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- La comédie musicale Company à l'Opéra de Nice
L'Opéra de Nice vient d'accueillir Company , la célèbre comédie musicale venue de Broadway composée par Stephen Sondheim. Un événement puisque c'est la première fois que cette comédie musicale est montée en France. Company a été créée en 1970 mais cette comédie musicale n'a absolument pas vieilli tant elle aborde des thèmes et des questionnements actuels : l'amour, le mariage, la vie en couple, le célibat, l'engagement, la solitude dans les grandes villes . Le héros se nomme Bobby . Lorsque le rideau se lève, il fête son 35e anniversaire , en compagnie de ses amis, tous en couple. Ils s'inquiètent pour lui : quand rencontrera-t-il la femme qui lui donnera envie de se marier ? Bobby se pose plein de questions . Peut-être est-il temps de se caser et de mettre fin à sa vie de célibataire virevoltant d'une femme à une autre ? Peut-être que ses amis ont raison. Mais quand il les voit s'enfermer dans une routine de couple ou se chamailler, il devient de plus en plus perplexe. Tandis que certains lui vantent les mérites du mariage, d'autres semblent regretter leur vie de célibataire et l'envient. Bobby ne sait plus quoi penser ! Company n'est pas une comédie musicale comme les autres. C'est ce qui fait son charme. Pour montrer les questionnements de Bobby, pas de décors grandiloquents ni d'histoire pleine de rebondissements. Stephen Sondheim a fait le choix d'enchaîner les scènes, toutes plus savoureuses les unes que les autres, où le trentenaire est avec ses amis ou avec ses conquêtes féminines. Chacune montre une facette du couple et contribue à faire avancer Bobby dans sa réflexion. Pour la première fois adapté en français (mention spéciale à Stéphane Laporte pour la traduction), Company , à mi-chemin entre la pièce de théâtre et la comédie musicale, est une réussite . Les dialogues, en français, font mouche tandis que les chansons en anglais et surtitrées en français sont délicieusement entêtantes, comme le titre « Side By Side By Side » entendu au milieu du spectacle et repris en choeur à la fin. Sous son air léger et distrayant, Company est bien plus sérieux qu'il n'y paraît . A l'amour, le sujet universel et intemporel par excellence, s'ajoutent d'autres thèmes, parmi lesquels les relations dans les grandes villes. Bobby et ses amis vivent à New York, qu'ils adorent et qu'ils ne quitteraient pour rien au monde. Dans les grandes villes, on peut facilement faire des rencontres mais on se sent aussi très seuls. Et on le constate encore plus maintenant que dans les années 70, quand le spectacle a été créé. Company tient toutes ses promesses et séduit aussi bien les férus de comédies musicales que les spectateurs plus habitués aux pièces de théâtre. Si le spectacle est une telle réussite, c'est qu'il est servi par une pléiade d'artistes ayant plusieurs cordes à leur arc, à la fois chanteurs, comédiens et danseurs. Aux côtés de Bobby campé par Gaëtan Borg, gravitent une dizaine de personnages interprétés par des artistes qui sont loin d'être des débutants(Jasmine Roy, Arnaud Masclet, Lucille Cazenave, Neïma Naouri, Joseph de Cange pour ne citer qu'eux). Le public de l'Opéra de Nice leur a réservé une ovation bien méritée ! Company à l'Opéra de Nice
- L'écrivain Laurent Gounelle à Cannes pour une conférence sur l'intuition
Mardi 9 décembre l'écrivain à succès Laurent Gounelle à qui l'on doit notamment le roman L'Homme qui voulait être heureux sera à Cannes, au théâtre Croisette Palais Stéphanie, pour une conférence exceptionnelle autour de l'intuition. Explorer son intuition L'intuition, « ce murmure intérieur que nous avons appris à ignorer », pour reprendre les mots de Laurent Gounelle, est tapie en chacun de nous. Il s'agit de savoir l'écouter. Au cours de cette conférence interactive, Laurent Gounelle va nous aider à mieux comprendre l'intuition, cette force intérieure, discrète mais si puissante et si essentielle dans nos choix, nos relations voire notre épanouissement personnel. La conférence sera suivie d'un temps d'échange avec le public et d'une séance de dédicaces. Association Sème et Vis C'est l'association Sème et Vis qui est à l'initiative de cet événement. Elle a pour but d'inviter des intervenants, écrivains, sociologues, philosophes, artistes de renommée locale, nationale et internationale - autour de thèmes variés qui nourrissent la réflexion et accompagnent le cheminement personnel. Pour plus de renseignements sur l'association : association.semetvis@gmail.com instagram: @seme_et_vi Entrée : 25 euros Billetterie : dans les magasins Fnac ou www.fnacspectacles.com Mardi 9 décembre au Théâtre Croisette Palais Stéphanie (entrée : 3, rue Frédéric Amouretti) 17h30-18h30 : ouverture des portes et dédicaces 19h-20h30 : conférence 20h30 : dédicaces
- Michel Graniou "Camera obscura" à la Galerie du musée de la Photographie Charles Nègre
« Camera obscura », c'est le titre de l'exposition de Michel Graniou à la galerie du Musée de la photographie Charles Nègre de Nice mais c'est aussi le premier appareil photographique au monde qui, depuis Nicéphore Niepce au début du XIXe siècle, a permis de fixer une image sur une surface sensible . Si Michel Graniou a choisi ce titre pour son exposition, c'est parce qu'il utilise précisément cet appareil depuis près de quarante-cinq ans. Il suffit d'ailleurs de faire quelques pas dans l'exposition pour apercevoir cette chambre noire photographique, cette camera obscura si chère à son cœur. Michel Graniou autoportrait septembre 2025 Michel Graniou, un photographe azuréen Sa passion pour la photographie, Michel Graniou la doit à son père. Depuis qu'il est enfant, il s'intéresse à la photo. Il en a d'ailleurs fait son métier puisqu'il est photographe du patrimoine architectural et pictural des Alpes-Maritimes . Si, pour des raisons professionnelles, il s'est mis au numérique, au contraire, dans sa pratique artistique personnelle, il a toujours mis un point d'honneur à utiliser l'argentique et à effectuer ses tirages dans son laboratoire, préférant à la vitesse et la facilité du numérique, la lenteur et la contemplation, « le luxe de passer du temps devant un sujet ». Pas de prises de vue précipitées, Michel