions précédentes, le public pourra assister à des lectures, des rencontres, des conférences pour enrichir son approche de la tragédie. A noter que ces événements seront gratuits sur réservation. Le 17 juin à 19h, au musée archéologique de Cimiez, avant la représentation de Bord de mer, Véronique Olmi sera accompagnée de Muriel Mayette-Holtz pour échanger autour de l'écriture contemporaine tragique. Les 27 et 28 juin à 19h, salle des Franciscains, Ralph Schor fera une conférence ayant pour thème : D'Eschyle à nos jours, la tragédie : une réflexion sur le concept de frontière. Le 18 juin à 19h, au musée archéologique de Cimiez, Laurent Prévot lira les Lettres à Lucilius de Sénèque. Le 20 juin à 21h, aux arènes de Cimiez, En attendant le futur, les comédiens de la troupe du TNN ainsi que des avocats du barreau de Nice liront un texte de Me Olivia Chalus Penochet, un texte restituant l'histoire des victimes de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016, dévoilant l'intimité dela salle d'audience. Le 22 juin à 19h à l'Observatoire de Nice, Muriel Mayette-Holtz et Laurent Prévot liront Une séparation de Véronique Olmi. Les 27 et 28 juin à 19h, à la Villa Masséna, Hervé Van Der Meulen, accompagné des apprentis-comédiens de l'ERACM lira Le feuilleton d'Artémis de Murielle Szac. Le 24 juin à 19h, au Musée d'archéologie de Cimiez, Adela Coman et Diana Iliescu proposeront un atelier et une performance pour appréhender les mouvements symboliques et le ruthme partagé du groupe. S'ensuivra une marche collective, un passage sacré en ouverture du spectacle Les Suppliantes. Enfin, pour ne pas faillir à la tradition, les procès des grands personnages se tiendront sur le parvis de la salle des Franciscains, les 20, 27 juin et 4 juillet à 11h. Thésée, Pandore et Clytemnestre seront tour à tour sur le banc des accusés. Les tarifs Chaque spectacle du Festival dans les Arènes bénéfice d'une tarification unique : 20 euros plein tarif, 15 euros abonnés du TNN et personnes en situation de handicap. 10 euros pour les moins de 26 ans et minima sociaux. A partir de 4 spectacles achetés pour le festival, le tarif abonnés à 15 euros par spectacle est appliqué Tarif spécial jeune public Mythique ! : 10 euros Un point buvette et restauration légère est prévu dans l'arène une heure avant la représentation. Pour plus de renseignements sur la programmation et pour réserver : www.tnn.fr

  • Ulysse au cinéma : interview de la réalisatrice Laetitia Masson

    La dernière fois que Laetitia Masson a présenté un film au Festival de Cannes, c'était en 1998. A vendre n'était alors pas en compétition mais faisait partie de la sélection Un Certain Regard. Vingt-huit ans plus tard, elle était de retour dans la même catégorie avec son neuvième long-métrage, Ulysse. Présenté le soir de la clôture, après la remise des prix, il a touché le public en plein coeur. Ulysse, c'est le prénom du fils d'Alice (Elodie Bouchez) et Luc (Stanislas Merhar). Il n'est pas comme les autres enfants : il grandit lentement, éprouve des difficultés à marcher, à parler mais sa mère est bien déterminée à faire en sorte qu'il ait sa place dans la société, coûte que coûte. Nous avons rencontré Laetitia Masson, le lendemain de la projection cannoise. Culture Net Info : Ulysse a été présenté en clôture d'Un Certain Regard. Dans votre discours, avant la projection, vous avez dit que c'était précisément dans cette sélection que votre film avait sa place car il pose un certain regard sur la différence... Laetitia Masson : C'est exactement ce que je voulais faire. Le point de départ du film, c'est de montrer que le système est aveuglé par le problème du handicap. Il ne regarde pas la personne. Pour moi, tout est une question de regard. Avec ce film, je voulais ouvrir non seulement le cœur, mais aussi les pensées des spectateurs et amener le système, si c'est possible, à réfléchir, sur le regard porté. Tout le sujet est là. Ca ne coûte rien. Donc quand j'ai su qu'on était sélectionnés dans cette section-là à