
CULTURENETINFO
Culture Net .Info - l'actualité culturelle
Résultats de recherche
Rechercher sur ce site
256 résultats trouvés avec une recherche vide
- Interview de Clément Bresson pour son seul-en-scène, Pour en finir avec le football
Avec son seul-en-scène, Pour en finir avec le football, Clément Bresson s'apprête à ouvrir la première saison de La Stella, la nouvelle salle de spectacles de La Trinité. Avant d'être comédien et de devenir pensionnaire à la Comédie-Française, il a été footballeur à Reims, chez les moins de 17 ans. C'est à cet âge qu'ne blessure a mis fin à sa carrière prometteuse. Un peu par hasard, il s'est tourné vers le théâtre, sans pour autant oublier le foot, sa première passion. C'est ce qu'il raconte, avec humour et une certaine émotion, dans son seul-en-scène, à travers le personnage de Paul-Emile. Alors qu'il était en pleine répétition en Suisse, nous avons contacté Clément Bresson par téléphone. Il nous a parlé de son spectacle, de la Comédie-Française et évidemment de foot. Pour en finir avec le football est un titre chargé d'ironie. Le football est toujours dans votre vie, n'est-ce pas ? Clément Bresson : Le titre est venu assez tard. À la base, j'avais souhaité appeler le spectacle « L'enfant qui voulait prouver au monde que le football est un art ». C'est un titre que j'aimais bien. Je me disais que c'était fou qu'à 35 ans, je puisse encore penser que si je m'y remettais sérieusement, je pourrais rejouer au foot à un haut niveau. Je connais suffisamment le foot pour savoir que ça n'était pas possible. C'est un peu cette folie-là qui m'a poussé à écrire. Pour le titre, il y a une référence Pour en finir avec le jugement de Dieu d'Antonin Artaud. Il y a une petite folie dans tout ça que j'aimais bien. C'est votre expérience que vous racontez mais à travers un personnage que vous avez prénommé Paul-Emile.... Clément Bresson : Paul-Émile, c'est mon deuxième prénom. Ce seul-en-scène est très autobiographique, même si je le romance et le poétise un petit peu. La plupart des choses sont quand même très concrètement vécues. Pour en finir avec le football est donc votre histoire, celle d'un adolescent qui rêve de devenir footballeur mais qui doit mettre fin à sa carrière naissante à cause d'une blessure et qui découvre le théâtre... Clément Bresson : Je raconte effectivement le parcours d'un enfant qui rêve de football et qui grandit dans un milieu d'extrême-gauche, donc loin de la religion. Dans la très grande majorié, les grands joueurs croient en Dieu, et le communisme ne cesse de répéter qu'il ne faut pas être meilleur que les autres, pas dominer. Il y a comme des problèmes existentiels avec ça. Je joue pas mal avec ça pendant la pièce. Je dis :« ce serait quand même plus facile si je croyais en Dieu, et en même temps, avec ma famille, ce n'est pas possible ». J'ai commencé à prendre de la distance avec ça ; le théâtre m'y a aidé. Il y a quelques années , avec Marie Rémond et sébastien Pouderoux, j'avais fait un spectacle sur André Agassi. Je me sentais assez proche de son histoire, des différentes luttes qu'on peut traverser quand on sportif. J'ai adhéré à ce projet mais je ne voulais pas que cesoit un drame. J'avais envie d'un théâtre ludique mais avec une certaine profondeur. J'aime bien raconter des choses d'une manière drôlatique et dramatique, effectivement. Vous jouez avec les clichés du foot comme avec ceux du théâtre... Clément Bresson : Oui, dans le spectacle, je m'amuse à faire une inversion des jugements de valeur qu'on peut porter sur le théâtre ou sur le football, en présentant un petit peu le théâtre comme quelque chose d'assez léger et populaire, et le football comme quelque chose qui demande un peu plus d'éducation, de hauteur. Je m'amuse beaucoup avec ça à plusieurs moments du spectacle, et notamment au début. Ca me faisait rire d'inverser les rapports et de recevoir le public en leur disant que nous, on était là pour eux, pour leur apporter la culture. C'est une peu ce dont je voulais parler avec mon premier titre L'enfant qui voulait prouver au monde que le football est un art. Comme disait Bourdieu, tout est culture. Tout peut être art à partir du moment où il y a une volonté de magnifier un geste et de le rendre beau, de l'amener vers quelque chose de profond, de le travailler. Dans votre spectacle, citez-vous des auteurs, des textes qui vous ont marqué tout au long de votre parcours ? Clément Bresson : je me suis amusé à écrire un texte à la manière de Proust. Il décrit son amour du football qui est né lorsqu'il a vu des enfants, tout crottés, jouer au foot dans les champs. Cette image le suit toute la journée et le soir, quand il se couche, avant que sa mère vienne l'embrasser, il y repense et s'imagine lui-même en train de jouer au foot. Ca me fait beaucoup rire, d'autant plus que Proust méprisait tous les sports. Beaucoup de gens, même des connaisseurs, ont eu un doute à un moment. Quand vous avez démarré le théâtre, quels sont les auteurs qui vous ont vraiment marqué ? Clément Bresson : Tout de suite, je dirais Bernard-Marie Koltès. Quand je repense aux moments où je l'ai découvert, j'en ai la chair de poule. Il m'a emmené très loin dans les émotions. Je me suis dit, oh là là, il se passe quelque chose, et quand je dis ces mots-là, ça me fait quelque chose, ça m'emmenait parfois loin, dans des émotions. Il avait une manière d'écrire très proche d'une langue parlée, qui créait une tension folle. Quand je l'ai découvert, j'étais à la fac et je faisais du théâtre en amateur. Je me souviens que la première fois que j'ai joué un passage, j'ai mis une heure et demie à m'en remettre. Entrer à la Comédie-Française, c'était un choix ou là aussi c'est un concours de circonstances ? Clément Bresson : Je n'avais pas spécialement envie d'y aller, mais j'avais un ami qui y était depuis des années et j'allais le voir à chaque fois qu'il jouait. Petit à petit, je vois des spectacles qui me plaisent beaucoup, je vois des acteurs et des actrices qui me plaisent beaucoup, et je me dis que travailler avec eux, ça doit être vraiment bien. A ce moment-là, j'avais du mal à recréer du rêve dans mon travail. Je me suis alors posé la question de ce qui m'exciterait, pour me retrouver des objectifs, et puis j'ai fait le lien entre différentes choses : j'avais envie de jouer avecmon ami qui était à la Comédie-Française et aussi de faire plus de cinéma. La Comédie-Française venait de devenir, dans les années qui précédaient, un lieu qui permettait ça. C'était devenu une bonne pub d'être à la Comédie-Française, alors que 10 ans avant, ça ne l'était pas complètement. Travailler avec ces personnes-là, et