Interview de Marlon Magnée
- Laurence Ray
- 3 juil.
- 5 min de lecture
Marlon Magnée sera aux Nuits Guitares de Beaulieu vendredi soir et il se réjouit que sa tournée passe par le Sud. La dernière fois qu'il est venu sur la Côte d'Azur, c'était sur la plage de l'hôtel Amour avec Sacha Got, pour un concert de La Femme.
Tous ceux qui ont vu le groupe en live savent à quel point Marlon Magnée est énergique sur scène. Il vient de se lancer dans une carrière solo, et, il suffit d'écouter son album Dark Star pour n'avoir aucun doute sur le fait que le public de Beaulieu dansera et vibrera avec lui.
Lorsque nous l'avons contacté par téléphone pour évoquer sa venue aux Nuits Guitares, Marlon Magnée venait de rentrer du Japon et, malgré la fatigue due au décalage horaire, il a pris la peine de répondre à nos questions.

Culture Net Info : Sur la scène des Nuits Guitares, allez-vous interpréter uniquement votre album Dark Star ou y-aura-t-il aussi des titres de La femme ?
Marlon Magnée : Je fais mon album et à la fin, j'ai l'habitude de reprendre des morceaux de La Femme, par exemple, « Elle ne t'aime pas », « Tatiana », qui sont des morceaux qui ont beaucoup de succès. J'aime bien les faire à la fin de mon set. Je vais progressivement en ajouter. Ca fait plaisir au public et ça me fait aussi plaisir car je suis super fan de La Femme !
La Femme, c'est vraiment terminé ou vous faites juste une pause pendant quelque temps ?
Marlon Magnée : Je pense que c'est terminé. Pour moi, l'esprit de La femme continue. C'est juste le nom qui change mais les morceaux seront les mêmes. Avec Sacha, on a composé tous les morceaux de La Femme. Dans son album qui sortira l'année prochaine, on retrouvera La femme, de même que dans le mien. Et puis, peut-être que dans 10 ans, si ça se trouve, on refera quelque chose. Je n'en sais rien.
Votre album est plein d'énergie, il est fait pour danser et se défouler. Comment le présenteriez-vous ?
Marlon Magnée : Oui, c'est un album pour danser, puis c'est aussi une sorte de compagnon de vie. On peut l'écouter le matin, le soir. C'est un album qui met la patate ! J'ai voulu conclure avec un dernier morceau « Cause there is no time », qui est instrumental, pour pouvoir se reposer et s'apaiser.
C'est un morceau qui annonce la fin d'un cycle, le début d'une nouvelle ère. Il parle à l'âme. Comme l'album est très speed, je trouvais ça cool de calmer un peu tout, quitte à s'endormier. Quand j'étais petit, j'écoutais les albums et je m'endormais avec. C'était cool !
Vous avez enregistré votre album aux studios Ferber, comme Christophe notamment. Fait-il partie des chanteurs que vous appréciiez ?
Marlon Magnée : Je ne suis pas très fan de sa musique mais j'ai eu la chance de le rencontrer et je l'ai adoré humainement. Moi, j'étais plus Jacques Dutronc, Gainsbourg, Barbara, Georges Brassens. Et puis dans Les Chanteuses Yéyé, il y avait Zouzou que j'aimais beaucoup. Pour les années 80, je citerais Taxi Girl, Marie et les Garçons, X-Ray Pop.
Votre album est nourri de références au rock des années 60 - 70 mais il y aussi beaucoup de modernité...
Marlon Magnée : Ce que j'ai essayé de faire, c'était de mélanger les années, de m'inspirer du passé, tout en essayant de faire une musique du futur, sans forcément rester dans un côté trop vintage ou trop revival. A mon avis, c'est intéressant de s'inspirer du passé, d' y ajouter des technologies futures, et puis essayer de proposer quelque chose de nouveau.