Graniou revendique le fait de prendre son temps . « On compose doucement l'image. Ça peut durer des heures. On fait la mise au point avec une loupe. Et petit à petit, on arrive à un moment où on appuie sur le déclencheur. Ça peut être une pause longue ou une pause plus courte. Ça peut dépendre de l'éclairage, évidemment. On a donc une véritable attention portée aux choses que ce soit pour l'architecture, pour une nature morte ou même pour un portrait. » Photographe admiré et réputé, il fait partie des artistes de la Galerie Chave de Vence. A Nice, sa ville natale, il n'a été exposé que deux fois, en 1986 à la galerie Mossa et maintenant au Musée de la Photographie Charles Nègre, un artiste qu'il affectionne particulièrement. Michel Graniou aime à le répéter, ses photos n'ont pas été prises au cours de longs voyages à l'étranger. Le plus loin qu'il ait pu aller, c'est à Gênes en Italie. Dans l'exposition, on reconnaît d'ailleurs facilement le magnifique cimetière de la ville italienne. C'est à Nice et dans l'arrière-pays qu'il a pris l'essentiel des photographies qui composent l'exposition : une harpe du XVIIIe siècle conservée au musée Lascaris, deux statues de lion provenant du cimetière du Château encadrant une tombe aujourd'hui abandonnée, des clés anciennes photographiées à l'écomusée de la Roudoule de Puget-Rostang ou encore des fleurs de son jardin. 70 tirages argentiques En choisissant la prise de vue argentique à la chambre grand format et le tirage manuel dans son laboratoire, Michel Graniou fait l'éloge de la lenteur et de la patience. Il prend son temps et invite le spectateur à faire de même lorsqu'il parcourt son cabinet de curiosités que constitue en quelque sorte l'exposition . Un jeu de piste poétique de soixante-dix tirages presque tous en noir et blanc, répartis en trois thèmes : les artificialia (antiquités, œuvres d'art), les mirabilia célébrant la beauté de l'éternel féminin et les naturalia issus des trois règnes naturels (animal, végétal, minéral ). Dans cette chambre des merveilles dans laquelle nous convie le photographe, les beautés de la nature ou créées par les mains de l'homme se font écho et se répondent. Ce n'est pas pour rien qu'il a choisi d'illustrer les naturalia par le très célèbre premier vers du poème de Baudelaire « Correspondances » : « La nature est un temple... ». Michel Graniou. Alpes-Maritimes. Tirage sur papier baryté au clorobromure d'argent Michel Graniou. Alpes-Maritimes. Tirage sur papier baryté au clorobromure d'argent Michel Graniou. Alpes-Maritimes. Tirage sur papier baryté au clorobromure d'argent La plupart des tirages de cette exposition sont empreints de mélancolie. « Je suis très influencé par la peinture, notamment celle du XVII et XVIIIe siècles, et les thèmes qu'elle aborde. Les âges de la vie sont souvent représentés à ces siècles-là », reconnaît Michel Graniou. Sur ces photographies, les natures mortes, les fleurs côtoient des sabliers ou des crânes, comme des témoignages du temps qui passe. Michel Graniou « Camera obscura » jusqu'au 22 février à la galerie du Musée de la Photographie Charles Nègre, 1 place Pierre Gautier.
- Interview de Ben L'Oncle Soul
Ben l'oncle soul est actuellement en tournée en France et, la bonne nouvelle, c'est qu'il sera parmi nous le 28 novembre. Ce sera sur la scène des Arts d'Azur du Broc. Un concert qui promet d'être généreux et plein d'énergie, comme ce chanteur à la voix chaleureuse et au groove entêtant nous y a habitué depuis maintenant une quinzaine d'années. En 2010, on se souvient qu'il avait fait une entrée fracassante dans l'univers musical français avec « Soulman », un titre qui en disait long sur ses influences et ses inspirations. Dans le public de Ben L'Oncle Soul, il y a les fidèles de la première heure mais aussi de plus en plus de jeunes. C'est en quelque sorte à eux que s'adresse son 8e opus intitulé « Sad generation ». Une génération qui a un peu perdu l'envie de sourire et la capacité à s'émerveiller. Dans cet album très réussi, où se mêlent plusieurs sonorités, soul, blues, jazz, reggae, il est question de transmission, d'héritage : des thèmes qui, plus que jamais, lui sont chers. Avant son concert dans les Alpes-Maritimes, nous avons pu poser quelques questions à Ben l'Oncle Soul sur cet album que nous ne nous lassons pas d'écouter. Ben L'Oncle Soul (crédit photo : Guillaume Landry) Votre dernier album « Sad generation » mêle plusieurs sonorités. Il est le fruit d'une belle collaboration.... Ben L'oncle Sou : Je travaillais avec deux beatmakers, un hollandais et un français, que j'ai rencontrés via Internet. Ils s'admiraient l'un l'autre et voulaient travailler ensemble. On a fait ménage à trois sur l'album ! Il y a des sonorités qui viennent quand même de là d'où je viens, c'est-à-dire la culture soul, hip-hop et eux ont réussi à développer aussi des sonorités qui leur sont propres. Le titre de l'album interpelle. Pourquoi « Sad generation » ? Ben L'Oncle Soul : Pour l'interpellation ! C'est toujours bien quand on retient un titre. Je trouvais que l'album était plus blues que les autres dans les sonorités. Il ne faut pas oublier que le blues, c'est quand même une musique de complainte à la base. Je voulais garder la couleur un peu mélancolique du blues, mais en abordant des sujets qui me sont plus personnels. Quand on rentre à l'intérieur de l'album, on se rend compte qu'en fait, c'est plutôt positif. Je trouve que c'est un peu aussi ce qu'on peut retrouver avec la génération de mes enfants, par exemple. Ils sont moins souriants que nous ; on a tendance à dire qu'ils font la gueule. En fait, c'est un masque sociétal, tout simplement parce qu'ils sont peut-être un peu plus méfiants, plus distants. C'est intéressant aussi, parce que finalement, quand on gratte un peu, on se rend compte qu'ils sont super positifs, ils ont plein de bonnes idées. Ils sont sans doute un peu blasés d'avoir déjà, à 14-15 ans, tout vu grâce aux écrans ou à cause des écrans. Quand j'avais leur âge, je découvrais la vie, j'étais forcément surpris et j'avais le visage qui s'éclairait. Ce genre de choses, ça ne leur arrive plus vraiment. C'est aussi pour cette raison que j'ai appelé l'album « Sad generation ». Pour cet album, vous avez travaillé avec la jeune