rester à Paris pour mes enfants, ont fait que je me suis dit que j'allais tout faire pour y rentrer. A partir de là, j'ai appelé mon ami, et puis comme je savais que l'administrateur m'avait trouvé formidable dans une pièce 3-4 ans avant, je lui ai écrit, et il est venu me voir jouer. Il m'a proposé d'entrer à la Comédie-Française quelques mois plus tard : ça s'est fait d'une manière étonnamment simple. Comme le sport, et notamment le football, travailler à la Comédie-Française exige beaucoup de travail, de rigueur... Clément Bresson : Ah oui, c'est du sport, c'est une discipline de haut niveau. La quantité de travail est grande : parfois, on est sur trois projets en même temps. Les journées sont très longues, on finit le soir à 23h. Moi, le matin, je dépose mes enfants à 8h30. C'est de l'endurance, comme le sport. Et puis il y a tout ce qu'il faut faire à côté, c'est-à-dire s'intéresser à la vie de la maison, suivre ce qui passe : on est quand même tous destinés, tôt ou tard, à devenir sociétaires, donc à prendre des décisions pour la maison. Diriez-vous que vous avez changé votre manière de travailler depuis que vous êtes à la Comédie-Française ? Clément Bresson : C'est vrai qu'en arrivant ici, il y a quelque chose qui petit à petit se transforme, et on compense un petit peu les lacunes qu'on avait. Moi, dans le travail je suis assez autiste ; je suis avec mon texte, j'écoute, mais je reste dans ma bulle. Au bout d'un moment, ça ne marche pas trop ici, il faut réussir à travailler, et à rester à l'écoute de ce qui se passe juste à côté, même si on n'est pas concerné. J'avais appris à travailler d'une certaine manière, et puis, voilà, on apprend, on grandit, on voit aussi comment font les autres. Quels sont vos projets au théâtre dans les prochains mois ? Clément Bresson : Je vais sûrement reprendre mon seul-en-scène l'année prochaine à Paris. J'aimerais bien aussi que le texte soit édité. Sinon, j'ai quatre pièces que je reprends, qui vont toutes être à Richelieu : L'Avare, Le Bourgeois Gentilhomme, Le Suicidé, et Le Cid. J'ai des rôles plus ou moins gros, mais tous me plaisent, donc je vais être heureux cette année encore. Et au cinéma ? Clément Bresson : J'ai un petit rôle dans Sanguine de Marion Le Corroller, qui sort dans quelques semaines. J'ai hâte de le découvrir. Il y aura aussi la saison 2 de Désordres où je joue le meilleur ami et collaborateur artistique de Florence Foresti. Cette année, je vais tâcher de bien travailler pour mes castings, et d'obtenir quelques tournages. Il y a tellement de choses à apprendre sur les tournages. Pour en finir avec le football de Clément Bresson le 29 septembre à La Stella. Pour réserver : www.lastella.fr
- Possédés, le premier roman de Laetitia Faure
« J'aurais aimé vous parler de la couleur du blé, mais ceci est mon histoire » : c'est par cette phrase que débute le premier roman de Laetitia Faure, sorti dans la collection La librairie du XXIe siècle des éditions Seuil. page de couverture "Possédés" Avec une telle entrée en matière, on se doute que la vie qu'elle va nous raconter sera loin d'être un long fleuve tranquille, d'autant plus que le livre s'intitule « Possédés ». Ce participe passé concerne tous les membres de cette famille : les enfants sous le joug de leurs parents, eux-mêmes aveuglés voire asservis par Dieu et la religion. C'est dans ce contexte que Laetitia, sa sœur et son frère grandissent en plein cœur de Cannes, dans une villa cossue. Laetitia naît en1981. Comme tous les enfants de la haute société cannoise, avec son frère et sa sœur, elle est scolarisée à l'Institut Stanislas. Ils n'ont pourtant pas la fortune ni le standing de leurs camarades de classe, mais dans la famille Faure, il faut savoir préserver les apparences, quitte à faire des petits arrangements avec le quotidien. Laetitia, son frère et sa sœur, grandissent au milieu d'un père à la forte personnalité, mystérieux, charismatique et d'une mère effacée. D'ailleurs, Laetitia aurait dû se prénommer Bénédicte mais c'est lui qui en a décidé ainsi, signant ainsi le point de départ de sa domination. Au fil des années, elle va s'amplifier, sournoisement, à la fois dans les esprits et sur les corps. La vie des enfants est rythmée par les visites chez leur grand-mère paternelle à Cannes, qui les emmène faire les magasins de la rue d'Antibes et chez leurs grands-parents maternels à Salon-de-Provence. Les vacances, et même les week-ends parfois, sont organisés en fonction de séminaires, de pèlerinages, de rassemblements religieux, de retraites spirituelles, en France mais aussi à l'étranger, ce qui donne lieu à de longs voyages en car. Il faut obéir, en silence. Dans le roman, les lieux ont leur importance et Laetitia Faure prend soin de les préciser, comme des témoins du passage des années, et de sa lente émancipation. Après le divorce de ses parents, c'est au Cannet que les enfants vivent avec leur mère pendant plusieurs années. Le père, lui, a refait sa vie, et se montre de moins en moins présent. Leur train de vie a baissé et ils doivent cohabiter avec une mère en proie à la dépression. C'est en s'éloignant de ses parents que Laetitia trouvera un certain réconfort, une sérénité, auprès d'autres adultes qui vont faire figure de parents de substitution et grâce à la musique et aux concerts auxquels elle assiste. Les amateurs de rock des années 90 et 2000 seront servis. Laetitia Faure nous fait replonger dans l'univers musical de ces décennies. Elle vivra aux Etats-Unis pendant un temps et rentrera en France, sur la Côte d'Azur, où elle rencontrera un homme, gentil et doux, qui deviendra le père de son enfant. Lorsque le livre s'achève, elle vit à Nice, apaisée, enfin prête à être heureuse. Pour en arriver là, il lui aura fallu se « déposséder », libérer son corps, réceptacle de cette domination familiale et religieuse. Pour soigner ce corps, elle a fait appel à des magnétiseurs, ostéopathes, psychologues, praticiens d'EMDR, rendez-vous qu'elle relate avec beaucoup d'ironie, en prenant soin de préciser le prix de chaque consultation et la note obtenue sur google. Faire du commerce sur les maux des gens, n'est-ce pas là aussi une forme de domination et de possession ? A mi-chemin entre l'autobiographie et l'autofiction, Laetitia Faure raconte, dans une série de courts chapitres incisifs, son enfance, son adolescence, sa vie de jeune femme et retrace le long chemin qui l'a conduite vers sa libération. Se démarquer au milieu de la multitude de livres sortis pendant la rentrée littéraire est un véritable exploit : Laetitia Faure y est parvenue, avec ce premier roman fort qui, en racontant l'intime, atteint l'universel.
