top of page

Elephanz en concert : interview de Jonathan Verleysen

Laurence Ray
il y a 2 heures
5 min de lecture

Le 30 octobre, le groupe Elephanz sera sur la scène des Arts d'Azur du Broc. En dix-sept ans de carrière, Jonathan et Maxime Verleysen sont très rarement venus sur la Côte d'Azur. Il serait donc vraiment dommage de les rater, d'autant plus que leur nouvel album Love. Hurt. Repeat. est particulièrement réussi.

Promis, ils interprèteront aussi Maryland et Time for a change, immenses succès de ces dernières années qui ont fait danser des millions de gens. Jonathan, l'aîné du duo, nous l'a assuré lorsque nous l'avons contacté par téléphone quelques jours avant leur venue aux Arts d'Azur. Il nous a parlé du nouvel album, de la tournée et il est revenu sur cette déjà longue carrière qui n'est pas près de s'arrêter car - nous-l-a-t-il confirmé - ils ont encore beaucoup de choses à partager avec le public.


Elephanz Jonathan et Maxime Verleysen
Elephanz (crédit photo : Guillaume Blot)

Culture Net Info : Votre dernier album Love. Hurt. Repeat. marque en quelque sorte un retour aux sources sur le plan musical. Comment le qualifieriez-vous ?


Jonathan Verleysen : Musicalement, on aime bien dire que c'est un peu le grand frère du premier album. On est un peu retournés à cette façon de faire à coup de guitares électriques, de vraie batterie. On s'en était un peu éloignés pendant les deux albums qui ont suivi.

En ce qui concerne le thème, on est arrivés à un moment de l'âge adulte où on fait un peu le bilan de nos histoires, des relations qu'on a réussi à construire et celles qui se sont écroulées. On remarque à quel point, comme tout le monde, on répète un peu tout le temps les mêmes schémas, qu'on n'apprend pas beaucoup de nos échecs. On a trouvé un peu ce titre d'album comme un mantra à mettre sur un crochet dans la cuisine !


Dans cet album, vous accordez une plus grande place aux émotions que dans les albums précédents....


Jonathan Verleysen : C'est vrai. Et même au niveau de l'interprétation, quand on a chanté en studio, on a un peu plus fait confiance à notre première émotion, au premier jet qui sortait, alors que par le passé, on avait davantage tendance à essayer d'avoir une prise parfaite. Là, on a cherché plutôt la prise vraie, plus brute, plus authentique que la prise parfaite.


C'est aussi dans cette optique-là que l'album a été écrit et enregistré très vite ?


Jonathan Verleysen : Oui, on voulait éviter l'écueil de faire plein de versions de chaque chanson. Avec Maxime, on est capables de passer des années sur un album, des mois sur la même chanson, parce qu'on est des insatisfaits. Là, on avait envie, au contraire, de faire confiance à l'intuition première.


Vous avez acquis une certaine expérience puisque vous travaillez ensemble depuis une quinzaine d'années maintenant....


Jonathan Verleysen : Je pense qu'on a gagné en confiance. On a commencé jeunes. On venait de la campagne. On était un peu ces rêveurs qu'on a oubliés au bord de l'autoroute. La campagne, c'est super quand on est petits mais dès qu'arrive la pré-adolescence, on se sent complètement sur la bande d'arrêt d'urgence de la vie, en attendant qu'on vienne nous chercher.

Quand on a débuté dans la musique, entre Maxime et moi, c'était un peu compliqué. Il fallait qu'on arrive à trouver notre rythme. On y allait avec la passion. Ce n'était pas encore un travail. On ne gagnait pas un centime. Forcément, il y avait ces questions : C'est qui le boss ? Est-ce que c'est personne ? Est-ce que c'est toi ? Est-ce que c'est moi ? Est-ce que c'est tous les deux ?

En fait, un groupe qui tient depuis aussi longtemps doit être mené presque comme une entreprise, en tout cas, un navire. Il faut que chacun fasse son job et il faut une certaine hiérarchie. Quand on est deux frères, personne n'est censé être le boss de l'autre. Donc, pour toutes ces choses, deux frères jeunes qui commencent à bosser ensemble, ça fait des étincelles.


Dans votre duo, chacun a sa fonction ou les choses se font naturellement, à l'instinct ?


Jonathan Verleysen : En général, on fait un peu tout en même temps. Maxime a beaucoup plus de notes vocales. Donc, il a toujours son téléphone rempli de mélodies qu'il a enregistrées sur son piano. Il arrive qu'on parte de ça ou qu'on parte de paroles qu'on a écrites. On fait en général tout ensemble. On a pris l'habitude de travailler l'un avec l'autre. La musique d'Eléphanz, ça se fait à deux en même temps.


Votre dernier album parle d'amour et de ses variations. Il y a une chanson assez intime où vous parlez de votre mère...


Jonathan Verleysen : On a fait la musique d'abord. On en avait marre des chansons douces qui parlent de relations amoureuses. On a voulu parler de notre mère. Et on a écrit le texte à deux. L'amour de notre mère, il est probablement le même pour tous ses enfants. Mais ses enfants l'aiment très différemment. Du coup, la partie que Maxime chante ressemble plus à Maxime et la partie que moi je chante me ressemble plus. On est très différents tous les deux. Maxime a l'habitude de dire que la musique est vraiment le seul domaine sur lequel on est d'accord !


Vous, vous êtes comment sur scène ?


Jonathan Verleysen : Je pense qu'aujourd'hui, je suis présent et généreux. Mais comme je suis le grand frère, je suis un peu moins le chien fou. Je suis plus un pilier peut-être. Il faudrait voir. Mais c'est vrai que Maxime a une façon de se lâcher que je lui envie.


Vos concerts sont toujours pleins d'énergie. Sur cette tournée, vous êtes accompagnés d'une bassiste et d'une batteuse....


Jonathan Verleysen : C'est super, on adore jouer avec elles. Le live, c'est plus punk que sur le disque. En même temps, tout le monde chante. Il y a des harmonies de voix. Il y a des moments où Maxime est complètement incontrôlable. Et ça, c'est assez rigolo et jouissif à voir parce qu'il fait très timide et introverti. C'est un peu une bête de scène ! Ça vaut le détour. C'est une musique qui s'apprécie dans le sourire et dans l'enthousiasme. Les gens sont heureux d'être là les uns avec les autres. Je n'aurais pas imaginé qu'on pouvait susciter ça.


C'est toujours gratifiant de voir à quel point la musique que l'on fait peut rendre les gens heureux....


Jonathan Verleysen : C'est hyper gratifiant. A la fin des concerts, il y a toujours des gens qui viennent nous voir et qui nous parlent de la technicité et il y a aussi des gens qui ne doutent pas de leur plaisir, qui chantent et qui dansent.

Je pense qu'au fil des années, on est devenus plus généreux sur scène. On est moins des boules de stress et de timidité. Avant, l'échange avec le public était plus compliqué. On a toujours chanté nos chansons mais peut-être qu'on avait un peu peur des gens. Il faut vraiment imaginer que ce n'est pas naturel comme job de monter sur scène devant mille personnes pour chanter. Pour deux introvertis, ce n'était pas évident. Je pense qu'aujourd'hui, on est très contents de le faire. On se pose beaucoup moins de questions.


Elephanz au Broc, salle des Arts d'Azur vendredi 30 octobre à 20h30

Pour plus d'informations : www.lesartsdazur.net


Commentaires


bottom of page
google-site-verification=shCiYWMp7RLtg7-ZVVQmBr0ImpOv3IBdqYk603hoiXM