génération... Ben L'Oncle Soul : Oui ! J'ai écrit avec Léonie Barbot. Elle a 20 ans et elle écrit super bien. Elle fait régulièrement des aller-retours entre Paris et Los Angeles. Elle est complètement bilingue. L'idée sur cet album, c'était aussi de prendre les influences de la nouvelle génération, de voir un peu comment ils bossent. Il y a deux duos, notamment avec Adi Oasis... Ben L'Oncle Soul : Adi Oasis, c'est ma cousine. Elle est bassiste, compositrice et chanteuse. Elle est installée à New York depuis 20 ans et elle bosse avec Lenny Kravitz, avec Anderson .Paak. C'est pas mal quand même ! Dans ma famille, ils sont forcément ravis qu'on ait travaillé ensemble. Surtout ma grand-mère ! J'ai aussi fait un duo avec Kaylan Arnold. Elle est d'origine haïtienne mais vit à Miami. Je l'adore depuis toujours et je crois qu'elle m'adore aussi parce qu'elle m'a suivi sur les réseaux sociaux depuis le début. Elle m'envoyait des messages sur Instagram. Je ne savais pas qu'elle développait elle aussi son univers. Ce que j'ai aimé, c'est l'influence du reggae dans son R'n'B. Elle est très caméléon, elle n'a pas peur de changer d'univers et on la reconnaît dans tous les cas. Je trouve que c'est une grande qualité notamment chez de jeunes artistes. Peut-être qu'à mon époque, les artistes essayaient plus d'être cohérents, d'avoir un univers et de continuer de faire évoluer un peu la même recette. Diriez-vous que vous avez évolué depuis « Soulman », que vous êtes allé vers d'autres directions ? Ben L'Oncle Soul : Avec cet album, je continue à explorer. J'ai encore de belles idées à venir. Et c'est vrai que cette génération me pousse. Je sens que les jeunes ont du respect pour notre génération. On n'est pas encore poussiéreux pour eux ! Ils continuent à être influencés par ce qu'on fait et il n'y a rien de plus vivifiant pour moi que de savoir qu'ils sont encore à l'écoute, que le lien n'est pas perdu. Dans mes concerts, il y a pas mal de jeunes. Sur scène, vous dégagez toujours une belle énergie. Ce sont des moments de partage auxquels vous êtes très attaché.... Ben L'Oncle Soul : Je n'envisage pas les concerts comme autre chose qu'un moment unique. Il faut complètement se plonger dans le moment présent, pour être reconnaissant de la chance qu'on a, pour célébrer la vie. Pendant les tournées, on s'éloigne de nos familles pour aller gagner notre vie. Si en plus de ça, on n'est pas à 100%, à 200%, je ne vois pas trop l'intérêt ! Sur cette tournée, je présente surtout cet album et puis, il y a aussi, bien sûr, un florilège des morceaux choisis des albums précédents. Il faut aussi que les gens qui m'ont connu avec autre chose que ce dernier album ne soient pas déçus. J'espère que la nouvelle équipe sur scène va leur plaire. Jusqu'à présent, ça va, ça s'est bien passé ! On est allés en Espagne, en Italie, en Hollande, et on sera en Belgique à la rentrée prochaine. Maintenant, ce sera surtout des dates en France. Je trouve que c'est intéressant aussi de remettre la France dans le prisme de l'Europe et pas seulement comme la France, le pays dans lequel j'ai grandi. Je trouve ça chouette aussi de rester critique. Le fait que vous chantiez en anglais attire forcément un public international. Avez-vous prévu de faire une tournée aux Etats-Unis ? Ben L'Oncle Soul : L'anglais, ça parle à énormément de gens. Pour ce registre-là, ça transporte ! Alors, évidemment, je chante aussi en français, et, du coup, c'est pour ça que je me permets un peu plus de déconner en français. Ces moments-là d'interaction, ils sont aussi super importants pour la narration du spectacle et je m'en amuse. On n'a pas prévu d'aller aux Etats-Unis. On l'a déjà fait par le passé. C'est beaucoup d'investissements et je pense que la culture afro-américaine n'a pas vraiment besoin d'une personne de plus qui fait ça. On vise plutôt l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne. On a envie d'approfondir les liens avec ces pays. En Europe, c'est cool parce qu'on n'est pas loin et qu'on arrive à ramener quelque chose qui n'est peut-être pas si fréquent que ça. Ca donne une belle diversité à la programmation. La chance qu'on a ici, c'est qu'il y a un style à défendre, une culture à faire connaître. Je suis dans la transmission, donc tout ce qui permet de faire découvrir, moi j'adore ! Je trouve que dans le partage, c'est là qu'on passe les meilleures soirées. Vous parlez de partage, de transmission. Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ? Ben L'Oncle Soul : Mon dernier coup de cœur, c'est Léon Thomas. J'adore aussi Olivia Deen, Raye, Orion Sun. Je reste toujours un peu dans la même veine ! Ben L'Oncle Soul en concert aux Arts d'Azur du Broc le 28 novembre à 20h30. Première partie : Alexandra Miller. Pour réserver : www.lesartsdazur.net
- Brel ! Le spectacle : interview d'Olivier Laurent
Partout où Brel ! le spectacle est joué, c'est un véritable succès. Après Pégomas et le Conservatoire de Nice le 28 novembre, la tournée se poursuit en France et à l'étranger. En décembre prochain, le spectacle passera par Bobino et une date à l'Olympia est d'ores et déjà annoncée pour la fin de l'année prochaine. Entre deux représentations et deux séances de sport indispensables pour tenir un rythme si intense, nous avons contacté Olivier Laurent, qui interprète sur scène avec passion les plus grands titres de Jacques Brel. Il nous a parlé de cette magnifique aventure, qui n'est pas près de s'arrêter. Un immense succès Partout, même à l'étranger, Brel ! le spectacle touche le public. Pour Olivier Laurent, si le spectacle rencontre un si grand succès, c'est parce que les chansons de Brel sont intemporelles et parlent à tout le monde. « Les gens éprouvent une nostalgie et même un certain besoin de voir des spectacles comme celui-là. Ils attendent certaines chansons avec beaucoup d'impatience. Je le ressens très fort ». Pendant près de deux heures sur scène, il interprète les grands classiques de Brel mais aussi d'autres titres, moins connus. « Au milieu du spectacle, on réserve une surprise au public parce Brel n'est pas tout seul sur scène », nous a confié Olivier Laurent. Brel, une passion et de belles rencontres Hasard ou coïncidence, Olivier Laurent est belge comme Brel, et surtout il est né