- Une belle programmation pour La Stella, la nouvelle salle de spectacles de La Trinité
Une nouvelle salle de spectacles vient de voir le jour dans les Alpes-Maritimes. Inaugurée fin mai avec Elie Semoun venu présenter son spectacle Cactus, la Stella, à la Trinité, s'appête à lancer sa première saison. Du théâtre, de la danse, de l'humour, des concerts : une programmation de qualité attend le public azuréen. Ouverture de la saison le 29 septembre La Stella débutera sa première saison avec Pour en finir avec le football, le seul-en-scène de Clément Bresson. Avant d'être pensionnaire de la Comédie-Française, il a été jeune footballeur au stade de Reims. En puisant dans son expérience, il a créé un personnage, Paul-Emile, qui rêve de prouver au monde que le foot est un art. Pendant un peu plus d'une heure, il va faire dialoguer ces deux cultures, avec humour et conviction. Une programmation éclectique Jusqu'en juin, sur la scène de la Stella, vont se succéder des spectacles d'humour, du théâtre, des concerts, de la danse et des spectacles jeune public. Des têtes d'affiche vont côtoyer des artistes de la scène locale. Voici les temps forts de cette saison : De l'humour Après le seul-en-scène de Clément Bresson, la saison se poursuivra avec l'humoriste Samuel Bambi. Le 1er octobre, il présentera Machine !, son spectacle plein d'énergie et de spontanéité. Toujours en octobre, les 14 et 15, la Stella accueillera le Comedy-Club de Marco Polo. En novembre, ce sera au tour de Rosa Bursztein de nous faire rire. Dans son nouveau spectacle intitulé Décalée, elle poursuit son récit sur la quête amoureuse et creuse ses contradictions. En avril, après être passé par Cannes et Antibes, Alex Lutz, Molière de l'humour 2026, sera sur la scène de la Stella avec son spectacle Sexe, Grog et Rocking Chair. De la musique Le 7 octobre, l'Ensemble Matheus présentera Les Saisons du futur, un concert symphonique, dédié à l'environnement, qui prend appui sur Les Quatre Saisons de Vivaldi. Le 23 octobre, Michel Lethiec proposera un concert de musique dechambre, de Vienne à Broadway. Le 26 octobre, le concert de Pink Martini fera incontestablement partie des temps forts de cette saison. Le groupe, inoubliable interprète de « Je ne veux pas travailler » celèbre cette année ses 30 ans de carrière. Le 22 novembre, l'Orchestre Philharmonique de Nice avec Lionel Bringuier proposeront un concert gratuit. Le 11 décembre, les années 80 seront au rendez-vous avec la soirée Nostalgie Génération 80. On ne présente plus Michel Fugain. Il sera sur scène le 23 janvier pour le plus grand plaisir du public. le nouveau Théâtre de la Trinité Du théâtre Le 21 novembre, le public pourra assister à un concept inédit et décalé : une émission de radio qui n'existe pas ! Avec Dissonances Jeanne d'Arc, la Compagnie du dire-Dire interroge cette figure historique autour d'une table de radio. Le 25 novembre, Gisèle Halimi sera à l'honneur dans Le procès d'une Vie de Barbara Lamballais et Karina Testa, une pièce nommée plusieurs fois aux Molière. En janvier, la Stella accueillera Le Cercle des poètes disparus. Grand succès des deux dernières saisons, la pièce a remporté deux Molière en 2024. Autre temps fort de la saison : En thérapie avec Francis Huster. C'est lui qui incarnera le thérapeute, inspiré de la célèbre série. Ce sera le 11 avril. Des spectacles jeune public En décembre, le jeune public pourra découvrir La Petite Sirène par la compagnie Arcal, compagnie nationale de théâtre lyrique et musical. Tout au long dela saison, des spectacles seront proposés au jeune public : Liteul Pipol, Petite Plume, Les séparables... De la danse Un petit pas de trop, c'est le titre du spectacle de danse hip-hop de Kader Attou. On pourra le découvrir en février sur la scène de la Stella. Clara Morgane célèbrera l'amour le 13 février avec son tout nouveau spectacle, un cabaret intitulé Au 7ème. La compagnie MazelFreten, révélée au grand public lors des JO de Paris, présentera sa quatrième création. Ce sera en mars. En juin, Benjamin Millepied s'inspirera des musiques de la chanteuse November Ultra pour Summerland, une création très attendue mêlant danse et musique. Ce sera les 1er et 2 juin. La Stella 1, place Jean Moulin, 06340 La Trinité. Pour plus d'informations sur la programmation et pour réserver : www.lastella.fr et au 04 93 27 20 27.
- Les Roches Rouges au cinéma : interview du réalisateur Bruno Dumont
Après France et L'Empire, Bruno Dumont a décidé de filmer à hauteur d'enfants et c'est dans le Sud qu'il a posé ses caméras. Dans Les Roches Rouges, tourné en cinq semaines dans le massif de l'Estérel et plus particulièrement du côté d'Anthéor, il suit deux bandes de jeunes enfants, pendant quelques jours. C'est l'été et ils s'amusent à sauter des rochers. Ils font aussi du quad, prennent le train, se disputent, font l'apprentissage de l'amour, de la jalousie : ils vivent tout simplement. Lors du dernier Festival de Cannes, le film avait été présenté à la Quinzaine des cinéastes. La semaine dernière, Bruno Dumont était de retour sur la Côte d'Azur. Accompagné de quelques-un(e)s de ses très jeunes comédien(ne)s, il a présenté Les Roches Rouges au cinéma Rialto de Nice avant sa sortie en salles le 23 septembre. Nous l'avons rencontré. Bruno Dumont au cinéma Le Rialto de Nice Pourquoi avez-vous voulu tourner dans le Sud ? Bruno Dumont : Pour France, j'avais déjà tourné des scènes dans l'Esterel. J'avais trouvé ce lieu formidable. Voir des enfants sauter des rochers, ça m'avait beaucoup plu. Comme j'avais envie de tourner avec des petits, je voulais quelque chose de très, très simple. Cette espèce de rivalité, à qui va sauter le plus haut, je trouvais ça très bien. Vous avez tourné avec des enfants. Comment les avez-vous dirigés ? Bruno Dumont : Quand j'ai découvert Géo, il avait trois ans, et, quand il a tourné, il en avait cinq. Quand je l'ai rencontré à 3 ans, j'ai vu que je ne pouvais pas tourner avec lui, parce que c'était un enfant et qu'il n'écoutait absolument pas ce que je lui disais. J'ai assez vite vu la limite de la direction d'acteurs. Normalement, j'aurais dû renoncer mais je ne l'ai pas fait. C'était à moi de trouver le fil. Quand j'ai revu le petit garçon qui allait interpréter Géo, j'ai vu qu'il avait changé. La petite fille qui joue Eve était très timide mais je trouvais ça très bien. Quand je lui demandais si elle avait vraiment envie de tourner, elle me répondait toujours oui. Sur le tournage, elle s'est libérée. Je tourne souvent avec des gens un peu timides et je m'aperçois qu'ils se libèrent en jouant. Bande annonce du Film "Les roches Rouges" Les films du Losange Je me suis adapté à ces enfants qui ne parlaient pas beaucoup. C'est moi qui ai fait le chemin vers eux et non pas qui eux qui ont fait le chemin vers moi. J'ai vraiment adapté les scènes à leur univers. Mon scénario était un peu plus élaboré mais j'ai vu que je ne pouvais pas : ça ne m'a pas posé de difficultés de m'adapter. On tournait deux à trois heures par jour. Bien évidemment, les enfants n'ont jamais sauté haut. Je ne les ai pas mis en danger. Le miracle du cinéma, c'est de faire croire que c'est vrai. Pourrait-on dire que ce film est une sorte de conte ? Bruno Dumont : Dans les années passées, les enfants, étaient comme ça. On n'est pas loin de la vérité dans le film. C'est aujourd'hui que le monde est faux. Le monde d'aujourd'hui n'est pas le vrai monde : il est aseptisé, hyper protégé. On vit dans un monde où on n'accepte pas de prendre des risques. Avant, on acceptait de voir au cinéma des enfants qui volent. Dans le film Jeux interdits, ça ne posait pas de problèmes. De nos jours, on ne pourrait pas faire un tel film. Ça ne sert à rien de filmer de gentils petits enfants. Je pense qu'aujourd'hui le cinéma a une vocation très éducative, très normative, très conventionnelle. Pour moi, le cinéma n'est pas là pour ça. Au contraire, il est là pour purger la nature humaine, pour apporter au spectateur des épreuves, des catharsis, et lui montrer des choses où les gens ne sont pas forcément formidables. Je pense que tout cela a des vertus très grandes sur le spectateur. C'est ce que je fais au cinéma depuis La vie de Jésus. Dans le film, les adultes, contrairement aux enfants, sont un peu déphasés... Bruno Dumont : Je pense que les adultes sont à côté de la plaque. Je ne suis pas quelqu'un de pessimiste sur le monde, mais je voulais retrouver la force de l'enfance. Parce que cette enfance, on l'a toujours. En tout cas, moi, je l'ai en moi. Ce n'est pas parti. Il y a quelque chose de très libre, de très joyeux, qu'on a toujours en nous et qui doit nous donner la force de vouloir ça pour nos enfants. Ce n'est pas un film qui est nostalgique. C'est un film qui montre plutôt le monde comme il devrait être avec les enfants. Vous avez eu des difficultés pour financer le film en France et vous avez dû faire appel à des fonds étrangers. Comment l'expliquez-vous ? Bruno Dumont : Aujourd'hui, en France, les scénarios sont souvent cousus d'avance. Il faut qu'on ait des enfants modèles. Ce n'est pas mon sujet. Dans le film, les enfants volent, font du quad. Ils ne sont pas comme il faut qu'ils soient. On n'a pas eu du tout d'argent public français. Ce n'est pas un film français. En 6 mois, on a réussi à avoir des financements américains, mexicains, italiens, espagnols, portugais, et un peu français avec la distribution des films du Losange.
