Le Jour J de Claude Zidi Jr : rencontre avec Kev Adams, Brahim Bouhlel et Chantal Ladesou
- Laurence Ray
- 13 oct.
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 oct.
Après Maison de retraite et Ténor, Claude Zidi Jr s'est emparé d'un sujet historique, le Débarquement, pour en faire une comédie réussie portée par un duo efficace : Kev Adams et Brahim Bouhlel. Dans Le Jour J, le premier incarne le soldat Porte, travaillant sur une base militaire factice. Sa mère, assistante personnelle de De Gaule, veille sur lui précieusement, craignant qu'il ne meure au combat comme les autres hommes de sa famille. Denis Porte aurait pu continuer à vivre ainsi en évitant les dangers mais, un jour, il fait la rencontre de Sami, un médecin algérien bien décidé à rencontre le chef de l'Etat.
Lors d'une soirée bien arrosée, ils décident de prendre part au Débarquement mais se trompent de date et de lieu. C'est alors le début d'une série de quiproquos, de scènes cocasse et de rencontres imprévues. Le duo est bientôt rejoint par des personnages hauts en couleurs, notamment une veuve éplorée qui croit reconnaître son mari quand on lui présente le soldat Porte. Qui d'autre que Chantal Ladesou pouvait interpréter un tél personnage avec autant d'humour ?
Avant la sortie du film le 15 octobre, les trois comédiens étaient au Festival Cinéroman de Nice. Nous les avons rencontrés à l'Hôtel Négresco. Toujours aussi complices, ils nous ont parlé du film et de leurs personnages.

Kev, vous interprétez Denis Porte, un soldat au départ plutôt maladroit et peureux....
Kev Adams : Je dirais même que c'est un anti-héros ! Bien sûr, il devient un héros dans le film mais je crois que c'est d'abord quelqu'un qui veut éviter de vivre les dangers, qui veut fermer les yeux sur le monde. Dans le film, La Résistante interprétée par Marie Parisot : « La vie, c'est des choses qui arrivent ». C'est très vrai. Le soldat Porte va s'en rendre compte dans ce film mais de la manière forte !
Le Jour J est un film qui aborde un sujet historique souvent traité au cinéma. Qu'est-ce qui vous a décidé à participer à ce projet ?
Kev Adams : Pour nous, ce film, c'est avant tout une aventure de groupe, c'est-à-dire qu'une grande partie du casting était déjà présente dans le film Maison de Retraite 2, notre film précédent. C'est tout ce que j'aime dans le cinéma. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les types d'humour, et pour toute la famille et les générations. Au moment où on faisait Maison de Retraite 2, Claude Zidi Junior, le réalisateur, m'a parlé de ce film Le Jour J, en le pitchant de manière extrêmement simple : c'est l'histoire de deux soldats qui se trompent de jour sur le débarquement en Normandie. Assez vite, j'ai lu le script, on a commencé à travailler ça ensemble.
J'ai trouvé cette idée géniale. C'est dans la lignée des films que j'adorais voir petit. Je pense notamment, évidemment, à La Grande Vadrouille, à la 7e Compagnie, Papy fait de la Résistance. Ce sont des films du dimanche soir, réconfortants, qu'on aimait voir petits, en famille, et qui accompagnaient notre enfance et notre adolescence. Et puis, pour un acteur, c'est franchement une chance de pouvoir tourner dans des costumes et des décors d'époque aussi sublimes. C'était un énorme bonheur de pouvoir tourner dans cet environnement-là, avec des comédiens que j'adore. On a passé deux mois de vrai plaisir et je pense que ça se ressent à l'écran. C'est pas pour rien que le public français plébiscite les groupes en général. Je pense notamment, évidemment, au Splendid, aux Inconnus, ou même plus récemment à La Bande à Fifi.
Le film repose sur votre duo. On imagine que vous avez dû bien rire sur le tournage....
Brahim Bouhlel : Claude Zidi Junior nous a donné cette chance de nous laisser le champ libre à l'improvisation. C'était un peu une cour de récréation pour nous. Dès qu'on arrivait sur le plateau, ça commençait dès le matin, ça ne se finissait pas. Même les week-ends, on rigolait entre nous ! Et ça se ressent à l'écran.
Kev Adams : Ce que Brahim dit est très vrai. Je pense que la manière qu'on a eue chacun d'aborder nos personnages c'était de le faire en étant le plus proche possible de la relation qu'on a aussi dans la vie. On était collés H24 pendant le tournage. On cohabitait quasiment ensemble. On avait des chambres d'hôtel communicantes. Le film raconte l'histoire de deux soldats qui ne se connaissaient pas ou peu et qui d'un coup vont lier une amitié très forte en restant quasiment tout le temps ensemble. C'est ce qu'on a fait pendant le tournage. On a passé nos week-ends aussi ensemble. Et je pense que c'est ce qui a créé cette alchimie aussi forte à l'écran, et c'est ce qui nous a donné cette liberté de ton.