dans la même rue où est né le célèbre chanteur. Son père a eu l'occasion de le rencontrer mais, dans une amusante circonstance. « Alors qu'il assistait à un concert de Brel, mon père buvait des coups et faisait trop de bruit. Du coup, il lui a lui-même demandé de quitter la salle ! » Le lien, si l'on peut dire, entre Brel et Olivier Laurent a donc commencé il y longtemps et il n'a pas attendu ce spectacle pour interpréter ses chansons. En effet, avant d'être chanteur, Olivier Laurent a été imitateur. Il a ainsi participé à plusieurs émissions télévisées en Belgique. Brel fait partie de la centaine de voix de son répertoire. D'ailleurs, dans son spectacle d'imitation, il faisait une parodie de la chanson Ces gens-là qu'il a intitulée « Ces ministres-là » parce qu'il y avait à ce moment-là une crise politique en Belgique. On le sait, le hasard fait souvent bien les choses et les rencontres jouent un rôle déterminant dans la vie. « Un jour, dans la salle, il y avait l' attaché de presse de Brel. Après le spectacle, il est venu me voir dans ma loge et il m'a dit qu'il fallait absolument que je fasse un spectacle sur Brel. Pour moi, il était hors de question que je m'attaque à un monument comme Brel. Puis, il a insisté pendant dix ans et on a fini par faire le spectacle mais je ne me sentais pas encore prêt, pas assez mature. J'ai donc arrêté le projet pendant un temps puis Patricia Kaas m'a appelé et m'a demandé d'assurer sa première partie avec ce spectacle sur Brel. On a fait huit fois l'Olympia ensemble. » C'est précisément à la sortie de cette mythique salle parisienne qu'il a fait une rencontre dont il se souviendra toute sa vie. « Je vois un homme à genoux devant moi qui me remercie pour cette prestation et qui me dit qu'il n'avait pas eu depuis longtemps autant d'émotions. Cet homme, c'était Alain Delon ! » Loin de s'arrêter là, l'aventure s'est poursuivie avec Gil Marsalla, le producteur de Directo Prod sur lequel Olivier Laurent ne tarit pas d'éloges. « Depuis, je vis un rêve de gamin ! » nous-a-t-il confié. Beaucoup de travail Certes, ces belles rencontres ont permis à ce spectacle de voir le jour mais il ne serait pas aussi réussi sans un travail acharné. « J'ai travaillé comme un malade pour en arriver là ! » nous a avoué Olivier Laurent. « Quand on s'attaque à Jacques Brel, on n'a pas droit à l'erreur. Il faut respecter Brel et son oeuvre. Il faut être toujours à 100%. Je perds des littres d'eau et 3 kilos par spectacle ! C'est très intense mais c'est un bonheur absolu ! Quand je regarde les images, je me dis qu'il y a toujours des choses à améliorer. Chaque soir, je chante différemment. Mon producteur m'appelle l'électron libre. J'ai demandé aux musiciens, qui sont extraordinaires, de me suivre. Ce spectacle, c'est le travail le plus dur que j'aie eu à faire de toute ma vie. J'ai dû me remettre en question et apprendre à jouer car Brel était acteur aussi. Il était possédé par ses chansons. » De l'avis de tous ceux qui ont vu le spectacle, Olivier Laurent ne cherche pas imiter Brel et c'est précisément ce qui séduit le public. « J'ai eu de très bonnes réactions de la part de puristes de Brel. Certains ont vu plusieurs fois le spectacle et me font même des cadeaux. Dernièrement, J'ai reçu un manuscrit de Brel, un morceau de l'une de ses chemises . » Il a même une anecdote extraordinaire à raconter, qui lui est arrivée à Nice. « Un monsieur m'a demandé ce que j'aurais aimé dire à Brel. Je lui ai répondu que grâce à lui, j'avais atteint l'inaccessible étoile. Six mois plus tard, ce monsieur m'envoie une photo d'une pierre qu'il avais mise sur la tombe de Brel et sur laquelle il avait écrit cette phrase. J'ai trouvé cela tellement beau. J'étais très ému ». Brel ! Le spectacle avec Olivier Laurent le 28 novembre à l'auditorium Joseph Kosma du Conservatoire de Nice Pour plus de renseignements sur les dates de la tournée, www.directoproductions.com
- "D'amour et d'Azur", une exposition collective à découvrir au Château de Crémat
« D'Amour et d'Azur », c'est ainsi que s'intitule la nouvelle exposition de la galerie d'art du Château de Crémat. Tout un programme ! Avec cette exposition où se mêlent l'amour et la Côte d'Azur, le Château de Crémat, féru d'art et de culture, met à l'honneur une nouvelle génération d'artistes niçois : Anthony Alberti, Brian Caddy, Jean-Marc Calvet, John Mejia, L’Oiseau Noir, Otom et Guillaume Cavalier , également commissaire de l'exposition. Ces sept artistes qui se connaissent bien et dont la réputation a dépassé depuis longtemps le territoire azuréen montrent que la création artistique niçoise a de beaux jours devant elle. Pour découvrir cette exposition collective exceptionnelle, le Château de Crémat propose au public des visites en français et en anglais du mardi au samedi pendant une heure . Pour réserver : www.chateaucremat.com Exposition « D'amour et d'Azur » du 12 novembre au 31 mars 2026 Château de Crémat 442 Chemine de Crémat Nice
- Ariana Vafadari en concert à l'opéra de Nice
La brillante chanteuse lyrique Franco-Iranienne nous a révélé ses talents pour la vingtième édition de C'est pas Classique ! Ariana Vafadari sur la scène de l'Opéra de Nice avec ses musiciens Le public est venu nombreux ce jeudi 20 Novembre pour un voyage singulier, porté par la voix envoutante de cette "sirène" mélodieuse. Elle était accompagnée de ses 3 brillants musiciens et une performance de dervish tourneur inouïe durant tout le spectacle "Anahita". Sa musique est marquée par un dialogue entre son héritage oriental et sa passion pour la musique classique. Ariana Vafadari sur la scène de l'Opéra de Nice saluant le public avec ses musiciens Ariana Vafadari mezzo-soprano et compositrice a su mêler poésie, histoire persane, jazz et musique classique. Sa démarche est présentée comme ayant une profondeur philosophique , éclairée par la sagesse zoroastrienne. Ce festival organisé par le département des Alpes-Maritimes est tout autre que classique, il est unique et ce depuis 20 ans ! Avec au piano : Sandrine Marchetti, à la contrebasse : Leïla Soldevila, Julien Carton à l'Oud, Saz et aux percussions : Rusan Filitzek sans oublier l'incroyable performance de Dervish tourneur de Karine Gonzalez dans une transe musicale et physique. .