- Congés payés de Tiffany Tavernier
Le nouveau roman de Tiffany Tavernier commence sur les chapeaux de roue. Nous sommes en 1937 : Léon Blum vient d'instaurer les congés payés. Pour Emma, ouvrière dans une usine, partir en vacances est impensable. Pourtant, lorsque Luis, le meilleur ami de son défunt mari, vient la chercher pour passer quelques jours à Biarritz avec son fils de dix-sept ans, Julien, elle n'a pas le choix. Elle doit faire ses bagages et prendre le train. Il a tout prévu pour eux : l'argent, le cabanon. Elle le mérite et il a envie de lui faire plaisir. « Tout est allé si vite » revient en anaphore au début de chaque paragraphe dans les premières pages, pour souligner l'urgence du départ. Couverture "Congés payés" Tout en découvrant les paysages qui défilent alors qu'ils sont dans le train, Emma ressent de la culpabilité. Elle est en vacances alors que ses collègues de travail, elles, continuent à trimer à l'usine. Sa place n'est vraiment pas là, et encore moins sur la plage de Biarritz, où se rend la haute société de la ville. Adélaïde et ses amis le leur font bien comprendre, lorsqu'ils surprennent Emma et son fils Julien pour la première fois sur « leur » plage. Elle leur intime l'ordre de partir, avec un mépris et une violence verbale à laquelle Julien répond fièrement et avec provocation. S'il est bien décidé à profiter de ses vacances, ce n'est pas le cas de sa mère : elle ne se sent pas légitime au milieu de ces bourgeois, qui, où qu'ils aillent, ne cessent de leur rappeler qu'ils leur sont supérieurs. Congés payés est le récit d'une émancipation, d'une liberté conquise pas à pas, celle d'une femme qui a souffert moralement et physiquement et qui s'autorise à être heureuse. Tiffany Tavernier entremêle habilement l'Histoire (la guerre d'Espagne est en toile de fond) et le portrait de cette femme, qui ouvre peu à peu les yeux sur ce qui l'entoure. Les pages où elle s'emerveille dans le grand magasin de vêtements ou quand elle aperçoit Marlène Dietrich entrant dans un cinéma de la ville, sont particulièrement réussies. Illustration libre sur le thème de l'ouvrage Tiffany Tavernier aime son héroïne et nous la fait aimer. Pendant ces quelques jours, elle ne sera plus seulement cette ouvrière usée par le travail, cette mère aimante. Sans qu'elle s'y attende, et avec une certaine réticence au début, elle va être une femme sensuelle, pleine de désir, amoureuse, qui va redécouvrir son corps. Ces congés payés réservent bien des surprises, aux personnages comme aux lecteurs. Alors que nous pensions avoir affaire à un roman historique se concentrant sur les premières vacances du monde ouvrier, le roman, doté d'une grande force narrative, prend une autre dimension. Au début de chaque chapitre, Tiffany Tavernier prend la peine de préciser les lieux et utilise tour à tour le monologue, les dialogues, la narration, et la forme épistolaire, adoptant le point de vue d'Emma mais aussi celui de son fils, un jeune homme fougueux attiré par le communisme, celui de Luis, le révolutionnaire, ou encore celui d'Edmond, le baron brisé par la première guerre mondiale et celui de son épouse Adélaïde, frustrée et hostile aux congés payés de Blum. Tous ces personnages convergent vers Emma, la font réagir, la transforment. Comme dans un récit d'apprentissage, se dessine le portrait d'une femme qui conquiert sa liberté, face aux injustices sociales, dans un contexte historique qu'on a eu peut-être trop facilement tendance à oublier et qui résonne malheureusement avec notre époque. Congés payés de Tiffany Tavernier (Sabine Wespieser éditeur) Illustration de la rentrée littéraire
- Rencontre avec Gwendoline Hamon et Alexandre Varga pour la série Cassandre
Au départ, Cassandre avait été envisagé comme un unitaire, susceptible de devenir une série si le succès était au rendez-vous. On connaît la suite. La série existe depuis onze ans et le commissaire Florence Cassandre est devenu, au fil des saisons, l'un des personnages de la télévision préférés des Français. Au Festival de Télévision de Monte-Carlo qui s'est déroulé en juin dernier, Gwendoline Hamon et Alexandre Varga, qui interprètent le commissaire Florence Cassandre et le capitaine Pascal Roche, ont pu mesurer leur cote de popularité. Nous les avons rencontrés après une longue séance de dédicaces aux côtés d'autres « french iconics », où ils ont enchaîné autographes et selfies pour le plus grand plaisir de leurs fans. Culture Net Info : Vous souvenez-vous de ce que vous avez pensé de Cassandre au tout début, lorsque vous avez su que vous alliez interpréter ce personnage ? Gwendoline Hamon : Quand j'ai été engagée, après avoir passé un casting, je me suis dit que cette femme-là était très loin de moi, parce que je ne suis vraiment pas commissaire de police. Je me suis demandé ce que j'allais en faire. Et en fait, très vite, j'y ai mis beaucoup de moi. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que c'était tellement en dichotomie avec ma personnalité. Et je me souviens m'être dit : « je ne vois pas pourquoi une flic ne serait pas avant tout une femme, avec de l'humour, avec ses névroses, avec une personnalité. On a rencontré beaucoup de vrais flics qui sont venus nous voir sur le tournage ou qui nous ont contactés et il s'avère qu'il y a plein de femmes, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, qui sont, à la fois très féminines, et qui ont du caractère, et de l'empathie. Donc en fait, la police, c'est comme les pompiers, les médecins, n'importe quel métier, c'est un kaléidoscope de la société. Que vous disent les policières et policiers que vous rencontrez ? Gwendoline Hamon : Ils nous ont souvent dit qu'évidemment il y a des choses qui n'existent pas, parce qu'un commissaire de police aujourd'hui n'est pas particulièrement sur le terrain mais davantage dans les bureaux. Il y a aussi des choses qui, dans la réalité, ne vont pas aussi vite que dans la série. En revanche, ils nous disent, et c'est là où on a été hyper troublés, que dans les relations interpersonnelles de Cassandre et de sa bande, c'est très juste. Comme les policiers sont habitués à être face à la misère constamment, qu'elle soit petite ou grande, et à la violence, ils désamorcent assez vite, comme les médecins. Ils se mettent à rire pour un rien. On a le sentiment qu'ils font les choses avec froideur, mais en fait c'est une protection. Je me souviens que la première fois qu'on est allés dans le vrai commissariat d'Annecy, j'ai bien rigolé, parce qu'ils nous ont présenté plein de policiers différents. Il y en avait un du style d'Alexandre Varga, un beau mec en jeans, qui m'a regardé avec un petit sourire. Il y avait aussi une femme, qui avait des photos de ses enfants et des dessins un peu partout sur son bureau, qui aurait voulu devenir commissaire, mais qui ne l'avait pas fait pour sa famille, qui ressemblait un peu au Major Montferrat (Emilie Gavois-Kahn). Je me souviens aussi d'une fille un peu comme Nicky Maléva, sportive, un peu pas garçon manqué, qui n'a pas peur. C'est hyper étrange car on a reproduit sans le savoir. C'est ça l'humanité. D'une certaine façon, on est tous très différents et on se ressemble tous beaucoup aussi. Et vous Alexandre, qu'est-ce qui vous a plu dans le personnage du Capitaine Roche ? Alexandre Varga : Ce qui m'a séduit, c'est l'aventure en elle-même. Comme c'était un pilote au