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Patxi Garat en concert à la Villa Ephrussi de Rothschild : interview

  • Laurence Ray
  • 28 juil.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juil.

A Saint-Jean-Cap-Ferrat, les Nocturnes de la Villa Ephrussi de Rothschild continuent jusqu'au 26 août. Patxi Garat y sera le 12, entouré de trois musiciens. Parmi les spectateurs qui viendront l'écouter ce soir-là, certains ne le connaîtront peut-être pas et auront alors le plaisir de le découvrir. Mais il y a fort à parier que la plupart sauront que Patxi Garat est un ancien élève de la Star Académy. C'était en 2003. Elodie Frégé avait remporté cette troisième saison parrainée par Elton John. La chanteuse participe d'ailleurs au clip de la chanson «Le monde est beau !», qui a donné son nom au quatrième album de Patxi Garat sorti l'année dernière. A la Villa Ephrussi de Rothschild, il interprètera quelques-uns des titres de cet album qu'il a écrit et composé lui-même, comme les précédents. Dans « Le monde est beau ! », il parle de lui, de la société, de nous, de nos inquiétudes, de nos espoirs. Il chantera aussi en basque, son autre langue, qu'il parle quotidiennement. En effet, il partage sa vie entre Paris et le Pays Basque. Il était justement à Biarritz quand nous l'avons contacté par téléphone, bien loin de la Côte d'Azur qu'il connaît assez peu. La dernière fois qu'il est venu dans la région, c'était en tournée avec la Star Academy, il y a vingt ans. Il garde de cette aventure un très bon souvenir. Lorsqu'il est retourné dans le Château l'hiver dernier, les souvenirs sont remontés à la surface, « rien n'avait changé, c'était le même décor, la même mécanique, avec les mêmes techniciens ». Quant aux élèves de la Star Academy qu'il a pu rencontrer, il a pu constater avec plaisir qu'ils étaient comme eux, vingt ans plus tôt, avec la même passion, la même envie et la même curiosité. Des sentiments qui n'ont jamais quitté Patxi Garat.

Patxi Garat

Vous serez le 12 août à Saint-Jean-Cap-Ferrat à la Villa Rothschild, dans le cadre des Nocturnes de la Villa, avez-vous prévu d'interpréter des titres de votre dernier album ?


Patxi Garat : Oui,je vais essentiellement interpréter des titres de mon dernier album « Le Monde est beau! ». Je vais faire aussi quelques chansons en basque, extraites de l'album sorti en 2021. C'était un album de reprises avec des chansons de Gainsbourg, de Souchon... Je les ai chantées dernièrement aux Francofolies de La Rochelle. Les gens accrochent tout de suite parce qu'ils reconnaissent évidemment les mélodies. Ils se laissent bercer par la musicalité de la langue basque.


La chanson « Le Monde est beau », qui a donné son titre à l'album, dit que malgré les difficultés que l'on peut rencontrer dans la vie, il faut s'accrocher et continuer à y croire....


Patxi Garat : Ça fait du bien de rappeler ce genre de choses, surtout par les temps qui courent. C'est vrai qu'on traverse des moments un peu compliqués et difficiles tous ensemble mais il faut essayer quand même de sortir la tête de l'eau et de regarder les choses par le bon prisme. On m'a appris à vivre en essayant d'être positif et optimiste, en voyant toujours le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Comme ça, on est moins déçus et on arrive à se contenter de moins. C'est une façon de voir la vie. En fait, on peut choisir d'être heureux. C'est aussi ce que dit la chanson. Elle parle des difficultés de la vie de chacun. Malgré tout, quand il fait trop froid, on pense aux pays chauds. Quand on est en bas, on regarde vers le haut. On essaie de voir les choses autrement. C'est une perspective. C'est bien de le rappeler de temps en temps. Sans donner de leçons, bien sûr. On entend beaucoup dire que c'était mieux avant. Je ne le pense pas. Je crois juste qu'on trouvait que c'était mieux avant parce qu'avant, on était jeune et qu'on avait la vie devant. Les choses changent et ce n'est pas forcément moins bien. C'est différent. On est dans une société très manichéenne. C'est noir ou c'est blanc et c'est compliqué de trouver de la nuance. Très modestement, j'essaie d'apporter un petit peu de nuance dans tout ça. Les choses passent, avancent, changent. Ce n'est plus comme avant mais c'est différent, et c'est aussi bien, et c'est peut-être même mieux. Et ça, ça me permet aussi de rester vivant dans le sens nourri et actif !