Cannes, je me suis dit qu'ils avaient compris le sujet. Alice (magnifique Elodie Bouchez) a une relation fusionnelle avec son fils Ulysse. Elle est déterminée à se battre pour qu'il ait son exsitence propre, sa place dans la société. Il ne sera pas un enfant toute sa vie... Laetitia Masson : Ce n'est même pas une combattante, je ne voulais pas du tout montrer une mère hystérique qui est prête à bouger les montagnes ; je voulais juste montrer quelqu'un qui se sent responsable du destin de son fils et qui ne lâche jamais. L'interprétation d'Élodie en fait un personnage très lumineux, et j'espère qu'à travers son regard, on comprend la particularité de l'enfant. La société traite le sujet moment par moment. Quand on parle aux spécialistes de l'enfance, ils n'ont aucune idée de ce qu'ils vont devenir. Les orthophonistes, les psychomotriciens, tous ces praticiens qui prennent en charge les enfants qui ont des difficultés n'ont pas accès à leur futur, et c'est normal, parce que, une fois que les enfants deviennent adultes, c'est une sorte de désert. Il y a les mêmes prises en charge possibles, mais il n'y a pas de réflexion sur la façon de pouvoir les intégrer dans le monde des adultes, qui est un monde vaste, mais pas si fermé que ça. La société pourrait inventer des places qui donnent un rôle à toutes ces personnes. Ca peut illuminer un lieu, donner une fantaisie à un endroit, c'est ce que je voudrais ouvrir comme réflexion pour le système. Ulysse est engagé au Café joyeux, qui favorise l'inclusion des personnes en situation de handicap.... Laetitia Masson : Oui, le Café Joyeux, c'est un endroit qui est, pour moi, exemplaire. Malheureusement, pour l'instant, il est presque unique en son genre. Il se trouve qu'Ulysse veut travailler dans la restauration ; c'est une vraie vocation qui se réalise en quelque sorte quand il est engagé au Café Joyeux, parce que même s'il a un petit rôle, il reste dans l'univers qu'il aime et il a une responsabilité, ce qui est fantastique pour lui. Mettre des personnes en situation de handicap dans des structures, à mon avis, c'est presque contre-productif pour certains. Ils s'isolent à nouveau. Ça aveugle les gens qui sont soi-disant normaux, parce qu'ils n'ont jamais accès à la différence, et quand ils la rencontrent, ils ne savent pas comment l'aborder. Le film a été presque une expérience in vivo de ma certitude qu'on peut intégrer les personnes, et d'ailleurs le Festival de Cannes le prouve. C'est une chance pour le film. Comment s'est passé le tournage avec Alphonse qui joue le rôle d'Ulysse ? Laetitia Masson : Il a été accueilli comme n'importe quel acteur. Il a vécu les mêmes expériences que n'importe quel acteur, et par conséquent, il a pu s'adapter, et avoir aussi tout le retour positif de son travail. A la fin de la projection, il était même tout à fait sidéré de comprendre comment ça se passait, d'être reconnu, d'être félicité par Thierry Frémaux, par les gens autour, et accueilli comme n'importe quelle autre personne. En fait, le film est inspiré de ma propre histoire, et Alphonse est mon fils. Il se trouve que quand on a commencé la préparation du film, personne, ni mes producteurs ni les techniciens qui travaillaient avec moi, ne connaissaient Alphonse. Ils m'ont demandé pourquoi je ne pensais pas à lui pour jouer le rôle mais je ne voulais pas tout mélanger. Ils m'ont dit que ça les intéresserait de le rencontrer. J'ai demandé à Alphonse s'il était d'accord et il a accepté parce qu'il adore toutes les nouvelles expériences, mais il n'avait pas de fantasme particulier par rapport à ça. Tout le monde m'a dit que c'était une bonne idée, parce que ça permettait de faire le casting à rebours. Ca nous donnait une référence. Tout le monde a été très accueillant, très bienveillant, et, de mon côté, je coachais Alphonse pour qu'il soit à l'heure, qu'il sache de quoi il s'agissait. Il est tout à fait capable de comprendre tout cet univers, parce qu'il est en imprégné depuis des années par moi. Le petit garçon qui joue