- Compagnie Hervé Koubi - Les nuits barbares ou les premiers matins du monde
Pour les 20 ans de C'est pas Classique, c'est l'un des temps forts de la vingtième édition du festival culturel organisé par le département des Alpes Maritimes chaque Automne pour le publique Azuréen, ce samedi 15 Novembre 2025 à l'opéra de Nice Hervé Koubi a réuni 14 danseurs au travers d'une danse puissante en envoûtante. Entre hip-hop, ballet contemporains et acrobaties, ce spectacle est saisissant par la beauté de ses tableaux et l'émotion qu'il véhicule. Le public a ovationné cette performance artistique à la hauteur de la qualité artistique sportive des danseurs. Le festival se poursuit jusqu'au Samedi 22 Novembre 2025 travers plusieurs scène du département des Alpes Maritimes.
- Renaud Capuçon en ouverture de C'est Pas Classique 2025
L'orchestre National de Cannes dirigée par Duncan Ward et le célèbre violoniste Renaud Capuçon ont brillamment conquis le public de prés de 6000 spectateurs en interprétant les grands airs des musiques de film. Les grands compositeurs Georges Delerue, Francis Lai, Michel Legrand, Gabriel Yared, Maurice Jarre à Alexandre Desplat ont été mis à l'honneur de ce concert évènement. Dans cette version augmentée du programme Les Choses de la vie - Cinéma II chaque musique de film était accompagnée de photos animées de scènes iconiques de tournage. Extrait du concert philharmonique Les choses de la Vie - Cinéma II Le festival C'est pas Classique se poursuit jusqu'au 23 Novembre 2025
- 50 histoires qui valent de l'Or par Patrice Castelli
Quand est apparue la première pièce d’or ? Quelles ont été les plus étonnantes découvertes de lingots d’or dans le monde ? Peut-on transformer le plomb en ce métal si précieux ? Et, d’ailleurs, est-il véritablement le plus rare sur terre ? Voici 50 anecdotes édifiantes et récits insolites autour du globe, qui dévoilent tous les mystères de ce matériau inestimable et fascinant, dont l’éclat ne cesse de briller à travers l’histoire. Tous ces récits sont ici contés comme autant de voyages dépaysants, à la fois instructifs et ludiques, pour partir à la découverte des multiples facettes de l’or dans le monde. De la France à l’Australie en passant par les États-Unis, l’Afrique ou la Chine, venez vous évader dans de merveilleuses escapades à apprécier comme autant de pépites qui brillent de mille feux. L’or n’aura plus aucun secret pour vous ! Patrice Castelli a été journaliste professionnel pendant plus de 20 ans. Aujourd’hui rédacteur pour le web et spécialisé en économie, il se passionne pour l’or depuis de nombreuses années et veut faire partager sa passion au plus grand nombre. La version imprimée sera bientôt disponible. En bonus, Patrice Castelli vous ouvre les portes de son univers sur le métal précieux en suivant ce lien https://histoires-d-or.com/
- Les liaisons dangereuses : interview de Delphine Depardieu
En pleine tournée des Liaisons dangereuses , Delphine Depardieu n'a pas le temps (ni l'envie) de s'ennuyer. Lorsque nous l'avons contactée par téléphone, la veille de son arrivée au théâtre Anthéa, elle revenait de l'enregistrement d'un livre audio et elle s'apprêtait à se rendre à Romorantin pour une représentation des Liaisons dangereuses le soir. Même en tournée, elle reste très impliquée dans l'Académie Aparté, l'école de théâtre qu'elle a créée en 2023 avec Avec Arnaud Denis, le metteur en scène des Liaisons dangereuses , Axel Blind et Charles Bonnier. Avec Arthur Cachia, elle vient de mettre en scène Le Schpountz de Marcel Pagnol. Si l'on ajoute les tournages pour la télévision et le cinéma, elle n'a (presque) pas une minute à elle. Heureusement, il lui reste du temps pour son principal rôle : maman . Passionnée par son métier, Delphine Depardieu nous a parlé de la Marquise de Merteuil, un personnage fort et complexe, dont toutes les comédiennes rêvent, et qui lui a valu le Prix du Brigadier et le Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé. Vous interprétez la Marquise de Merteuil depuis près de deux ans. Votre regard sur elle a-t-il changé depuis le début de cette aventure ? Delphine Depardieu : Bizarrement, il n'a jamais changé parce que j'ai une histoire particulière non pas avec ce personnage, mais avec ce rôle. A la base, ce n'est pas moi qui ai été choisie pour le rôle. Ils ont commencé en septembre à Lyon et au bout de trois semaines, le producteur m'a appelé en me disant : « Delphine, est-ce que tu peux reprendre le rôle dans deux jours ? » Par amitié pour lui, par amour des challenges et sûrement aussi un peu poussée par mon ego, j'ai dit oui. Le lendemain, j'étais à Lyon pour jouer le surlendemain. J'ai plongé dans ce rôle comme quand on plonge dans un lac gelé ! J'ai toujours eu sur la Marquise de Merteuil un regard positif, même de sympathie. Je pars du principe qu'on n'est pas méchant juste pour être méchant. En tout cas, pas ce personnage. L'être humain est très complexe. La Marquise de Merteuil est méchante parce que c'est une femme qui souffre. Mon but était de la défendre, de toute façon. Il faut toujours défendre les gens qu'on joue, sinon on est malheureux. Comment expliquez-vous la fascination qu'on peut avoir pour elle ou pour Valmont ? Delphine Depardieu : Ce sont des personnages noirs qu'on aime regarder évoluer. C'est comme Hannibal Lecter du Silence des agneaux : on adore avoir peur de lui et le détester mais il est fascinant parce qu'il fait appel à des choses qui sont sûrement en nous très enfouies et qu'on empêche de sortir. L'animalité humaine, elle se cache au fond et on l'a dressée. Donc, ça nous fascine de regarder ces endroits où nous ne pouvons plus aller parce que ça ne se fait pas humainement. C'est ce que permet la littérature, le cinéma et l'art en général. Pendant plusieurs mois, au théâtre, vous jouiez en même temps dans Le Père Goriot et Les liaisons dangereuses . Pour nous, cela semble un véritable défi. Comment parveniez-vous à vous mettre dans la peau de ces personnages différents ? Delphine Depardieu : Dans la vie, l'habit ne fait pas le moine mais au théâtre oui ! Enfin, je dirais plutôt que les chaussures font le moine. Très souvent, quand j'ai un rôle en costume, je demande qu'on me fournisse les chaussures pour très vite commencer à travailler. En mettant les chaussures du personnage, on l'intègre, on pénètre dans sa peau. Pour moi, la peau, c'est les chaussures ! Quant au fait de jouer dans deux pièces en même temps, tout se passe aussi dans les cases du cerveau. Quand je devais jouer Le Père Goriot , j'ouvrais la case de la mémoire Balzac. Grâce à la mise en scène, aux habits, aux chaussures, grâce au travail technique que je faisais par rapport à ma mémoire, grâce à mon expérience de la scène, eh bien, c'est cette porte-là qui s'ouvrait. Quand je finissais de jouer Le Père Goriot , je la fermais, et j'ouvrais