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L'or bleu, la saga de l'été de France 2 : rencontre avec Barbara Probst et Déborah Krey

  • Laurence Ray
  • il y a 12 minutes
  • 6 min de lecture

Le 20 mai, les téléspectateurs ont découvert les premiers épisodes de L'Or bleu, la saga de l'été de France 2. Non seulement elle dispose de tous les ingrédients qui font le succès de ses céries estivales (des secrets de famille, des trahisons, des histoires d'amour, des femmes fortes éprises de liberté, des meurtres), mais elle aborde aussi des thèmes essentiels : l'écologie avec la sécheresse et la gestion de l'eau.

Lors de la dernière édition de Canneseries où les deux premiers épisodes de L'Or bleu étaient présentés en avant-première, nous avons rencontré Déborah Krey et Barbara Probst qui interprètent à des époques différentes, Alice et Flore, la mère et la fille, deux femmes fortes éprises de liberté.


Barbara Probst et Déborah Krey L'or bleu Canneseries
Barbara Probst et Déborah Krey à Canneseries

Culture Net Info : Barbara, vous interprétez Flore. Elle est une garde forestière très investie. Dès le premier épisode, elle doit faire face à un drame puisqu'on découvre le corps de sa mère qui a été assassinée, alors qu'elle pensait qu'elle l'avait abandonnée quand elle était enfant...


Barbara Probst : Flore, c'est une jeune femme passionnée, très déterminée. Elle a vraiment des engagements, aussi bien dans sa vie amoureuse, puisqu'elle est sur le point de se marier au début de la série, que politiques, puisqu'elle travaille dans une association pour préserver notamment l'eau. C'est une jeune femme qui avance, qui essaye de ne pas se laisser guider par ce qu'on veut lui imposer, et il se trouve que c'est, sans le savoir, très en miroir de ce qu'a pu vivre sa maman, le personnage de Déborah Krey.


C'est vous Déborah qui interprétez Alice, la maman de Flore. La série fait cohabiter différentes temporalités. Le téléspectateur découvre Alice dans les années 80, avant la naissance de sa fille...


Deborah Krey : Absolument, Alice est une jeune femme qui est un petit peu en avance sur son époque ; elle est diplômée d'architecture, et elle a énormément de projets. Le problème, c'est qu'elle travaille au sein de l'entreprise de son beau-père qui a un très fort caractère. Elle va devoir apprendre à lui tenir tête tout le temps, parce que c'est lui qui décide, et donc on est un peu dans les prémices de comment une femme impose ses valeurs. Alice a un grand désir de liberté, que ce soit dans ses projets professionnels, ou dans sa vie privée. Elle est en quête de liberté, en quête d'amour, et elle souhaite se faire entendre.


Elles ont ce caractère en commun...


Déborah Krey : En fait, elles se ressemblent pas mal, Alice a une vision déjà un peu en avance sur son temps, sur le fait que l'écologie est importante, et sur le fait qu'il faut faire attention à ce que le pouvoir et le désir d'argent ne vienne pas entraver ça.


Barbara Probst : Ce que je trouve très beau dans la série, c'est que la plupart des personnages se retrouvent confrontés à une espèce de hiérarchie qu'on veut leur imposer, une façon de penser, une façon de vivre, une façon d'être un petit peu enfermée. Dans la série, il se trouve que c'est surtout les femmes, qui n'ont plus d'autre choix que de se battre et d'essayer d'imposer la narration de leur destin.


Dans la série, il y a un troisième personnage féminin, Marie, la mère d'Alice et la grand-mère de Flore. C'est sans doute elle qui leur a transmis cette soif de liberté...


Deborah Krey : Ce qui est sûr, ce qu'elles ont hérité de la grand-mère une certaine liberté, et une quête de sens, ce besoin de savoir d'où l'on vient, où l'on va, et d' imposer qui on est sans être insolent. Ce côté les rejoint. Elles ont toutes les trois ce petit côté féministe. Flore, qui est interprétée par Barbara, est une femme libre, qui sait faire entendre sa voix. A la mairie, quand elle prend la parole, on l'écoute, on a envie de la croire, et on la laisse faire.


