Festival de Cannes J6 : Moulin de Laszlo Nemes et Garance de Jeanne Herry
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Pour ce sixième jour de la compétition, nous avons vu deux films très différents portés par de formidables actrices et acteurs : Moulin avec Gilles Lellouche et Garance avec Adèles Exarchopoulos.
Moulin de Laszlo Nemes
En 2015, Le fils de Saul avait impressionné le Festival en 2015 au point de repartir avec le Grand Prix. C'est dire si l'attente suscitée par Moulin était grande. Pour interpréter le héros de la Résistance, le réalisateur hongrois a fait appel à Gilles Lellouche.
S'il est vrai que personne ne s'attendait vraiment à un tel choix, il faut bien admettre que l'acteur français tire remarquablement son épingle du jeu. Il incarne avec sobriété Jean Moulin dans ses derniers jours. En effet, le projet de Laszlo Nemes n'était pas de faire un biopic mais de se concentrer sur l'arrestation de Jean Moulinet et sur les jours qui ont suivi.
Une première partie - un peu trop courte et trop didactique selon nous - , permet de situer le personnage, ce qui est d'autant plus important que le film s'adresse à tous les publics et notamment aux jeunes générations.
Jean Moulin apparaît comme un homme constamment sur ses gardes. Arrêté avec d'autres, il est conduit au siège de la Gestapo, dans le bureau de Klaus Barbie (génial Lars Eidinger). C'est dans cette partie que le film, en se focalisant sur le face-à-face entre les deux hommes, gagne en intensité et en intérêt.
Laszlo Nemes a fait le choix de filmer au plus près Jean Moulin, rendant les spectateurs témoins des tortures qu'il subit. Jusqu'où peut aller le Mal? Au-delà du fait qu'il s'agit de Jean Moulin et de Klaus Barbie, il a voulu montrer le processus de déshumanisation. Certaines scènes créent le malaise mais sont évidemment nécessaires pour ne jamais oublier.
Garance de Jeanne Herry : un prix d'interprétation pour Adèle Exarchopoulos ?
Autant l'écrire tout de suite : avec Garance, Jeanne Herry, pour la première fois en compétition au Festival de Cannes, a donné à Adèle Exarchopoulos l'un de ses plus beaux rôles.
Elle incarne une comédienne de théâtre qui enchaîne les petits rôles. Elle sort avec ses amis, fait la fête et boit beaucoup. Malgré les conseils de son entourage, elle refuse de se rendre dans un centre de désintoxication. Elle gère : c'est ce qu'elle dit à tout le monde. Pendant ce temps, l'alcool détériore progressivement ses relations et surtout sa santé.
Jeanne Herry aborde le thème de l'alcoolisme avec beaucoup de justesse et sans tomber dans le pathos.
Il suffit de la voir à l'écran dès les permières minutes pour qu'on s'attache aussitôt au personnage de Garance. On est comme ses amis : on a envie de la protéger. Ce qui contribue aussi à la belle réussite du film, ce sont tous ces personnages qui gravitent autour de Garance : ses amis, le médecin qui lui fait prendre conscience de son état et du danger qu'elle court, et surtout son amoureuse incarnée avec beaucoup de douceur et de bienveillance par Sara Giraudeau.
Pour sa première fois à Cannes, Jeanne Herry a fait une forte impression. Il ne reste plus qu'à espérer que le jury offre à Adèle Exarchopoulos son deuxième Prix d'interprétation, après La Vie d'Adèle.





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