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- Interview du comédien Jérémy Banster
Le week-end dernier s'est tenue la 14e édition du festival Les Héros de la Télé de Beausoleil, un rendez-vous très attendu chaque année par les fans de télévision et de séries. A cette occasion, nous avons rencontré Jérémy Banster. Pendant plusieurs saisons, il a interprété Julien Bastide dans Un si grand soleil et c'est désormais sur TF1 qu'on peut le voir, dans le rôle d'Arno Iragui dans Ici tout commence. A Beausoleil, le comédien arborait une fine moustache qui en a intrigué plus d'un. Comme il nous l'a confié, cette allure, il la doit à un rôle. Et pas n'importe lequel....Il vient d'achever à Monaco le tournage d'un film qui s'annonce comme l'un des plus attendus de 2027. Il nous a parlé de cette belle expérience mais aussi de ses autres projets. Comédien, réalisateur, directeur des affaires culturelles de Castelnau-le-Lez : Jérémy Banster a plusieurs casquettes et cela est loin de lui déplaire. Culture Net Info : Vous participez au Festival Les Héros de la Télé de Beausoleil mais vous êtes à Monaco depuis quelques jours déjà pour les besoins d'un tournage.... Jérémy Banster : Exactement ! Je viens de terminer un tournage à Monaco. J'incarne le Prince Rainier dans le prequel d'Ocean's Eleven réalisé par Bradley Cooper. C'est une très belle aventure. J'ai découvert une manière de travailler qui est différente de la nôtre et qui est très intéressante. J'ai vécu huit jours formidables avec eux. On a des cultures différentes, et on apprend tellement les uns des autres que c'était huit jours vraiment très instructifs, avec des personnes bienveillantes, très professionnelles. Et comment vous êtes-vous retrouvé sur ce projet ? Jérémy Banster : Grâce à une tape, comme on le dit dans notre jargon. Un jour, mon agent m'a appelé et m'a dit : « Jeremy, il faut que tu fasses une tape en anglais pour un film confidentiel qui se tourne à Monaco. » J'en savais très, très peu. C'était en août ; j'étais avec mes enfants en vacances. C'était un moment assez particulier : on rentrait de la plage, on avait du sable un peu partout et après je devais faire une tape. C'était assez drôle ! Je n'y croyais pas beaucoup mais ça a marché, donc j'en suis très, très heureux. On vous verra donc au cinéma très prochainement, dans le film de Bradley Cooper mais aussi dans A bras le cœur, que vous avez réalisé et dans lequel vous jouez également... Jérémy Banster : Oui, A bras le cœur sortira courant 2027. Au casting, il y a Alice Pol, Myriam Boyer, Michel Jonasz et moi-même. C'est un film qui me tenait énormément à cœur, qui parle de la vie de mon grand-père et de mon arrière-grand-père. C'était vraiment une aventure à mener depuis de longues années et je suis très heureux que le film existe. C'est une histoire d'amour, qui parle d'épigénétisme, de la mémoire des cellules, et qui cherche justement à résoudre ce qui a pu arriver dans le passé pour que le présent existe et pour que cette histoire d'amour ne soit pas empêchée. On a tourné principalement à Toulouse et un peu à Montpellier. La région Occitanie nous a soutenus merveilleusement bien. Côté télévision, depuis cet été, vous interprétez Arno Iragui dans Ici tout commence. Là aussi, c'est une belle aventure... Jérémy Banster : J'étais très heureux d'arriver sur cette série avec la productrice Céline François et de retrouver des comédiennes et comédiens que je connais depuis longtemps. J'ai reçu un accueil formidable avec beaucoup de bienveillance, comme je n'en ai jamais eu. C'est un plaisir d'être avec eux tous les jours. Votre personnage est assez mystérieux. Il est animé par un désir de vengeance... Jérémy Banster : Il est arrivé avec ses deux enfants, Oriane et Félix. Sa femme s'est suicidée il y a quelques années à cause de certaines personnes qui lui ont fait porter le chapeau d'une histoire qui n'était pas la sienne. Donc, il est venu pour se venger parce qu'il croit à cette injustice et il veut rétablir la vérité. Il veut faire en sorte que les personnes qui ont gâché sa vie en payent le prix. C'est un personnage qui est amené à reser. Sur cette saison, il est dans cet esprit de vengeance. Peut-être qu'après, on verra une autre couleur d'Iragui. Le théâtre occupe également une très grande place dans votre vie... Jérémy Banster : En effet, depuis quelques mois, je suis le directeur des affaires culturelles de la ville de Castelnau-le-Lez. C'est une aventure que j'aurais souhaitée avoir dans peut-être quelques années mais qui est arrivée maintenant. Ce n'était pas prévu. J'ai candidaté et j'ai été retenu. J'en suis ravi parce que je ne peux pas m'empêcher de dire que l'année prochaine, on ne sait pas ce qu'il va se passer dans ce pays et que la culture est un bastion de liberté, d'écoute, de curiosité, de diversité. Quand j'ai eu la possibilité de candidater pour ce poste, je me suis dit que je ne pouvais pas botter en touche et refuser l'opportunité parce que la culture, la transmission à la jeunesse, c'est essentiel. Être une passerelle pour que des jeunes puissent découvrir les grands textes de la littérature, des textes contemporains, c'est extrêmement important pour moi. Si j'ai une petite mission à accomplir, elle est là et il ne faut pas la rater. Je me sens comme en mission. La culture, c'est quelque chose qu'il faut porter haut : c'est la respiration d'une cité, d'une vie, d'une population. S'il n'y a plus rien, ça devient très compliqué. Donc, si chacun à son petit niveau peut faire quelque chose, il ne faut pas s'en priver. Au contraire, il faut se battre pour défendre la culture et faire en sorte qu'elle soit en libre accès pour la jeunesse pour qu'elle puisse se faire son propre libre arbitre. Allez-vous monter sur scène ? Jérémy Banster : Oui, c'est prévu que je joue une pièce, Le Tigre bleu de l'Euphrate de Laurent Gaudé. Je vais la jouer gratuitement pour les élèves de l'option théâtre du lycée Pompidou de Castelnau. Ca fait partie de ma mission et c'est vraiment quelque chose auquel je tiens.
