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Interview de Nicole Garcia

  • Laurence Ray
  • 26 juil.
  • 4 min de lecture

Le Festival des Mots se poursuit dans les Alpes-Maritimes jusqu'au 8 août. Samedi 26 juillet, Nicole Garcia était à Gattières pour lire des extraits de Kolkhoze d'Emmanuel Carrère. Venir sur la Côte d'Azur est toujours un plaisir pour elle. Depuis très longtemps, elle entretient un lien très fort avec Nice : elle y a habité, a joué plusieurs fois au théâtre (la dernière fois, c'était dans Royan de Marie NDiaye) ) et y a tourné deux films (Le fils préféré et Un balcon sur la mer). Avant d'aller faire découvrir au public le texte d'Emmanuel Carrère, Nicole Garcia nous a accordé une interview à l'hôtel Aston.


Nicole Garcia Festival des Mots Nice Hôtel Aston

Culture Net Info : Vous êtes de retour sur la Côte d'Azur, à Nice, une ville chère à votre cœur...


Nicole Garcia : En effet, je connais bien Nice mais ce n'est pas dans la saison estivale que je l'apprécie le plus. J'ai beaucoup de souvenirs à Nice. Mes parents sont arrivés ici après l'Algérie. Mon fils aîné y est né. J'adore y retourner. J'ai tourné deux films à Nice. Le vieux Nice, c'est un endroit que je trouve tellement photogénique.

J'ai tourné plusieurs scènes de mon film Le fils préféré dans le Vieux Nice.

Nice offre ce côté un peu tragique, avec la séparation radicale de l'ombre et de la lumière, un côté ensoleillé avec un côté presque noir au moment où le soleil est le plus fort. J'ai toujours trouvé ça très très beau et très cinématographique. Ca racontait bien cette histoire de deuil et de vie qui était au cœur de mon film Le fils préféré.


Vous avez un lien fort avec Nice mais aussi avec Cannes et le Festival. Vous y avez présenté trois films en compétition, L'Adversaire, Selon Charlie et Mal de pierres. Quels souvenirs en gardez-vous ?


Nicole Garcia : Le meilleur moment de Cannes, c'est quand on vous annonce que vous y allez, que votre film est sélectionné. Après, tout est compliqué ! Ça s'est passé très bien pour L'adversaire et pour Mal de pierres. Pour Selon Charlie, c'était beaucoup plus difficile et très injuste. Je suis allée à Venise pour mon dernier film, Amants, avec Pierre Niney, Benoît Magimel et Stacy Martin. La sortie a été difficile parce qu'on subissait les soubresauts de la fin du Covid.


Vous avez cité L'adversaire, qui est une adaptation du roman d'Emmanuel Carrère. Dans le cadre du Festival des mots, vous allez lire des extraits de son dernier livre Kolkhoze...


Nicole Garcia : Oui, L'adversaire était un très beau récit. Je connaissais le fait divers (l'affaire Romand) comme tout le monde, mais quand j'ai lu le livre d'Emmanuel, j'y ai trouvé un grand intérêt et j'ai eu envie de l'adaper.

Kolkhoze un très bon roman. Emmanuel Carrère évoque la mort de sa mère. Il parle d'elle comme d'une femme à la fois puissante et dure. Il dit que c'est notre enfance qui nous forme, qui nous fait. Ce sont les relations qu'on a avec nos parents qui déterminent les rapports d'attachement qu'on peut avoir après et il en donne une démonstration magnifique à travers ce texte.


Vous allez lire ce texte en plein air, face à un public qui ne le connaît pas forcément. Qu'est-ce qui vous plaît dans cet exercice ?


Nicole Garcia : J'aime beaucoup la lecture à haute voix. Je trouve que c'est toujours un grand plaisir parce que c'est une sorte d'interprétation. On est seul entre l'auteur et soi et on donne, après, sa version des choses. C'est vraiment une vraie interprétation parce que les gens se figurent les personnages qui sont incarnés par la lecture. Cest un exercice très particulier. Ce n'est pas une scène de théâtre. En même temps, il faut suggérer tout ce que l'auteur a mis de vie, de récit, dans ce texte. On est seul avec un auditoire. Et c'est à nous de faire exister ces personnages, leurs conflits, leur intimité.

Dans le public, il y a forcément des gens qui n'ont paslu le livre donc il faut que je sois un peu pédagogique !


Quels sont vos derniers coups de cœur littéraires ?


Nicole Garcia : Mon dernier coup de cœur, c'est La Maison vide de Laurent Mauvignier. Je me demande quel film ça ferait. C'est une grande histoire, à partir d'une seule maison. Il y a deux guerres qui se passent...C'est un superbe roman !


En tant que réalisatrice, vous avez plusieurs fois adapté des romans. Ce n'est pas le cas de votre dernier film qui sortira en janvier. Pouvez-nous en parler un peu ?


Nicole Garcia : Un matin, à 7h40 précisément, le personnage joué par Marion Cotillard, arrive dans la région de la Drôme, du côté de Romans-sur-Isère. On ne sait pas ce qu'elle vient faire là. Elle s'est fait engager comme serveuse dans une petite cafétéria. C'est en quelque sorte un début de western. Le personnage arrive et personne ne le connaît. Elle est très mystérieuse sous ses intentions. Le film commence comme ça.


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