départ, on ne savait pas trop où on allait à ce moment-là, tout était en construction. Ce qui était bien, c'était justement de ne pas arriver dans une série qui était déjà installée et que les gens connaissent, mais au contraire de vraiment démarrer un projet à la base, parce que c'est là qu'on peut tout construire. C'était aussi une aventure humaine. A l'époque, je connaissais déjà la productrice, Laurence Bachman, avec qui j'avais déjà travaillé, et ça m'a fait plaisir qu'elle pense à moi sur ce rôle-là. Et puis j'aimais bien le personnage de Pascal Roche, un écorché vif qui venait de perdre son père, aventurier, assez baroudeur, solitaire. Vous avez mis un peu de vous dans vos personnages... Gwendoline Hamon : Quand un pilote devient une série, en fait, ça nous autorise à nous emparer des personnages, et d'ailleurs c'est presque demandé par la production, les scénaristes, le réalisateur, la chaîne. C'est vrai que c'est une chance. On nous offre un personnage qui a une silhouette, et à nous, maintenant, de le colorier. Comme la série dure depuis longtemps, on connaît nos personnages par cœur maintenant. On se stimule ; quand une scène ne nous paraît pas complètement aboutie, on va se prendre la tête pour y arriver. Maintenant, on y arrive beaucoup plus vite qu'autrefois, parce qu'on sait exactement ce qu'on peut se dire et quel geste on peut avoir l'un envers l'autre. Je ne me lasse pas de Cassandre. On est une équipe, une famille... Le jour où je m'ennuierai, je m'arrêterai. Je me le suis toujours dit. Franchement, je ne pense pas qu'on vivra une aussi belle aventure. 11 ans avec les mêmes personnages, avec un public qui ne bouge pas et avec une courbe qui ne bouge pas, c'est quand même assez exceptionnel ! Si on est encore là, c'est grâce au public ! Comment expliquez-vous ce succès auprès du public ? Gwendoline Hamon : A mon avis, l'une des raisons pour lesquelles cette série a du succès, c'est qu'elle est vivante. On parle comme dans la vie et on a des réactions qui sont spontanées. Dès le deuxième épisode, on a commencé à improviser, à faire des propositions pour essayer de tirer toutes les scènes vers le haut, de les rendre parfois même un peu drôles, comme dans la vie. Et puis, la fréquence de tournage ne nous laisse jamais la possibilité de nous lasser. On a commencé en tournant deux épisodes au printemps et deux épisodes à l'automne. Là, depuis deux ou trois ans, on n'en fait que trois, ce qui nous laisse le temps entre les tournages de nous aérer, d'aller faire d'autres choses. A chaque fois, on revient avec de la fraîcheur et on est contents de se retrouver. Souvent, les gens nous disent qu'on les détend. Ils ont besoin d'oublier leur journée, d'oublier les horreurs du monde. Cassandre réunit tous les publics, les jeunes, les adultes, les plus âgés. Tout le monde y trouve son compte. Alexandre Varga : Je pense aussi que ce qui fait la force de cette série, ce n'est pas seulement nos personnages, c'est aussi la qualité des scénarios, des intrigues, qui sont très bien écrites. Cassandre est une série qui n'est pas formatée bêtement. Elle s'adresse à un grand nombre de gens et pas à une cible particulière. C'est un exercice assez compliqué, mais très intéressant. Je pense qu'un acteur de télé sait tout faire. Il devient un stradivarius parce qu'on a l'habitude de travailler vite et avec beaucoup de contraintes différentes.
- L'or bleu, la saga de l'été de France 2 : rencontre avec Barbara Probst et Déborah Krey
Le 20 mai, les téléspectateurs ont découvert les premiers épisodes de L'Or bleu, la saga de l'été de France 2. Non seulement elle dispose de tous les ingrédients qui font le succès de ses céries estivales (des secrets de famille, des trahisons, des histoires d'amour, des femmes fortes éprises de liberté, des meurtres), mais elle aborde aussi des thèmes essentiels : l'écologie avec la sécheresse et la gestion de l'eau. Lors de la dernière édition de Canneseries où les deux premiers épisodes de L'Or bleu étaient présentés en avant-première, nous avons rencontré Déborah Krey et Barbara Probst qui interprètent à des époques différentes, Alice et Flore, la mère et la fille, deux femmes fortes éprises de liberté. Barbara Probst et Déborah Krey à Canneseries Culture Net Info : Barbara, vous interprétez Flore. Elle est une garde forestière très investie. Dès le premier épisode, elle doit faire face à un drame puisqu'on découvre le corps de sa mère qui a été assassinée, alors qu'elle pensait qu'elle l'avait abandonnée quand elle était enfant... Barbara Probst : Flore, c'est une jeune femme passionnée, très déterminée. Elle a vraiment des engagements, aussi bien dans sa vie amoureuse, puisqu'elle est sur le point de se marier au début de la série, que politiques, puisqu'elle travaille dans une association pour préserver notamment l'eau. C'est une jeune femme qui avance, qui essaye de ne pas se laisser guider par ce qu'on veut lui imposer, et il se trouve que c'est, sans le savoir, très en miroir de ce qu'a pu vivre sa maman, le personnage de Déborah Krey. C'est vous Déborah qui interprétez Alice, la maman de Flore. La série fait cohabiter différentes temporalités. Le téléspectateur découvre Alice dans les années 80, avant la naissance de sa fille... Deborah Krey : Absolument, Alice est une jeune femme qui est un petit peu en avance sur son époque ; elle est diplômée d'architecture, et elle a énormément de projets. Le problème, c'est qu'elle travaille au sein de l'entreprise de son beau-père qui a un très fort caractère. Elle va devoir apprendre à lui tenir tête tout le temps, parce que c'est lui qui décide, et donc on est un peu dans les prémices de comment une femme impose ses valeurs. Alice a un grand désir de liberté, que ce soit dans ses projets professionnels, ou dans sa vie privée. Elle est en quête de liberté, en quête d'amour, et elle souhaite se faire entendre. Elles ont ce caractère en commun... Déborah Krey : En fait, elles se ressemblent pas mal, Alice a une vision déjà un peu en avance sur son temps, sur le fait que l'écologie est importante, et sur le fait qu'il faut faire attention à ce que le pouvoir et le désir d'argent ne vienne pas entraver ça. Barbara Probst : Ce que je trouve très beau dans la série, c'est que la plupart des personnages se retrouvent confrontés à une espèce de hiérarchie qu'on veut leur imposer, une façon de penser, une façon de vivre, une façon d'être un petit peu enfermée. Dans la série, il se trouve que c'est surtout les femmes, qui n'ont plus d'autre choix que de se battre et d'essayer d'imposer la narration de leur destin. Dans la série, il y a un troisième personnage féminin, Marie, la mère d'Alice et la grand-mère de Flore. C'est sans doute elle qui leur a transmis cette soif de liberté... Deborah Krey : Ce qui est sûr, ce qu'elles ont hérité de la grand-mère une certaine liberté, et une quête de sens, ce besoin de savoir d'où l'on vient, où l'on va, et d' imposer qui on est sans être insolent. Ce côté les rejoint. Elles ont toutes les trois ce petit côté féministe. Flore, qui est interprétée par Barbara, est une femme libre, qui sait faire entendre sa voix. A la mairie, quand elle prend la parole, on l'écoute, on a envie de la croire, et on la laisse faire. Barbara Probst : Ce que dit Deborah fait écho à une scène où Alice est à la mairie. Elle pourrait se battre au même titre que