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Kids Return en concert : interview de Adrien Rozé

  • Laurence Ray
  • il y a 6 jours
  • 5 min de lecture

Kids Return, en plus d'être le titre d'un film de Takeshi Kitano, c'est le nom du duo formé par Clément Savoye et Adrien Rozé. Les deux garçons, originaires de Paris, se connaissent depuis le collège. Passionnés de musique tous les deux et après des débuts dans le groupe Teeers, ils fondent leur propre duo pendant le confinement. Le titre du film du cinéaste japonais qu'ils admirent tous les deux leur vient alors immédiatement à l'esprit. C'est ainsi que s'appellera leur duo. Depuis, tout s'est un peu enchaîné : un premier album, Forever melodies sorti en 2022, très réussi et salué par les critiques, puis un deuxième sorti l'année dernière intitulé tout simplement « 1997 », l'année de leur naissance, mais aussi celle de la sortie de Ok Computer de Radiohead et Homework de Daft Punk, deux albums et deux groupes de référence. Dans leur panthéon musical, figurent aussi Air, Phoenix, des groupes auxquels on les a volontiers comparés. Voilà de quoi donner un bel aperçu de leur univers.

Le 6 février, au Frigo 16 du 109, le public niçois aura la chance de découvrir en live leur dernier opus, 1997, dix titres aux mélodies pop entêtantes. Ce ne sera pas la première venue des Kids Return sur la Côte d'Azur: ils ont assuré la première partie de -M- au Palais Nikaïa en 2022, ont été programmés à la Crème Festival en 2023 et invités au Festival de Cannes pour des concerts privés en 2024. Ils se réjouissent d'être de retour sur la Côte d'Azur, à la rencontre de leur public. C'est ce que nous a dit (entre autres) Adrien, lors d'un échange téléphonique où l'on a parlé musique et cinéma.


Votre deuxième album qui s'intitule 1997 fait référence à votre année de naissance à tous les deux mais aussi, d'une certaine manière, à la musique de cette époque-là qui vous a influencés...


1997, c'est notre date de naissance, donc l'idée, c'était de faire un album avec cette date qui nous lie. On est amis d'enfance, on était dans la même classe au collège puis au lycée. Mais, évidemment, c'est aussi, d'une certaine manière, un hommage à ces années où sont sortis beaucoup d'albums qui nous ont inspirés, et particulièrement l'année 1997. C'est l'année où sont sortis OK Computer, de Radiohead, Bittersweet Symphony, de The Verve, le premier album de Daft Punk, etc. Il y a tout ce mélange entre ces références de rock britannique et les débuts de cette période qu'on appelle la French Touch où il y a des groupes français qui se mettent à chanter en anglais en faisant de la musique qui leur permet de voyager.


Diriez-vous qu'il y a une certaine nostalgie dans 1997 ?


Je pense que cette sensation de nostalgie est un peu dans notre manière de faire de la musique. Les chansons qu'on aime beaucoup baignent aussi souvent dans cette émotion-là. Ce n'est pas forcément triste ou dark, mais ce n'est pas non plus positif et feel-good. C'est un peu plus ambivalent. Cette émotion-là, je pense qu'on la retrouve dans le premier album, comme dans le deuxième, mais faite de manière différente. Dans le premier album, il y avait quelque chose de posé, de doux, même de naïf. 1997 est plus rock, plus brut. Je pense que ce qui nous a amenés à ça, c'est le fait d'avoir une expérience de la scène et l' envie de faire des chansons qui ont du sens et qui nous permettent de nous amuser sur scène.


Vos deux albums ont ce point commun de faire la part belle aux mélodies que l'on retient facilement...


C'est dans l'identité-même du groupe. Notre premier album s'appelait Forever Melodies. Notre façon de faire, c'est de partir de mélodies pour ensuite créer des chansons. Avoir des airs que les gens puissent chanter, c'est quelque chose qui est important pour nous.