celle de Merteuil. C'était vraiment ça ! Tout cela se fait naturellement. Je ne pouvais pas me tromper. Je mettais en place des automatismes, dont j'avais besoin pour retrouver la mémoire du corps. Celle sur la mise en scène du Père Goriot n'est absolument pas la même que celle des Liaisons dangereuses . C'est un peu comme si cette mémoire était imprégnée, tatouée en moi. Delphine Depardieu dans la pièce "Les liaisons dangereuses" Que retenez-vous de cette expérience que vous avez vécue pendant plusieurs mois ? Delphine Depardieu : Je jouais les lundis et mardis dans Le Père Goriot et le reste de la semaine dans Les liaisons dangereuses . Je n'avais pas un jour de congé mais c'était une expérience formidable au niveau énergie parce que je n'étais absolument pas fatiguée. J'étais dans un mouvement comme un sportif. Je faisais très attention à ma santé, à ce que je mangeais, à mon sommeil. Il fallait tenir jusqu'au bout. Ça a très bien fonctionné. Quand Le Père Goriot s'est arrêté et que j'ai eu la possibilité d'avoir des jours de congé, c'est là que j'ai commencé à être fatiguée parce que j'ai relaissé tomber la pression. Avec Arthur Cachia, vous venez de mettre en scène Le Schpountz . Pourquoi le choix de ce texte de Marcel Pagnol ? Delphine Depardieu : Les organisateurs du Festival à la Bonne Mère, à Marseille, avaient contacté Arthur Cachia en lui disant qu'ils avaient envie de monter un Pagnol pour le festival. Il leur avait proposé Le Schpountz . On se connaît bien et un soir, lors d'une fête, il m'a dit : « tu ne voudrais pas lire le rôle de Françoise ? » Je lui ai répondu que j'allais regarder. Je connaissais très très bien Le Schpountz . C'est un film que j'adore et qui m'accompagne depuis que je suis enfant. J'ai toujours voulu être comédienne, donc un film sur un comédien écrit par Pagnol, je ne pouvais que le regarder ! Quand Arthur m'a parlé de ce projet, j'y ai beaucoup pensé. Selon moi, pour faire de la mise en scène, il faut des idées, des partis pris ; je pensais vraiment que je n'avais pas les armes. Et puis, un jour, Arnaud Denis, qui est le metteur en scène des Liaisons dangereuses mais aussi un ami, m'a dit qu'une mise en scène, c'est avant tout raconter une histoire. Il m'a tout de suite calmée avec cette montagne que je voyais devant moi. Il m'a aussi dit : « Toi tu sais, tu as de la mise en scène en toi, donc vas-y ! ». Je suis allée voir Arthur et lui ai dit : « qu'est-ce que tu en penserais si on faisait la mise en scène tous les deux ? ». Le fait qu'on soit à deux a permis à Arthur d'être totalement libre. Comme il était sur scène, il a bien fallu faire une direction d'acteurs. Quant aux décisions de mise en scène, on les a prises ensemble. Notre équipe a très bien fonctionné. C'est vrai que cette envie de mise en scène, elle était là depuis longtemps et puis par un concours de circonstances, je me suis plongée dedans, parce que ce texte vit avec moi depuis que je suis petite. Après la tournée, la pièce ira à Avignon l'été prochain puis à Paris. Le texte est magnifique, Pagnol est magique et les comédiens sont formidables ! Cette expérience vous-a-t-elle donné envie de vous lancer seule dans la mise en scène maintenant ? Delphine Depardieu : Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est la direction d'acteurs. Essayer d'amener les comédiens vers l'image qu'on a dans la tête, c'est passionnant. Ça m'a donné envie de faire d'autres mises en scène, oui, mais maintenant je me mets une autre petite montagne en me disant qu'il faut que je trouve un texte qui me fasse autant vibrer que Le Schpountz . Balzac, Choderlos de Laclos mais aussi Pagnol... Vous êtes plutôt attirée par les auteurs classiques... Delphine Depardieu : J'ai commencé par des choses très modernes, des boulevards, mais je pense que pour les gens de mon métier, je dois dégager quelque chose de classique. Les auteurs classiques sont quand même exceptionnels. Je trouve que c'est bien de transmettre à un public, surtout aux jeunes, ces grands personnages et ces grands textes. En plus, j'ai l'impression que les auteurs classiques écrivaient pour les femmes des rôles grandioses. Chez Corneille et Racine, il y avaient de grands rôles de femmes. La mère de Néron, c'est un rôle exceptionnel, d'une puissance infinie. Elle n'est pas toute jeune. Dans Les femmes savantes aussi, il y a les jeunes, mais il y a aussi de grands rôles un peu plus vieillissants, tout aussi importants. Beaucoup de comédiennes et comédiens lisent sur scène des textes de grands auteurs. Aimez-vous cet exercice ? Delphine Depardieu : J'aime beaucoup. J'avais eu le privilège de lire à côté de Michael Lonsdale. J'avais adoré parce qu'on lisait chacun notre tour. Chaque fois qu'il lisait, j'étais la souris derrière le rideau et j'écoutais ce qu'il faisait. C'était fou, l'aisance qu'il avait ! Dominique Pinon est exceptionnel en lecture, lui aussi. Il ne bute jamais sur aucun mot. Il lit parfaitement. Pour moi, c'est un plaisir. Votre emploi du temps est toujours bien chargé. Quels sont vos projets ? Delphine Depardieu : J'ai pas mal de projets. Pour le moment, je ne sais pas encore celui qui sortira en premier. Dans ce métier, on dit toujours qu' il faut dix projets pour qu'il y en ait un qui sorte. Là, j'en ai un avec Maxime d'Aboville : ce sera une comédie historique sur Adolphe Thiers. J'ai aussi comme projets deux autres pièces, Ibsen et Tchekhov. Vous avez remporté le Molière de la meilleure comédienne dans un spectacle privé. Même si votre envie de faire du théâtre est toujours très forte, qu'est-ce que cette récompense vous a apporté ? Delphine Depardieu : Le Molière, pour être honnête, c'était une histoire de moi à moi. De moi par rapport à ma famille, qui est une famille de cinéma. Je transporte ces fantômes sur mes épaules de façon constante. Ils sont toujours là, même après le Molière, et seront toujours présents. On continue de m'appeler Julie. Mais, de moi à moi, j'avais besoin de me prouver que je n'étais pas un imposteur. Avec ce Molière, mes pairs, les gens avec qui je travaille m'ont donné la possibilité de me dire que je fais partie de ce métier, et non pas parce que je m'appelle Depardieu. Ce n'est pas parce que je viens de cette famille que je fais ce métier. J'ai cette passion en moi depuis toujours. Je n'ai jamais voulu faire autre chose. En recevant Le Brigadier et après le Molière, c'est comme si on me disait, c'est bon, tu fais partie du clan. J'avais vraiment besoin d'entendre ça. J'insiste dessus : c'était une histoire personnelle et une histoire familiale. J'avais besoin de prouver que moi aussi j'ai ma place dans ce milieu. Les liaisons dangereuses mise en scène de Arnaud Denis avec Delphine Depardieu, Valentin de Carbonnières, Salomé Villiers, Michèle André, Pierre Devaux, Marjorie Dubus, Benoît Souilh actuellement en tournée.