- La Gradiva de Marine Atlan : interview des acteurs
Présenté à La Semaine de la Critique lors du dernier Festival de Cannes, La Gradiva, le premier film de Marine Atlan a très vite fait parler de lui. Porté par un excellent bouche à oreille, il sortira en salles le 21 octobre. Un film choral sur la jeunesse, l'âge des possibles mais aussi des doutes, des désillusions, que la cinéaste a su saisir avec beaucoup de justesse. Lors d'un voyage scolaire à Naples organisé par leur professeure de latin (magnifique antonia Buresi), on suit une classe de terminale, depuis leur trajet en train jusqu'à leur départ. Pendant ces quelques jours passés à côté du Vésuve, ils vont se laisser envahir par leurs émotions, leurs colères, leurs désirs. Marine Atlan a fait appel à des comédiens non-professionnels pour interpréter les lycéens. C'est en leur faisant passer des castings qu'elle les a choisis. Si chaque personnage a son importance, elle suit plus particulièrement trois d'entre eux : Suzanne (Suzanne Gerin), James (Mitia Capellier-Audat) et Toni (Colas Quignard). Les trois comédiens étaient à Nice pour présenter le film au public du cinéma Rialto quelques jours avant sa sortie en salles. Nous les avons rencontrés à l'issue de la projection. Colas Quignard, Suzanne Gerin et Mitia Capellier-Audat au cinéma Le Rialto de Nice Culture Net Info : C'est au Festival de Cannes que l'engouement autour du film a commencé. Comment avez-vous vécu cette expérience ? Colas Quignard : C'était hyper impressionnant. On était très heureux de voir que le film rencontrait ce succès-là et on était aussi tellement contents pour Marine. Après, il faut reconnaître que Cannes est un lieu très particulier humainement. C'était une expérience assez marrante à vivre. Pendant 4 jours, tu vis une vie qui n'est pas la tienne ! Suzanne Gerin : Moi, j'étais déjà allée deux fois à Cannes donc je savais de quoi il s'agissait mais je ne m'attendais pas à la répercussion médiatique qu'a le film. C'est vraiment énorme. Je n'aurais jamais cru que le film prendrait autant d'ampleur. voir des affiches dans Paris, en ce moment, c'est très bizarre ! Le film n'a pas été tourné dans l'ordre chronologique. Quand a été tournée la scène où vous vous allez sur le Vésuve ? Suzanne Gerin : Comme c'est une scène de troupe et que les 20 personnes de la classe ne restaient que trois semaines, on a tourné cette scène au tout début, le 3ème jour. Mitia Cappelier-Audat : Depuis le Vésuve, la vue sur Naples est vraiment impressionnante. Dans le cratère, il y avait de la lave qui sortait. La scène à tourner m'a paru vraiment courte : c'était tellement beau qu'on avait envie d'y rester. Colas Quignard : C'est un tournage qui nous a tous fait grandir. C'était une véritable expérience. Vous avez grandi au cours du tournage, tout comme les personnages que vous interprétez. Mise à part peut-être Suzanne, Toni et James ont un petit côté agaçant au début mais on finit par s'attacher à eux... Mitia Capellier-Audat : Mon personnage, c'est un mec qui aime beaucoup plaire, qui vient d'un milieu bourgeois, qui a les codes de l'école et qui prend beaucoup de place. C'est vraiment l'objet de désir de tout le monde mais il cache une certaine douceur, d'où sa complexité. Il n'y a pas tout le monde qui s'attache à lui. Il est chiant, il est moqueur, il donne très peu à son meilleur ami (Toni), qui va pourtant très mal. Il a une carapace autour de lui, c'est comme s'il ne le voyait pas. Suzanne Gerin : Moi, je trouve que mon personnage est agaçant aussi parce qu'elle n'a pas envie. Contrairement aux teen movies où on voit les stéréotypes des bandes de filles populaires plutôt méchantes, dans le film, les filles qui occupent la même chambre qu'elle lui tendent la main mais elle rejette ça complètement. Elle a peur; elle n'est pas forcément très chaleureuse. Colas Quignard : Toni, au premier abord, c'est un relou ! Il a un côté cancre. Il y a aussi en lui un côté romantique et doux. Il n'y a aucun personnage parfait. On n'a pas de héros. On voit les mauvais côtés, les défauts de chacun, mais on ne se sent jamais de les juger. La caméra n'est pas moralisatrice. Il serait dur de choisir quel personnage être dans ce film car ils ont chacun leurs défauts. Moi, je ne choisirais ni James ni Tony. J'ai envie d'être aucun d'eux. Le film va sortir dans quelques jours. On suppose qu'il vous a donné envie de continuer à faire du cinéma.... Suzanne Gerin : Je suis en Khâgne avec option cinéma. On verra...Peut-être que quand j'aurai cinquante ans, je dirai qu'à l'âge de dix-huit ans, j'ai joué dans un film qui s'appelle La Gradiva ! Mitia Capellier-Audat : Moi, je poursuis des études en sociologie. On verra la suite... Colas Quignard : Je suis au conservatoire. J'espère qu'il y aura d'autres projets. C'est tellement hasardeux. Il faut beaucoup de chance. C'est tellement un mix de plein de choses que c'est impossible de le dire à l'avance. C'est sûr que le Festival de Cannes nous a permis d'avoir une belle mise en lumière. C'est un tremplin énorme mais ce n'est pas pour autant que ça va continuer ! La Gradiva de Marine Atlan avec Antonia Buresi, Suzanne Gérin, Colas Quignard, Mitia Capellier-Audat... au cinéma le 21 octobre.