Dans vos chansons, vous abordez des thématiques propres à votre génération...


Il y a des morceaux qui parlent de l'enfance, de l'amitié, des ruptures amicales, mais aussi de l'envie d'ailleurs, du désir d'un monde idéal. Il y a plein de thématiques qui sont liées à l'enfance, à notre adolescence et à notre amitié à tous les deux avec Clément.


On perçoit l'influence du cinéma dans votre musique. Hormis Takeshi Kitano, quels sont les réalisateurs que vous admirez et qui ont pu vous inspirer ?


Le cinéma est hyper important dans notre identité visuelle. Paris Texas de Wim Wenders qu'on avait vu ensemble avec Clément, nous a beaucoup inspirés. Il a un côté western moderne. Je dirais aussi le film Zabriskie Point d'Antonioni ; ses images de nature, de chaleur, de couleurs sont assez inspirantes dans notre musique. J'ai vu un film récemment qui m'a beaucoup marqué. C'est Bird d'Andrea Arnold. C'est un film qui a vraiment une identité britannique avec une BO et des musiques qui nous parlent. Il y a notamment un morceau de The Verve. Dans ce film, il y a un côté à la fois onirique et enfantin avec, en même temps, une dureté de la réalité des milieux pauvres et ouvriers d'Angleterre. Les références visuelles du japon et de l'Ouest américain étaient davantage présentes dans notre premier album.1997 est plus proche de ce l'univers du film d'Andrea Arnold.



L'influence du cinéma se voit aussi dans vos clips auxquels vous accordez un soin particulier. L'actrice Céleste Brunnquell est l'héroïne du clip « My hero ». Vous la connaissiez avant de faire appel à elle ?


Comme l'aspect visuel a beaucoup de sens pour nous, les clips sont aussi un moyen de s'exprimer et d'apporter de la richesse à notre musique. Pour « My hero », c'est la réalisatrice du clip qui a contacté Céleste. Elle fait partie de notre bande d'amis et elle a accepté de faire le clip. C'était pour nous une chance parce qu'elle a joué hyper bien. A travers ce clip, on avait un peu l'idée de raconter un bout de film.


Vous parliez tout à l'heure de votre plaisir d' être sur scène. A quoi va ressembler le concert au 109 ?


Il n'y a que des surprises sur scène ! On essaye de proposer un live qui ne soit pas trop proche de l'album c'est-à-dire qu'il y a des transitions entre les morceaux. Parfois il y a aussi des moments d'improvisation. C'est aussi ça qu'on aime bien sur scène : pouvoir s'exprimer différemment. Évidemment les chansons sont là et on ne change pas les paroles pour les concerts mais on reste sur quelque chose d'assez libre quand même. Ce qui fait que quand on vient nous voir sur scène, on n'a pas juste l'album qui déroule. On est accompagnés par trois musiciens super qui sont des amis à nous. On est dans quelque chose de très familial aussi, d'assez joyeux.


Pour rester dans l'univers cinématographique, il paraît que ça vous arrive d'interpréter sur scène une chanson de Michel Legrand...


On joue « I will wait for you » de Michel Legrand. On avait sorti cette reprise en 2022. Ça fait toujours un petit effet quand on joue ce morceau sur scène. On l'aime beaucoup. De base, le morceau lui-même est chanté en anglais donc ce n'est pas du tout une traduction. C'est juste une interprétation différente.


1997 est sorti l'année dernière et vous êtes en pleine tournée. On attend maintenant le troisième album avec impatience...


On est en train de préparer une réédition de 1997 avec de nouveaux morceaux et des vidéos. Ce serait pour mars. Et puis, on est déjà en train de travailler sur un prochain album mais il ne sera pas là avant 2027 !


Kids return en concert au Frigo 16, le 109 à partir de 20h. Pour résever : www.panda-events.com


Kids Return concert 109 Nice affiche

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