Interview de Thierry Frémont pour la pièce "Une heure à t'attendre"
- Laurence Ray
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Une heure à t'attendre fait partie des succès de la dernière saison théâtrale parisienne. Avant une tournée qui passera par Cannes et Monaco en octobre, la pièce de Sylvain Meyniac avec Nicolas Vaude et Thierry Frémont sera au programme de la 4e édition des Théâtrales d'Eze. Lors de la conférence de presse du festival, Thierry Frémont nous avait parlé de cette pièce « subtile, intelligente et profonde ».

Culture Net Info : Dans Une heure à t'attendre, vous êtes sur scène aux côtés de Nicolas Vaude. Vous interprétez deux hommes qui aiment la même femme. L'un est son mari et l'autre son amant....
Thierry Frémont : Exactement ! Ces deux hommes se rencontrent. La pièce est assez mystérieuse au début. Il y a un homme qui attend dans un appartement qu'il est censé avoir eu par Airbnb. Un homme est là, qui l'attend déjà. Il ne lui dit pas vraiment ce qu'il fait là. Au bout d'un moment, on comprend que l'un est le mari qui l'attendait tandis que l'autre est l'amant qui vient d'arriver. Ils vont devoir attendre pendant une heure la femme qu'ils aiment. En fait, cette pièce, c'est la rencontre de ces deux hommes.
Ils ne se connaissent pas au départ....
Thierry Frémont : Le mari a forcément entendu parler de cet amant. L'amant a entendu parler du mari, mais ils ne se sont jamais rencontrés. Et là, c'est le jour où ils se rencontrent. Le mari a fait la démarche pour attendre l'amant dans le petit nid d'amour où l'amant et la femme se retrouvent régulièrement.
Que vont se dire ces deux hommes ?
Thierry Frémont : C'est une rencontre sentimentale et intellectuelle. Ce ne sont pas deux coqs qui vont se battre pour parler de leur attachement à cette femme mais plutôt deux hommes intelligents qui dialoguent pour savoir de qui cette femme est le plus amoureuse, et lequel des deux l'aime le plus.
Elle ne va pas aimer deux fois le même homme. Si elle en aime un autre, c'est pour essayer autre chose. C'est une pièce pleine de virages, de retournements de situations. C'est surtout une belle joute d'acteurs. J'ai la chance de jouer avec Nicolas Vaude, un très bon acteur que j'apprécie beaucoup.
A Eze, vous jouerez la pièce en plein air. Qu'est-ce que cela change pour vous ?
Thierry Frémont : Ça va être autre chose de jouer dans un espace ouvert alors que c'est censé être dans un lieu très intime, le petit nid d'amour au dernier étage d'un immeuble. On va voir ce que ça va donner. C'est ça l'intérêt du spectacle vivant. La rencontre avec une salle amène une couleur pour le spectacle en fonction du lieu où on est. On va s'adapter.
Depuis plusieurs années, vous évoluez entre le théâtre, le cinéma et la télévision. Y-at-il une différence pour vous, en tant que comédien ?
Thierry Frémont : Dans le business, c'est très différent. Pour moi, en tant qu'acteur, c'est pareil. Je ne comprends pas les acteurs qui font une scission entre l'acteur de théâtre et l'acteur de cinéma. Au théâtre, il faut élargir, parler plus fort, appréhender l'espace de façon plus large. Pour ça, on a deux mois de répétitions. Mon travail au théâtre nourrit mon travail au cinéma, et inversement. Pour moi, c'est le même job. J'ai la chance de faire du cinéma, de la télé et du théâtre, ce qui me permet de choisir les bons projets là où ils sont.
Quels sont vos projets au cinéma ?
Thierry Frémont : J'ai fait deux films récemment. Il y a un an et demie, j'ai tourné dans La Start-up, une comédie barrée, très loufoque, à la Tati. C'est Gilles Graveleau, l'un des acteurs de Kameloot qui a réalisé le film. Le scénario était tellement bien écrit, tellement drôle. Le tournage était un enchantement.
J'ai fait un autre film il y a un an, un drame, un film très dur mais magnifique. Une splendeur qui s'appelle Les Ames en peine. Quarxx, le réalisateur est très connu à l'étranger. Il fait des films de genre. Il a ramassé des prix partout et il a été qualifié deux fois à Sundance. C'est son troisième film dans lequel j'ai le rôle principal. Il parle de la tyrannie d'un faux prophète qui utilise la religion pour asservir sa puissance. C'est un monstre absolu. C'est un super film.
Depuis le début de votre carrière, vous allez vers des projets très différents, des comédies, des drames...
Thierry Frémont : Je n'hésite pas à aller vers les rôles quand ils sont déviants ou violents. Si c'est bien écrit, je ne vais pas m'embarrasser avec ça. Je prends les beaux rôles là où ils sont. Ce qui m' importe, c'est de savoir si c'est bien écrit, si le scénario en vaut la peine et s'il peut avoir un impact sur le public, s'il peut l'éclairer pour lui donner un goût du cinéma un peu différent. Je ne rechigne pas à la peine.
Une heure à t'attendre de Sylvain Meyniac, mise en scène de Delphine de Malherbe avec Thierry Frémont et Nicolas Vaude, le 4 août à 21h aux Théâtrales d'Eze.




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