Une famille formidable : rencontre avec Jennifer Lauret et Kamel Belghazi
- Laurence Ray
- il y a 2 heures
- 5 min de lecture
Diffusée sur TF1 de 1992 à 2018, Une famille formidable fait incontestablement partie des séries qui ont passionné les Français pendant plusieurs années, toutes générations confondues. Au dernier Festival de Télévision de Monte-Carlo, Jennifer Lauret, qui incarnait Frédérique Beaumont et Kamel Belghazi, qui interprétait son mari, Nourredine, ont pu mesurer l'ampleur du succès de la série : les fans étaient particulièrement nombreux à les attendre pour obtenir une dédicace ou un selfie. Pour Jennifer Lauret et Kamel Belghazi, les souvenirs liés à Une famille formidable restent intacts. Ils nous en ont parlé avec beaucoup d'enthousiasme.

Culture Net Info : Une famille formidable fait partie des séries préférées des Français. Vous venez de participer à une séance de dédicaces en tant que « french iconics ». Qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Kamel Belghazi : C'est vrai que c'est un grand mot. Mais on est plutôt les représentants d'une série qui est devenue iconique par l'amour du public et par sa longévité. Je pense que modestement on a contribué un peu chacun d'entre nous au succès de la série, au fait qu'elle devienne iconique. Mais le grand mérite revient aux créateurs et aux scénaristes de la série qui ont su trouver les thèmes pour intéresser le public. Si le thème est intéressant et qu'il est bien interprété, ça marche et ça dure.
Jennifer Lauret : Quand on a commencé en 1991, il n'y avait pas tant de séries que ça. La performance d'Une famille formidable, c'est d'avoir duré aussi longtemps. C'était extrêmement rare. A l'époque, il n'y avait pas les plateformes, pas autant de chaînes, pas autant de diffuseurs, pas autant de productions. Navarro, Julie Lescaut, Commissaire Moulin font partie des séries qui ont duré longtemps. Il y avait essentiellement des séries policières et très peu de séries familiales. C'est sans doute pour cette raison qu 'Une famille formidable a attiré le public.
Jennifer, quand vous avez débuté la série, en 1991, vous étiez très jeune. Comment vous l'a-t-on présentée ?
Jennifer Lauret : J'avais 11 ans, autant vous dire qu'on était parti pour 3 épisodes et puis il y en a eu 6, puis 9, puis, puis, puis, ça a continué...On n'a jamais pensé que ça durerait aussi longtemps.
Vous, Kamel, vous êtes arrivé plus tard, en 1999...
Kamel Beghazi : Pour moi comme pour ceux qui sont arrivés plus tard, ça a été pareil. On ne pensait pas que la série allait durer aussi longtemps. A chaque fin de saison, on pleurait comme des madeleines sur les derniers jours, et puis hop, on repartait. On nous contactait environ six mois avant pour nous demander si on était libres pour une nouvelle saison. On nous disait de nous tenir disponibles de telle date à telle date, qu'on allait tourner à tel endroit et qu'on nous enverrait le scénario. C'était alors l'euphorie pour tout le monde ! Une famille s'était créée entre nous. On a tous pris énormément de plaisir à tourner cette série, à être ensemble, toutes générations confondues. Jusqu'au jour où il y a eu une vraie fin, parce que Joël Santoni nous a quittés et que ça a été une évidence pour Bernard Le Coq d'arrêter.
Vous souvenez-vous de vos premières impressions quand vous êtes arrivé sur le tournage d'Une famille formidable ?
Kamel Belghazi : C'est Joël Santoni qui m'a accueilli. Le tournage avait lieu au Portugal. Quand j'ai débarqué, ils étaient tous à la cantine en train de faire la queue. C'était le soir. Joël m'a présenté Bernard le Coq, puis Annie Duperey, puis Jennifer. Ca a commencé comme ça ! C'est vrai que le fait d'arriver la veille et de tourner le lendemain des scènes quand même assez importantes, c'est particulier. Il y avait une forme d'insouciance. Je me disais : il faut que j'y aille. On avait plus de temps pour travailleret Joël était bienveillant. Tout était réuni pour qu'on se sente à l'aise sur le plateau. Je n'ai que de bons souvenirs. On s'est amusés, on a pris du plaisir, on a aussi beaucoup voyagé. On est allés à La Réunion, au Portugal, à Madère, au Maroc, en Thaïlande. Travailler et voyager avec une bande d'acteurs qui sont devenus des amis, c'était vraiment génial !
