top of page

Rencontre avec Gwendoline Hamon et Alexandre Varga pour la série Cassandre

  • Laurence Ray
  • il y a 16 heures
  • 5 min de lecture

Au départ, Cassandre avait été envisagé comme un unitaire, susceptible de devenir une série si le succès était au rendez-vous. On connaît la suite. La série existe depuis onze ans et le commissaire Florence Cassandre est devenu, au fil des saisons, l'un des personnages de la télévision préférés des Français.

Au Festival de Télévision de Monte-Carlo qui s'est déroulé en juin dernier, Gwendoline Hamon et Alexandre Varga, qui interprètent le commissaire Florence Cassandre et le capitaine Pascal Roche, ont pu mesurer leur cote de popularité. Nous les avons rencontrés après une longue séance de dédicaces aux côtés d'autres « french iconics », où ils ont enchaîné autographes et selfies pour le plus grand plaisir de leurs fans.


Gwendoline Hamon Festival de Télévision de Monte-carlo

Culture Net Info : Vous souvenez-vous de ce que vous avez pensé de Cassandre au tout début, lorsque vous avez su que vous alliez interpréter ce personnage ?


Gwendoline Hamon : Quand j'ai été engagée, après avoir passé un casting, je me suis dit que cette femme-là était très loin de moi, parce que je ne suis vraiment pas commissaire de police. Je me suis demandé ce que j'allais en faire. Et en fait, très vite, j'y ai mis beaucoup de moi. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce que c'était tellement en dichotomie avec ma personnalité. Et je me souviens m'être dit : « je ne vois pas pourquoi une flic ne serait pas avant tout une femme, avec de l'humour, avec ses névroses, avec une personnalité.


On a rencontré beaucoup de vrais flics qui sont venus nous voir sur le tournage ou qui nous ont contactés et il s'avère qu'il y a plein de femmes, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, qui sont, à la fois très féminines, et qui ont du caractère, et de l'empathie. Donc en fait, la police, c'est comme les pompiers, les médecins, n'importe quel métier, c'est un kaléidoscope de la société.


Que vous disent les policières et policiers que vous rencontrez ?


Gwendoline Hamon : Ils nous ont souvent dit qu'évidemment il y a des choses qui n'existent pas, parce qu'un commissaire de police aujourd'hui n'est pas particulièrement sur le terrain mais davantage dans les bureaux. Il y a aussi des choses qui, dans la réalité, ne vont pas aussi vite que dans la série.


En revanche, ils nous disent, et c'est là où on a été hyper troublés, que dans les relations interpersonnelles de Cassandre et de sa bande, c'est très juste. Comme les policiers sont habitués à être face à la misère constamment, qu'elle soit petite ou grande, et à la violence, ils désamorcent assez vite, comme les médecins. Ils se mettent à rire pour un rien. On a le sentiment qu'ils font les choses avec froideur, mais en fait c'est une protection.


Je me souviens que la première fois qu'on est allés dans le vrai commissariat d'Annecy, j'ai bien rigolé, parce qu'ils nous ont présenté plein de policiers différents. Il y en avait un du style d'Alexandre Varga, un beau mec en jeans, qui m'a regardé avec un petit sourire. Il y avait aussi une femme, qui avait des photos de ses enfants et des dessins un peu partout sur son bureau, qui aurait voulu devenir commissaire, mais qui ne l'avait pas fait pour sa famille, qui ressemblait un peu au Major Montferrat (Emilie Gavois-Kahn). Je me souviens aussi d'une fille un peu comme Nicky Maléva, sportive, un peu pas garçon manqué, qui n'a pas peur.


C'est hyper étrange car on a reproduit sans le savoir. C'est ça l'humanité. D'une certaine façon, on est tous très différents et on se ressemble tous beaucoup aussi.


Alexandre Varga Festival de Télévision de Monte-Carlo

Et vous Alexandre, qu'est-ce qui vous a plu dans le personnage du Capitaine Roche ?


Alexandre Varga : Ce qui m'a séduit, c'est l'aventure en elle-même. Comme c'était un pilote au départ, on ne savait pas trop où on allait à ce moment-là, tout était en construction. Ce qui était bien, c'était justement de ne pas arriver dans une série qui était déjà installée et que les gens connaissent, mais au contraire de vraiment démarrer un projet à la base, parce que c'est là qu'on peut tout construire.


C'était aussi une aventure humaine. A l'époque, je connaissais déjà la productrice, Laurence Bachman, avec qui j'avais déjà travaillé, et ça m'a fait plaisir qu'elle pense à moi sur ce rôle-là. Et puis j'aimais bien le personnage de Pascal Roche, un écorché vif qui venait de perdre son père, aventurier, assez baroudeur, solitaire.


Vous avez mis un peu de vous dans vos personnages...


Gwendoline Hamon : Quand un pilote devient une série, en fait, ça nous autorise à nous emparer des personnages, et d'ailleurs c'est presque demandé par la production, les scénaristes, le réalisateur, la chaîne. C'est vrai que c'est une chance. On nous offre un personnage qui a une silhouette, et à nous, maintenant, de le colorier. Comme la série dure depuis longtemps, on connaît nos personnages par cœur maintenant. On se stimule ; quand une scène ne nous paraît pas complètement aboutie, on va se prendre la tête pour y arriver. Maintenant, on y arrive beaucoup plus vite qu'autrefois, parce qu'on sait exactement ce qu'on peut se dire et quel geste on peut avoir l'un envers l'autre.


Je ne me lasse pas de Cassandre. On est une équipe, une famille... Le jour où je m'ennuierai, je m'arrêterai. Je me le suis toujours dit. Franchement, je ne pense pas qu'on vivra une aussi belle aventure. 11 ans avec les mêmes personnages, avec un public qui ne bouge pas et avec une courbe qui ne bouge pas, c'est quand même assez exceptionnel ! Si on est encore là, c'est grâce au public !


Comment expliquez-vous ce succès auprès du public ?


Gwendoline Hamon : A mon avis, l'une des raisons pour lesquelles cette série a du succès, c'est qu'elle est vivante. On parle comme dans la vie et on a des réactions qui sont spontanées. Dès le deuxième épisode, on a commencé à improviser, à faire des propositions pour essayer de tirer toutes les scènes vers le haut, de les rendre parfois même un peu drôles, comme dans la vie. Et puis, la fréquence de tournage ne nous laisse jamais la possibilité de nous lasser.


On a commencé en tournant deux épisodes au printemps et deux épisodes à l'automne. Là, depuis deux ou trois ans, on n'en fait que trois, ce qui nous laisse le temps entre les tournages de nous aérer, d'aller faire d'autres choses. A chaque fois, on revient avec de la fraîcheur et on est contents de se retrouver.


Souvent, les gens nous disent qu'on les détend. Ils ont besoin d'oublier leur journée, d'oublier les horreurs du monde. Cassandre réunit tous les publics, les jeunes, les adultes, les plus âgés. Tout le monde y trouve son compte.


Alexandre Varga : Je pense aussi que ce qui fait la force de cette série, ce n'est pas seulement nos personnages, c'est aussi la qualité des scénarios, des intrigues, qui sont très bien écrites. Cassandre est une série qui n'est pas formatée bêtement. Elle s'adresse à un grand nombre de gens et pas à une cible particulière. C'est un exercice assez compliqué, mais très intéressant. Je pense qu'un acteur de télé sait tout faire. Il devient un stradivarius parce qu'on a l'habitude de travailler vite et avec beaucoup de contraintes différentes.



bottom of page
google-site-verification=shCiYWMp7RLtg7-ZVVQmBr0ImpOv3IBdqYk603hoiXM