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7e édition de la Villa Jamel Comedy Club : interview de Kino

  • Laurence Ray
  • il y a 19 heures
  • 5 min de lecture

La 7e édition de la Villa Jamel Comedy club approche à grands pas. Du 22 au 26 juillet, les jardins de la Villa Rothschild de Cannes (la médiathèque Noailles) vont accueillir une sélection des meilleurs talents du stand-up, issus de la troupe du Jamel Comedy Club.

Cette année, c'est l'humoriste Kino qui endossera le rôle de maître de cérémonie. Il avait déjà participé à l'édition 2023 de la Villa Jamel Comedy Club et c'est avec un réel plaisir qu'il sera de retour cette année. « J'ai trop hâte qu'on y soit. C'est un exercice différent parce que c'est du plein air et que c'est un peu notre réunion de fin d'année mais il faut qu'on soit quand même concentrés et qu'on fasse le taf ! » nous a-t-il confié par téléphone, quelques jours avant son arrivée à Cannes.


Kino Villa Jamel Comedy Club

Maître de cérémonie


Il aura en effet bien besoin d'être concentré pour assurer son rôle de maître de cérémonie de cette nouvelle édition de la Villa Jamel Comedy Club. « Je vais expliquer un peu les règles aux gens et aussi commencer à parler avec eux au début de la soirée pour les mettre dans de bonnes conditions. Ensuite, s'enchaîneront 5 humoristes du Jamel Comedy Club qui vont faire leurs meilleur sketches et je reviendrai à la fin pour clôturer la soirée. »


Capter l'attention du public n'est pas toujours facile et s'avère encore plus laborieux en plein air. Tous les humoristes s'accordent à le dire. « Les rires sont projetés vers le ciel. Vu qu'il n'y a pas de plafond, on a très peu de résonance et on peut avoir parfois l'impression que ça ne rigole pas beaucoup. En fait, c'est juste que les rires s'évaporent dans la nature. Et puis, vu qu'on est en plein air, c'est plus facile pour le public d'être plus dispersé et moins concentré, d' être attiré par exemple par quelque chose dans le ciel. Les gens peuvent avoir le réflexe de regarder à droite et à gauche. C'est donc à nous de faire en sorte qu'ils restent focus sur la personne qui est sur scène. »


Une bonne dose d'improvisation


Comment justement retenir l'attention du public ? Sûrement grâce à une bonne dose d'improvisation. « Ce n'est pas de l'improvisation à tiroirs. C'est vraiment organique. Je prends les informations qu'on me donne et j'en fais des blagues. Mais au-delà de ça, évidemment qu'il y a un schéma. Au début, j'explique un peu les règles. Je demande aux gens s'ils savent ce qu'ils sont venus voir et ensuite, je pars sur 5-7 minutes d'impro, sur les métiers des gens, sur ce qu'ils font ici, s'ils sont contents. En tout cas, chaque spectacle va être différent toute la semaine. On va être amené à s'adapter. L'impro, c'est sympa, mais l'impro qui n'est pas drôle, ce n'est pas très intéressant. Il y a donc toujours un travail de répartie à creuser mais aussi un travail de physionomie pour trouver quels pourraient être dans le public ceux qu'on appelle les bons clients c'est-à-dire ceux qui vont amener quelque chose de comique à l'échange. On observe le public et leurs réactions. Par exemple, celui qui va se démarquer en riant plus fort va peut-être amener quelque chose de comique dans nos échanges. Au contraire, celui qui va avoir tendance un peu à se cacher, ça va forcément nous attirer, parce qu'on a envie d'aller vers la difficulté ».


Mais que le spectateurs de la Villa Jamel Comedy Club se rassurent : Kino reste toujours dans la bienveillance. « Il n'y a jamais d'humiliation, jamais de mots déplacés, c'est toujours avec le consentement. Je ne me moque jamais de la personne si on rit ensemble », tient-il à préciser.


Son spectacle « Panic Attack »


A Cannes, ses fans auront l'occasion de découvrir des extraits de son spectacle Panic Attack. Un titre en anglais qui résume ce que Kino a vécu en 2022. « J'ai eu des crises d'angoisse qui ne s'arrêtaient pas et qui étaient de plus en plus violentes. Et finalement, on m'a diagnostiqué une anxiété généralisée avec une option agoraphobie. Ce spectacle raconte tout ce parcours qui m'a amené à m'en sortir. J'aborde un sujet de santé mentale très tabou, notamment chez les hommes. On n'arrive pas à mettre de mots dessus au début. On a juste l'impression de devenir fou. Quand on dit à quelqu'un qu'on devient fou, ce n'est pas forcément rassurant ! C'est un peu ce que raconte mon spectacle, mais aussi mon arrivée à Paris, qui a sans doute joué un rôle dans tout ça ».


Rire de situations dramatiques, qui peuvent parler à d'autres personnes, c'est un peu le propre des humoristes reconnaît Kino. «Panic Attack est un spectacle qui porte un peu d'espoir aux gens qui vivent cette situation ».


Ses vidéos sur Instagram


A la Villa Jamel Comedy Club, les fans de Kino seront nombreux, c'est certain. Depuis plusieurs mois, il cartonne sur les réseaux sociaux avec les vidéos de Marcel Mulet, un personnage de chanteur qui semble tout droit venu des années 80.


Ces vidéos où il reprend en chantant les commentaires des internautes sur les réseaux sociaux sont nées un peu par hasard, par un concours de circonstances. « Je scrollais bêtement avec ma copine sur Instagram, et, à un moment, on est tombés sur une vidéo d'une fille disant : « si tu passes par là, laisse-moi un commentaire en me disant un petit coucou, un petit bisou ». J'ai lu les commentaires et je sui tombé sur la boîte de Pandore : plein de mecs avaient écrit « coucou, charmante », « coucou , bisou » ou encore « fais-moi un bisou ». Je me suis dit que ça pouvait être marrant d'en faire une musique. Mais c'était juste parce que ça nous faisait marrer ma copine et moi. En mettant la vidéo sur Instagram, j'ai vu que ça commençait à bien prendre et c'est là que je me suis dit qu'il y avait peut-être un petit filon à creuser là-dedans ».


Kino avait vu juste. Le nombre de vues de ses viédos a augmenté considérablement au fil des jours, si bien qu'il compte désormais près de 300 000 followers. Son obejctif : que ses chansons restent le plus longtemps possible dans la tête des gens au point même que « ça devienne un supplice de se réveiller en les chantant ! », nous a-t-il dit en riant.


Aujourd'hui, dans la mesure où les humoristes sont de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux et dans les comédies clubs, il devient nécessaire de se démarquer et « d'avoir un concept qui ramène les gens dans la salle ». C'est aussi pour cette raison que Kino aime à se présenter comme « je suis celui qui... ». « Quand on définit un humoriste ou un artiste dans les conversations, souvent les gens disent « Tu sais, c'est celui qui… ». Par exemple, si on parle de Paul Mirabel, on dit : « C'est celui qui a les cheveux longs, le blond, qui a les lunettes, qui parle un peu doucement. » Il y a toujours un descriptif très court. Tant qu'on n'a pas ce descriptif très court qui représente notre travail, pour les gens, c'est difficile à nous identifier, ce qui entraîne forcément un manque de visibilité. »

Ce qui est certain, c'est qu'on commence de plus en plus à identifier Kino. Rendez-vous donc à Cannes à la Villa Jamel Comedy Club du 22 au 26 juillet.



Pour plus d'informations sur la 7e édition de la Villa Jamel Comedy Club : www.villa-jamel-comedy-club.com

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