- 7e édition du festival Coul'Heures d'Automne d'Antibes
Créé en 2020, le Festival International d’Art Urbain Coul’Heures d’Automne s’est progressivement établi comme un rendez-vous majeur de l’art urbain à Antibes Juan-les Pins. La 7e édition aura lieu du 17 octobre au 31 octobre 2026, pendant les vacances scolaires. Fidèle à son ADN, cette nouvelle édition mettra à l’honneur la création artistique dans l’espace public et la rencontre entre les artistes, les habitants et les visiteurs. Performances murales, expositions, ateliers et rendez-vous autour de l’art urbain rythmeront ces quinze jours, avec des interventions qui viendront renouveler le regard porté sur les espaces qui nous entourent. Des fresques murales à découvrir Comme chaque année, le festival invite des artistes à investir divers lieux d'Antibes, qui devient ainsi un véritable terrain d’expression et de création. Huit fresques murales seront ainsi à découvrir pendant toute la durée du festival : celles de Gomad, Difuz, Piero, Kogaone, Ador, Debza, Jordan Harang. Quant à Nadège Dauvergne, elle investira les 18,2 m² du M.U.R. d’Antibes, sur une proposition de Cyril Gouyette, pour ce cinquième renouvellement. Sa création viendra ainsi poursuivre le dialogue engagé entre art urbain et histoire artistique de la Côte d’Azur. Une œuvre roulante avec l'artiste Mat2hieu Pour cette 7e édition, Mat2hieu, artiste résident du Centre d’Art Urbain et Musical La sChOOL, investira les 18 mètres d’un nouveau Bus-Tram articulé. Déployée sur l’ensemble du véhicule, son intervention graphique accompagnera les usagers et habitants dans leurs déplacements tout au long de l’année. Renouvellement de l'exposition « Ici des artistes ont fait le mur » Du lundi 19 au samedi 31 octobre, six artistes du territoire azuréen seront à l’œuvre pour le renouvellement de l’exposition annuelle de La sChOOL : Jules Renard, G Onze, Chloé Bernard, Indy Saki, Harry James et Oliver Plisson. Nouveauté de cette édition, La sChOOL ouvre également son Shop Coul’Heures pendant toute la durée du festival, permettant de découvrir les réalisations des artistes programmés et de prolonger l’expérience avec une sélection de créations à emporter. Des ateliers, des projections, des rencontres Le festival propose aussi de nombreuses animations pour le public : des ateliers, des projections, des rencontres avec les artistes ainsi que des visites commentées des œuvres, et même un apéro peinture au restaurant Le collier. Pour plus de renseignements sur cette nouvelle édition : www.coulheures.fr
- Du bout des lèvres, magnifique hommage de Benjamin Millepied à Barbara
Le week-end dernier, le public du théâtre Anthéa a vécu un moment suspendu, hors du temps, grâce à Benjamin Millepied. Depuis plusieurs années, les spectacles en hommage à Barbara se multiplient et ils seront sans doute encore nombreux en 2027, puisqu'on célèbrera le trentième anniversaire de la disparition de la chanteuse. Dans Du bout des lèvres, le spectacle chorégraphique conçu par Benjamin Millepied, pas de décors grandiloquents : le plateau est tout entier aux danseurs, éclairés par des lumières changeantes et entourés de drapés immaculés. Rares sont les spectacles où l'on entend la voix de Barbara. Ici, les danseurs la subliment. Pendant un peu plus d'une heure, ils évoluent sur le plateau, entrent et sortent, au gré des textes de Barbara qui s'enchaînebt. Ils sont parfois deux, parfois bien plus pour exprimer la joie, la peine, la solitude, la mélancolie, l'enfance, l'amour, le deuil, des thèmes chers au cœur de la chanteuse. Certaines chansons sont très connues, d'autres beaucoup moins mais les spectateurs les ont écoutées toutes avec attention, magnifiées par les chorégraphies imaginées par Benjamin Millepied. Et lorsqu'à la fin, les dernières notes de Nantes retentissent, le public, ému, s'est levé, applaudissant pendant de longues minutes ce spectacle que l'on n'est pas près d'oublier. Ovation du spectacle "Du bout des lèvres"
- 10e édition du Festival international du film fantastique de Menton
Cette année, le festival international du film fantastique de Menton fête son dixième anniversaire. Du 22 au 25 octobre, les passionnés de cinéma, les curieux, les professionnels vont se donner rendez-vous au Palais de l'Europe et à la bibliothèque municipale de Menton pour des rencontres, des projections et des masterclasses. Emma Colberti en invitée d'honneur La comédienne Emma Colberti sera l'invitée d'honneur de cette édition 2026. Les fans de la série Un si grand soleil seront ravis de rencontrer celle qui incarne depuis plusieurs saisons maintenant Eve Prodi, la professeure de français du lycée. A ses côtés, de nombreux réalisatrices, réalisateurs, comédiennes, et comédiens sont également attendus. Des films en compétition Cette année, le public et les professionnels pourront découvrir plusieurs films en compétition en avant-première parmi lesquels Massaïa de Nabil Bouraghda avec Marie et Antoine Coesens, Maïdine Adjaout, Thierry Doyen, Nine de Sabine Crossen, Jérémy Guetta, Louis Bujeau avec notamment Aurélia Poirier et Pierre Azéma, Milarepa de Louis Nero qui réunit un casting international (Harvey Keitel, Angela Molina, F-murray Abraham), et El Convento. Au programme de cette édition figurera également une compétition de courts-métrages. Des prix attribués par un jury collégial Pour la première fois, tous les professionnels accrédités pourront voter cette année. Lors de la soirée de clôture qui aura lieu dimanche 25 octobre au Palais de l'Europe, ils attribueront sept prix : meilleurs long, court et très court-métrages, meilleur acteur et meilleure actrice dans un long-métrage, meilleur acteur et meilleure actrice dans les courts et très courts-métrages. Pour plus d'informations sur la 10e édition du film fantastique de Menton : www.festival-film-fantastique.com
- Interview du rappeur Le Môme bientôt en concert à Nice