Flore, mais c'est tout cet environnement qui l'en empêche. Elle est contrainte dans son désir d'émancipation. C'est très beau de voir l'évolution de ces trois femmes, la grand-mère, la mère et la fille. Il y a une idée de transmission qui est intergénérationnelle. On la regarde presque à l'envers, on défait ce fil au fur et à mesure de la série, et c'est très plaisant. Alice, votre personnage, vit dans les années 80. C'est une période que vous n'avez pas connue. Comment vous en êtes-vous imprégnée ? Déborah Krey : Je me suis immergée grâce au décor, aux costumes, à la musique, grâce à tout le travail qui a été fait en amont. Il y a évidemment ce mascara bleu et ces créoles bleues que porte Alice. Vivre des périodes qu'on ne peut pas avoir vécues, c'est la magie du cinéma et de la télé. Dans la série, les différentes époques se tissent entre elles, sont reliées par une chanson, une phrase, un geste parfois. Evidemment, vous n'avez aucune scène ensemble mais comment êtes-vous parvenues à construire cette relation mère-fille si particulière ? Deborah Krey : on a fait confiance à quelque chose qui, selon moi, existe déjà. Même si on ne se ressemble pas avec Barbara, on a, selon moi, une similitude. Par exemple, quand j'ai regardé la série, il y a une image où on la voit sous la douche, et pendant une demi-seconde, j'ai vraiment cru que c'était moi ! Et puis, il y a eu le travail de la coiffure, de la couleur des cheveux, et je trouve qu'on a quelque chose d'un petit peu similaire dans la sensibilité. On a aussi beaucoup parlé de la façon dont on allait traiter nos personnages l'une et l'autre. On a donc fait confiance à cette magie, et à ce qui fait qu'on s'entend bien et qu'on se ressemble. Et puis, il y a un autre personnage à part entière dans la série, c'est le Lubéron... Barbara Probst : Oui, on était très immergés dans ces paysages verdoyants. Un peu comme une troupe de théâtre, on se retrouvait pour dîner tous ensemble, c'était très joyeux, et puis, tout d'un coup, au milieu d'une conversation, émergeaient quelques pensées sur nos personnages, sur nos liens, sur ce qu'on pouvait construire ensemble. C'était une belle aventure ! On a tourné l'année dernière, de mars à juillet. On a terminé sous des températures qui ne pouvaient que nous forcer à réaliser les enjeux écologiques dont on parle dans la série. La sécheresse, la gestion de l'eau sont en effet au cœur de la série... Barbara Probst : Oui, c'est au sein de l'histoire. La série montre comment la pénurie d'eau, la sécheresse et comment l'attitude des gens qui ont du pouvoir et qui veulent de l'argent, vont amener à des conflits et à des tensions au sein d'un village. Selon moi, c'est juste représentatif, du monde et de la société dans laquelle on vit. On ne peut plus vraiment ignorer le fait qu'on traverse une crise écologique sans précédent. Là, tout d'un coup, à l'image, on retrouve les mêmes paysages, verdoyants, avec des couleurs très poussées pour les années 80 et puis une image beaucoup plus aride et les mêmes sources qui sont asséchées, et des cascades qui n'existent plus. C'est très parlant visuellement. On voit vraiment à quoi on est confrontés. C'est drôle parce que je me suis retrouvée cette année à tourner une autre série au Royaume-Uni qui questionne l'écologie et notamment l'eau, mais de manière extrêmement différente puisqu'on est dans de la science-fiction. C'est la firme de Dr. Who et ça s'appelle The War Between the Land and the Sea. Dans L'or noir, on est dans un côté très actif où on rappelle de manière, je trouve, très française, que chacun a sa part dans la bataille et qu'on n'a peut-être pas tous les mêmes moyens, qu'on n'est pas tous au même endroit dans nos vies pour pouvoir le faire, mais il n'empêche que le moindre petit geste compte et qu'on peut encore s'engager. On s'en est rendu compte sur le tournage. Avec Ecoprod, c'était pensé à tous les niveaux du tournage. C'était donc un bon rappel et un bon exercice pour ceux qui étaient peut-être un petit peu moins avertis sur ce sujet et, en même temps, c'était excitant de pouvoir repenser le métier de manière différente. C'était beau d'avancer ensemble.
- Festival de Cannes J6 : Moulin de Laszlo Nemes et Garance de Jeanne Herry
Pour ce sixième jour de la compétition, nous avons vu deux films très différents portés par de formidables actrices et acteurs : Moulin avec Gilles Lellouche et Garance avec Adèles Exarchopoulos. Moulin de Laszlo Nemes En 2015, Le fils de Saul avait impressionné le Festival en 2015 au point de repartir avec le Grand Prix. C'est dire si l'attente suscitée par Moulin était grande. Pour interpréter le héros de la Résistance, le réalisateur hongrois a fait appel à Gilles Lellouche. S'il est vrai que personne ne s'attendait vraiment à un tel choix, il faut bien admettre que l'acteur français tire remarquablement son épingle du jeu. Il incarne avec sobriété Jean Moulin dans ses derniers jours. En effet, le projet de Laszlo Nemes n'était pas de faire un biopic mais de se concentrer sur l'arrestation de Jean Moulinet et sur les jours qui ont suivi. Une première partie - un peu trop courte et trop didactique selon nous - , permet de situer le personnage, ce qui est d'autant plus important que le film s'adresse à tous les publics et notamment aux jeunes générations. Jean Moulin apparaît comme un homme constamment sur ses gardes. Arrêté avec d'autres, il est conduit au siège de la Gestapo, dans le bureau de Klaus Barbie (génial Lars Eidinger). C'est dans cette partie que le film, en se focalisant sur le face-à-face entre les deux hommes, gagne en intensité et en intérêt. Laszlo Nemes a fait le choix de filmer au plus près Jean Moulin, rendant les spectateurs témoins des tortures qu'il subit. Jusqu'où peut aller le Mal? Au-delà du fait qu'il s'agit de Jean Moulin et de Klaus Barbie, il a voulu montrer le processus de déshumanisation. Certaines scènes créent le malaise mais sont évidemment nécessaires pour ne jamais oublier. Garance de Jeanne Herry : un prix d'interprétation pour Adèle Exarchopoulos ? Autant l'écrire tout de suite : avec Garance, Jeanne Herry, pour la première fois en compétition au Festival de Cannes, a donné à Adèle Exarchopoulos l'un de ses plus beaux rôles. Elle incarne une comédienne de théâtre qui enchaîne les petits rôles. Elle sort avec ses amis, fait la fête et boit beaucoup. Malgré les conseils de son entourage, elle refuse de se rendre dans un centre de désintoxication. Elle gère : c'est ce qu'elle dit à tout le monde. Pendant ce temps, l'alcool détériore progressivement ses relations et surtout sa santé. Jeanne Herry aborde le thème de l'alcoolisme avec beaucoup de justesse et sans tomber dans le pathos. Il suffit de la voir à l'écran dès les permières minutes pour qu'on s'attache aussitôt au personnage de Garance. On est comme ses amis : on a envie de la protéger. Ce qui contribue aussi à la belle réussite du film, ce sont tous ces personnages qui gravitent autour de Garance : ses amis, le médecin qui lui fait prendre conscience de son état et du danger qu'elle court, et surtout son amoureuse incarnée avec beaucoup de douceur et de bienveillance par Sara Giraudeau. Pour sa première fois à Cannes, Jeanne Herry a fait une forte impression. Il ne reste plus qu'à espérer que le jury offre à Adèle Exarchopoulos son deuxième Prix d'interprétation, après La Vie d'Adèle.