Barbara Probst : Ce que dit Deborah fait écho à une scène où Alice est à la mairie. Elle pourrait se battre au même titre que Flore, mais c'est tout cet environnement qui l'en empêche. Elle est contrainte dans son désir d'émancipation. C'est très beau de voir l'évolution de ces trois femmes, la grand-mère, la mère et la fille. Il y a une idée de transmission qui est intergénérationnelle. On la regarde presque à l'envers, on défait ce fil au fur et à mesure de la série, et c'est très plaisant.


Alice, votre personnage, vit dans les années 80. C'est une période que vous n'avez pas connue. Comment vous en êtes-vous imprégnée ?


Déborah Krey : Je me suis immergée grâce au décor, aux costumes, à la musique, grâce à tout le travail qui a été fait en amont. Il y a évidemment ce mascara bleu et ces créoles bleues que porte Alice. Vivre des périodes qu'on ne peut pas avoir vécues, c'est la magie du cinéma et de la télé. Dans la série, les différentes époques se tissent entre elles, sont reliées par une chanson, une phrase, un geste parfois.


Evidemment, vous n'avez aucune scène ensemble mais comment êtes-vous parvenues à construire cette relation mère-fille si particulière ?


Deborah Krey : on a fait confiance à quelque chose qui, selon moi, existe déjà. Même si on ne se ressemble pas avec Barbara, on a, selon moi, une similitude. Par exemple, quand j'ai regardé la série, il y a une image où on la voit sous la douche, et pendant une demi-seconde, j'ai vraiment cru que c'était moi !

Et puis, il y a eu le travail de la coiffure, de la couleur des cheveux, et je trouve qu'on a quelque chose d'un petit peu similaire dans la sensibilité. On a aussi beaucoup parlé de la façon dont on allait traiter nos personnages l'une et l'autre. On a donc fait confiance à cette magie, et à ce qui fait qu'on s'entend bien et qu'on se ressemble.


Et puis, il y a un autre personnage à part entière dans la série, c'est le Lubéron...


Barbara Probst : Oui, on était très immergés dans ces paysages verdoyants. Un peu comme une troupe de théâtre, on se retrouvait pour dîner tous ensemble, c'était très joyeux, et puis, tout d'un coup, au milieu d'une conversation, émergeaient quelques pensées sur nos personnages, sur nos liens, sur ce qu'on pouvait construire ensemble. C'était une belle aventure ! On a tourné l'année dernière, de mars à juillet. On a terminé sous des températures qui ne pouvaient que nous forcer à réaliser les enjeux écologiques dont on parle dans la série.


La sécheresse, la gestion de l'eau sont en effet au cœur de la série...


Barbara Probst : Oui, c'est au sein de l'histoire. La série montre comment la pénurie d'eau, la sécheresse et comment l'attitude des gens qui ont du pouvoir et qui veulent de l'argent, vont amener à des conflits et à des tensions au sein d'un village. Selon moi, c'est juste représentatif, du monde et de la société dans laquelle on vit. On ne peut plus vraiment ignorer le fait qu'on traverse une crise écologique sans précédent. Là, tout d'un coup, à l'image, on retrouve les mêmes paysages, verdoyants, avec des couleurs très poussées pour les années 80 et puis une image beaucoup plus aride et les mêmes sources qui sont asséchées, et des cascades qui n'existent plus. C'est très parlant visuellement. On voit vraiment à quoi on est confrontés.

C'est drôle parce que je me suis retrouvée cette année à tourner une autre série au Royaume-Uni qui questionne l'écologie et notamment l'eau, mais de manière extrêmement différente puisqu'on est dans de la science-fiction. C'est la firme de Dr. Who et ça s'appelle The War Between the Land and the Sea.

Dans L'or noir, on est dans un côté très actif où on rappelle de manière, je trouve, très française, que chacun a sa part dans la bataille et qu'on n'a peut-être pas tous les mêmes moyens, qu'on n'est pas tous au même endroit dans nos vies pour pouvoir le faire, mais il n'empêche que le moindre petit geste compte et qu'on peut encore s'engager. On s'en est rendu compte sur le tournage. Avec Ecoprod, c'était pensé à tous les niveaux du tournage. C'était donc un bon rappel et un bon exercice pour ceux qui étaient peut-être un petit peu moins avertis sur ce sujet et, en même temps, c'était excitant de pouvoir repenser le métier de manière différente. C'était beau d'avancer ensemble.

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