Cinéroman : une 7e édition très réussie pour le Festival
- Laurence Ray
- 5 oct.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 oct.
Du 29 septembre au 4 octobre s'est tenue la septième édition du festival de Nice Cinéroman. Pendant six jours, le public a pu voir ou revoir des films cultes présentés par des personnalités du monde du cinéma, assister à des débats et des tables rondes et découvrir des films en avant-première en présence des équipes. Retour sur cette édition 2025 présidée riche en découvertes et en surprises.

Le palmarès
C'est au Pathé Gare du Sud que Sandrine Kiberlain entourée des membres de son jury (Danièle Thompson, Alice Taglioni, Justine Lévy, Sayyid El Alami, Vassili Schneider, Pierre Deladonchamps) a dévoilé le palmarès de 7e édition.
Le film d'Alex Lutz Connemara adapté du roman de Nicolas Mathieu a été sacré meilleur film et a valu à l'acteur Bastien Bouillon le Prix d'interprétation masculine.

Le prix d'interprétation féminine a été décerné à Valeria Bruni-Tedeschi, émouvante dans le film de Carine Tardieu L'attachement.
Le jury a également tenu à récompenser un film présenté en avant-première hors compétition. L'actrice Joséphine Japy a ainsi obtenu le Prix Coup de Coeur pour son premier film en tant que réalisatrice évoquant le handicap de sa sœur, Qui brille au combat. Sur scène, elle n'a pas caché son émotion.

Le prix spécial du jury a été remis au scénariste Jacques Fieschi à qui l'on doit notamment le scénario du dernier film de Thierry Klifa, La femme la plus riche du monde, présenté en avant-première.
Le jury a décidé d'attribuer un Prix d'honneur à Valérie Donzelli. Surprise, l'actrice et réalisatrice est montée sur scène recevoir la récompense avant de présenter en clôture son dernier film, A pied d'oeuvre, adapté du roman de Franck Courtès.

Le Prix Romain Gary a été décerné à Franck Dubosc, qui, comme il l'a rappelé est non seulement un habitué de Cinéroman mais aussi un azuréen puisqu'il réside une grande partie de l'année à Mougins.

Le Prix Genius, parrainé par le célèbre horloger, a été remis à l'acteur Tcheky Karyo, à qui le public a fêté l'anniversaire en chantant puisqu'il est né le 4 octobre.

Enfin, le Prix nouvelle génération décerné par un jury d'étudiants présidé par l'actrice Fleur Geffrier, héroïne de la série à succès Les gouttes de Dieu, a récompensé Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan de Ken Scott.


Nos coups de cœur
Depuis sa création en 2019, le festival Cinéroman a pris de l'ampleur au point de devenir un événement culturel incontournable. Pour cette 7e édition, en plus des films en compétition, le Pathé Gare du Sud a projeté seize films en avant-première, en présence des équipes, pour le plus grand plaisir du public. Cette année encore, il y avait foule de part et d'autre du tapis rouge installé à l'entrée du cinéma et les actrices et acteurs invités de cette édition 2025 se sont très volontiers prêté au jeu des autographes et des selfies.
Parmi les films présentés en avant-première, quelques-uns nous ont fait rire, d'autres nous ont émus, et d'autres encore nous ont fait réfléchir. Voici les coups de cœur de cette édition :
Avec son dernier film T'as pas changé qu'il a présenté aux côtes de Laurent Lafitte et François Damiens, Jérôme Commandeur a réussi la mission de toucher et de fait rire le public dès l'ouverture du festival. Il n'est pas difficile, surtout si l'on a près de cinquante ans, de s'identifier à ces trois hommes, amis depuis trente qui, à l'occasion de l'enterrement de l'un des leurs, vont être amenés à faire le point sur leur vie et sur leurs échecs. Le film sortira en salles le 5 novembre.