- Carros : la nouvelle saison du Forum
Désormais piloté par Leïla Benhabylès, le Forum Jacques Prévert de Carros change de nom et d'identité visuelle. Il devient le Forum. La nouvelle saison commencera le 19 septembre dans une ambiance festive avec le Bal Magnétique : un grand bal participatif, festif et gratuit en plein air, associant danses collectives guidées et musiques électroniques live pour faire danser le public. Pendant toute l'année, vont se succéder pas moins de 25 spectacles : des concerts, des pièces de théâtre, de la danse, des spectacles jeune public. De quoi satisfaire petits et grands. De nombreux concerts La musique aura une place de choix dans la programmation. Le Forum accueillera la chanteuse Sandra Nkaké le 2 octobre pour un concert qui s'annonce plein d'énergie. Le 24 novembre, Anne Nguyen et la Cie Par Terre proposeront une rencontre entre danses urbaines et création musicale, et le 27 ce sera au tour d'Emily Loizeau et de son univers poétique. En mars, l'ambiance sera folk avec Piers Faccini. Des pièces de théâtre Côté théâtre, les temps forts ne manqueront pas. En novembre, Julie Depardieu sera seule sur scène dans La Misérable : elle incarnera Juliette Drouet, qui a aimé Victor Hugo pendant cinquante ans. En février, Ariane Ascaride sera elle aussi seule sur scène. Dans Touchée par les fées, un récit autobiographique émouvant et plein d'humour, coécrit avec Marie Desplechin, elle raconte ses souvenirs de famille et son parcours à travers six valises posées sur scène. En avril, il y aura La tendresse par la compagnie Les cambrioleurs. En mai, on sera curieux de découvrir Portrait de Ludmilla en Nina Simone par David Lescot et Ludmilla Dabo. De la danse Comme lors des saisons précédentes, le Forum aura à cœur de proposer des spectacles de danse. En décembre, on pourra découvrir Dans ma cuisine, un désert ?, une performance mêlant cirque et danse. En février, ce sera au tour de Matière(s) Première(s), une pièce chorégraphique contemporaine.R·ONDE·S, une création autour du mouvement et du corps, sera proposée en mai. Des spectacles jeune public Le Forum Jacques Prévert a toujours pensé au jeune public. Ce sera encore le cas cette saison avec de nombreux spectacle à voir en famille. En octobre, la Compagnie Petite Lumière proposera Pomelo se demande, du théâtre d'objets et marionnettes à voir dès 2 ans. En novembre, la compagnie Les Décintres proposera Ferdinand, un récit poétique et théâtre visuel. En décembre, le Forum accueillera Catherine Verlaguet avec son spectacle Bestioles puis, plus tard, lors de la résidence de son nouveau projet d'écriture, Je voulais juste jouer au foot. Une lecture de ce projet sera proposée par le Forum à l'occasion du Festival du Livre de Mouans-Sartoux le 4 octobre. Le festival Trajectoires Initié par le Forum Jacques Prévert, le festival Trajectoires consacré aux récits de vie, aura lieu 15 janvier au 13 février dans plusieurs lieux culturels du département. Pour plus d'informations sur la programmation du Forum et pour réserver : www.forumcarros.com.
- Beaulieu Classic Festival du 12 au 19 septembre
La nouvelle édition du Beaulieu Classic Festival se déroulera du 12 au 19 septembre 2026. Parrainée par François Berléand, elle mettra à l'honneur des ensembles prestigieux mais aussi des talents émergents dans différents lieux de Beaulieu-sur-Mer. Classique...Mais pas que ! Tel est le mot d'ordre de ce festival qui, dans un souci de transmission, mêle tradition et modernité, virtuoisté et partage. La Programmation Samedi 12 septembre 10h00 — Lancement avec Steeve Villa Massone (Place Marinoni, accès libre). 20h30 — Concert d'ouverture : Les plus grands chœurs d'opéra par les Chœurs de l'Opéra de Nice (Plage de la Petite Afrique, gratuit sur réservation). Dimanche 13 septembre (17h30) — Le Manteau avec François Berléand et le Trio Helios (Casino de Beaulieu). Mardi 15 septembre (19h30) — Grand récital de piano par Jonathan Fournel (Église Anglicane St Michael). Mercredi 16 septembre (19h30) — Spectacle musical Mozart, Moi ? Jamais ! Par François Moschetta (Casino de Beaulieu). Jeudi 17 septembre (19h30) — Récital d'Astrig Siranossian (violoncelle) et Nathanaël Gouin (piano) (Casino de Beaulieu). Vendredi 18 septembre (19h30) — Dîner de Gala Musical (Hôtel Royal Riviera, sur réservation). Samedi 19 septembre (19h30) — Concert de clôture par Roby Lakatos et son ensemble (Casino de Beaulieu). Pour plus d'informations sur la programmation et pour réserver : https://www.beaulieuclassicfestival.com
- La part absente de Rachida Brakni
Après Kaddour dans lequel elle rendait hommage à son père mort pendant le Covid et racontait son histoire, celle d'un travailleur émigré algérien, réduit toute sa vie à sa condition, nous attendions avec une certaine impatience le nouveau livre de Rachida Brakni. Cette fois, elle a choisi le roman pour poursuivre sa réflexion sur la notion d'intégration, sur la place qu'on se donne, celle que la société nous assigne. L'héroïne de La part absente (éditions Stock) est Karina Leroy, une galerie parisienne réputée. Mariée et mère d'une adolescente, elle est épanouie, heureuse dans sa vie personnelle et professionnelle. Autrefois elle s'appelait Karima Ben Madhi mais, il y a vingt ans, lassée des remarques et des discriminations dont elle était victime, elle a pris la décision de changer ce prénom trop lourd à porter et de quitter ses proches, sa mère et sa sœur, sans les prévenir. Arrivée à Berlin, elle va travailler dans une galerie d'art. Loin de la France, elle commence à s'émanciper et à trouver sa place dans la société mais elle ne s'attendait pas à rencontrer Vincent, un Français venu en Allemagne pour son travail et dont elle va tomber follement amoureuse. Elle reste floue sur son passé et, malgré ses réticences, accepte de retourner vivre à Paris avec lui. Lorsqu'ils se marient, seule la famille de Vincent est présente : une famille bourgeoise aux discours nourris de clichés sur l'immigration. Le père, lui, est plus réservé. Il observe Karina et comprend son passé, ce qu'elle a voulu cacher. Les premières pages du roman sont en italique et nous font découvrir une adolescente de quinze ans, accompagnée d'un garçon, à peine plus jeune qu'elle. Ils sont dans le désert algérien, assis sur une mule, apeurés par un hélicoptère, comme le