C'est un peu ce que j'ai essayé sur l'album. Par exemple, le morceau « Plus fort que toi », c'est un peu du rockabilly, mais avec des synthés. Il y a aussi le morceau « Le son de ta voix », avec un côté jazz. On revoit aussi les codes du swing, mais avec de l'électro, un peu des sons à la façon de Justice.
Quand on écoute « Nuage gris », on pense à Plastic Bertrand...
Marlon Magnée : C'est certain qu'il y a cette influence. Dans le même style que Plastic Bertrand, que j'écoutais beaucoup, il y a aussi Marc Charlan. J'ai été vachement surpris parce qu'à l'étranger, notamment aux États-Unis, tout le monde le connaît et l'écoute.
Vous avez une solide culture musicale. Elle vous vient de vos parents ?
Marlon Magnée : De 12 à 20 ans, j'ai écouté énormément de musique du passé. Je n'étais pas très connecté avec la musique des années 2000. Mon père m'a fait découvrir beaucoup d'artistes, notamment le Velvet Underground, Lou Reed, les Sex Pistols aussi, The Meteors, The Clash, The Ramones.
Après, je me suis constitué ma propre culture musicale...Je me rappelle que j'allais à la Fnac et que j'achetais des CD à 20 euros. Mes tantes et mes parents m'en offraient aussi pour mon anniversaire. Comme on n'avait pas beaucoup d'argent, 20 euros c'était quand même beaucoup. Parfois, il n'y avait que trois morceaux qui étaient bien. C'était frustrant ! C'est pour ça que j'ai eu cette volonté de faire des albums complets où tous les morceaux s'écoutent.
Comment expliquez-vous l'engouement des jeunes pour la musique des années 70-80 ?
Marlon Magnée : Déjà, je pense qu'à mon avis, l'épreuve du temps a fait une sélection. Et puis, il y a plein de jeunes qui ne se reconnaissent pas dans la musique actuelle. C'est une peu comme les voitures !
Les anciennes sont de qualité et durent dans le temps tandis que les voitures actuelles répondent à un besoin de communication et sont faites peut-être avec des matériaux moins nobles. Je pense qu'on a un peu la même approche avec la musique. On fait une musique qui dure dans le temps, qu'on écoutera encore peut-être pendant 50 ou100 ans...
Une longue tournée vient de démarrer en France mais aussi à l'étranger....
Marlon Magnée : Surtout à l'étranger ! En France, pour l'instant, je n'ai pas été encore trop booké dans trop de festivals. J'en fait seulement quatre cet été. Comme je suis en solo maintenant, il faut attendre que les gens acceptent, voient que ça marche. À mon avis, je pense qu'il faut un an ou deux pour que le projet circule, que les gens écoutent l'album et se l'approprient.
Avec La Femme, on a mis du temps à se faire accepter en France au début. Il a fallu qu'on parte aux Etats-Unis. Les Français, au début, étaient un peu frileux. Quand on est revenus des Etats-Unis, tous les labels voulaient soudainement nous signer.
Je pense qu'à mon avis, pour moi, il va se passer un peu la même chose. Je vais faire une grosse tournée aux Etats-Unis en septembre. Et puis, quand ça va commencer à décoller, les gens vont me booker. En tout cas, je suis content que les Nuits Guitare de Beaulieu aient pris le pari de me programmer.
Qu'est-ce que vous écoutez comme musique en ce moment ?
Marlon Magnée : Je suis super fan de Sam Quealy. Je pense que c'est la meilleure artiste actuelle dans le monde entier en ce moment ! J'aime bien aussi les Growlers. C'est un groupe américain. J'ai écouté leur dernier album. J'ai adoré. Il y a aussi un joueur de Boogie Woogie que j'aime bien ; il s'appelle Nirek Mokar. J'ai beaucoup écouté aussi le dernier album d'Indochine. A Beaulieu, le même soir que moi, il y aura The Molotovs. Ils font de la super musique !
Marlon Magnée sera aux Nuits Guitares de Beaulieu vendredi 3 juillet.
Pour plus de renseignements sur la programmation : www.nuitsguitares.com




Commentaires