Ulysse à dix ans était aussi tout à fait capable de suivre un tournage, d'être responsabilisé par rapport à son rôle. Il y a eu beaucoup de films sur le handicap, mais souvent, les personnes handicapées sont jouées par des acteurs. Quand c'est Dustin Hoffman qui joue Rain man, c'est sublime. Le sujet même de mon film, c'était précisément de dire que le monde doit s'ouvrir. Donc si je n'avais pas ouvert mon propre monde, ça aurait été contradictoire. Certes, le film traite du handicap mais il va au-delà de ça et il permet l'identification... Laetitia Masson : Au départ, j'avais peur d'un film qui soit un peu de l'entre-soi, c'est-à-dire qu'il ne concerne que les gens qui ont des enfants et des problèmes, et, en fait, il a recoupé pour moi tout le système de la société en général, qui a vraiment du mal à intégrer les variantes. Tout est normé. Je me suis dit que même en suivant le fil d'une histoire très singulière, tout le monde pouvait se projeter et y retrouver des questionnements personnels. Je pense qu'on peut s'identifier à Ulysse, même sans avoir de handicap parce qu'on a tous une problématique, une sensibilité, des difficultés à s'intégrer. Quand on me dit que c'est un film sur le handicap, je suis obligée de dire oui mais, en même temps, toute singularité peut être perçue comme un handicap dans la société d'aujourd'hui. Les personnes qui ont un handicap sont tellement obligées de compenser, de supporter...Ca leur donne une richesse humaine incroyable. Mon fils, par exemple, a une élocution un peu particulière et je lui demande tout le temps de répéter ce qu'il me dit, parce que je le ne comprends pas mais il a une forme de patience avec ça. Il sait qu'il faut qu'il se fasse comprendre. Je me dis que la société doit rendre quelque chose à toutes ces personnes. Elles ont une telle patience ! Il faut aussi qu'on cesse de se sentir supérieurs. Ce n'est pas parce qu'on s'occupe d'eux qu'on doit les prendre de haut et qu'on doit croire qu'ils ne comprennent pas. Dans le film, je montre que, très souvent, lors des rendez-vous dans les institutions, les rendez-vous administratifs, on parle d'eux comme s'ils n'étaient pas là, en employant la troisième personne. Je crois que chacun est un être humain, et on doit se placer à son endroit. Ulysse de Laetitia Masson avec Alphonse Roberts, Elodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Gringe au cinéma le 17 juin.

  • Rencontre avec l'acteur Yassine Azzouz au Festival de Cannes

    Yassine Azzouz connaît bien le Festival de Cannes. Il vit maintenant depuis plusieurs années aux Etats-Unis et lorsqu'il vient à Cannes, il en profite pour voir des films, faire des rencontres professionnelles et...participer à des awards ! Cette année, il a été nommé aux iSuccess Awards ainsi qu'aux Global Traveler Awards. Sur le tapis rouge ou lors de ces soirées de gala, il représentera la marque Gatsby, qui l'accompagne depuis une dizaine d'années. Nous avons rencontré Yassine Azzouz le premier jour du Festival. Il nous a parlé de cinéma, sa passion, de "Guru", qu'il a réalisé, produit et dans lequel il a joué mais aussi du court-métrage de Sébastien Abdhelhamid "Ice Ice bye bye", qu'ils sont venus présenter au Festival. Culture Net Info : Quand êtes-vous venu au Festival de Cannes pour la première fois ? Yassine Azzouz : C'était pour mon premier court-métrage en 2006. J'étais venu par le biais du Short Film Corner. Souvent, on commence un peu par là. Il y a un système qui est mis en place pour vraiment avoir accès à toute la cartographie du site. Quand j'étais là, j'ai pris la claque de ma vie ! Il se passe plein de choses en même temps. A Cannes, il y a des occasions de rencontres magnifiques. Comme je suis basé aux Etats-Unis, j'essaie de rencontrer un maximum de gens quand je viens au Festival ! Cela fait combien de temps que vous êtes aux États-Unis ? Yassine Azzouz : J'ai commencé à faire des vrais allers-retours depuis 2017. J'ai obtenu mon premier visa d'artiste en 2015, mais la vraie installation, je