Comment se sont passés ces moments d'improvisation ?
Kev Adams : Ce qu'on a fait, c'est qu'on s'est servi du script de Claude Zidi pour essayer de construire par-dessus tout ça, beaucoup d'improvisations, de liberté, de vérité autour de ces personnages. Quand on avait une idée, ou quand quelqu'un proposait quelque chose, on le faisait immédiatement, juste pour voir ce que ça donnait à l'écran. Et donc, c'est une créativité constante. La comédie permet ça. Dès qu'on démarre une nouvelle journée, on a un texte, qui pour moi est une base, une colonne vertébrale. Et après, il faut y aller, il faut travailler, il faut chercher, il faut trouver comment on va se faire marrer. Dans le film, il y a du comique de situation mais aussi un humour plus noir. Il y a aussi pas mal de références à des choses récentes, au confinement. C'est un colonel nazi qui reprend mot pour mot le discours des restrictions d'Emmanuel Macron sur la Covid. Cristina Reali, à la fin du film ne cite que des phrases mythiques de Star Wars. A un moment donné, on cherche à joindre Londres par la radio, puis on tombe sur une radio qui diffuse de la musique comme on pourrait trouver aujourd'hui dans sa voiture. Charles de Gaulle lui-même se vante de se faire construire un aéroport, une station de métro, une époque où tout ça n'existait absolument pas, n'était même pas en projet.
Même si le film est une vraie comédie, il s'appuie néanmoins sur des fait réels, notamment les premières minutes...
Kev Adams : Le film commence dans une base factice. Je l'ignorais et je l'ai appris en tournant le film. Effectivement cela a existé pendant la Seconde Guerre Mondiale. On a construit sur les côtes anglaises des bases factices pour créer une espèce de leurre pour l'aviation allemande et pour embrouiller les pistes sur la provenance exacte du Débarquement. Mon personnage s'occupe d'une base factice au début du film. Je l'ignorais aussi et j'ai appris que c'était effectivement un vrai fait historique.
Comment expliquez-vous que l'on puisse rire d'un sujet historique comme celui-là ?
Kev Adams : Moi, je pense que c'est parce que c'est notre manière à nous, les Français, de répondre aux drames. La plupart des grandes comédies françaises sont souvent basées sur des drames. Je pense notamment à Un petit truc en plus ou Intouchable. Maison de retraite, c'est la même chose. c'est un film qui, à la base, parle quand même de la solitude des personnes âgées.
Je pense que notre manière à nous, Français, de lutter contre les grands drames de l'humanité, c'est d'en rire. Je crois qu'on sait lutter contre la méchanceté, contre les moments difficiles avec le rire. Je dirais même que c'est notre spécialité en France. C'est d'ailleurs dommage que les films de comédie soient très peu plébiscités par les grandes institutions ou par les grands festivals. C'est pour ça que je suis très heureux d'être là aujourd'hui. Encore une fois, pour moi, la comédie en France, c'est ce qu'on sait faire de mieux.
Dans le film, vous êtes entourés d'un casting impressionnant...
Kev Adams : Jonathan Lambert est incroyable comme toujours. Jarry est méconnissable en nazi. Didier Bourdon fait une grande performance. Il nous a toujours fait rire et toujours épatés. Mais là, je le trouve extraordinaire. Marie Parisot est avec nous à l'écran pour la première fois et elle fait une résistante géniale. Je pense aussi à Guy Lecluyse, qui jouait mon père dans la série Soda, qui est fantastique. Dans le film, Chantal Ladesou incarne le personnage le plus fou et le plus haut en couleur qu'elle n'ait jamais interprété au cinéma.
Chantal, justement, comment présenteriez-vous votre personnage ?
Chantal Ladesou : C'est un rôle qui m'amuse beaucoup parce que c'est une femme qui est décalée, un peu perdue, qui attend son amoureux qui va revenir de la guerre. Je pense que c'est une situation très traumatisante. Comme l'ont dit Kev et Brahim, on s'est beaucoup amusés sur le tournage. Il faut dire qu'en fait, la comédie, c'est sérieux parce que Kev arrive à s'amuser sur le tournage, mais c'est un bosseur énorme. Il refait des scènes le soir, il nous renvoie des scènes à la refaite. Il travaille énormément, mais il arrive à détendre l'atmosphère, à nous mettre en confiance. Et ça, c'est magnifique. Chaque fois qu'on me propose un film avec Kev, je dis oui !
Le Jour J de Claude Zidi Jr avec Kev Adams, Brahim Bouhlel, Marie Parisot, Jarry, Didier Bourdon, Jonathan Lambert...au cinéma le 15 octobre.



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