Vous avez pris votre temps pour écrire cet album...


Patxi Garat : Une fois que j'ai l'impression que j'ai des chansons qui dialoguent ensemble et qui font qu'on arrive à une unité, je me dis que ça peut faire un album. Quand j'ai écrit la dernière chanson, je me suis dit : « ça y est, l'album est fini, j'ai le titre de l'album et j'ai toutes les chansons. On peut enregistrer maintenant ! ». Mais c'est vrai que ça peut être long parfois. Je pense que le prochain va arriver beaucoup plus vite. Il est déjà pratiquement écrit. J'ai fait des chansons pour les autres, j'ai fait d'autres choses, de la musique de documentaire, de la comédie aussi en tant qu'acteur. J'avoue que je ne réfléchis pas trop à ma carrière, à ma façon d'avancer dans la vie, dans la musique et dans ce métier. Donc, je laisse un peu faire les choses en fonction de l'inspiration, sans se mettre de pression. Je travaille et j'écris tous les jours. Je ne me prends pas la tête. Quand j'ai ce qu'il faut, je me dis qu'on peut y aller et on y va !


Ce nouvel album sera-t-il dans la même veine que Le Monde est beau ?


Patxi Garat : Oui, je pense. C'est mon quatrième album. Je me suis rendu compte que là où je me sens le plus à l'aise, c'est finalement dans une forme très directe avec des chansons assez courtes, simples, avec un propos, et, dans les arrangements quelque chose d'acoustique. Ce qui me plaît le plus, c'est d'avoir une guitare, un piano comme base, et de construire une chanson autour de façon assez classique, comme les chanteurs que j'aime, que ce soit Souchon, Raphael, ou les groupes anglais comme Oasis. J'aime bien ça. L'important, c'est de trouver un axe. On raconte tous la même chose, les mêmes histoires, les mêmes chansons, les mêmes histoires d'amour, les mêmes histoires de mort, de séparation, le temps qui passe. Le but, c'est de trouver un angle qui n'a pas été choisi par les autres. C'est ça, la difficulté.


Il faut parvenir à toucher les gens, et qu'ils puissent se reconnaître...


Patxi Garat : Oui, je crois que c'est ça aussi. Je pense que c'est normal, quand on passe la trentaine, de parler vraiment de soi, de façon intime. On s'inspire clairement de son propre parcours. Après, on se rend compte que le parcours des autres est bien plus nourrissant. Toutes les chansons que j'ai écrites, très honnêtement, m'ont été inspirées par les autres.


Vous êtes un grand lecteur. Quels sont les auteurs ou les livres qui vous inspirent ?


Patxi Garat : La littérature française me touche beaucoup. Céline, Romain Gary, Laurent Mauvignier, Jean Echenoz, Le Clézio, Modiano, Annie Ernaux, Laurent Gaudé, Emmanuel Carrère, Philippe Besson. J'ai aussi beaucoup lu la littérature russe et américaine, Bret Easton Ellis, John Fante, Paul Auster...J'ai beaucoup de livres mais j'en ai peut-être perdu deux cents dans un dégât des eaux. C'était affreux ! J'adore les livres. Je ne les respecte pas forcément parce que je les emmène à la plage ; il y a du sable, des ratures. Il y a quelque chose de très charnel avec un livre. J' en ai toujours un sur moi, souvent un livre de poche parce que c'est pratique de l'avoir dans la poche arrière de mon pantalon. Il m'arrive aussi souvent de marcher dans la rue à Paris en lisant. Je prends pas mal le train et je préfère lire plutôt que de regarder mon téléphone ou une série. C'est une chance de tomber amoureux des livres. Je pense qu'il y a toutes les clés pour comprendre la vie dans les livres qu'on lit.


Que lisez-vous en ce moment ?


Patxi Garat : L'été, c'est un peu différent. J'aime bien lire des livres un peu plus faciles. Je viens de lire Les énigmes d'Aurel le Consul de Jean-Christophe Rufin. C'est assez drôle. Et puis je lis toute la saga de Pierre Lemaître. Ca me fait quelques jours de plage ! J'ai lu Les Misérables juste avant l'été. Je crois qu'il y a plus de 2000 pages. A la fin, j'avoue que je n'en pouvais plus !