- Antoine Duléry lit entre les lignes : interview
Antoine Duléry lit entre les lignes , tel est le titre du nouveau spectacle de ce comédien toujours très apprécié du public. Au cinéma, il a joué dans une cinquantaine de films, a tourné plusieurs fois sous la direction de Claude Lelouch, a marqué les esprits pour son rôle dans Camping , pour ne citer que ces films-là. A la télévision, il a été notamment le commissaire Larosière dans Les petits meurtres d'Agatha Christie , la série à succès de France 2. Au théâtre, il a joué dans des grands classiques mais aussi dans des comédies. Seul sur scène, il aime à partager avec le public son amour pour le cinéma, en se livrant à d'incroyables imitations de Belmondo, Delon et tant d'autres grands noms du cinéma. Avec Antoine Duléry lit entre les lignes , c'est à un spectacle bien différent des précédents qu'il convie les spectateurs. Passionné de littérature, il les embarque dans un voyage littéraire interactif. Tout un programme ! Le 7 novembre, sa tournée fera étape aux Arts d'Azur du Broc. Contacté par téléphone, il nous a parlé avec beaucoup d'enthousiasme de ce spectacle qui, à coup sûr, ravira aussi bien les férus de littérature que les autres. Votre nouveau spectacle s'intitule « Antoine Duléry lit entre les lignes ». Il ne s'agit pas d'une lecture mais d'un voyage littéraire auquel vous conviez le public... Antoine Duléry : Exactement ! C'est un spectacle que j'ai vraiment beaucoup de plaisir à jouer parce que je suis accompagné avec tous ces copains auteurs merveilleux. C'est comme si je recevais le public dans mon salon. D'ailleurs, je commence le spectacle en disant aux spectateurs que je suis très heureux de les recevoir chez moi. Il y a une bibliothèque avec plein de livres. C'est pas comme ça chez moi, mais ça y ressemble un peu ! Je récite, je lis évidemment beaucoup de textes de grands auteurs, mais je ne suis pas derrière un pupitre. Je dis au public que nous allons voyager ensemble. C'est un spectacle immersif, jouissif, interactif. Donc, on ne s'ennuie pas une seconde. Je lis, je vais dans la salle, je fais intervenir les gens, en les faisant lire, et, à la fin, en leur faisant écrire une phrase qui sera découverte par tout le monde et par moi-même. C'est une phrase qui n'aura jamais été écrite, la première phrase d'un roman qui n'existe pas. Je fais aussi quelques imitations. C'est un spectacle très joyeux ! Comment avez-vous choisi les textes que vous lisez sur scène ? Antoine Duléry : Les textes que je lis sont tous reliés avec le monde d'aujourd'hui. Je lis de grands auteurs surtout des XIXe, XXe, XXIe siècle comme Francis Blanche, Marguerite Duras, Baudelaire. Je me balade dans des univers différents. Je parle aussi de tout ce qu'on ne lit pas, par exemple la chanson. On a trop souvent tendance à l'écouter, en passant à côté de très beaux textes. Je lis du théâtre, qui est plutôt fait pour être vu et entendu. Je lis du Raymond Devos. Malheureusement, ce qui est le plus lu aujourd'hui, ce sont les textos. J'imagine par exemple ce qu'écrirait Marcel Proust dans ses textos ! Je dis que les présentateurs de journaux télévisés ne sont pas des journalistes, mais des lecteurs, puisqu'ils lisent le prompteur. Je commence le spectacle en lisant une notice de médicaments, alors que les gens ne s'y attendent pas du tout, tout simplement parce qu'effectivement, tout ça reste du domaine de la lecture. Je parle des panneaux routiers, des annonces publicitaires, de plein de choses qui sont reliées au monde d'aujourd'hui. En fait, j'interroge les gens, tout en leur apprenant beaucoup de choses sur des thèmes de la littérature, même des règles grammaticales que je ne connaissais pas moi-même. On m'a dit que cet aspect de grand cours avait un côté très agréable. Certains spectateurs m'ont même avoué qu'ils auraient aimé avoir un prof de français comme moi ! Vous lisez des textes d'auteurs différents. Comment parvenez-vous à trouver un fil conducteur, pour passer de l'un à l'autre ? Antoine Duléry : Ça, c'est tout le travail que j'ai fait avec mon co-auteur, Pascal Serieis, qui est aussi mon metteur en scène. On s'est appliqué à faire des passerelles avec le monde d'aujourd'hui. Par exemple, à un moment donné, j'imite le journaliste. Dans les journaux télévisés, il y a toujours un correspondant spécial qui parle légèrement en décalé. J'ai eu envie d'imiter ce type inconnu, ce correspondant spécial devant l'incendie de Notre-Dame-de-Paris, qui commente ce qu'il voit. Je dis : « Oui, bonjour, effectivement, je suis face à un terrible incendie. Il y a beaucoup de flammes, de fumée ! » Puis j'enchaîne en disant que ça manque un peu de poésie et que je préférais quand c'était Victor Hugo qui nous racontait l'incendie de Notre-Dame-de-Paris. Et là, je lis la description de Victor Hugo ! Ce qui fait la force des textes de Victor Hugo comme d'autres textes que vous lisez, c'est qu'ils sont intemporels et universels... Antoine Duléry : Oui bien sûr ! Je parle aussi des textes qu'on n'a pas aimés quand on était jeune et qu'on adore plus tard. C'est normal ; à ce moment-là, on n'était pas disponible et l'envie n'était pas là. Quand la lecture est imposée, le charme est rompu. Il faut lire libre ! Comme exemple, je peux vous donner le poème de Paul Valéry, "Les pas". Plus jeune, je ne l'aimais pas parce que je ne le comprenais pas. Dans mon spectacle, je dis qu'à 17 ans, je préférais "Les faux pas" de