Le 22 octobre, le rap sera à l'honneur au Théâtre Lino Ventura. Avant le concert de Danyl, c'est Le Môme qui montera sur scène. Le rappeur vit désormais à Paris, où, - reconnaît-il - , il est plus facile de monter des projets et de se faire un nom dans le milieu, mais il n'oublie pas Nice, sa ville natale et il se réjouit toujours d'y retourner. D'ailleurs, on le retrouvera en décembre au Dix-Huit la nouvelle salle de spectacles (située 18 boulevard Carabacel), qui ouvrira dans quelques jours. Sur scène, Le Môme interprètera plusieurs extraits de Lumos Lacryma, son dernier album sorti en septembre dernier. Les premiers avis sont très élogieux : il touche autant ses fans que les curieux, d'habitude réfractaires au rap. Sans doute parce qu'il y parle de lui, de ses émotions, de ses failles, de sa vulnérabilité. Contacté par téléphone quelques jours avant sa venue à Nice, il est revenu sur son parcours, ses inspirations et a évoqué cet album, dont il est si fier. Culture Net Info : Votre nouvel album s'appelle Lumos Lacryma. Pourquoi un tel titre ? Le Môme : Je cherchais un titre qui fasse un petit peu formule magique. Et donc, j'ai commencé à écrire sur un papier. C'était très visuel au départ. J'ai utilisé des lettres, des L, des O. C'était presque du graphisme et puis, très naturellement, Lumos Lacryma s'est dessiné. J'ai trouvé ça un peu stylé de faire un jeu de mots entre Lumos, qui veut dire lumière, et Lacryma, qui signifie larmes. En cherchant sur Google ce que cette expression signifiait, j'ai découvert que c'était de l'espéranto et que ça voulait dire : que vos larmes soient lumineuses. Ce sont des mots qui s'opposent. En fait, ça tombait parfaitement puisque c'est exactement ce que je voulais dire : accepter sa part de vulnérabilité, accepter ses émotions, pour moi, c'est ça, être fort. La grande qualité de cet album, c'est qu'il séduit autant les amateurs de rap que les autres... Le Môme : Souvent, les gens qui n'ont pas baigné dans la culture du rap ont toujours des a priori sur notre musique. On a toujours une mauvaise image avec des clichés à déconstruire. Cet album est différent du précédent. Il vous ressemble, parle de vous... Le Môme : Complètement ! J'ai souvent fait des morceaux qui ambiançaient, où sur scène, les gens chantaient, dansaient, sautaient. Il y avait aussi des morceaux rappés, un peu introspectifs, mais pas autant. Dans cet album, j'ai mis tout mon cœur, tout ce que j'avais. C'est l'album le plus profond que j'ai fait. J'avais un peu peur en le sortant mais je me rends compte que c'est celui qui touche le plus le public. C'est le meilleur démarrage de ma petite carrière. Je suis très content. Parmi les douze titres de l'album, il y en a un qui touche peut-être un peu plus que les autres. C'est Mamée où vous parlez de votre grand-mère... Le Môme : Ce que j'essaie de faire, ce n'est pas de raconter les choses forcément telles qu'elles sont. J'essaye un petit peu de les sublimer, de faire en sorte que ça parle à tout le monde. Bien sûr, la chanson Mamée raconte l'histoire d'une grand-mère qui perd la tête. J'ai décidé de passer par l'anecdote dans l'écriture pour en faire quelque chose d'universel. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se sont retrouvés dedans, puisqu'on a tous une Mamée autour de nous; on connaît tous quelqu'un qui perd la tête. Vous accordez une grande place aux émotions : la vulnérabilité, le doute, la mélancolie.... Le Môme : Moi, j'écris pour les gens qui essaient de se réparer. Donc, si beaucoup se sont retrouvés là-dedans, c'est que peut-être aussi ils ont cette quête de résilience et ce désir de devenir meilleurs, de se réparer. Et donc, ça me touche beaucoup. Tous les retours que j'ai eus vont en ce sens. Notre métier, c'est souvent de faire croire que c'est facile mais derrière, il y a beaucoup de travail. Je pense qu'il fallait aussi un peu expliquer, dans l'album, l'envers du décor. J'ai eu, comme beaucoup d'autres, des années de galère. Il y a eu des moments difficiles au début mais maintenant tout semble aller pour vous. Quel regard portez-vous sur tout ce chemin parcouru depuis une dizaine d'années ? Le Môme : J'ai rencontré le rap sur les bancs du CFA, j'avais 14-15 ans. J'en écoutais bien sûr mais le fait d'avoir des copains qui en faisaient toute la journée, ça m'a rendu curieux et puis j'y suis allé. Après, grâce à plusieurs rencontres, j'ai continué et j'ai attrapé ce virus. Maintenant, je suis sur Paris et je vis de ma musique à 100%. D'ailleurs, c'est assez drôle parce que si je n'étais pas parti en boucherie, je n'aurais jamais rencontré le rap et je n'en aurais pas fait mon métier aujourd'hui. Y-a-t-il des rappeurs, des auteurs qui vous inspirent dans votre écriture ? Le Môme : Oui, il y en a. Je pense déjà à Gaël Faye, à Oxmo Puccino. Ce sont des plumes dans le rap français. On n'a plus besoin de démontrer leur talent. Souleymane Diamanka m'a aussi beaucoup inspiré. Quand j'étais ado et que j'écoutais ce qu'il faisait, je me disais que quand je serais grand, j'espérais faire comme lui. Évidemment, il y a plein d'autres artistes et d'autres auteurs qui m'ont inspiré. Khalil Gibran, Médine et Youssoupha dans le rap. Vous êtes en tournée en ce moment. La scène, c'est très très important pour vous, c'est un moment d'échange avec le public.... Le Môme : Jusqu'à présent, j'ai fait surtout des festivals et des premières parties. Là, c'est vraiment chouette parce qu'on va prendre le temps de faire des concerts d'une heure, une heure et demie. C'est tout ce qu'on attend. Aujourd'hui, on est à une époque où tout se passe sur les réseaux sociaux. On dépend d'algorithmes, de réactions, de chiffres, d'abonnements. Toutes ces choses ne sont pas palpables. C'est sur le téléphone et quand on l'éteint, il n'y a plus rien. Je crois que la scène, c'est encore un des derniers endroits où les humains se rencontrent. Je n'ai pas envie de faire de la musique pour des gens qui, sur TikTok, vont juger en un reel de 10 ou de 15 secondes. La scène, c'est quelque chose d'hyper important. C'est vraiment un des derniers points de rencontres. On a commencé par là et on finira par là. Je crois que c'est en se rencontrant que le monde sera peut-être sauvé, en faisant un pas vers l'autre, tout simplement. Le Môme en première partie de Danyl jeudi 22 octobre au Théâtre Lino Ventura, 168 boulevard de l'Ariane. Pour réserver : www.panda-events.com
