Légende Balavoine : interview de Christian Zanati
- Laurence Ray
- 15false17 GMT+0000 (Coordinated Universal Time)
- 6 min de lecture
« L'Aziza », « Le chanteur », « Vivre ou survivre », « Mon fils, ma bataille », « Sauver l'amour» : ces chansons de Daniel Balavoine ont plus de quarante ans et pourtant toutes les générations, même les plus jeunes, les connaissent et les fredonnent.
Des artistes passionnés ont eu la très bonne idée de rendre hommage à Balavoine en interprétant sur scène ses plus belles chansons mais aussi quelques titres moins connus du public. Depuis qu'elle a débuté, la tournée de Légende Balavoine, rencontre un vif succès. Christian Zanati, qui interprète sur scène les chansons de Daniel Balavoine nous a parlé de cette formidable aventure qui fera étape samedi 28 mars à La Palestre au Cannet.

Comment expliquez-vous le succès de légende Balavoine ?
Christian Zanati : Les gens chantent, dansent, se lèvent. C'est vraiment extraordinaire ! On communie autour du répertoire de Daniel Balavoine et c'est vraiment très gratifiant pour nous. Les gens nous disent qu'écouter la voix de Daniel Balavoine, c'est inimitable et irremplaçable mais de découvrir son répertoire sur scène, c'est une autre expérience que la plupart d'entre eux n'avaient pas vécue. J'ai croisé des gens qui avaient vu Daniel Balavoine en 84 au Palais des Sports et qui m'ont qu'ils avaient retrouvé l'énergie qu'ils avaient vécue à l'époque. Ils en avaient des larmes aux yeux !
Sur scène, vous dégagez une belle énergie....
Christian Zanati : Ce qu'on a voulu faire, c'est respecter l'énergie rock de Daniel Balavoine. Il se considérait comme un artiste rock avant tout, plus qu'un artiste de variétés. Il disait qu'il faisait complètement autre chose par rapport à des artistes comme Michel Sardou, Joe Dassin, Claude François. Son répertoire était influencé par les artistes rock britanniques, notamment Peter Gabriel ou Supertramp. On a essayé de mettre ça en avant.
Sur scène, on est cinq musiciens. Je suis le seul chanteur et autour de moi, tout le monde fait les choeurs. Il y a Roman Chelminski à la guitare électrique et à la direction musicale, Guillaume Farley à la basse, Antoine Mollard à la batterie et Mike Karagozian aux claviers. On forme vraiment un vrai groupe, comme le voulait Daniel Balavoine. De ce que j'ai lu, il ne se considérait pas comme un artiste avec ses musiciens à côté de lui . C'était important pour lui que ses musiciens sur scène soient les mêmes que sur les disques. Il aimait cet esprit de groupe de rock sur scène. C'est avec cette énergie-là qu'on a abordé cette aventure.
Justement, comment vous êtes-vous retrouvé dans cette aventure ?
Christian Zanati : Tout simplement parce que c'est Roman Chelminski, le directeur musical du projet, qui m'a contacté. Il se trouve qu'on se connaît depuis 30 ans. On a joué pendant dix ans ensemble. On a écumé les clubs et les salles de concert dans des groupes de rock. Ensuite, il a fait son chemin de son côté. Il a accompagné pendant 15 ans Patrick Bruel. Il m'a contacté parce qu'il connaissait ma voix. Il savait que je suis un chanteur qui chante aigu. Je chante les répertoires de Led Zeppelin, Deep Purple, Police, Sting, U2, Supertramp. J'ai toujours été impressionné par les chanteurs qui chantent haut. Je n'ai pas beaucoup mué quand j'étais ado. J'en ai tiré parti en pouvant chanter les chansons des Beatles, de Murray Head. En France, je chantais les chansons de Michel Polnareff et de Daniel Balavoine.
Quand Roman Chelminski m'a contacté en me demandant si ça m'intéressait de faire partie de cette aventure pour rendre hommage à Daniel Balavoine, j'ai sauté sur l'occasion. Pour moi, c'était une expérience de représenter le répertoire de Balavoine sur scène. Je lui suis très reconnaissant. J'ai été pris parce que je chantais haut et non pas parce que j'étais un imitateur.
Ce que le public apprécie en vous voyant sur scène, c'est que précisément vous ne cherchez pas à imiter Balavoine...
