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Interview de Raphaëlle Cambray pour la pièce "Du charbon dans les veines"

  • Laurence Ray
  • 28 juil.
  • 3 min de lecture

La 4e édition des Théâtrales d'Eze aura lieu du 1er au 5 août. C'est Du charbon dans les veines, la pièce de Jean-Philippe Daguerre qui a remporté cinq récompenses lors de la dernière cérémonie des Molière qui ouvrira le festival.

Le public azuréen pourra donc découvrir en plein air, dans le très beau cadre de l'oppidum du col d'Eze, l'un des plus gros succès de la dernière saison théâtrale. « Une tranche de vie dans une petite ville minière du Nord de la France à la fin des années 50 », pour reprendre les mots de Raphaëlle Cambray, lauréate du Molière de la comédienne dans un second rôle. Nous l'avons rencontrée à Eze, à la Chèvre d'Or, lors de la conférence de presse du festival.


Raphaëlle Cambray et Frédéric Bouraly à la conférence de presse de la 4e édition desThéâtrales d'Eze
Raphaëlle Cambray et Frédéric Bouraly à la Chèvre d'Or à la conférence de presse de la 4e édition des Théâtrales d'Eze

Culture Net Info : Parmi les pièces au programme de cette édition des Théâtrales d'Eze, trois sont composées de duos. Dans Du charbon dans les veines, vous êtes au contraire plusieurs comédiens sur scène...


Raphaëlle Cambray : Ce que j'aime dans cette pièce, c'est qu'on met la lumière sur des gens qui n'en ont jamais eue. Évidemment, moi, je ne suis pas très objective sur cette histoire-là, parce que c'est un peu celle de mes grands-parents. J'ai été élevée dans les corons. Mon grand-père était mineur donc je viens vraiment de là. Évidemment, pour moi, ça prend une dimension affective énorme, parce que c'est une façon de les faire revivre très égoïstement. A chaque représentation, quand j'entre sur le plateau, J'ai l'impression d'aller chez ma grand-mère et de mettre ses chaussons puisque je jouais un peu ce qu'elle était. En tout cas, je joue le rôle de sa mère à elle, pour être tout à fait exacte.

Il y a quelque chose qui est magique parce que tout d'un coup, on parle des petits gens. Les petits gens, c'est tellement riche parce qu'ils compensent ce qu'ils n'ont pas dans les richesses matérielles par la richesse du cœur, souvent. Ce ne sont pas des généralités. Ce que j'aime, c'est comment on fait un objet artistique d'un rien. Ce qui est aussi une façon de raconter la vie, la poésie de la vie.


Comment la pièce a-t-elle été accueillie dans le Nord ?


Raphaëlle Cambray :  A Roubaix, au mois de mars, les spectateurs ont applaudi pendant très longtemps et je n'arrivais pas à les arrêter. C'était tellement émouvant ! En plus, j'avais fait avant un discours en ch'ti parce que j'étais à la maison. Ces moments-là sont vraiment des petits cadeaux de la vie. Souvent, on a une image de la vie des acteurs un peu galvaudée alors que ce n'est pas toujours facile : il faut tenir dans le temps. Quand tout d'un coup, il y a un tel rendez-vous qui se fait et qu'en plus, il résonne avec une histoire magnifique, c'est extraordinaire !



A Eze,vous allez jouer en plein air. Est-ce que c'est plus difficile ? Est-ce que les sensations sont différentes pour vous ?


Raphaëlle Cambray : Ce que j'aime particulièrement, c'est que ça nous met dans une filiation très ancienne. J'ai commencé par faire des études d'histoire, et notamment d'histoire grecque et j'ai l'impression, quand je suis en plein air, sous le ciel étoilé, de faire partie d'une aventure humaine qui date du Ve siècle avant Jésus-Christ. Ca me galvanise d'une certaine manière. C'est vrai que ça demande aussi une vraie technique. Je me dis qu'il y a un petit clan de gens qui tirent le même fil rouge depuis des siècles.


Du charbon dans les veines de Jean-Philippe Daguerre avec Raphaëlle Cambray, Juliette Behar, Jean-Jacques Vanier, Aladin Reibel, Théo Dusoulié, Julien Ratel le 1août à 21h.

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