- 14e édition du festival Les Héros de la télé à Beausoleil
Du mercredi 14 au dimanche 18 octobre aura lieu la 14ᵉ édition du festival Les Héros de la Télé à Beausoleil. Un rendez-vous toujours très attendu par les fans de séries françaises. Cette année encore, de nombreux comédiens et comédiennes de Plus belle la vie, encore plus belle, Demain nous appartient, Ici tout commence, Un si grand soleil et d'autres séries se prêteront au jeu des selfies et des dédicaces, en toute décontraction. Les temps forts de la 14ᵉ édition des Héros de la Télé Mercredi 14 octobre (20h30) : Lancement au Théâtre Michel Daner avec la soirée Ciné-club et la projection exceptionnelle de Cache cash de Claude Pinoteau. Jeudi 15 octobre (20h00) : Avant-première au Centre Culturel Prince Héréditaire Jacques de la comédie Les voisins du dessus, en présence notamment de Caroline Margeridon. Vendredi 16 octobre (17h00) : Conférence consacrée au phénomène des « Duanju » (séries au format vertical) au Théâtre Michel Daner. A 19h rendez-vous aux escalators Riviera pour la traditionnelle photo de famille des Héros de la Télé avant la grande soirée de récompenses au Centre Culturel Prince Héréditaire Jacques à 19h30. Samedi 17 octobre : 10h00 : Concours culinaire « Les Petits Chefs » au Village TV. 11h00 : Atelier casting juniors « Star de demain » au Théâtre Michel Daner. 14h00 : au village TV, rencontres et dédicaces avec les comédiens. 15h00 : Projections des « Courts d’écoles » des élèves beausoleillois et des films du concours Parcourt(s) ta Ville. Dimanche 18 octobre : 10h00 : Déambulation des artistes sur le Marché Gustave Eiffel et grand casting « Star de demain ». 14h00 : Clôture au Théâtre Michel Daner avec la projection du film Massaia en présence de l'équipe du film. Pour plus de renseignements sur le programme et sur les invités : www.villedebeausoleil.fr Retour sur image de la 13ème édition 2025 "Les héros de la télé" Retour sur image de la 13ème édition 2025 : Un si grand soleil
- Et maintenant, l'hommage à Gilbert Bécaud à La Palestre
Jules Grison connaît bien la chanson française. Depuis plusieurs années, il interprète sur scène les titres des plus grands artistes : Piaf, Brel, Aznavour et désormais Gilbert Bécaud. Avec Gil Marsalla, à la tête de Directo Productions, il a mis en scène « Et maintenant », un spectacle en hommage à Gilbert Bécaud, créé à l’occasion des vingt ans de la disparition de cet immense chanteur né à Toulon et élève du conservatoire de Nice. Après New York, Tokyo, Londres ou encore Rio de Janeiro, la tournée passera par la Côte d'Azur. Ce sera le 11 octobre à La Palestre, au Cannet. Interview de Jules Grison. Culture Net Info : Avec Gil Marsalla, comment avez-vous choisi les chansons que vous interprétez sur scène ? Jules Grison : Chaque chanson de Gilbert Bécaud raconte quelque chose, un peu comme un film. Il était donc très compliqué de faire des medleys, de couper les chansons ou de les interpréter sous forme de tableaux. L’idée, c’était donc de réussir à embarquer le public dans l’univers de chaque chanson. On en a réarrangé certaines. J’essaie juste d’y apporter une touche de modernité. Dans le spectacle, il y aura les chansons les plus connues de Bécaud : « Et maintenant », « Je reviens te chercher », « L’orange du marchand », « Les marchés de Provence », « L’important, c’est la rose », « Quand il est mort le poète… » mais aussi plein d'autres. Quelle est votre chanson préférée de Bécaud ? Jules Grison : « La vente aux enchères ». Cette chanson est incroyable. On a l’impression qu’il s’agit d’un petit film. Que diriez-vous aux jeunes pour leur donner envie d’écouter les chansons de Gilbert Bécaud et de venir au spectacle ? Jules Grison : Très souvent, les gens me disent qu’ils viendront voir le spectacle avec leur mère ou leur père mais j’aimerais qu’ils me disent qu’ils viennent avec leurs enfants ou leurs petits-enfants parce que Gilbert Bécaud fait partie de notre culture. Aujourd’hui, on n’écrit plus comme ça dans la chanson française. Il parlait de choses drôles, légères, tragiques. Il y a des jeunes à qui les textes de Bécaud peuvent parler et ce serait dommage de les en priver. Ma fille écoute aussi bien Soprano que Bécaud ! Et maintenant, l'hommage à Gilbert Bécaud avec Jules Grison dimanche 11 octobre à 17h Pour réserver : www.lapalestre.eu
- Le Dix-Huit : une nouvelle salle de spectacles ouvre à Nice
C'est toujours une excellente nouvelle quand une salle de spectacle voit le jour. C'est dans les anciens locaux de la CCI Nice Côte d'Azur que Le Dix-Huit (situé18 boulevard Carbacel) ouvrira ses portes en novembre. Confiée à Directo Productions, cette salle polyvalente proposera un lieu de vie modulable, convivial, favorisant la proximité des artistes avec le public. Une programmation éclectique et quatre soirées inaugurales La programmation sera riche, éclectique et ravira tous les publics. Il y en aura en effet pour tous les goûts : du rock, de la pop, du jazz, de la musique électro, de l'humour, mais aussi, du théâtre et des conférences. Pour lancer cette première saison, il n'y aura pas une mais quatre soirées inaugurales avec des têtes d'affiche prestigieuses. De plus, le tarif sera unique : 18 euros. Le dj-producteur Yuksek et Roxie lanceront les festivités le 26 novembre dans une ambiance électro-disco. Ils seront suivis le lendemain par Charlie Winston qui habite sur la Côte d'Azur depuis plusieurs années maintenant. Il sera accompagné de Medi & The Medicine. Le 28, ce sera au tour du maître de l'accordéon Richard Galliano de se produire sur scène pour un concert qui ravira les amateurs de jazz. Quant au dernier soir, il sera placé sous le signe de l'humour avec le Plages Comedy Club, le nouveau comedy club des Plages du Rire. Il réunira sur scène notamment Laurent Barat, Marion Augine, Laurent Garbarino, Alisson et Sarah Jatombo, sous le parrainage d' Anne Roumanoff. En décembre, la programmation se poursuivra avec l'hommage à Claude Nougaro porté par Louis Winsberg et Yvan Cujious, le jazz-fusion du Kevin Saura Group. On pourra aussi applaudir Manu Lanvin, le groupe Brooklyn Funk Essentials, Le Môme, Adamé, Mado la Niçoise, Romain Doduik, Amy London.... De la musique, de l'humour : voilà une programmation qu'on hâte de découvrir au Dix-Huit ! Le Dix-Huit, 18 boulevard Carabacel 06000 Nice Pour plus de renseignements et pour réserver : www.directoproductions.com