Francis Blanche, et j'enchaîne alors sur lui. Antoine Dulery sur scène au Broc (Alpes-Maritimes) Parmi les spectateur, à chaque représentation, il y a forcément des lecteurs et d'autres qui n'ont pas l'habitude de lire. Ceux-là sont peut-être surpris par votre spectacle, qui est différent des précédent... Antoine Duléry : Bien sûr, certains ne savent pas ce qu'ils vont voir, d'ailleurs. Ils sont plutôt agréablement surpris, heureusement ! Mais au départ, ils savent que je fais plutôt de la comédie et pensent peut-être assister à un one-man show, alors que ce n'est pas ça. C'est complètement différent de ce que j'avais fait avec mon premier spectacle. Mais les gens se laissent embarquer. A la fin, quand je vais à la rencontre du public, j'entends souvent : « Ah, on ne savait pas ce qu'on allait voir, mais ça nous a vraiment plu. » Et puis, ça arrive aussi que des jeunes me disent : « Franchement, ça m'a donné envie de lire». Parfois, les textes que j'ai choisis sont tellement beaux que les gens ne peuvent qu'être touchés. J'ai souvent des questions après les représentations. On me demande : « C'était quoi, le texte, là ? Ah, je vais le relire. ». Les textes des grands auteurs touchent tout le monde et la beauté est universelle. Parmi les auteurs que vous lisez, quels sont ceux que vous aimeriez que les gens aient envie de découvrir ou mieux connaître ? Antoine Duléry : Valéry, mais aussi Victor Hugo, Baudelaire. Les Fleurs du mal , c'est quand même absolument sublime. J'adore Proust. Pendant le spectacle, je demande au public ce qu'a mangé le petit Marcel. Ca fait rire les gens ! Michel Bouquet disait : « les gens ne viennent pas au théâtre pour vous regarder jouer. Ils viennent jouer avec vous ». Eh bien, en ce qui me concerne, les gens jouent avec moi ! Antoine Dulery dans son spectacle "Antoine Dulery lit entre les lignes" Vous parliez tout à l'heure d'une phrase écrite par les spectateurs lors de chaque représentation. C'est-à-dire ? Antoine Duléry : C'est le principe des cadavres exquis inventés par les Surréalistes. On met un sujet, un adjectif, un verbe, un complément et ça donne par exemple : le chat roux mange des croquettes vertes. Chaque soir, j'ai une phrase différente. C'est la première phrase d'un livre qui n'existe pas. Parfois, elle est bête, parfois elle est sublime. J'improvise avec la phrase qu'on me donne. C'est ça qui est génial. Comme j'imite Luchini en train de la lire, on peut partir dans le délire le plus total. Ce qui me fascine, c'est toutes ces histoires qui n'ont pas encore été racontées, toutes ces phrases qui germent dans les cervelles de gens. C'est pourquoi Je fais écrire aux gens une phrase que personne n'a jamais lue et que je découvre. C'est un des moments du spectacle que j'adore. Et puisqu'on parle littérature, quels sont vos derniers coups de cœur littéraires ? Antoine Duléry : Je suis toujours ému devant une bibliothèque. En ce moment, je lis un livre passionnant, L'ami Louis de Sylvie Le Bihan. C'est l'histoire de l'auteur Louis Guilloux et de sa rencontre avec Camus. Il parle aussi toute de cette époque littéraire de Camus, Sartre, Saint-Germain-des-Prés. Louis Guilloux se partageait entre Paris et Saint-Brieuc, ville que je connais très bien ! Je lis beaucoup en ce moment cet auteur, notamment son chef d'oeuvre, Le Sang noir . Louis Guilloux était moins connu que Camus et Malraux et pourtant il était très ami avec eux. Il est mort en 1980. Sinon, je lis et je relis toujours Georges Simenon qui est pour moi un génie absolu. Il a écrit 350 livres. On ne lit pas à 20 ans comme on lit à 50. Je me souviens qu'au lycée il fallait que je lise Nana de Zola. Je m'étais ennuyé à l'époque. Je l'ai relu récemment et je l'ai trouvé sublime. Quand vous lisez, vous êtes du genre à arrêter un livre si vous ne l'aimez pas ou vous vous forcez à aller jusqu'à la fin ? Antoine Duléry : Si je n'aime pas, si je m'ennuie, j'arrête. Par contre, je lis plusieurs livres en même temps. Ca, j'adore. J'en ai plein sur ma table de chevet. J'aime bien passer d'un livre à un autre et je lis plein de choses différentes. Ça peut être des BD, des romans anciens. Quand je rentre dans une librairie, je ne peux pas m'empêcher d'acheter deux ou trois livres. C'est une maladie chez moi ! J'aime l'objet livre. Je n'aime pas les tablettes. Vous êtes en pleine tournée avec ce spectacle. Vous reste-t-il du temps pour des tournages ? Antoine Duléry : Oui, j'ai fait deux films pour le cinéma, Somnambule avec la bande à Fifi et De la tess à la messe aux côtés notamment de Jamel Debbouze et Josiane Balasko. La tess c'est la cité en verlan ! J'ai aussi trois films pour la télévision, dont un avec Arnaud Ducret, et une série qui s'appelle Haute saison. Et puis, j'ai aussi des projets au théâtre. Je suis bien occupé pur un homme de presque 66 ans ! Je continue à tourner, à être désiré, surtout par de jeunes réalisateurs. C'est très agréable ! Comme disait Frédéric Dard, « la mort est une maladie qu'on attrape à la naissance ». D'ailleurs, dans mon spectacle, je cite une magnifique fable de La Fontaine, qui s'appelle "La Mort et le Mourant". Décidément, avec Antoine Duléry, on en revient toujours à la littérature ! Pour découvrir ou redécouvrir d'autres textes de grands auteurs dans un voyage littéraire interactif plein de surprises, rendez-vous donc aux Arts d'Azur du Broc vendredi 7 novembre à 20h30. Pour réserver : www.lesartsdazur.net