On vous a vu sur France 3 dans Les secrets du Finistère début juillet. Avez-vous d'autres projets en tant que comédien ?


Patxi Garat : On a tourné le troisième épisode en avril et il va être diffusé avant Noël. C'est très agréable de se laisser aller, d'être dirigé, de se laisser guider. Avec les chansons, c'est moi qui mène un peu la danse. Là, ça fait du bien de laisser les autres décider à votre place et vous dire ce qu'il faut faire. Il y a un texte pour jouer, c'est très agréable. Normalement je vais tourner dans une autre série à la rentrée. Ca va se faire petit à petit, je pense. Je viens à peine de commencer dans ce domaine. C'est très plaisant.


C'est à la Star Academy que vous avez développé ce goût pour la comédie ?


Patxi Garat : Non, j'avais déjà fait du théâtre plus jeune, au Pays Basque, à Guétary précisément. Avant d'être chanteur, je voulais être comédien. C'était mon premier souhait dans la vie. Et puis je suis devenu musicien, chanteur. Et ça me va très bien aussi ! Mais, du coup, c'est vrai que j'ai toujours un oeil vers ce métier-là. J'ai travaillé pendant 7-8 ans avec la troupe de Pierre Palmade. C'était vraiment un apprentissage pour moi. De grands comédiens sont sortis de là, Camille Cottin, Anne-Elisabeth Blateau, Johann Dionnet qui vient de réaliser le film Avignon. L'expérience théâtrale était vraiment très enrichissante.


Et vous-même, ça ne vous tenterait pas justement d'écrire une pièce ou même un livre ?


Patxi Garat : J'ai déjà évidemment essayé d'écrire un livre. Je suis dessus depuis des années. Mais c'est trop intimidant, je crois. C'est très compliqué parce que je suis tellement respectueux des livres et des romanciers que j'ai l'impression que tout ce que je fais est pathétique. Quant au théâtre, j'ai peut-être moins de respect dans le sens que je connais moins, donc je suis moins impressionné. J'avais co-écrit Le Miracle, une pièce dans laquelle j'avais aussi joué en 2017 pendant six mois à la Comédie de Paris. C'était super !


Qu'est-ce qui vous attend à la rentrée ?


Patxi Garat : Je vais d'abord passer mes vacances à Biarritz puis je vais travailler, enregistrer, faire de la musique, des documentaires. On est en train de terminer l'album en langues régionales avec la chanteuse basque Anne Etchegoyen. Il y a Francis Cabrel, Sylvain Duthu du groupe Boulevard des Airs, Cali, et puis des chanteurs corses, bretons, alsaciens... On fait ce projet pour défendre les langues. Il y a plein d'albums dans les langues régionales, mais il n'y en a pas où les cultures se mélangent. Dans le nôtre, il y a des duos étonnants entre une Alsacienne et une Bretonne, une Créole et une Bretonne. Francis Cabrel chante avec une chanteuse basque. Je trouve ça cool. Il y a toutes ces différences qui font que ce pays est aussi riche et aussi divers. Il faut cultiver ça. Sinon, on se ressemble tous. On a tous une langue qu'on a entendue chez les grands-parents ou ailleurs, dans les villes, dans le village où on allait en vacances. Il y a toujours cette petite musique d'une autre langue, qui est dans les souvenirs ou dans le présent. Nous, par exemple, au Pays Basque, c'est vraiment réel. C'est ma langue maternelle, je la parle au quotidien. J'écris les chansons et on fait toute la réalisation de l'album. Ça fait du boulot. C'est vraiment bien d'écrire une chanson puis de demander à un Alsacien d'écrire sa partie en Alsacien, à un Breton d'écrire sa partie en Breton et de tous se mélanger. On est réunis par la musique. Ça fait un beau résultat. L'album va sortir à la rentrée. En septembre, on va enregistrer une émission sur France 3 avec tous les artistes.


Patxi Garat aux Nocturnes de la Villa Ephrussi de Rothschild le 12 août. Pour réserver : www.villa-ephrussi.com

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