- Cinéroman 2026 : une 8e édition sous le signe des grands récits et du cinéma
Nice a une nouvelle fois célébré la rencontre entre les mots et les images à l’occasion de la 8e édition du Festival Cinéroman, organisée du 28 septembre au 3 octobre 2026. Cinéroman édition 2026 Créé en 2019 par Nathalie et Daniel Benoin à l’occasion du centenaire des mythiques studios de la Victorine, Cinéroman s’est construit autour d’une identité singulière : mettre à l’honneur le dialogue entre littérature et cinéma et célébrer les œuvres littéraires portées sur grand écran. Une vocation aujourd’hui reconnue par le label du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Pour cette nouvelle édition, le festival a proposé plus de soixante projections, parmi lesquelles huit films en compétition, vingt avant-premières, des films cultes et des courts métrages, mais également de nombreuses rencontres, débats et masterclass avec celles et ceux qui font vivre le cinéma et la littérature. Daniel Auteuil à la présidence du jury Figure majeure du cinéma français, Daniel Auteuil présidait cette année le jury de Cinéroman. À ses côtés, Danièle Thompson, fidèle du festival depuis sa création, Bérénice Bejo, Luàna Bajrami, Vanessa Schneider, Sara Giraudeau, Malik Frikah, Gaëtan Roussel ont porté leur regard sur les huit longs métrages sélectionnés en compétition. De Chien 51 de Cédric Jimenez à Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, en passant par Le Mage du Kremlin d’Olivier Assayas, Histoires de la nuit de Léa Mysius, Justin le juste d’Éric Barbier ou encore L'Abandon de Vincent Garenq, la sélection 2026 a illustré toute la diversité des univers que peut faire naître la rencontre entre l'écriture littéraire et le langage cinématographique. Au-delà de la compétition, Cinéroman a également multiplié les rendez-vous avec le public : avant-premières, rencontres avec les réalisateurs et comédiens, projections de films cultes et masterclass ont rythmé cette semaine niçoise consacrée au septième art. Plusieurs temps forts ont rythmé cette 8e édition : une ouverture exceptionnelle avec l'avant-première de Changer l'eau des fleurs, adaptation très réussie de Jean-Pierre Jeunet du roman à succès de Valérie Perrin. Tous les deux étaient présents sur le tapis rouge aux côtés de l'actrice Leïla Bekhti. Parmi les films présentés en avant-première, certains ont réservé de belles surprises et ont su séduire et touché le public. On se souviendra notamment de Demain je tombe amoureux de Martin Provost avec Fabrice Luchini et Carole Bouquet, Mon fils président de Mathias Mlekuz qui avait déjà connu un beau succès au festival avec A bicyclette ! il y a deux ans, ou encore En haut de la pile de Louis-Julien Petit avec Aliocha Schneider et Anthony Bajon, qui interprètent un couple désireux d'avoir un enfant. Un film humain, touchant, drôle : c'est notre coup de coeur de cette édition ! « L'Abandon », grand lauréat de Cinéroman 2026 Le palmarès de cette 8e édition a consacré L'Abandon de Vincent Garenq. Le film a remporté le Prix du meilleur film. Emmanuelle Bercot a reçu le Prix de la meilleure actrice et Antoine Reinartz celui du meilleur acteur. Bande annonce de "L'Abandon" de Vincent Garenq A noter que film, présenté au dernier Festival de Cannes, vient de ressortir au cinéma. Le Prix du jury revient à Histoires de la nuit, réalisé par Léa Mysius, tandis que le jury a souhaité attribuer une mention spéciale à Soudain, du réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi. Le Prix Coup de cœur distingue pour sa part Justin le juste, réalisé par Éric Barbier. Fabrice Luchini et Michel Hazanavicius également à l'honneur Cinéroman est aussi l'occasion de célébrer les grandes figures qui font vivre les liens entre littérature, écriture et cinéma. Le Prix Romain Gary a ainsi été attribué cette année à Fabrice Luchini. Ce prix, qui porte le nom de l'un des écrivains les plus intimement liés à Nice, distingue une personnalité du cinéma ou de la littérature entretenant un lien particulier avec Nice et la Côte d'Azur. Autre temps fort de cette édition : Michel Hazanavicius a reçu le Prix d'Honneur pour l'ensemble de sa carrière. Réalisateur et scénariste à la filmographie internationale, il était également présent à Cinéroman pour présenter OSS 117 : Le Caire, nid d'espions, aux côtés de Bérénice Bejo. Nice, terre de cinéma Avec cette 8e édition, Cinéroman confirme sa place singulière dans le paysage des festivals français. En réunissant écrivains, scénaristes, réalisateurs, comédiens et public autour d'une même question — comment les mots deviennent-ils des images ? —, le festival fait dialoguer deux univers profondément liés. Des salles obscures aux rencontres organisées à L'Artistique, en passant par les avant-premières et les échanges avec les talents invités, Cinéroman inscrit aussi son histoire dans celle, ancienne et toujours vivante, qui unit Nice et la Côte d'Azur au cinéma. Une histoire commencée il y a plus d'un siècle et que le festival continue, édition après édition, à écrire sur grand écran.