dirais, où je paye un loyer de manière régulière, c'est 2021. Je retourne quand même en France. J'y passe quatre à cinq mois par an ! Cette année, vous êtes au Festival pour plusieurs raisons, et notamment pour un court-métrage, "Ice Ice Bye Bye" de Sébastien Abdhelhamid.... Yassine Azzouz : Sébastien est hyper talentueux. Il vit entre la France et les Etats-Unis. C'est un ancien visage de l'émission Clique. Il a travaillé avec Roman Gavras, Kim Chapiron de Kourtrajmé. Son court-métrage parle du délit de faciès aux Etats-Unis. La police de l'ICE, le service d'immigration aux Etats-Unis, peut contrôler n'importe qui à n'importe quel moment. Quelqu'un qui n'a pas sa green card peut se retrouver en garde-à-vue. A Los Angeles, Sunset Boulevard s'étend sur 30 kilomètres et 60% des commerces sont fermés, à cause du covid, de l'inflation mais aussi des problèmes d'immigration. C'est ce qu'a voulu pointer du doigts Sébastien dans son court-métrage. On voit un homme, même pas un Mexicain mais un Franco-Algérien venu en vacances et qui a la volonté de travailler aux Etats-Unis, se faire pourchasser par des agents de l'ICE. Le court-métrage a été sélectionné dans 25 festivals. Sébastien vient de tourner son deuxième court à Tokyo. Il a un immense talent ! Vous êtes aussi à Cannes parce que vous êtes nommé à des awards... Yassine Azzouz : Je vais participer aux iSuccess Awards. Il y a dix ans, j'ai fait un court-métrage qui s'appelle "GURU". Il a été adapté en deux parties, une sorte de mini-série de deux fois 35 minutes, sur Amazon Prime, Tubi et Apple TV+. On est à 24 millions de vues, toutes plateformes confondues, sans promo, grâce au bouche à oreille. C'est un projet dans lequel je tiens le rôle principal, mais que j'ai aussi produit et réalisé. C'est un show français produit totalement, totalement indépendant, mais destiné au marché international. Il n'existe pas en France pour le moment. Il va arriver, sans doute, je l'espère. On est numéro un à Taïwan. Et sur la plateforme Tubi, on a été dans le top 20, ce qui n'est pas négligeable. C'est un projet qui se voulait ambitieux, mais qui a eu très peu de moyens. Donc c'est aussi une des raisons pour lesquelles je suis nommé dans cette soirée. Il y a aussi les Global Traveler Awards qui récompensent les talents cross-market. Ca va se passer au Martinez. Il y aura des talents comment Xavier Gens qui travaillent beaucoup à l'étranger. Ce genre de soirées permet de faire de belles rencontres. Quels sont vos projets ? Yassine Azzouz : Je travaille sur la préparation de mon premier long-métrage. Je me suis bien formé sur "GURU". Je travaille avec une boîte de production qui s'appelle Evidence Films. Ils ont gagné à Berlin cette année dans la catégorie Perspectives avec le film "Chronicles from the siege". Le réalisateur est un vrai réfugié palestinien qui était coincé dans un périmètre de sécurité. Mon film va s'appeler "Homesick". C'est l'histoire d'un acteur français qui déménage à Los Angeles, après le Covid et qui se rend compte que ce rêve américain n'est plus là parce que le métier a changé. On va montrer la différence entre un migrant et un expatrié, et comment on fait pour avoir ses papiers, tout ce cauchemar administratif pour avoir un visa, pour passer à la green card. Ce personnage va rencontrer beaucoup de problèmes. Il va dormir dans sa voiture, attraper la gale... Ce qui m'intéresse, c'est de montrer des histoires à dimension internationale mais en même temps très intimistes. Si j'y avais une référence à donner, ce serait "L'histoire de Souleymane", un film que j'ai adoré. En gros, on va montrer aux gens ce que c'est vraiment de déménager aux États-Unis avec un rêve, mais de voir que ça ne se passe pas comme on le voudrait. C'est cette ambivalence qui m'intéresse. C'est en grande partie autobiographique. J'aurai deux casquettes : acteur et réalisateur. Je vais le coproduire avec ma boîte de production aux États-Unis. On espère tourner cette année.

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