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Festival de Cannes J4 : "Fatherland", "Soudain" et "Histoires parallèles"

  • Laurence Ray
  • 12 juin
  • 3 min de lecture

Alors que le Festival ne fait que commencer, trois films très attendus sont présentés le même jour en compétition : Fatherland de Pawel Pawlikowski, Soudain de Ryusuke Hamaguchi et Histoires parallèles de Asghar Farhadi. Deux belles surprises et une franche déception.



Fatherland de Pawel Pawlikowski, un voyage entre père et fille dans un sublime noir et blanc


A Cannes, il est fréquent que les films projetés en compétition soient longs, Pawel pawlikowski, lui, aime la concision. En 1h18, le réalisateur polonais suit, le temps de quelques jours, l'auteur de la Montagne magique, Thomas Mann (Hanns Zischler), accompagné de sa fille (Sandra Hüller), dans son voyage en Allemagne. Il revient de son exil américain et il va être célébré dans son pays mais nous sommes en 1949 et l'Allemagne est coupée en deux. En voiture, père et fille vont se rendre en RDA et en RFA à la rencontre de l'élite allemande qui l'accueille en héros. La guerre a laissé des traces de part et d'autre mais aussi au sein même de la famille de Thomas Mann.

Le film, d'un sublime noir et blanc, est empreint d'une mélancolie qui se diffuse progressivement. La dernière scène montrant le père et la fille unis dans la peine répond à la première où l'on découvre le fils (August Diehl), ce frère tant aimé, en proie à ses démons et à sa douleur. Fatherland est un film riche, dense, sublimé par une brillante mise en scène qui ne devrait pas laisser insensible le jury.


Soudain de Ryusuke Hamaguchi, un film lumineux porté par deux magnifiques actrices


Si Pawel Pawlikowski a présenté le film le plus court de la sélection, le cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi, peut s'enorgueilir d'offrir aux festivaliers le plus long (3h20) mais aussi sans doute le plus beau. Après Drive my car, Soudain était très attendu et avait de quoi susciter la curiosité puisqu'il était annoncé qu'il avait été tourné en grande partie en France et que Virginie Efira y tenait le rôle principal. Elle interprète Marie-lou, une directrice d'EHPAD très investie dans son travail et très proche de ses patients. Un jour, elle rencontre Mari, une metteuse en scène japonaise atteinte d'un cancer incurable. Les deux femmes vont se lier d'amitié. De leurs échanges, tantôt en japonais, tantôt en français, comme une sorte de maïeutique, vont naître des réflexions sur l'écoute, la bienveillance, sur l'importance de prendre soin de l'autre. Réalisé par d'autres, ce film, qui aborde des sujets graves, aurait sans doute été démoralisant et noyé dans le pathos. Il n'en est rien. Ryusuke Hamaguchi en a fait une œuvre lumineuse et profondément humaine, porteuse d'espoir, si bien qu'en sortant de la projection, on a l'impression d'avoir une expérience de vie et on ressent une espèce de sérénité et d'apaisement qui font un bien fou.


soudain Ryusuke Hamaguchi affiche Festival de Cannes


Histoires parallèles d'Asghar Farhadi, la déception du jour


La déception du jour est venue du dernier film du réalisateur iranien Asghar Farhadi, Histoires parralèles. Tourné à Paris, porté par un casting prestigieux (Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa), le film avait tout pour intriguer et pour séduire, d'autant plus qu'il était présenté comment étant librement inspiré du Décalogue de Kieslowski. Il faut bien avouer que la déception est à la hauteur de l'attente.

Isabelle Huppert est une romancière qui espionne ses voisins pour écrire son roman. Elle est fascinée par Nita (Virginie Efira) qui travaille (elle est bruiteuse pour le cinéma) et semble vivre une grande partie du temps dans l'appartement d'en face où évoluent aussi ses collègues (Pierre Niney et Vincent Cassel). A ces personnages, s'ajoute celui d'Adam Bessa, entré un peu par hasard dans la vie d'Isabelle Huppert, lui aussi intrigué par la vie de ces voisins. On est ballotés d'un personnage à un autre, d'une histoire à une autre, sans réellement comprendre les enjeux du film. Ce qui semblait être au départ une réflexion sur la création, prend peu à peu l'allure d'un récit confus et brouillon qui finit par nous ennuyer sérieusement. Asghar Farhadi avait emballé le Festival de Cannes avec ses films précédents. Cette fois, il a divisé et a laissé un très grand nombre de spectateurs sur le bord du chemin.

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