- Interview de Marlon Magnée
Marlon Magnée sera aux Nuits Guitares de Beaulieu vendredi soir et il se réjouit que sa tournée passe par le Sud. La dernière fois qu'il est venu sur la Côte d'Azur, c'était sur la plage de l'hôtel Amour avec Sacha Got, pour un concert de La Femme. Tous ceux qui ont vu le groupe en live savent à quel point Marlon Magnée est énergique sur scène. Il vient de se lancer dans une carrière solo, et, il suffit d'écouter son album Dark Star pour n'avoir aucun doute sur le fait que le public de Beaulieu dansera et vibrera avec lui. Lorsque nous l'avons contacté par téléphone pour évoquer sa venue aux Nuits Guitares, Marlon Magnée venait de rentrer du Japon et, malgré la fatigue due au décalage horaire, il a pris la peine de répondre à nos questions. Marlon Magnée (crédit photo : Kevin Hayeland) Culture Net Info : Sur la scène des Nuits Guitares, allez-vous interpréter uniquement votre album Dark Star ou y-aura-t-il aussi des titres de La femme ? Marlon Magnée : Je fais mon album et à la fin, j'ai l'habitude de reprendre des morceaux de La Femme, par exemple, « Elle ne t'aime pas », « Tatiana », qui sont des morceaux qui ont beaucoup de succès. J'aime bien les faire à la fin de mon set. Je vais progressivement en ajouter. Ca fait plaisir au public et ça me fait aussi plaisir car je suis super fan de La Femme ! La Femme, c'est vraiment terminé ou vous faites juste une pause pendant quelque temps ? Marlon Magnée : Je pense que c'est terminé. Pour moi, l'esprit de La femme continue. C'est juste le nom qui change mais les morceaux seront les mêmes. Avec Sacha, on a composé tous les morceaux de La Femme. Dans son album qui sortira l'année prochaine, on retrouvera La femme, de même que dans le mien. Et puis, peut-être que dans 10 ans, si ça se trouve, on refera quelque chose. Je n'en sais rien. Votre album est plein d'énergie, il est fait pour danser et se défouler. Comment le présenteriez-vous ? Marlon Magnée : Oui, c'est un album pour danser, puis c'est aussi une sorte de compagnon de vie. On peut l'écouter le matin, le soir. C'est un album qui met la patate ! J'ai voulu conclure avec un dernier morceau « Cause there is no time », qui est instrumental, pour pouvoir se reposer et s'apaiser. C'est un morceau qui annonce la fin d'un cycle, le début d'une nouvelle ère. Il parle à l'âme. Comme l'album est très speed, je trouvais ça cool de calmer un peu tout, quitte à s'endormier. Quand j'étais petit, j'écoutais les albums et je m'endormais avec. C'était cool ! Marlon Magné en concert à la plage Amour cet été à Nice Vous avez enregistré votre album aux studios Ferber, comme Christophe notamment. Fait-il partie des chanteurs que vous appréciiez ? Marlon Magnée : Je ne suis pas très fan de sa musique mais j'ai eu la chance de le rencontrer et je l'ai adoré humainement. Moi, j'étais plus Jacques Dutronc, Gainsbourg, Barbara, Georges Brassens. Et puis dans Les Chanteuses Yéyé, il y avait Zouzou que j'aimais beaucoup. Pour les années 80, je citerais Taxi Girl, Marie et les Garçons, X-Ray Pop. Votre album est nourri de références au rock des années 60 - 70 mais il y aussi beaucoup de modernité... Marlon Magnée : Ce que j'ai essayé de faire, c'était de mélanger les années, de m'inspirer du passé, tout en essayant de faire une musique du futur, sans forcément rester dans un côté trop vintage ou trop revival. A mon avis, c'est intéressant de s'inspirer du passé, d' y ajouter des technologies futures, et puis essayer de proposer quelque chose de nouveau. C'est un peu ce que j'ai essayé sur l'album. Par exemple, le morceau « Plus fort que toi », c'est un peu du rockabilly, mais avec des synthés. Il y a aussi le morceau « Le son de ta voix », avec un côté jazz. On revoit aussi les codes du swing, mais avec de l'électro, un peu des sons à la façon de Justice. Quand on écoute « Nuage gris », on pense à Plastic Bertrand... Marlon Magnée : C'est certain qu'il y a cette influence. Dans le même style que Plastic Bertrand, que j'écoutais beaucoup, il y a aussi Marc Charlan. J'ai été vachement surpris parce qu'à l'étranger, notamment aux États-Unis, tout le monde le connaît et l'écoute. Vous avez une solide culture musicale. Elle vous vient de vos parents ? Marlon Magnée : De 12 à 20 ans, j'ai écouté énormément de musique du passé. Je n'étais pas très connecté avec la musique des années 2000. Mon père m'a fait découvrir beaucoup d'artistes, notamment le Velvet Underground, Lou Reed, les Sex Pistols aussi, The Meteors, The Clash, The Ramones. Après, je me suis constitué ma propre culture musicale...Je me rappelle que j'allais à la Fnac et que j'achetais des CD à 20 euros. Mes tantes et mes parents m'en offraient aussi pour mon anniversaire. Comme on n'avait pas beaucoup d'argent, 20 euros c'était quand même beaucoup. Parfois, il n'y avait que trois morceaux qui étaient bien. C'était frustrant ! C'est pour ça que j'ai eu cette volonté de faire des albums complets où tous les morceaux s'écoutent. Comment expliquez-vous l'engouement des jeunes pour la musique des années 70-80 ? Marlon Magnée : Déjà, je pense qu'à mon avis, l'épreuve du temps a fait une sélection. Et puis, il y a plein