Christian Zanati : Oui, c'est ce qu'on m'écrit sur Instagram ou Facebook. Beaucoup de gens m'ont écrit qu' ils étaient déjà très heureux de vivre l'expérience, parce qu'ils retrouvaient le répertoire de Daniel Balavoine sur scène avec la même énergie rock qui le caractérisait et aussi parce qu'on s'était éloignés du côté imitation. Moi, je chante le répertoire de Daniel Balavoine mais j'y mets ma personnalité, mes émotions, ma sensibilité. C'est ce qui touche le public.
Est-ce qu'il y a des chansons qui vous paraissent plus difficiles à chanter ?
Christian Zanati : Oui, effectivement. De toute façon, le répertoire de Daniel Balavoine est particulièrement exigeant. Après, il y a des chansons plus difficiles que d'autres. Je pense notamment à « Le chanteur », qui est une des chansons les plus difficiles, d'autant plus qu'on garde les tonalités originales de Daniel Balavoine. Il y a « Vivre ou survivre » aussi, qui demande une belle énergie et évidemment, l'incontournable « S.O.S. d'un terrien en détresse», qui est vraiment une performance puisque c'est une chanson qui s'étend sur deux octaves et demie. Les gens attendent forcément ce moment-là. A l'époque, il n'y avait personne qui chantait comme ça, qui partait des graves et qui allait dans les aigus.
Comment avez-vous établi l'ordre des chansons ?
Christian Zanati : Ça, ça a été le casse-tête parce que déjà, il fallait que le concert dure une 1 heure 45. Il fallait donc faire le tri parmi les chansons qu'on voulait reprendre. Évidemment, on a choisi les titres emblématiques mais on est aussi allés chercher des titres qui allaient être appréciés aussi des grands fans, comme « Frappe avec ta tête » ou « Revolucion », qui n'étaient pas forcément des tubes à l'époque.
Pour établir l'ordre, on s'est réunis avec Roman Chelminski et ma femme qui a participé à la scénographie. On a travaillé tous les trois pour donner un sens à l'ordre des chansons. On voulait essayer de donner quelque chose qui ait une logique, qui regrouperait des thèmes. On est vraiment très contents du résultat. On s'aperçoit que tout se déroule parfaitement bien. On clôt le concert avec beaucoup d'énergie et avec le public en folie. Tout le monde est debout à chanter. C'est vraiment extraordinaire.
Quel est le public de Légende Balavoine ?
Christian Zanati : On se rend compte que Daniel Balavoine est non seulement intemporel mais aussi intergénérationnel. Sur les premiers rangs, je vois tout de suite des jeunes de 20 ans, et puis d'autres qui ont 30-40 ans, et puis ceux de ma génération qui ont entre 40 et 50, et puis aussi la génération de nos parents qui ont entre 60 et 70. Les jeunes mais aussi les personnes qui sont un peu plus âgées chantent les chansons de Balavoine. Ca fait vraiment plaisir. On se rend compte de la force de son répertoire : il est toujours parmi nous.
En ce moment, il y a une certaine nostalgie des années 80. Comment l'expliqueriez-vous ?
Christian Zanati : En tant que musicien, j'écoute un peu ce qui se fait aujourd'hui et je pense que des artistes comme Daniel Balavoine manquent. Ca fait longtemps que je n'ai pas entendu un artiste qui serait de la même trempe, que ce soit au niveau performance vocale, ou des mélodies qui restent intemporelles, qu'on entend encore 20 ans, 30 ans, 40 ans après. J'ai l'impression que les gens ont besoin peut-être de revenir sur une époque qui était plus saine. Aujourd'hui, quand on regarde l'actualité, c'est assez plombant et moralement il faut arriver à tenir le coup.
Je pense que Légende Balavoine est un moyen pour eux de s'évader, de s'échapper du quotidien et de retrouver peut-être un moment où on était un peu plus serein, même si c'est vrai qu'il y a toujours eu des conflits et des crises. Tout ça rentre en compte à mon avis.
Jusqu'à quand se poursuit la tournée ?
Christian Zanati : On finit à Saint-Etienne le 2 avril, et ensuite une nouvelle tournée est en train de se préparer pour 2027, à peu près à la même période, sur le mois de mars. On reviendra à Paris et on ira dans des villes où on n'a pas pu aller cette année. L'idée, c'est de faire vivre le projet régulièrement tous les ans, et de revenir dans les villes où les gens ne nous ont pas vus, d'intégrer d'autres titres, tout en gardant évidemment les classiques. On a vraiment envie de faire perdurer ce projet pour que la musique de Daniel Balavoine puisse résonner le plus longtemps possible.
Légende Balavoine samedi 28 mars à 20h30 à La Palestre. Pour réserver : www.lapalestre.eu




Commentaires