Est-ce qu'il y a eu une saison peut-être plus difficile à tourner ?
Jennifer Lauret : La plus difficile, ça a été quand on a perdu notre réalisateur, Joël Santoni, parce que l'investissement qu'on devait y mettre était différent, parce que c'était lui, le fondateur de la série, c'était lui qui, avec ses yeux, nous guidait. Il n'a malheureusement pas pu tourner cette dernière saison, mais comme le processus était déjà enclenché, on ne pouvait pas l'arrêter, donc on a tourné, et Joël n'était déjà plus avec nous, donc ça avait une résonance particulière chez chacun d'entre nous.
Kamel Belghazi : On était tristes, non pas parce que la série allait s'arrêter, mais parce que Joël n'était plus là. On était sans guide. On a mis beaucoup de cœur à tourner cette dernière saison, mais on était un peu ailleurs.
Dans la série, vous incarnez un couple. Comment on arrive à construire une telle relation sur autant d'années ?
Kamel Belghazi : C'est Joël qui a construit notre relation de couple, après on l'a nourrie, par nos personnages, et puis par nos caractères. La mayonnaise a pris très rapidement entre nous et elle a inspiré beaucoup Joël. C'était comme une évidence : le couple était parti.
Depuis plusieurs années, vous jouez tous les deux dans Demain nous appartient mais il n'y a pas de relations entre vos personnages...
Jennifer Lauret : Nos personnages ne se côtoient pas dans Demain nous appartient. TF1 a peut-être peur qu'il y ait un amalgame entre nos personnages précédents et nos personnages actuels. On se croise donc seulement dans les couloirs mais c'est très rare car on n'a pas le même rythme. Chacun est dans son décor, dans son univers.
La série vous laisse du temps pour d'autres projets. Jennifer, vous jouez au théâtre en ce moment...
Jennifer Lauret : Oui, je suis actuellement en tournée avec Panique au ministère. Jouer à Paris serait trop compliqué pour moi : je ne pourrai pas être sur scène et tourner à Sète en même temps. Mais c'est vrai que la production de la série nous laisse du temps pour d'autres projets. Il suffit de s'organiser.
Kamel, on vous a vu au théâtre l'année dernière, dans Vive les vacances...ou pas ! . Allez-vous renouveler cette belle expérience ?
Kamel Belghazi : La tournée s'est arrêtée en novembre. Une autre tournée se profile avec une autre pièce à partir de janvier, normalement. Je vais aussi tourner dans la série Face à Face. Effectivement DNA est le gros fil conducteur, et ensuite des projets viennent se superposer. Il y a des choses à venir, ça va être assez rock'n'roll, mais c'est sympa !
Avec Demain nous appartient, vous êtes habitués à travailler dans un rythme intense...
Kamel Belghazi : Moi, ça me convient, j'aime bien être dans la dynamique du travail donc ça ne me dérange pas de passer d'un projet à l'autre. J'ai beaucoup discuté avec Alexandre et Jean-Marc Thibault et ils me racontait qu'à une époque, ils faisaient trois ou quatre choses en même temps. Ils couraient d'un cabaret à un autre. On a de la chance de faire des métiers qu'on aime.
Avec Une famille formidable, le rythme des tournages était bien plus tranquille...
Kamel Belghazi : Rien à voir, ce n'était pas du tout la même cadence, ni le même format. Ce n'est pas comparable. On tournait tous les 2-3 ans. Moi, j'ai fait 99, 2001-2005, puis 2007-2009. C'était tous les 2 ans et le tournage durait environ 3 mois. Et en fonction des personnages, on avait entre 25 et 30 jours de tournage. On avait quand même du temps. Le rythme était moins soutenu que ce qu'il est maintenant sur les quotidiennes.




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