de jeunes qui ne se reconnaissent pas dans la musique actuelle. C'est une peu comme les voitures ! Les anciennes sont de qualité et durent dans le temps tandis que les voitures actuelles répondent à un besoin de communication et sont faites peut-être avec des matériaux moins nobles. Je pense qu'on a un peu la même approche avec la musique. On fait une musique qui dure dans le temps, qu'on écoutera encore peut-être pendant 50 ou100 ans... Une longue tournée vient de démarrer en France mais aussi à l'étranger.... Marlon Magnée : Surtout à l'étranger ! En France, pour l'instant, je n'ai pas été encore trop booké dans trop de festivals. J'en fait seulement quatre cet été. Comme je suis en solo maintenant, il faut attendre que les gens acceptent, voient que ça marche. À mon avis, je pense qu'il faut un an ou deux pour que le projet circule, que les gens écoutent l'album et se l'approprient. Avec La Femme, on a mis du temps à se faire accepter en France au début. Il a fallu qu'on parte aux Etats-Unis. Les Français, au début, étaient un peu frileux. Quand on est revenus des Etats-Unis, tous les labels voulaient soudainement nous signer. Je pense qu'à mon avis, pour moi, il va se passer un peu la même chose. Je vais faire une grosse tournée aux Etats-Unis en septembre. Et puis, quand ça va commencer à décoller, les gens vont me booker. En tout cas, je suis content que les Nuits Guitare de Beaulieu aient pris le pari de me programmer. Qu'est-ce que vous écoutez comme musique en ce moment ? Marlon Magnée : Je suis super fan de Sam Quealy. Je pense que c'est la meilleure artiste actuelle dans le monde entier en ce moment ! J'aime bien aussi les Growlers. C'est un groupe américain. J'ai écouté leur dernier album. J'ai adoré. Il y a aussi un joueur de Boogie Woogie que j'aime bien ; il s'appelle Nirek Mokar. J'ai beaucoup écouté aussi le dernier album d'Indochine. A Beaulieu, le même soir que moi, il y aura The Molotovs. Ils font de la super musique ! Marlon Magnée sera aux Nuits Guitares de Beaulieu vendredi 3 juillet. Pour plus de renseignements sur la programmation : www.nuitsguitares.com
- Laponie : la nouvelle pièce de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière
Sur la Côte d'Azur, il fait encore chaud et l'été est loin d'être terminé. Pourtant, il y a quelques jours, la scène de la salle Audiberti d'Anthéa avait des airs de fêtes de Noël. Les spectateurs du théâtre d'Antibes ont eu le privilège de découvrir avant Paris Laponie, la nouvelle pièce du duo du Prénom, Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte. C'est avec cette création co-produite par Anthéa que la nouvelle saison a été lancée. Laponie au théâtre Anthéa d'Antibes La pièce commence sur les chapeaux de roue. Le décor, particulièrement soigné, nous plonge d'emblée dans l'ambiance de Noël : sapin, cheminée et tables décorées pour l'occasion. Nous sommes en Finlande et, pour la première fois depuis longtemps, deux sœurs, leurs conjoints et leurs enfants vont être réunis pour les fêtes de fin d'année. La cadette (Elisa Erka) vit désormais en Finlande avec son mari (Patrick Mille) et leur fille. Les retrouvailles pourraient être chaleureuses mais, dès la première scène, on comprend que la soirée ne va se passer dans les meilleures conditions car la fille du couple a eu l'audace de dire à son cousin que le Père Noël n'existait pas. Pour Ophélia Kolb, qui incarne la sœur française, c'est inacceptable. Furieuse, elle dit ses quatre vérités à sa sœur et à son beau-frère tandis que son mari (François-Xavier Demaison), faisant preuve de plus de calme et de souplesse tente d'apaiser les tensions. Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte ont incontestablement le sens du rythme. C'est ce qui faisait déjà la force du Prénom et qui fera – on n'en doute pas – le succès de Laponie. Les répliques fusent et les spectateurs rient de bon cœur. Première représentation au théâtre Anthea de la pièce Laponie La dispute au sujet de l'existence du Père Noël n'est en quelque sorte que l'apéritif de ce réveillon vraiment pas comme les autres. Vont très vite se succéder des moqueries sur les deux pays : Patrick Mille (qui parle français avec l'accent finnois) n'est pas avare en clichés sur les Français, ce qui donne lui à des joutes verbales savoureuses avec François-Xavier Demaison. L'ambiance devient de plus en plus électrique, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Chaque couple reproche à l'autre sa façon d'éduquer les enfants. Derrière ces remarques acerbes, on devine que des rancoeurs et des non-dits ont, au fil des années, détérioré les relations entre les deux sœurs. Le réveillon de Noël sera l'occasion de tout se dire et de se remettre en question. Au cours de la pièce, les personnages peu à peu fendent l'armure et apparaissent plus vulnérables et plus profonds qu'ils ne semblaient l'être au début. Les comédien(ne)s(mention spéciale à Patrick Mille) sont formidables et si la pièce est une réussite, c'est en grande partie à eux qu'on le doit. Laponie de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière avec Ophélia Kolb, Elisa Erka, François-Xavier Demaison, Patrick Mille.