présage d'un danger à venir. Illustration inspirée du roman de Rachida Brakni D'autres pages en italique suivront tout au long du roman et on comprendra peu à peu que cette jeune fille est Zohra, la mère de Karima, dont la vie a été brisée pendant la Guerre d'Algérie. Karima ne sait pas grand-chose sur le passé de sa mère. Elle ne lui a jamais vraiment posé de questions, sans doute trop en colère contre les injustices et le racisme qu'elle endurait, depuis bien trop longtemps. Passionnée de danse, elle n'a jamais oublié les remarques blessantes de sa professeure devant ses camarades. En fuyant sa famille et en devenant Karina, elle a cherché à se débarrasser de son passé et de celui de sa famille, intimement liée à l'Algérie. Il a suffi d'un élément déclencheur pour faire vaciller la vie bien rangée de Karina. Alors qu'elle était à Beaubourg pour accompagner un artiste, elle est attirée, comme aimantée, par des sons provenant d'une installation. Elle parcourt l'exposition et, parmi les photographies de femmes victimes des guerres, elle reconnaît le tatouage de sa mère et a la certitude que c'est elle, jeune. Illustration inspirée du roman de Rachida Brakni Un électrochoc. Son passé, qu'elle s'est efforcée de mettre à distance, surgit de plein fouet. De moins en moins à l'aise avec son prénom Karina, elle veut alors savoir ce que sont devenues sa mère et sa sœur à qui elle n'a plus donné signe de vie depuis vingt-cinq ans. La deuxième partie du roman entrelace la voix de ces trois femmes : Karina/Karima, sa mère, victime de la violence des hommes pendant la Guerre d'Algérie, et sa sœur qui, en son absence, s'est occupée d'elle. La guerre d'Algérie n'est pas le sujet du livre de Rachida Brakni mais elle est présente en filigrane, dans chacune des pages car les traumatismes qu'elle a engendrés sont toujours là, plusieurs années après, solidement ancrés dans l'histoire de la famille de Karima et de tant d'autres. Avec délicatesse, Rachida Brakni pose plusieurs questions, toutes liées les unes aux autres : Comment trouver sa place et s'intégrer ? A quel prix ? En fuyant son identité et une histoire familiale qu'on ne parvient pas à assumer ? Jusqu'à quand ? La Karina du début du livre, qui affichait fièrement sa réussite sociale et professionnelle, n'est plus la même à la fin. Elle s'est réconciliée avec son passé et a enfin trouvé la paix avec elle-même. Par son écriture, sobre, Rachida Brakni ne cherche pas à émouvoir à tout prix. On est pourtant peu à peu gagné par l'émotion. Les dernières pages sont bouleversantes et l'histoire de Karima et de Zohra va rester longtemps dans nos mémoires.
- La nouvelle saison du Théâtre National de Nice
Pour la nouvelle saison du TNN, qui débutera en octobre, Muriel Mayette-Holtz a conçu une programmation riche et éclectique, avec une trentaine de spectacles : des créations et des coproductions du TNN, des classiques du théâtre et de la littérature, du cirque, de la danse, sans oublier les rendez-vous toujours très appréciés du public. Les Créations et Coproductions du TNN Cette saison encore, le TNN proposera de nombreuses créations et coproductions. En novembre, à la Cuisine, Leïla Slimani adaptera le roman de Tolstoï Résurrection. En décembre, à la salle des Franciscains, Muriel Mayette-Holtz mettra en scène le texte d'Anne Sibran, Le Petit Garçon avec une ombre d'oiseau, un conte théâtral poétique destiné au jeune public et aux familles sur la quête d'identité et la liberté. En mars, salle de La Cuisine, le public pourra découvrir le chef d'oeuvre de Victor Hugo, Hernani, dans une mise en scène de Laurent Brethome. Il y aura également A la renverse, d'après le chapitre L'amour, l'enfant dans En cas d'amour d'Anne Dufourmantelle. En mai, l'espace culturel et sportif du val de Siagne accueillera Le Grand Défilé, un spectacle hors-les-murs orchestré par Édith Amsellem, réunissant comédiens et habitants du territoire pour célébrer la clôture de la saison Des classiques de la littérature et des découvertes La saison s'ouvrira en octobre avec Saigon de Caroline Guiela Nguyen (salle de La Cuisine), un spectacle qui s'annonce comme un temps fort de la programmation : une immersion poignante dans un restaurant vietnamien où se croisent destins et mémoire entre la France et Saïgon. Un peu plus tard, toujours en octobre, Jean-François Sivadier mettra scène Ivanov, la célèbre pièce de Tchekhov sur la faillite morale d'un homme face à son époque. En décembre, ce sera au tour de Molière avec L'Ecole des femmes, dans une mise en scène de Robin Renucci. En janvier, la salle de la Cuisine accueillera Les Résistantes d'après le podcast de Philippe Collin, un hommage théâtral aux figures féminines engagées dans la Résistance. En mai, Anne Barbot proposera une adaptation de La Terre d'Emile Zola. Parmi les spectacles présentés dans la salle des Franciscains, on retiendra notamment Enoch Arden, d'Alfred Tennyson porté par la musique de Richard Strauss sur le retour d'un marin qu'on croyait mort. Illustration de théâtre De la danse, du cirque, et des spectacles de marionnettes Comme lors des saisons précédentes, le TNN accueillera également des spectacles de marionnettes, du cirque, et de la danse. Le hip-hop s'invitera en décembre avec Imminentes de Jann Gallois. En janvier, Valérie Lesort proposera une relecture d'Orphée et Eurydice en marionnettes intitulée Petite Balade aux enfers. En février, ce sera Sono Io ? par le circo Ronaldo (BIAC), un duo clownesque et acrobatique. En avril, les Ballets de Monte-Carlo se produiront sur la scène de La Cuisine avec Roméo et Juliette. Les Rendez-vous réguliers du TNN Très prisés par le public, les rendez-vous du TNN seront toujours au programme cette année : les Procès des grands personnages sur le parvis des Franciscains, le Lab'Oratoire et Ateliers Slam (Hebdomadaire), les Jeudis Littéraires avec des lectures de textes contemporains ou classiques suivies d'un échange convivial. Catherine Ceylac donnera rendez-vous à la salle des Franciscains pour ses traditionnelles conversations intimes. Grands succès des saisons précédentes, le Festival de magie reviendra pour une cinquième édition en avril et les arènes de Cimiez accueilleront la 4e édition du Festival de Tragédies en juin. Pour plus d'informations sur la programmation et pour réserver : tnn.fr.











