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Interview de l'acteur Yoann Zimmer

  • Laurence Ray
  • 29 avr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 mai

Dans Des hommes, le film de Lucas Belvaux, adapté du roman de Laurent Mauvignier, Yoann Zimmer interprétait un jeune homme appelé en Algérie pendant la guerre d'indépendance. Sa prestation tout en sobriété lui a valu une nomination au Magritte du meilleur espoir masculin (Yoann Zimmer est belge). C'était en 2020, l'année du Covid.


Il aurait dû fouler le tapis rouge du Festival de Cannes avec toute l'équipe du film mais, en raison de la crise sanitaire, l'événement n'a pas pu avoir lieu. Qu'importe, depuis, il a enchaîné les projets, en tant qu'acteur, au cinéma et à la télévision, mais aussi comme scénariste et réalisateur de court métrage. L'étape suivante ? Un long métrage qu'il est en train d'écrire et plein d'autres projets. Entre-temps, on peut le voir dans L'enfant bélier, le dernier film de Marta Bergman au cinéma depuis le 29 avril. Il y joue le rôle d'un policier, aux côtés notamment de Salim Kechiouche et Michaël Abiteboul. Un film fort, inspiré d'histoires vraies, qui dénonce la dureté de la politique migratoire en Belgique.


Yoann Zimmer (crédit photo Pierre-Ange Carlotti)
Yoann Zimmer (crédit photo : Pierre-Ange Carlotti)

 

Culture Net Info : Vous êtes actuellement à l'affiche du film de Marta Bergman, L'enfant bélier. Qu'est-ce qui vous a donné envie d'accepter ce projet ? Est-ce le fait qu'il soit inspiré de faits réels ?


Yoann Zimmer : J'étais au courant de l'histoire de la petite Mawda, cette enfant kurde qui avait été tuée par balle par un policier lors d'une course-poursuite, mais pas dans tous les détails. C'est une histoire qui, évidemment, avait ému l'opinion publique. Permettre de visibiliser cette histoire et tant d'autres, c'est vraiment ce qui m'a donné envie de participer à ce film.

Et puis, je connais bien la réalisatrice Marta Bergman. On co-écrit ensemble un film inspiré de la vie de Stéphane Mandelbaum, un artiste-peintre belge. On a commencé bien avant qu'elle n'écrive L'Enfant Bélier. Je jouerai le rôle de Stéphane.


Culture Net Info : De qui est venue cette idée de film ?


Yoann Zimmer : De nous deux ! C'est un peu un hasard. Lorsque j'habitais Paris, j'avais visité une exposition sur Vasarely au centre Pompidou et j'en avais profité pour aller voir l'exposition temporaire sur deux jeunes artistes belges. Il me semble que c'était en 2018. L'oeuvre de Stéphane Mandelbaum m'avait vraiment interpelé et touché pour plusieurs raisons et j'avais acheté sa biographie à l'issue de l'expo. Je l'ai lue et je me suis dit que sa vie avait un côté romanesque et qu'il y avait quelque chose à en faire. J'étais vraiment tenté de travailler dessus.


A ce moment-là, je tournais le film Des Hommes de Lucas Belvaux. Un jour, il a remarqué que j'avais le livre dans ma poche et il m'a dit : « Ah, mais tu lis ça, c'est marrant. Il y a une dizaine d'années, on m'a proposé de faire un film sur cet artiste ». J'ai alors pensé que si on l'avait proposé à Lucas, c'est qu'il y avait un intérêt. Au moment de la sortie du film Des Hommes, j'en ai parlé avec le producteur belge Patrick Quinet. Il m'a répondu : « Je te produis, mais écris, réalise et joue ! ». Ça faisait peut-être beaucoup sur mes petites épaules et je ne me sentais pas forcément apte. J'ai commencé à travailler sur ce projet et un jour Marta Bergman m'appelle et me dit qu'elle aussi a un projet de film sur Stéphane. Ca tombait très bien parce que je ne voulais pas réaliser le film, mais l'écrire et jouer dedans ! C'est comme ça qu'on a décidé de collaborer.


Affiche du film Des Hommes
Affiche du film Des Hommes

Vous évoquiez le film de Lucas Belvaux, Des hommes. Dans votre filmographie, on relève surtout des films d'auteur. Est-ce par choix ?


Yoann Zimmer : Pour Des hommes, j'ai passé un casting et j'étais très content d'être pris ! Je pense que quand on est jeune acteur, on ne choisit pas vraiment. On dégage quelque chose qui fait qu'on attire tel réalisateur, ou telle réalisatrice. Je pense que le fait de se retrouver sur des projets au tout début de notre carrière pose une première pierre.


J'ai démarré par un court-métrage, qui a tourné en festivals et qui a attiré la réalisatrice Julia Kowalski. J'ai passé des essais pour son film, Crache cœur, et j'ai été pris. C'était mon premier rôle masculin principal. Le film a été sélectionné à l'Acid, pendant le Festival de Cannes. Avant, j'avais joué dans deux films des frères Dardenne, dans des seconds rôles. Evidemment, ces films déterminent un peu comment je suis perçu. Je suis très content parce que c'est un cinéma que je défends et que j'aime. Peut-être que si j'avais commencé par un film comique, plutôt léger, ou romantique, je me serais retrouvé à faire une autre carrière ! Je suis conscient de ce vers quoi je vais et des choix que j'ai pu faire. Mais je ne peux pas dire que je n'ai fait que des choix...Le seul pouvoir qu'on a, quand on est acteur ou actrice, c'est de dire non.


Culture Net Info : Et justement, quels sont les projets à venir auxquels vous n'avez pas dit non ?


Yoann Zimmer : Je viens de terminer une série inspirée de la vie de Patrick Haemers, un criminel belge qui a sévi dans les années 70-80. C'est une série inspirée de sa vie, axée plutôt sur l'intime, sur ses rapports avec sa famille, sa femme, son enfant. Je pense qu'on a fait un beau boulot. C'était un rôle très intéressant et j'ai hâte de voir le résultat !


Dans quelques jours je vais débuter le tournage d'un téléfilm pour France 2 qui traite du cancer de sein. Bien sûr, ce n'est pas un sujet léger, mais il y a quelque chose de lumineux dans la manière dont c'est traité. Souvent, pour les personnes qui vivent des épreuves comme le cancer, l'humour peut être un ressort pour rester en vie. Je joue un personnage qui a un cancer du sein, ce qui est très rare chez les hommes. Il se retrouve dans un monde de femmes et il découvre des choses qu'il ne connaissait pas ; c'est de là que vient l'humour. En parallèle, on suit deux histoires, celle de Nour (Sofia Essaïdi), et celle de mon personnage. Ils vont se rencontrer à l'hôpital et devenir amis. C'est un sujet qui me touche, qui est rarement montré.


Culture Net info : Et côté cinéma, avez-vous des projets ?


Yoann Zimmer : Je vais faire un court métrage sans doute cet été, un autre en septembre, et après, je vais tourner dans un long métrage à l'automne. Et puis, j'aimerais me mettre à l'écriture de mon propre long métrage. J'ai déjà commencé à y travailler.

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