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Interview de Salif Cissé au Festival de Cannes

  • Laurence Ray
  • il y a 2 heures
  • 4 min de lecture

L'année dernière, Salif Cissé prenait la voix de Denis Podalydès dans Le répondeur, le très réjouissant film de Fabienne Godet et partageait l'affiche de Météors d'Hubert Charuel et Claude Le Pape avec Paul Kircher et Idir Azougli : deux rôles très différents, à l'image de sa filmographie, où figurent aussi bien des comédies (intelligentes) que des films d'auteur. Depuis A l'abordage de Guillaume Brac en 2020, le comédien trace son chemin dans le cinéma français et n'oublie pas le théâtre, sa première passion.

Nous l'avons rencontré lors du 79e Festival de Cannes. Contrairement aux deux années précédentes où il était venu pour présenter des films en sélection officielle ( Spectateurs en 2024 et Love me tender et Meteors en 2025), il était là, invité par Unifrance, dans le cadre de l'opération « 10 to watch », qui a pour but de contribuer à l'émergence de nouveaux artistes du cinéma français à l'international. Il nous a parlé de ses souvenirs cannois mais aussi de sa passion pour le théâtre et le cinéma.


Salif Cissé Festival de Cannes Unifrance

Culture Net Info : Cette année, vous êtes à Cannes avec Unifrance dans le cadre de l'opération « 10 to watch », sans film en sélection, ce qui n'était pas le cas des années précédentes. Quels souvenirs en gardez-vous de ces ?

Salif Cissé : J'ai l'impression d'aller tout le temps à Cannes mais en fait, c'est la troisième année consécutive. Je me sens assez content et chanceux. L'année dernière, j'étais venu pour la les films Météors et Love me tender qui avaient été présentés dans la catégorie Un Certain Regard. L'année d'avant c'était pour Spectateurs d'Arnaud Desplechin en séance spéciale. C'est toujours assez renversant de se retrouver à Cannes. Il y a beaucoup beaucoup d'activités, beaucoup d'informations, beaucoup de bruit mais, en même temps, je me sens bien parce que j'ai l'impression de trouver mes marques.

Cette année j'en ai profité pour vraiment m'ancrer dans le sol, regarder des films, et prendre le temps de vivre l'expérience à un autre endroit que ce que j'avais fait jusqu'à présent. Et ça, ça m'a beaucoup plu ! Je regrette de ne pas l'avoir fait avant. Souvent on dit : pourquoi revenir à Cannes si on n'a pas de film ? Eh bien, là, cette année, j'ai été très content de ne pas avoir de film et de pouvoir profiter de l'expérience. Donc je pense que je vais continuer à faire ça !


Etre là cette année avec Unifrance vous permet aussi de vous faire des contacts...

Salif Cissé : Oui, c'est toujours bien parce que le cinéma a un côté assez solitaire finalement, contrairement au théâtre où on est en troupe pendant longtemps. Au cinéma, chacun prépare son rôle un peu de son côté. Comme je suis cinéphile, ça me fait plaisir de rencontrer des acteurs, des réalisateurs, de discuter avec eux, de savoir comment ils ont démarré, pourquoi ils ont fait ce film-là. C'est vraiment intéressant.


En tant que cinéphile, quels sont vos réalisateurs préférés ?

Salif Cissé : Je ne peux pas répondre qu'en cinéphile ; je dois aussi répondre en tant qu'acteur. Aujourd'hui, les deux sont un peu mélangés. J'aime beaucoup de réalisateurs. J'aime bien Christopher Nolan, David Fincher. Je pense que Seven a été pour moi une ouverture vers la cinéphilie. J'étais jeune quand j'ai vu Seven et j'ai eu un choc. J'aime les films assez sombres mais très profonds émotionnellement et sur le plan philosophique. J'aime bien aussi Brian De Palma mais aussi plein d'autres. S'arrêter à quelques-uns, ce n'est pas bon : j'aurais envie de travailler avec tous ! Les films d'Hollywood, c'est un rêve qu'on a tous ! Ils ont bercé notre jeunesse. Le désir du cinéma a commencé là ou par les films que les parents nous montraient. En ce qui me concerne, je regardais des films d'action et des western avec mon papa.


Vous évoquiez le théâtre. Avant de faire du cinéma, c'est sur les planches que vous avez commencé. Comment est née cette passion pour le théâtre ?

Salif Cissé : Elle est née au lycée. Quand je suis rentré dans ce cours de théâtre, j'ai eu une révélation. J'ai eu envie de faire ça toute ma vie !

J'ai de la chance d'habiter à Paris où y a des propositions tous les jours. Je vais voir beaucoup de pièces, pour observer, me rendre compte de ce que c'est, me faire un avis, comprendre ce que j'aime et ce que je n'aime pas. C'est ce qui me passionne dans le cinéma et le théâtre : il y en a pour tout le monde. Même quand on se sent très éloigné de ces industries, il y a toujours quelque chose qui peut nous accrocher. Ce sont des expériences humaines. Si on a envie d'être curieux, on peut toujours trouver quelque chose pour soi !


Quels sont vos projets au théâtre ?

Salif Cissé : Je viens de jouer dans une pièce qui s'appelle Barber shop chronicles. On va la reprendre l'année prochaine. C'est une pièce magnifique qui parle des masculinités noires, dans le contexte du barber shop. c'est-à-dire dans un endroit où on confie un peu sa vie. On parle de tout ce qui nous arrive. Il y a de la musique à l'intérieur. Ça parle aussi de diaspora, d'africanité, de plein de choses. Je suis assez heureux de cette expérience. J'ai entendu dire qu'il y a des coiffeurs qui ont des formations de psychologie pour accueillir la parole des gens. Je trouve ça magnifique.


Et au cinéma ?

Salif Cissé : J'ai tourné dans 16 mesures le premier film d'Yvan Georges-dit-Soudril et, cet été, je vais faire le film de Marion Desseigne-Ravel avec Manon Clavel, qui va s'appeler Une heure et demie en été.

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