Cette édition 2025 a fait la part belle à l'émotion et ce n'est pas pour rien si le jury présidé par Sandrine Kiberlain a souhaité décerner un Prix Coup de Coeur à Qui brille au combat, premier film en tant que réalisatrice de l'actrice Joséphine Japy. Après avoir été remarqué au dernier Festival de Cannes où il avait été présenté en séance spéciale, le film a donc eu les honneurs de Cinéroman. Il s'agit du premier prix pour le film. Dans son discours sur scène, Joséphine Japy, émue, a tenu à le préciser et à ajouter que ce prix a une saveur particulière pour elle puisque le film, qui raconte l'histoire de sa sœur atteinte d'un handicap lourd, a été tourné en grande partie à Nice. Qui brille au combat révèle non seulement les talent de réalisatrice de Joséphine Japy mais confirme aussi celui de l'actrice Angélina Woreth, vue l'an dernier dans Leurs enfants après eux. Dans le rôle de la sœur de Bertille, elle est formidable de justesse. Il faudra attendre le 31 décembre pour voir le film au cinéma.
Un autre film réalisé par une actrice nous a aussi particulièrement touchés. C'est Les rêveurs d'Isabelle Carré, adapté de son livre éponyme paru en 2018 dans lequel elle racontait qu'elle avait été internée dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide. Dans le film, elle interprète une comédienne venue à l'hôpital Necker pour animer des ateliers d'écritures auprès d'enfants et d'adolescents en souffrance, ce qui rouvre sa mémoire et fait resurgir les souvenirs de son internement dans le même service à quatorze ans et sa découverte du théâtre. Bien loin d'un documentaire, le film montre le quotidien de ces jeunes à l'hôpital, jalonné de moments de souffrance mais aussi de fous rires partagés. Il sortira au cinéma le 12 novembre.

Lorsque Jérémie Rénier a perdu son meilleur ami Gaspard Ulliel, il a été anéanti. La rencontre avec l'explorateur Loury Lag va l'amener à se confronter à ses propres limites et à se dépasser. « Pour se sentir vivant », il va partir avec lui sur la banquise, dans des conditions extrêmes. Il a fait de cette aventure à la fois humaine et intime, un documentaire bouleversant dans lequel il livre, avec pudeur, ses doutes, ses peurs, ses émotions. D'un monde à l'autre n'a pas encore de date de sortie.

Abd Al Malik est venu présenter à Cinéroman son deuxième film en tant que réalisateur, Furcy,né libre, adapté librement du livre de Mohamed Aïssaoui. Il se plonge dans le passé colonial de la France et suit, pendant plusieurs années, le combat judiciaire de Furcy, né libre, pour faire reconnaître son statut. Entre réalisme et poésie, le film fait le portrait de cet homme déterminé. Loin d'être moralisateur, il incite plutôt à aller de l'avant, dans une une volonté de vivre ensemble. Le film sortira en salles le 14 janvier 2026.

Arrivée sur le tapis rouge du jury de la septième édition du festival Cinéroman et des équipes de films et invités du monde du cinéma le 4 Octobre 2025
Cette édition 2025 s'est achevée avec la présentation du dernier film de Valérie Donzelli, A pied d'oeuvre, adapté du roman de Franck Courtès, dans lequel il raconte son propre parcours. Photographe réputé, il a fait le choix de quitter son métier et de renoncer à sa position confortable pour se consacrer à l'écriture. Refusant de demander de l'aide à ses proches à l'aise financièrement, il enchaîne les petits boulots, compte chacune de ses dépenses et s'installe dans un modeste studio. C'est, à ses yeux, le prix de sa liberté. L'écriture revêt alors presque une valeur mystique. Valérie Donzelli offre à Bastien Bouillon, que l'on a vu dans plusieurs films cette année, un rôle tout en retenue et en sobriété, celui d'un personnage qui observe et qui tend un miroir à notre société.
A pied d'oeuvre est notre gros coup de cœur de cette édition. Il faudra attendre le 21 janvier 2026 pour le découvrir au cinéma.
La traversée du tapis rouge le 5ème jour de Cinéroman 2025




























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