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La Gradiva de Marine Atlan : interview des acteurs

Laurence Ray
il y a 1 jour
4 min de lecture

Présenté à La Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, La Gradiva, le premier film de Marine Atlan a très vite fait parler de lui. Porté par un excellent bouche à oreille, il sortira en salles le 21 octobre. Un film choral sur la jeunesse, l'âge des possibles mais aussi des doutes, des désillusions, que la cinéaste a su saisir avec beaucoup de justesse.


Lors d'un voyage scolaire à Naples organisé par leur professeure de latin (magnifique antonia Buresi), on suit une classe de terminale, depuis leur trajet en train jusqu'à leur départ. Pendant ces quelques jours passés à côté du Vésuve, ils vont se laisser envahir par leurs émotions, leurs colères, leurs désirs.


Marine Atlan a fait appel à des comédiens non-professionnels pour interpréter les lycéens. C'est en leur faisant passer des castings qu'elle les a choisis. Si chaque personnage a son importance, elle suit plus particulièrement trois d'entre eux : Suzanne (Suzanne Gerin), James (Mitia Capellier-Audat) et Toni (Colas Quignard). Les trois comédiens étaient à Nice pour présenter le film au public du cinéma Rialto quelques jours avant sa sortie en salles. Nous les avons rencontrés à l'issue de la projection.


acteurs du film la Gradiva Colas Quignard, Suzanne Gerin, Mitia Capellier-Audat
Colas Quignard, Suzanne Gerin et Mitia Capellier-Audat au cinéma Le Rialto de Nice

Culture Net Info : C'est au Festival de Cannes que l'engouement autour du film a commencé. Comment avez-vous vécu cette expérience ?


Colas Quignard : C'était hyper impressionnant. On était très heureux de voir que le film rencontrait ce succès-là et on était aussi tellement contents pour Marine. Après, il faut reconnaître que Cannes est un lieu très particulier humainement. C'était une expérience assez marrante à vivre. Pendant 4 jours, tu vis une vie qui n'est pas la tienne !


Suzanne Gerin : Moi, j'étais déjà allée deux fois à Cannes donc je savais de quoi il s'agissait mais je ne m'attendais pas à la répercussion médiatique qu'a le film. C'est vraiment énorme. Je n'aurais jamais cru que le film prendrait autant d'ampleur. voir des affiches dans Paris, en ce moment, c'est très bizarre !


Le film n'a pas été tourné dans l'ordre chronologique. Quand a été tournée la scène où vous vous allez sur le Vésuve ?


Suzanne Gerin : Comme c'est une scène de troupe et que les 20 personnes de la classe ne restaient que trois semaines, on a tourné cette scène au tout début, le 3ème jour.


Mitia Cappelier-Audat : Depuis le Vésuve, la vue sur Naples est vraiment impressionnante. Dans le cratère, il y avait de la lave qui sortait. La scène à tourner m'a paru vraiment courte : c'était tellement beau qu'on avait envie d'y rester.


Colas Quignard : C'est un tournage qui nous a tous fait grandir. C'était une véritable expérience.


Vous avez grandi au cours du tournage, tout comme les personnages que vous interprétez. Mise à part peut-être Suzanne, Toni et James ont un petit côté agaçant au début mais on finit par s'attacher à eux...


Mitia Capellier-Audat : Mon personnage, c'est un mec qui aime beaucoup plaire, qui vient d'un milieu bourgeois, qui a les codes de l'école et qui prend beaucoup de place. C'est vraiment l'objet de désir de tout le monde mais il cache une certaine douceur, d'où sa complexité. Il n'y a pas tout le monde qui s'attache à lui. Il est chiant, il est moqueur, il donne très peu à son meilleur ami (Toni), qui va pourtant très mal. Il a une carapace autour de lui, c'est comme s'il ne le voyait pas.


Suzanne Gerin : Moi, je trouve que mon personnage est agaçant aussi parce qu'elle n'a pas envie. Contrairement aux teen movies où on voit les stéréotypes des bandes de filles populaires plutôt méchantes, dans le film, les filles qui occupent la même chambre qu'elle lui tendent la main mais elle rejette ça complètement. Elle a peur; elle n'est pas forcément très chaleureuse.


Colas Quignard : Toni, au premier abord, c'est un relou ! Il a un côté cancre. Il y a aussi en lui un côté romantique et doux.

Il n'y a aucun personnage parfait. On n'a pas de héros. On voit les mauvais côtés, les défauts de chacun, mais on ne se sent jamais de les juger. La caméra n'est pas moralisatrice. Il serait dur de choisir quel personnage être dans ce film car ils ont chacun leurs défauts. Moi, je ne choisirais ni James ni Tony. J'ai envie d'être aucun d'eux.


Le film va sortir dans quelques jours. On suppose qu'il vous a donné envie de continuer à faire du cinéma....


Suzanne Gerin : Je suis en Khâgne avec option cinéma. On verra...Peut-être que quand j'aurai cinquante ans, je dirai qu'à l'âge de dix-huit ans, j'ai joué dans un film qui s'appelle La Gradiva !


Mitia Capellier-Audat : Moi, je poursuis des études en sociologie. On verra la suite...


Colas Quignard : Je suis au conservatoire. J'espère qu'il y aura d'autres projets. C'est tellement hasardeux. Il faut beaucoup de chance. C'est tellement un mix de plein de choses que c'est impossible de le dire à l'avance. C'est sûr que le Festival de Cannes nous a permis d'avoir une belle mise en lumière. C'est un tremplin énorme mais ce n'est pas pour autant que ça va continuer !


La Gradiva de Marine Atlan avec Antonia Buresi, Suzanne Gérin, Colas Quignard, Mitia Capellier-Audat... au cinéma le 21 octobre.


La Gradiva de Marine Atlan affiche

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